Mercredi 31 octobre 2007

Valéry Giscard d'Estaing:
The EU Treaty is the same as the Constitution

 


Lift the lid and look in the toolbox, and all the same innovative tools are there

 

The Independant UK 30 October 2007

 
 

The difference between the original Constitution and the present Lisbon Treaty is one of approach, rather than content. The draft constitution resulted from a political desire to simplify European institutions, rendered inefficient by recent expansions. It was about creating more democracy and transparency within the European Union. It was about opening the way for a "Constitution for the people of Europe".

These goals were reflected in the composition of the treaty-drafting Convention which brought together representatives from the European Parliament and national parliaments, from the governments of member states, as well as from the European Commission. The debates were very public. The resulting draft constitution was a new text and replaced all previous treaties.

For the Treaty of Lisbon the process has been very different. It was the legal experts for the European Council who were charged with drafting the new text. They have not made any new suggestions. They have taken the original draft constitution, blown it apart into separate elements, and have then attached them, one by one, to existing treaties. The Treaty of Lisbon is thus a catalogue of amendments. It is unpenetrable for the public.

In terms of content, the proposed institutional reforms – the only ones which mattered to the drafting Convention – are all to be found in the Treaty of Lisbon. They have merely been ordered differently and split up between previous treaties. There are, however, some differences. Firstly, the noun "constitution" and the adjective "constitutional" have been banished from the text, as though they describe something inadmissible. At the same time, all mention of the symbols of the EU have been suppressed, including the flag (which already flies everywhere), and the European anthem (Beethoven's Ode to Joy). However ridiculous they seem, these decisions are significant. They are intended to chase away any suggestion that Europe may one day have a formal political status. They sound a significant retreat from European political ambition.

The concessions given to French opponents of the constitutional treaty are more symbolic than substantial. The expression "free and undistorted competition" has been taken out at the request of President Sarkozy. It reappears at the request of the British, in an annexed protocol to the new treaty which stipulates that "the internal market, such as is defined in Article 3 of the treaty, includes a system guaranteeing that competition is undistorted".

Far more important are the concessions made to the British. The Charter of Fundamental Rights – an improved and updated version of the Charter of Human Rights – has been withdrawn from the draft treaty and made into a separate text, to which Britain will not be bound. In the area of judicial harmonisation and co-operation, Britain will have the right to duck in and out of the system as it pleases. Having already weakened all attempts at further European integration – such as by refusing the title of Minister for Foreign Affairs – Britain has also been allowed to be the odd man out whenever it feels like it.

Otherwise, the proposals in the original constitutional treaty are practically unchanged. They have simply been dispersed through old treaties in the form of amendments. Why this subtle change? Above all, to head off any threat of referenda by avoiding any form of constitutional vocabulary.

The Brussels institutions have also cleverly reclaimed the process from the – to them – unwelcome intrusion of parliamentarians and politicians in the work of the original drafting Convention. The institutions have re-imposed their language and their procedures – taking us even further away from ordinary citizens.

Now comes the ratification process. There should not be any big problems – except in Britain where a referendum would obviously lead to a "No" vote. Elsewhere, the complexity of the new text, and the apparent surrender of all sweeping ambitions, should be enough to smooth over all difficulties.

But lift the lid and look in the toolbox: all the same innovative and effective tools are there, just as they were carefully crafted by the European Convention: a stable Presidency; a streamlined Commission; a Parliament with genuine legislative rights; a Foreign Minister, even if he has been given another inadequate title; decisions taken by a double majority of governments and citizens; and the most advanced charter of fundamental rights in the world.

When men and women with sweeping ambitions for Europe decide to make use of this treaty, they will be able to rekindle from the ashes of today the flame of a United Europe.

The writer, a former French President (1974-81), was president of the Convention on the Future of Europe, which drafted a new constitution, 2002-03

http://bellaciao.org/en/article.php3?id_article=15993 

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Mercredi 31 octobre 2007
LE MONDE DIPLOMATIQUE, novembre 2007

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La publicité s’implique
dans les neurosciences


Par Marie Bénilde
Journaliste



Photo: Terresacrée

En partie imputables à la baisse de leurs recettes publicitaires, les difficultés économiques d’un grand nombre de médias les conduisent à tout faire pour séduire les annonceurs. Les responsables de la « nouvelle formule » de Libération, par exemple, ont admis que cet objectif figurait dans leur projet. Mais les publicitaires veulent davantage que des pages de journaux et du temps d’antenne : ils aspirent à entrer dans les cerveaux de leurs cibles. Et pensent que la science le leur permet.


En octobre 1919, la légende raconte que Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, aurait rendu visite au physiologiste Ivan Pavlov pour savoir en quoi ses travaux sur les réflexes conditionnés pouvaient contribuer à la conception de l’« homme nouveau » que les bolcheviks s’employaient alors à façonner. Le savant aurait pu servir la propagande du régime en associant, par voie de stimuli extérieurs, des pulsions instinctives à des automatismes de transformation collective. Pavlov ne fut en réalité d’aucun secours aux bolcheviks, mais cette anecdote, vraie ou fausse, illustre un fantasme qui a habité le XXe siècle : celui d’une prise de possession des esprits par la manipulation de l’inconscient. Ce qui permettrait de venir à bout de toutes les résistances que le simple usage de la raison critique peut entraîner. Depuis, une propagande est jugée efficace quand elle comprend qu’un message est d’autant mieux assimilé que son récepteur est psychologiquement conditionné à l’ingérer – et à le faire sien.

Les sociétés démocratiques ont banni de leur langue commune ce mot de « propagande », assigné aux seuls régimes totalitaires. Pourtant, l’exploration du cerveau à des fins mercantiles et la manipulation des masses qui en découle montrent que la société de consommation n’en est pas si éloignée. On se souvient de la fameuse phrase de M. Patrick Le Lay, président de TF1, qui admettait en 2004 que sa chaîne cherchait à vendre à Coca-Cola du « temps de cerveau humain disponible ». Le choix de cette marque – partenaire privilégié de TF1, comme l’atteste la diffusion un an plus tôt d’une bande-vidéo promotionnelle reprise plus de deux cents fois sur son antenne – ne doit rien au hasard. A l’été 2003, Read Montague, un neurologue de l’université de médecine Baylor, à Houston, a mis en évidence que, si un test gustatif à l’aveugle était plus favorable au concurrent Pepsi, il en allait autrement sitôt que la boisson se voyait clairement identifiée comme étant du Coca-Cola. Les participants à l’expérience déclaraient alors préférer le soda aux couleurs rouge et blanc.

La démonstration fut ainsi faite de la supériorité de la marque considérée comme un as du branding, cette technique qui vise à décliner un logotype sur un maximum de supports, voire à s’immiscer dans les contenus (films, séries). Pour établir la connexion entre l’image de la marque et la stimulation du cerveau, le scientifique a eu recours à une machine jusqu’alors utilisée à des fins médicales, pour la détection des tumeurs ou des accidents cérébraux par exemple : l’imagerie à résonance magnétique (IRM). En suivant l’activité cérébrale de ses patients, Montague a observé que la région précise du cerveau qui était sollicitée à la vue d’une marque, le cortex préfrontal, faisait appel à la mémoire et jouait un rôle important dans les processus cognitifs. A l’inverse, le test gustatif à l’aveugle impliquait l’aire cérébrale dite du « putamen ventral », liée à la notion de plaisir. Dès avril 2004, l’université de médecine Baylor organisait à Houston le premier symposium mondial consacré aux applications de l’imagerie neuronale au marketing.

Désir sexuel et pulsion d’achat

Trois ans auparavant, à Atlanta, siège de Coca-Cola, l’institut Brighthouse, fondé par le publicitaire Joey Reiman, donnait naissance à un groupe d’expertise chargé de commercialiser pour le marketing les enseignements tirés des neurosciences. Son directeur scientifique, M. Clint Kilts, parvenait aux mêmes conclusions que son confrère de Houston, en localisant dans le cortex préfrontal la zone cérébrale réactive aux images publicitaires. Mais il observait que cette réaction est d’autant plus significative que le sujet s’identifie à l’image du produit, qu’il est tenté de dire « c’est exactement moi » (1). La fameuse région-clé du neuromarketing est en effet associée à l’image de soi et à la connaissance intime que l’on a de soi-même (ainsi, les patients dont le cortex préfrontal est endommagé à la suite d’un accident souffrent souvent de troubles de la personnalité). Comme l’explique Annette Schäfer, dans la revue Cerveau & Psycho, « voici donc le moteur du commerce. Ce cortex préfrontal nous fait aimer ce qu’aiment les autres. Arriver à le stimuler pourrait donc être un objectif majeur d’une parfaite campagne publicitaire  (2)  ». C’est aussi, pour les « neuromarketers », l’or blanc d’une alchimie parfaite : l’opération qui consiste à transformer tout amour de soi en tant que soi – le narcissisme – en amour de soi en tant qu’autre : une cible publicitaire.

Selon Olivier Oullier, chercheur en neurosciences à l’université Florida Atlantic, il existe à ce jour une centaine d’entreprises dans le monde qui utilisent les techniques du neuromarketing (3). Elles restent néanmoins très discrètes sur les expériences réalisées, par crainte de soulever une vague de réprobation dans l’opinion publique. En 2003, l’une d’elles, DaimlerChrysler, a confié au centre hospitalier d’Ulm, en Allemagne, le soin de scanner les cerveaux d’une douzaine d’hommes visionnant des images de voitures haut de gamme.

C’est alors l’importance du « noyau accumbens », zone liée au sentiment de récompense, qui est apparue. Il en est ressorti que l’objet de consommation peut être assimilé à un objet de désir à travers un véritable processus de personnification. « Quand ils regardaient les voitures, cela leur rappelait des visages, les phares ressemblaient un peu à des yeux », décrit Henrik Walter, psychiatre du centre hospitalier d’Ulm, à propos de ces « patients » d’un genre un peu particulier (4). Les publicitaires y ont vu la confirmation d’une intuition : il faut renforcer dans les spots la corrélation instinctive entre désir sexuel et pulsion d’achat. « Le consommateur doit pouvoir sentir la marque, s’y agripper comme un amant », affirme, sans rire, le président-directeur général de Saatchi & Saatchi, M. Kevin Roberts (5).

Faut-il prendre au sérieux de telles entreprises de validation scientifique de la publicité ? Le fait est qu’elles ont le mérite, aux yeux des professionnels, de cautionner davantage la diffusion de messages publicitaires sur les médias, à l’heure où Internet permet, clic après clic, de suivre à la trace le comportement du consommateur. Le neuromarketing naît ainsi de la rencontre entre des industriels soucieux de légitimer en interne leurs dépenses de communication, des agences de publicité désireuses de valoriser leur apport (l’agence BBDO de Düsseldorf travaille ainsi sur le concept de brainbranding, qui entreprend de déterminer comment certaines marques entrent dans la mémoire épisodique du cerveau) et des grands médias inquiets de la montée en puissance des nouveaux vecteurs de communication.

TF1 ne mène pas encore d’expériences de laboratoire à base de scanner. Mais le Syndicat national de la publicité télévisée, que préside Mme Claude Cohen, par ailleurs présidente de TF1 Publicité, s’intéresse depuis peu à ce qu’il nomme les « mécanismes mémoriels non conscients ». Via l’institut privé Impact Mémoire, qui s’ingénie à tirer parti des « techniques d’imagerie fonctionnelle cérébrale », il a mené une expérimentation auprès de cent vingt personnes sous prétexte de tester leur vivacité visuelle. Pendant que les cobayes s’employaient à détecter des petits carrés verts sur leurs écrans d’ordinateur, des publicités étaient diffusées de façon ininterrompue sur un poste placé en évidence. Parallèlement, la même expérience était réalisée avec des spots de radio et des affiches.

Fort logiquement, c’est le média associant le son et l’image qui obtint le meilleur score de mémorisation inconsciente des messages publicitaires. Un test qu’aurait pu réaliser La Palice et qui prêterait à sourire s’il n’était assorti d’un discours pseudoscientifique lourd de conséquences. En novembre 2003, au cours d’une « Semaine de la publicité », le cofondateur d’Impact Mémoire, M. Bruno Poyet, en a résumé le propos. Selon lui, « l’attention est nécessaire à une bonne rétention mnésique. Or une forte connotation émotionnelle accentue l’attention. Une importante charge émotionnelle génère la sécrétion de certaines substances par l’amygdale, lesquelles favorisent la mémorisation (6) ».

C’est ce contexte « émotionnel », propice à la publicité destinée à la ménagère de moins de 50 ans, que TF1 cherche à élaborer à travers ses programmes. En novembre 2003 encore, la chaîne faisait paraître dans la presse spécialisée une annonce vantant ses tunnels publicitaires où figurait un cerveau entouré d’une bande-vidéo accompagnée d’un commentaire éloquent : « Un écran placé au milieu d’un programme de TF1 obtient 23 % de mémorisation supplémentaire. » Le neurologue Bernard Croisile, également cofondateur d’Impact Mémoire, rappelle que, s’il « n’existe aucune étude permettant de prouver que le contenu d’une émission conditionne la réponse aux publicités qui vont suivre (...), ce que l’on peut dire c’est que lorsqu’on est dans une situation émotionnellement positive, on va mieux retenir les éléments positifs, de même que les dépressifs vont mieux assimiler les informations négatives (7) ». Il s’agit donc d’offrir au téléspectateur sa dose d’émotion plaisante, avant un spectacle de divertissement pur ou après un journal télévisé où l’emporte la charge émotionnelle de l’expérience vécue, plutôt que la trame « déprimante » d’un discours critique.

L’implication des neurosciences – ou de ses avatars – dans les industries de la publicité a ainsi de beaux jours devant elle. En mars 2007, le leader mondial de la publicité, Omnicom, a lancé en France l’agence de conseil en média PHD. Ce réseau, né au Royaume-Uni, s’appuie sur un logiciel de neuroplanning mis au point à partir d’études réalisées grâce à l’IRM par la société Neurosense. Il prétend indiquer aux marques les zones du cerveau à stimuler en fonction des objectifs de leurs campagnes et des médias utilisés. De son côté, Impact Mémoire est intervenu cette même année pour le compte de la régie publicitaire du groupe Lagardère afin de permettre aux annonceurs d’optimiser la mémorisation de leurs campagnes en fonction de la combinaison de plusieurs médias et de la répétition des messages.

La connaissance intime du cerveau du consommateur ne peut qu’inciter les entreprises, et leurs mandants publicitaires, à déborder des espaces qui leur sont habituellement dévolus pour communiquer. Les conditions de réceptivité d’une marque sont en effet jugées d’autant plus optimales que la « cible » n’a pas vraiment conscience d’être visée. C’est ce qui explique l’essor de l’advertainment, ce croisement hybride de publicité et de divertissement dont le match France-Argentine, au Stade de France, lors de la Coupe du monde de rugby, a donné un exemple récent. De jeunes mannequins en sous-vêtements se sont mises à danser dans les gradins sous l’œil attentif des caméras de TF1 : il s’agissait d’une « création » de l’agence de publicité Fred-Farid-Lambert, affiliée au groupe Bolloré, pour la marque Dim.

Dans la création audiovisuelle, le placement de produits au cœur des contenus fait également florès, comme en témoigne l’apparition de contrats globaux liant producteurs, diffuseurs et annonceurs. En 2001, le lessivier Procter & Gamble a conclu un accord de 500 millions de dollars avec le groupe Viacom et sa chaîne CBS pour introduire ses produits dans les scénarios. Quatre ans plus tard, c’était au tour de Volkswagen d’investir 200 millions de dollars pour placer ses véhicules dans les films des studios Universal et de la chaîne du même groupe NBC. En 2005, la filiale française de la centrale d’achat d’espace Aegis a également créé Carat Sponsorship Entertainment afin d’intégrer la publicité dans les programmes et de la faire mieux accepter par le consommateur. Elle a été imitée en 2007 par la filiale Havas Entertainment.


Si le Conseil supérieur de l’audiovisuel est encore censé veiller à bannir toute publicité clandestine, la transposition dans la loi française de la directive européenne « Télévision sans frontières », annoncée pour 2008, promet d’autoriser définitivement le placement de produits sur le petit écran, comme aux Etats-Unis. La limite quotidienne de douze minutes de publicité sur une durée d’une heure devrait être par la même occasion assouplie, de façon à permettre la diffusion de davantage d’écrans publicitaires pendant les périodes de forte écoute. Parallèlement, des émissions fleurissent – comme « Question maison » (France 5) ou « Du côté de chez vous » (TF1) – qui ne doivent leur existence qu’à l’arrivée de la marque Leroy Merlin dans la production de contenus. Bien sûr, l’inconscient du téléspectateur n’est pas ouvertement revendiqué. Mais, derrière le téléspectateur, c’est encore et toujours le consommateur qui est visé. Pour stimuler des automatismes pavloviens de transformation collective ? Non, il ne s’agirait que d’une banale stimulation des ventes...


Cet article est en débat sur le site http://blog.mondediplo.net/2007-10-...

(1) Cf. « There is a sucker born in every medial prefrontal cortex », The New York Times Magazine, 26 octobre 2003.

(2) « Vous avez dit neuromarketing ? », Cerveau & Psycho, n° 7, Paris, septembre-novembre 2004.

(3) Cf. « Neuromarketing : les bases d’une discipline nouvelle », 20 février 2007, www.journaldunet.com

(4) The New York Times Magazine, op. cit.

(5) Stratégies, Issy-les-Moulineaux, 11 novembre 2004.

(6) Voir le site de l’association des agences- conseils en communication : www.aacc.fr

(7) Stratégies, Issy-les-Moulineaux, 7 octobre 2004.


http://www.monde-diplomatique.fr/2007/11/BENILDE/15319 - novembre 2007
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Mercredi 31 octobre 2007

A un an des prochaines élections présidentielles aux Etats-Unis, et alors qu'aucun candidat à la candidature démocrate ne s'éloigne de la ligne militariste de Bush, qui n'est qu'un pion au service du complexe militaro-industriel et des instigateurs du Nouvel Ordre mondial, il nous a semblé opportun de republier cet article, paru sur de nombreux sites Internet au lendemain de la présidentielle de 2004.


Cela est d'autant plus nécessaire que le mouvement anti-guerre américain est en pleine déconfiture* en raison de querelles internes, de l'absence de prise en compte de l'oppostion grandissante des américains à la politique belliciste de leur gouvernement, et surtout au soutien d'une grande partie des pacifistes aux candidats démocrates en 2000 et en 2004, qui se trouvaient sur la même ligne que le candidat républicain.


Par ailleurs, il n'est pas impossible qu'Albert Gore, ce faux écologiste et criminel de guerre (il a notamment participé aux guerres nucléaires menées en Yougoslavies et en Irak avec son acolyte William Clinton), se représente de nouveau en 2008. De son côté Ralph Nader est pressé par une partie du mouvement pacifiste et des Verts a se représenter également... Nous ajoutons une vidéo tournée pendant la campagne de 2004 : "Undemocratic Democrats".


* (Un demi-million de participants aux manifestations de DC et New York en 2003, 300.000 en 2005, quelques dizaines de milliers à DC en septembre 2007, et moins de cent mille à travers tout le pays en octobre dernier...).

Internationalnews, 30 octobre 2007



15 novembre 2004

ÉLECTIONS PRESIDENTIELLES  AMERICAINES :

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RALPH NADER,
Le candidat bailloné
Dans une élection sans enjeux



Par Joëlle PENOCHET



Photo : Joëlle Pénochet, octobre 2004



« There is no democracy without daily citizenship »

Ralph Nader


G.W. Bush a été reconduit dans ses fonctions et, cette fois, pour expliquer les raisons de leur fiasco, les partisans de son rival « Démocrate » n’ont pas trouvé de bouc émissaire leur permettant de faire une nouvelle fois l’économie d’une analyse politique. Tout au long de la campagne, les médias « incorporés » occidentaux n’ont cessé d’abuser leur audience en leur décrivant laborieusement deux candidats censés représenter des Amériques diamétralement opposées, à tel point qu’en octobre les sondages indiquaient que 85% des Français auraient voté pour Kerry ! Pourtant, les deux « grands » partis, qui représentent les mêmes intérêts, ceux des grosses multinationales américaines, mènent traditionnellement des politiques similaires.


John Kerry allait jusqu’à critiquer G.W. Bush sur sa droite en l’accusant de n’avoir pas été assez efficace dans la « guerre contre le terrorisme » ; il préconisait d’envoyer plus de troupes en Irak, d’attaquer sans délais les autres pays sur la liste des « Etats-voyous » (Iran, Syrie, Corée du Nord…), et de se débarrasser au plus vite des présidents Yasser Arafat, Hugo Chavez et Fidel Castro. Il avait voté pour l’invasion du Panama, la guerre contre l’Afghanistan, l’invasion de l’Irak, le Patriot Act, et soutient la politique criminelle de Sharon contre le peuple palestinien. Le slogan de sa campagne présidentielle était : « Pour une Amérique plus forte », et il proclamait dans tous ses discours que « l’Amérique doit gouverner le monde. » En résumé, les deux chevaux concurrents appartenaient à la même écurie.


En combattant la candidature de Ralph Nader, qui porte les idées progressistes depuis plusieurs décennies, pour donner un blanc-seing au clone démocrate de G.W. Bush, les notables du mouvement « N’importe Qui Sauf Bush » ont ruiné cinq années de mobilisation croissante depuis la naissance du mouvement alter-mondialiste en 1999 à Seattle, jusqu’au mouvement anti-guerre qui a rassemblé des millions de personnes dans le monde en 2003, et qui exige aujourd’hui la fin de l’occupation étrangère en Irak et en Palestine.


Le programme de Ralph Nader était radicalement différent de ses concurrents dans tous les domaines : révocation du Patriot Act, instauration d’une couverture médicale universelle, augmentation du salaire minium à 10$, promulgation de lois en vue de l’amélioration des droits de toutes les minorités, de l’éducation pour tous, mise en place une autre politique énergétique, protection de l’environnement… La mise en oeuvre de cette politique alternative était possible en arrêtant de financer la prétendue « guerre contre le terrorisme » à coup de centaines de milliards de dollars, et en cessant de faire des cadeaux aux multinationales et aux couches sociales les plus riches. Rare homme politique à s’être prononcé contre l’agression militaire en l’Irak, Ralph Nader demande le retrait rapide des troupes d’occupation et le retour à la souveraineté du pays.


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RALPH NADER, L’ETERNEL PIONNIER



« Never doubt that a small group of toughtful, commited citizens can change the world ; indeed, it’s the only thing that ever has. »


Margaret Mead (citée par votenader.org)




Photo : Joëlle Pénochet, 2004


Né dans le Connecticut dans une famille d’émigrés libanais, brillant avocat diplômé d’Harvard et de Princeton, Ralph Nader a hérité sa vocation de son père, ardent militant syndicaliste qui lui donna très tôt le goût des luttes pour la Justice sociale. Réputé pour son intégrité, son immense capacité de travail, sa culture, son talent d’orateur, son humour décapant et sa modestie, Ralph Nader décida en 1963 de dédier sa vie à la défense des citoyens contre la toute-puissance des multinationales qui dirigent le monde. Après voir gagné un procès retentissant contre General Motors, il créa en 1971 Public Citizen, et une centaine d’autres associations couvrant tous les domaines (santé, environnement, énergie, alimentation, sécurité routière…). Ces associations puissantes continuent aujourd’hui de gagner de nouvelles batailles, notamment contre les multinationales pharmaceutiques, agroalimentaires et l’industrie du tabac..


DU CONSUMERISME A L’ECOLOGIE POLITIQUE ET AU « TROISIEME PARTI » : UNE VIE VOUEE DEPUIS QUARANTE ANS AUX LUTTES POUR LA JUSTICE


Ralph Nader est à l’origine de la création de l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA, 1970), des lois sur l’Air, sur l’Eau et sur la Liberté de l’Information de 1974. Depuis lors, le simple citoyen et les associations peuvent poursuivre en justice le gouvernement comme les grandes entreprises. Toutes les lois votées dans le monde dans ces différents domaines l’ont été grâce à l’action de Ralph Nader. En 1974, il était classé quatrième parmi les personnes les plus influentes des Etats-Unis, après Richard Nixon et Henri Kissinger. Aujourd’hui encore, il figure dans les trente premières.


Ralph Nader a toujours persévéré dans la défense des même causes, en élargissant toujours davantage le champ de ses luttes et en se radicalisant. Le sénateur démocrate de gauche Dennis Kucinich a dit de lui (non sans arrière-pensée) qu’il « a démontré que chaque citoyen pouvait influencer le gouvernement » et qu’il a « plus d’impact sur les institutions gouvernementales et la vie des multinationales que les personnes en charge du pouvoir ».


Ralph Nader est entré en politique en 1972 en tant que candidat démocrate opposé à la guerre du VietNam. En 1992 il fut candidat à l’investiture démocrate ; puis il a représenté les Verts à la présidentielle en 1996 et en 2000. En 1996, avec un budget limité à cinq mille dollars (l’équivalent de dix secondes de publicité télévisée), il avait recueilli moins de 1% des voix (jusqu’à 20% sur certains campus universitaires), mais il avait permis de lancer un mouvement de renouveau politique. Le président Clinton s’était déjà déclaré « très préoccupé » par sa candidature. Quatre ans plus tard, Ralph Nader quadruplait le nombre de ses voix (recueillant près de 2,7 millions de suffrages, le meilleur score pour un candidat progressiste depuis un demi-siècle). Dès le mois de février, afin d’avoir le temps de recueillir les moyens nécessaires à sa campagne, il annonça sa candidature à la présidentielle de novembre 2004. Premier candidat d’origine arabe à la présidentielle, il choisit comme colistier Peter Camejo, un activiste d’origine vénézuélienne, vétéran des luttes pour les Droits civiques (il a marché aux côtés de Martin Luther King en Alabama) et du mouvement contre la guerre du VietNam. En outre, Peter Camejo, qui dirige la banque d’investissement éthique qu’il a fondée, est toujours une grande figure des Verts américains dont il est l’un des fondateurs. Il a obtenu 5,3% des voix lors de l’élection du gouverneur de Californie en 2002. Contrairement aux candidats des deux grands partis, tous deux fils de famille multimilliardaires, Ralph Nader et Peter Camejo sont issus de milieu populaire. Sa colistière de 2000 était une dirigeante d’une importante association amérindienne.


LE HARI-KIRI DES VERTS AMERICAINS


En juin 2004, contrairement à la volonté de la quasi-totalité de la base écologiste, et à la suite de tripatouillages sordides, les Verts américains ont refusé d’investir Ralph Nader lors de leur Convention, au profit d’un candidat terne et jusqu’alors inconnu, au motif qu’il ne présenterait des candidats que dans les Etats où la victoire du Démocrate était assurée (« safe states »). Par ce choix, les Verts américains ont anéanti le travail effectué patiemment depuis huit ans par Ralph Nader, qui avait promu et renforcé le parti en se présentant en leur nom et en menant des tournées à travers tout le pays, pendant et après la campagne. Et le labeur de dizaines de milliers de militants sur le terrain.


Cependant, une grande partie des Verts américains est restée fidèle à Ralph Nader (« Greens for Nader ») et, pendant que le candidat officiel réunissait péniblement trente personnes lors de ses rares meetings, Ralph Nader remplissait des salles de mille personnes à travers les Etats-Unis (il fut le seul candidat à visiter tous les Etats, au rythme de deux ou trois meetings par jour).


En 2000, Ralph Nader avait été soutenu par de nombreuses personnalités, universitaires, journalistes et artistes, dont Michael Moore et Patti Smith, qui assuraient la première partie de ses grands meetings. Il avait rassemblé chaque soir de 10.000 à 15.000 personnes dans les plus grandes villes des Etats-Unis, un phénomène jamais observé depuis les années soixante-dix. Il mobilisait des foules de jeunes – peu habitués à entendre des politiciens sincères, défendant un programme ambitieux mais réaliste. Il leur disait qu’ils étaient en train de vivre les prémices d’un mouvement historique, aussi important que les mouvements pour l’abolition de l’esclavage ou l’obtention des droits civiques pour les Africains américains. Il annonçait : « Le génie de la contestation qui est sorti de la bouteille à Seattle n’est pas près d’y rentrer ». Depuis les élections de 2000, Ralph Nader n’a jamais cessé de sillonner les Etats-Unis pour défendre les idées du 3e parti ; il a représenté les Verts américains dans les réunions internationales.


UN SYSTEME ELECTORAL AMERICAIN : UNE DEMOCRATIE EN TROMPE-L’ŒIL


« Nous accueillerons chaleureusement la victoire de l’une ou l’autre part. »

J. Browne, Président de l’Amocco, pendant la campagne présidentielle de 2000


Le Président américain est élu au suffrage indirect par des grands électeurs issus des différents Etats, mais présélectionnés par l’argent. C’est ainsi que la réussite sociale suscite souvent des vocations politiques (comme celle du milliardaire Ross Perrot). Le système à un seul tour pénalise les petits partis, en incitant les électeurs à voter « utile ».


Le suffrage indirect avait été instauré à l’origine pour favoriser les Etats esclavagistes du Sud. «Inventé pour permettre aux hommes blancs de verrouiller le système politique à leur profit, ce dispositif produit le même résultat deux siècles plus tard, en accordant un poids disproportionné aux choix des habitants des petits Etats ruraux à prédominance blanche et conservatrice» (Halimi et Wacquant). Ainsi « il faut 3,44 Californiens pour peser autant qu’un habitant du Wyoming ». Par ailleurs, quatre millions d’Américains sont privés du droit de vote, parmi lesquels des milliers d’Afro-américains emprisonnés à cause de la « guerre contre la drogue ».


DES CANDIDATS SELECTIONNES PAR L’ARGENT


Les deux « grands » partis sont liés aux mêmes multinationales (notamment dans les secteurs pétrolier, automobile, agroalimentaire, pharmaceutique, et l’industrie du tabac) qui investissent des sommes colossales à parts quasi-égales sur les candidats des deux camps pour être certains de récupérer leurs mises après les élections, l’argent investi étant restitué aux généreux donateurs sous forme de subventions. En 2000, plus de trois milliards de dollars ont été dépensés dans les campagnes (présidentielle, sénatoriale et du Congrès), sans compter les frais d’avocats dans la bataille post-électorale. En 2004, les dépenses auraient atteint près de 4 milliards de dollars, un record historique. Ralph Nader décrit le système politique américain comme « deux partis qui se combattent férocement pour voir qui ira à la Maison Blanche prendre les ordres de ses donateurs. »


De nouvelles lois sont élaborées par les deux partis hégémoniques pour empêcher l’émergence d’autres forces politiques : « Ils n’aiment pas la compétition. Aussi, essayer d’entrer dans la course ressemble à l’escalade d’une falaise à l’aide d’une corde glissante», explique Ralph Nader. Obtenir le nombre de signatures nécessaires pour se présenter dans chaque Etat représente un véritable parcours du combattant. Cette année, la candidature Nader-Camejo n’a pu être présente que dans trente-cinq Etats (contre quarante-quatre en 2000), ce qui a diminué sensiblement leur pourcentage de voix au niveau national.


Malgré l’iniquité du système qui les favorise outrageusement, les grands partis ont crû nécessaire d’instaurer une loi destinée à éliminer définitivement la concurrence : peu avant le premier grand débat télévisé de 2000 (parrainé par Philip Morris), la Commission sur les débats électoraux, organisme bipartite contrôlé par les deux grands partis, inventa une nouvelle règle qui réservait son accès aux seuls candidats obtenant au moins 15% des voix dans les sondages. En 1992, le 3e candidat, le milliardaire Ross Perrot, crédité des même intentions de vote que Ralph Nader en 2000, avait pu y prendre part. Or, ces débats sont le lieu le plus médiatisé de la campagne, le facteur déterminant pour l’issue du scrutin.

Parmi les autres « dommages collatéraux » de ce système électoral perverti, une « publicité politique abrutissante et vide de contenu ; des mendias rendus fous par l’obsession de la concurrence ; un sénateur élu vingt-deux jours après son décès et remplacé par sa veuve… » (Halimi et Wacquant).


LA PRESIDENTIELLE DE 2000 : LA BATAILLE FEROCE ENTRE « GUSH » ET « BORE»


Lors de la campagne présidentielle de 2000, Ralph Nader avait déjà combattu les candidats démocrate et républicain en tant «qu’hydre à deux têtes», aux ordres des mêmes multinationales. Il avait proclamé la nécessité de construire un nouveau parti : « Notre candidature remplit un vide politique en offrant au camp progressiste orphelin l’occasion de participer à une stratégie de longue haleine destinée à construire un nouveau canal politique en partant de la base » (Le Monde Interactif, 1er novembre 2000).


Crédité de 7 à 17% des intentions de vote selon les Etats quelques semaines avant l’élection de 2000, malgré l’absence de publicité, un budget très réduit, son bannissement des grands débats télévisés, et le black-out des mendias, Ralph Nader ne put franchir la barre des 5% de voix qui lui aurait permis d’obtenir le précieux financement fédéral (douze millions de dollars) qui l’aurait aidé à construire solidement un 3e parti pour 2004. Que s’était-il passé entre-temps ? Une virulente campagne médiatique menée par les Démocrates et leurs satellites, déjà basée sur le chantage et la peur (« un vote pour Nader = un vote pour Bush »), qui porta ses fruits. Depuis novembre 2000, Ralph Nader n’a jamais cessé de faire l’objet de vifs reproches d’une partie du camp « progressiste » qui, au lieu de s’en prendre aux Républicains qui ont volé l’élection (G.W. Bush est souvent surnommé « le président non-élu », ou « le Voleur en Chef » - « The Thief in Chief »), et à la grande médiocrité de la campagne de leur candidat, lui attribue la responsabilité de la victoire du Républicain.


En outre, toutes les études ont montré que plus des deux tiers des voix recueillies par Ralph Nader ne seraient pas allées à A.Gore : ses voix venaient pour 38% des électeurs démocrates, pour 25% des républicains, et les 37% restant n’auraient voté que pour lui. En outre, Ralph Nader aurait fait voter plus d’un million de nouveaux électeurs, alors que les candidats des grands partis sont incapables d’attirer les non-votants, dont le nombre pourrait atteindre cent millions. En décembre 2000, Albert Gore, qui objectivement avait gagné (à la fois en nombre de grands électeurs et de suffrages – il avait remporté plus d’un demi-million de voix de plus que son adversaire), fût poussé à ne pas faire appel du verdict de la Cour Suprême (contrôlée par les Républicains) qui avait proclamé la victoire de Bush : il ne fallait pas porter atteinte au Système ! Et il fallait que les Etats-Unis cessent d’être la risée du monde entier avec leurs recomptages grotesques des bulletins de vote.


Enfin, ces attaques sont d’autant plus incompréhensibles de la part de « progressistes » que les positions du candidat démocrate, vice-président de William Clinton pendant huit ans, étaient déjà plus à droite celles du candidat Républicain : M. Gore avait voté pour la Guerre du Golfe en préconisant de la poursuivre jusqu’à la chute de Saddam Hussein ; son colistier, Joseph Lieberman, a toujours été un ardent partisan de la politique d’agression et d’occupation israélienne en Palestine. Et A. Gore s’était porté volontaire pour la guerre du Viêt-Nam.


Lorsque les Démocrates ont perdu le Sénat lors des élections de la mi-mandat en 2002, ils n’ont pas trouvé de bouc émissaire pour expliquer leur défaite.


PENDANT SES DEUX MANDATS, LE TANDEM CLINTON-GORE A MENE UNE POLITIQUE BELLICISTE ET ANTISOCIALE


Au cours des mandats Clinton-Gore (1992-2000), l’écart entre les riches et les pauvres a été multiplié par dix ; le nombre de prisonniers fédéraux a presque doublé ; le nombre de personnes sans couverture sociale s’est accru de huit millions ; le système d’aide sociale fédéral a été supprimé (1996) et le nombre de fonctionnaires réduit de f açon drastique, tandis que la création en 1993 de la l’Association de Libre Echange de l’Amérique du Nord (l’ALENA, qui inclue le Canada et le Mexique) et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a conduit à un appauvrissement accrû des plus démunis, tant à l’intérieur du pays que dans le monde entier. Ralph Nader accuse les démocrates d’avoir « jeté la souveraineté nationale en pâture à l’OMC, à l’ALENA et autre « machins » ensiglés de la mondialisation, taillés sur mesure pour Wall Street » (Le Monde Interactif, 31/10/00). Par ailleurs, de 1989 à 2000, le déficit commercial des Etats-Unis a plus que quadruplé (passant de 100 à 450 milliards de dollars), touchant tous les secteurs du système productif.


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CLINTON : DEJA UN PRESIDENT HORS-LA LOI



« Les Etats-Unis, et – nous l’espérons – l’ensemble de leurs alliés, s’autorisent à riposter quand, où et à la manière qu’ils auront décidé. »

William Clinton cité par Noam Chomsky, De la guerre comme politique étrangère…, p.63.



Sur le plan international, le président Clinton a accordé à l’industrie de l’armement un budget plus élevé que le budget moyen pendant la guerre froide. Poursuivant la politique de Bush I, qui voulait « ramener l’Irak à l’âge de pierre », il a durci l’embargo décrété par l’ONU en 1990 et multiplié les bombardements ciblés contre les infrastructures vitales des villes irakiennes (centres d’épuration d’eau, centrales électriques et téléphoniques). Le manque d’eau potable, de médicaments et de nourriture consécutif à ces destructions et à l’embargo a provoqué une malnutrition chronique, la multiplication des maladies infectieuses, et des épidémies de choléra. Cette politique a fait plus d’un million de morts, dont 500.000 enfants. « C’était le prix à payer », a répété sans vergogne la secrétaire d’Etat de William Clinton, Madeleine Albright. Les raids étaient quasi-quotidiens dans les « no-fly zones » (environ les deux tiers du pays), ces régions décrétées unilatéralement interdites de survol par l’alliance anglo-américaine (et la France) au prétexte fallacieux de protéger les populations kurdes et chiites. Les bombardements les plus intensifs intervenaient généralement à chaque fois que M.Clinton été convoqué devant les tribunaux pour répondre de ses mensonges à propos de ses frasques sexuelles. Il eut été plus juste d’entreprendre contre lui une procédure d’Impeachment pour crimes de guerre.


En 1998, les sénateurs démocrates ont fait passer la Résolution 71 qui donnait à Clinton le pouvoir « d’entreprendre toutes les actions nécessaires et appropriées pour répondre à la menace posée par le refus de l’Irak d’arrêter son programme de développement d’armes de destruction massive. » Cela permit au président démocrate de mener le 16 décembre 1998, en violation de l’article 51 de la Charte des Nations Unies, l’opération « Renard du Désert » contre le peuple irakien qui mourait déjà à petit feu depuis huit ans des conséquences de l’embargo. Les forces anglo-américaines lancèrent alors sur l’Irak « un nouvel enfer de feu et de mort » (J-M. Benjamin) : en trois jours, les navires américains et les bombardiers B52 tirèrent plus de quatre cents missiles, soit presque un tiers de plus que pendant toute la guerre du Golfe en 1991 !


Au nom du nouvel « Humanisme militaire », W. Clinton a entraîné ses vassaux européens dans l’agression contre la Yougoslavie, en prenant prétexte de « l’échec » des accords de Rambouillet, dont les termes étaient volontairement inacceptables (ils auraient permis à l’OTAN d’occuper l’ensemble du territoire yougoslave). En Bosnie, en Serbie et au Kosovo, Clinton n’a pas hésité à tester des armes illégales de plus en plus puissantes (comme de nouvelles bombes à fragmentation et à l’uranium appauvri, et des dispositifs de guerre climatique) à bombarder des usines chimiques et un réacteur nucléaire expérimental en fonctionnement, créant des pollutions qui ont touché les pays voisins (la Grèce, la Macédoine, l’Albanie…) et vont continuer de faire des dégâts pendant des milliers d’années.


Dès 1993, William Clinton, qui avait placé des lobbyistes sionistes aux commandes de la politique au Moyen-Orient, a constamment soutenu Israël et s’est joué des Palestiniens avec les accords d’Oslo et autres Camp David. « Dès le début, le processus Madrid-Oslo fut élaboré et mis en œuvre pour imposer un accord de type Bantoustan. » (Chomsky, La loi du plus fort, p. 63). La violation permanente de ces accords s’est faite avec l’accord des Etats-Unis (et la complicité des autres pays occidentaux, des pays arabes et des Nations Unies). Clinton la plus grosse usine pharmaceutique du Soudan en 1998, et a intensifié la prétendue « guerre contre la drogue » en Colombie, qui permet à l’armée américaine d’occuper une partie du pays.
En résumé, en érigeant la guerre d’agression en guise de politique étrangère, Clinton et Gore ont fait le lit des faucons actuellement au pouvoir à Washington. Le tout sans réactions de la gauche qui l’avait porté au pouvoir.


UN « MILITARISTE MESSIANIQUE » A LA MAISON BLANCHE

« La vérité, c'est que ce serait beaucoup plus clair si nous étions une dictature.
Et si j’étais le dictateur !
»

G.W. Bush (2004)


« Certains vous appellent « l’élite », je vous appelle ma base »

G.W. Bush à un parterre d’hommes d’affaire milliardaires (2004)


Les guerres entreprises depuis 1990 sont illégitimes et donc, en principe, ceux qui en ont pris la responsabilité devraient être jugés comme des criminels de guerre. G.W. Bush est allé encore plus loin que ses prédécesseurs démocrates dans la violation des lois internationales. L’ONU est traitée par les Etats-Unis - avec la complicité des autres nations – « comme le fut naguère la SDN par les Etats fascistes » (Samir Amin). Nader et Camejo ont demandé au Congrès de mener une enquête en vue d’une procédure d’Impeachment de G.W. Bush, en raison de l’illégalité et de l’inconstitutionnalité de la guerre contre l’Irak, particulièrement à partir des cinq plus gros mensonges (parmi lesquels les armes de destruction massive et la liaison Saddam Hussein-Al Quaïda) qui ont permis à l’administration Bush de « vendre » cette guerre au peuple américain. Le lavage de cerveau opéré principalement par les agences de marketing et la chaîne de Ruppert Murdoch « Fox News » a été si efficace que, malgré les démentis, une majorité d’Américains continue de croire à ces mensonges … Par ailleurs, la collusion entre les faucons de Washington, fondamentalistes chrétiens, et les juifs ultra-sionistes (minoritaires), dénoncée par Ralph Nader, a permis à G.W. Bush de récupérer une partie d’un électorat traditionnellement acquis aux démocrates.


Ralph Nader et Peter Camejo ont dressé le bilan du « conservateur compassionné » (« compassionate conservative », ainsi que Bush se définit) sur le plan de la politique intérieure. En trois ans, le nombre de pauvres a augmenté au rythme de plus d’un million par an, atteignant aujourd’hui le chiffre de 36 millions, soit 12,5% de la population ; 17,6% des enfants vivent au-dessous du seuil de pauvreté, surtout dans les familles d’Afro-américains. La politique du « No children left behind » (« Pas d’enfants laissés de côté »), votée également par Kerry, a conduit à la fermeture de nombreuses écoles dans les quartiers pauvres.


Les Etats-Unis sont classés par l’UNICEF au 34e rang sur 172 pour la mortalité infantile. Selon The Children's Defense Fund, un enfant américain sur cinq naît dans la pauvreté. Bush a refusé d’augmenter le salaire minimum, qui est actuellement de $5.15. Un travailleur à plein temps sur quatre gagne moins de $8.75 de l’heure. Près de la moitié de la baisse d’impôts votée en 2001 par le Congrès, qui a creusé le déficit et n’a bénéficié qu’au 1% des Américains les plus riches. Depuis 2002, les profits ont progressé de 50%, et les salaires de 0,8%.


« N’IMPORTE QUI SAUF BUSH » : LE HOLD-UP DES DEMOCRATES SUR LE MOUVEMENT PACIFISTE


Soudain pris de panique à l’idée que G.W. Bush pourrait être réélu, une partie des militants antiguerre, des écologistes et des altermondialistes ont abandonné celui qui porte leurs idées depuis des décennies, pour soutenir Kerry. (Cette révulsion anti-Bush fut partagée par une partie des électeurs républicains, les « Républicains pour Kerry », qui ont voté Démocrate pour la 1e fois).


Des personnalités de gauche et des associations jusque là très actives dans le mouvement pacifiste se sont rassemblées autour d’un slogan dangereux, « Anybody But Bush » (ABB), ce qui signifiait qu’ils voteraient pour n’importe quel candidat se présentant contre le président sortant, fût-il plus dangereux. Cette attitude irrationnelle et égoïste fut catastrophique pour le mouvement qui s’était développé depuis Seattle en 1999.


En effet, au lieu de s’appuyer sur la dynamique qui n’avait cessé de s’amplifier depuis cinq ans pour construire une réelle alternative autour de Ralph Nader, le candidat de la gauche alternative qui porte leurs idées depuis plusieurs décennies, ils ont préféré accorder aveuglément un blanc-seing à John Kerry, lui permettant ainsi de surenchérir avec G.W. Bush en matière de « guerre contre le terrorisme » et de politique antisociale.


Mais les anciens pacifistes devenus « ABéBistes » étaient guidés par des dirigeants de la classe moyenne supérieure depuis longtemps absents des luttes de terrain. L’organisation « Moveon.org », financée par le milliardaire démocrate Georges Soros, a joué un rôle déterminant dans la manipulation de l’électorat progressiste. Ces leaders d’opinion se sont permis de donner des leçons aux électeurs pacifistes, décidant de qui devait ou non se présenter à la présidentielle. Mais ils oublièrent que l’original est toujours préféré à sa copie : pour gagner, il eut fallu que leur candidat se démarquât nettement de son rival, en suivant l’opinion publique, majoritairement contre la guerre en Irak et très préoccupée par l’avenir des systèmes de protection sociale et le chômage croissant. Nous ajouterons que, l’eût-il fait, il n’aurait pu tenir ses engagements.


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UNE CAMPAGNE DE CALOMNIES ET D’INTIMIDATION SANS PRECEDENT DE LA PART DES « DEMOCRATES » POUR VOLER LES VOIX DU 3E PARTI DE RALPH NADER





Photo : Joëlle Pénochet


« Déclarez votre indépendance : votez selon vos convictions, pas sous l’emprise de la peur. »
Ralph Nader


Articles, lettres ouvertes et pétitions demandant, sur la base d’arguments fallacieux, le retrait de la candidature Nader-Camejo (parfois seulement dans les « swing states », les Etats indécis) se multiplièrent, tant dans la presse officielle (New York Times, Washington Post, Wall Street Journal) que dans celle de la vieille gauche progressiste embourgeoisée (The Nation, Mother Jones…) ; de nouveaux sites Internet furent créés spécialement pour inciter les électeurs potentiels de Nader à « voter utile ». La campagne avait commencé dès 2003 sur le thème : « Ce n’est pas l’année ». Des équipes de « Démocrates » spécialement entraînées furent envoyées systématiquement aux plus importantes réunions électorales des candidats Nader et Camejo pour perturber leurs débats. D’autres bandes musclées furent chargées d’intimider, voire de menacer les citoyens ayant signé en leur faveur pour qu’ils retirent leur signature dans les « Etats indécis ».


Pis, les « Démocrates » engagèrent des batailles juridiques dans plus de vingt états en vue de disqualifier un maximum de signatures pour interdire l’accès au scrutin des candidats, et ruiner leur budget de campagne, déjà extrêmement réduit (le financement est assuré par les sympathisants, les dons n’étant pas déductibles des impôts). Le budget du 3e parti était cent fois moins élevé que celui des Démocrates. Les sommes faramineuses investies par les Démocrates dans ces procédures (au total vingt millions de dollars) auraient été plus intelligemment utilisées pour mobiliser les non-votants. Mais c’est le principe même d’un 3e parti puissant sur sa gauche qui leur fait peur.


LA PEUR QUI A DOMINE LA PRESIDENTIELLE A CONDUIT A LA NEUTRALISATION DE LA GAUCHE AMERICAINE


Les Républicains ont joué sur la peur du terrorisme et les Démocrates, qui avaient peur de Nader, ont joué sur la peur de Bush pour capter les voix progressistes. La campagne de Ralph Nader voulait libérer les électeurs de cette peur, afin qu’ils puissent voter selon leurs convictions, leurs intérêts et leurs aspirations.

Même Noam Chomsky et Howard Zinn, l’auteur du best-seller « Une Histoire populaire des Etats-Unis», qui eux-mêmes ont voté pour Ralph Nader, ont appelé à voter Kerry dans les « Swing States » (les Etats indécis). Zinn affirmait avec une naïveté déconcertante : « Je ne crois pas que Kerry puisse changer, mais avec lui il y a la possibilité qu’un puissant mouvement social puisse le changer, alors qu’avec Bush, il n’y a aucune chance. » Pourtant, ni la politique anti-sociale de William Clinton, ni sa politique d’agression à l’extérieur n’ont jamais fait sortir des foules de manifestants dans les rues. Et la fausseté de ce type d’analyse n’a cessé de se vérifier à travers le monde, à commencer en France.


De nombreux artistes, comme le cinéaste Michael Moore, qui a soutenu le général belliciste Wesley Clark (auteur de crimes de guerre en Yougoslavie) lors des primaires démocrates, firent la même démarche. M. Moore, dont « Fahrenheit 911» est bien loin d’être le meilleur des nombreux documentaires réalisés sur le sujet, aurait du avoir la décence de ne pas officiellement prendre parti - d’autant que, contrairement à ses espérances, son soutien a été jugé très encombrant par les Démocrates.


À l’opposé des personnalités qui cèdent à cet odieux chantage, qui fit perdre de six à sept points à Ralph Nader dans les sondages de mars à novembre, les « Verts pour Nader » et les « Démocrates pour Nader », l’extrême-gauche et une grande partie des pacifistes, pointèrent l’absence de différences entre les deux principaux candidats, estimant, à l’instar de l’intellectuel Alexander Cockburn, que « Nader a accompli son devoir ». En effet, « si les progressistes continuent de s’aligner sur le moindre mal tous les quatre ans, il n’y aura jamais de changement » (Peter Camejo). Pis, à force de profiter des votes pour « le moins pire » (ou supposé tel) qui lui sont acquis sans conditions, le parti Démocrate n’a cessé de se positionner toujours plus à droite au fil des décennies, surenchérissant avec les Républicains en matière de mesures anti-sociales et de politique d’agression à l’extérieur.


Lire la suite (notamment le programme de Nader-Camejo et
la vidéo):

Nader, les "Démocrates" et les pacifistes (II)



Article paru intégralement sur Le Grand Soir (
Version du 4 novembre 2004) :
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article1864

Et sa mise à jour du 15 novembre 2004 sur Bellaciao:
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article10897

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Mercredi 31 octobre 2007

Suite de la première partie :

Nader,les "Démocrates",les pacifistes par Joëlle Pénochet



LA MEMOIRE COURTE : LA POLITIQUE DES PRESIDENTS DEMOCRATES AU COURS DE L’HISTOIRE DES ETATS-UNIS


« A vote for John Kerry is a vote for War."

Ralph Nader, paraphrasant le slogan des Démocrates « un vote pour Nader est un vote pour Bush »


Cette année, ce sont deux candidats pro-guerre qui se sont affrontés. Ralph Nader a rappelé qu’en 1968, durant la guerre contre le VietNam, le même cas de figure s’était produit, avec les candidats Nixon et Humphrey. Et les leaders associatifs qui ont appelé les militants et sympathisants à donner un blanc-seing à Kerry, au prétexte qu’il serait « moins dangereux », oublient que c’est le Président démocrate Harry Truman (1945-1953), qui initia la guerre froide, mena une politique antisociale féroce (notamment contre les mineurs et les employés des chemins de fer) et lança les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945. De même que c’est Lindon B. Johnson (1963-1968) - qui avait fait une campagne comme candidat de la paix contre le candidat va-t-en-guerre Barry Goldwater - et non Richard Nixon (1969-1974) qui est à l’origine de l’escalade de la guerre au VietNam en 1964. Plus tard, c’est Jimmy Carter, et non Ronald Reagan, qui relança la guerre froide. Carter qui refusa d’indemniser le VietNam en 1977 (alors que les produits chimiques déversés sur le pays continuent aujourd’hui de tuer et de provoquer des malformations génétiques) au motif que « les destructions ont été réciproques ». Ce sont encore des démocrates, Hillary Clinton et Joseph Lieberman qui, au lendemain du 11 septembre 2001, firent signer par la quasi-totalité de leurs collègues sénateurs démocrates une lettre demandant le renforcement du soutien à Israël.


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« LE MYSTERE DES ELECTIONS DE 2004 »
(PETER CAMEJO) :

KERRY, UN CANDIDAT BELLICISTE
SOUTENU PAR UNE GRANDE PARTIE DES PACIFISTES






Peter Camejo - Photo : votenader.org


« Je ne reproche pas à Georges Bush d’avoir trop fait dans la guerre contre le terrorisme :
je crois plutôt qu’il n’en a pas fait assez.
»

John Kerry cité par Greg Bates, p. 116.


« J’ai su commander des bombardements aériens, le lancement de fusées, des avions, des troupes et des hélicoptères. J’ai exercé d’importantes responsabilités… sur un bateau transportant des armes nucléaires (…). J’ai remplacé un lieutenant-gouverneur… »
John Kerry, The Time, 2 septembre 2004.


Paradoxalement, une partie des millions d’activistes, d’intellectuels et d’artistes qui n’avaient cessé depuis 2001 de manifester contre la politique belliciste des Etats-Unis, se sont ralliés à Kerry, le candidat-girouette situé à l’aile droite des Démocrates qui, après avoir adopté une position anti-guerre pendant les primaires du parti démocrate, pour battre son concurrent Howard Dean, s’est contenté ensuite de critiquer la gestion de la guerre par l’administration Bush, projetant même d’augmenter de 40.000 hommes les effectifs des troupes sur le terrain, en accentuant la participation internationale (comment l’aurait-il pu, à un moment où les troupes étrangères se retirent une à une du bourbier irakien ?). Il se plaisait à répéter que l’Irak possédait beaucoup plus d’armes biologiques et chimiques qu’avant la guerre du Golfe, que Saddam Hussein comptait lancer à l’aide de drones sophistiqués (Bates, p. 110).


Sénateur depuis vingt ans, Kerry a voté pour l’invasion de Panama et la guerre en Afghanistan, et il a donné les pleins pouvoirs au président pour attaquer l’Irak en octobre 2002, alors que, selon la Constitution, c’était au Congrès qu’il revenait d’en décider par un vote. Cette disposition avait été établie par les « Pères-fondateurs » pour empêcher que la décision de déclarer une guerre puisse être prise par un seul individu ; elle ne pouvait être modifiée que par un amendement à la Constitution.


KERRY, UN FAUCON PLUS FEROCE QUE BUSH ?



« Kerry is outhawking George Bush »

Ralph Nader, le 6 octobre 2004 lors d’un meeting à Syracuse


Pis, Kerry avait déclaré qu’il voterait de nouveau pour la guerre en Iraq, même en connaissant les mensonges au sujet des armes de destruction massive, ce qui fit dire à Ralph Nader qu’il n’y avait pas de fin à la surenchère (« me-too-ism ») de Kerry et de Bush. Le programme de Kerry, soutenu par une partie des pacifistes, allait à l’encontre de la volonté de la majorité des Américains, qui estiment que leur pays n’auraient pas dû envahir l’Irak (54% selon un sondage Gallup de juillet 2004), et se sont prononcé à plusieurs reprises pour un retrait immédiat des troupes.


La plate-forme démocrate épousait les points-clés du programme néo-conservateur. En résumé, John Kerry promettait de mener la même politique que George W.Bush, mais de façon plus efficace. Il annonçait, à chacune de ses interventions publiques, qu’il fallait « finir le job » en Irak. Comme l’écrit Peter Camejo, Kerry était moins « Bush lite » (version allégée) que « Bush smart » (un Bush intelligent). Voter pour la copie plutôt que pour l’original n’aurait pas infléchi la politique impériale des Etats-Unis. Dans ce type de situation, le vote est toujours favorable à l’élu déjà en place.


Le programme de John Kerry en matière de politique internationale était fondé, comme celui de Bush, sur ce qui est le plus profitable pour les grosses multinationales américaines qui financent les campagnes. Ainsi qu’un ancien diplomate américain l’annonçait cet été, si Kerry avait été élu, «les Etats-Unis (n’auraient pas ratifié) ni le protocole de Kyoto, ni la convention d’Ottawa sur les mines antipersonnelles, ni la Cour Pénale Internationale… » (Time, 19 juillet 2004). Kerry a refusé de condamner les tortures pratiquées dans la prison d’Abu Graïb. Et peu importe l’étiquette du président des Etats-Unis aux civils irakiens bombardés, aux paysans colombiens victimes des escadrons de la mort, ni aux chômeurs américains mis à la rue.


Par ailleurs, le sénateur Kerry a toujours soutenu la politique criminelle de Sharon contre le peuple palestinien. Il voit l’érection du mur (souvent qualifié de « mur de l’Apartheid », ou de « nouveau mur de la Honte ») condamné par l’ONU comme « un acte de légitime défense » et s’est prononcé pour l’élimination de Yasser Arafat « qui n’est pas un partenaire acceptable. » Le gouvernement américain, avec le soutien des deux grands partis, finance la guerre contre le peuple palestinien au prix de 15 millions de dollars par jour. Comme les Républicains, Kerry refuse aux Palestiniens le droit au retour. Après que l’administration Bush eut donné à Ariel Sharon le feu vert pour déclencher sa campagne de terreur, John Kerry publia un article intitulé "La cause d’Israël est celle de l’Amérique ». Selon Greg Bates, « Les positions anti-palestiniennes de Kerry frisent le pathologique. » (Dime’s Worth of Difference, p. 126). De son côté, anticipant le remodelage de la région projeté de longue date par les stratèges du Pentagone, G.W. Bush envisage « la création d’une zone de libre-échange Etats-Unis/Moyen-Orient d’ici une décennie. » (9 mai 2003).


Le sénateur Kerry préconise une attitude plus ferme en vue de se débarrasser rapidement des régimes d’Hugo Chavez et de Fidel Castro. Il a voté, ainsi qu’Howard Dean, pour le Patriot Act (26 octobre 2001) qui a considérablement restreint les libertés individuelles et plongé le pays dans un néo-maccarthysme, et il avait promis d’intensifier la « guerre contre le terrorisme » s’il était élu. Sur le plan de la politique intérieure, son premier objectif était la réduction du déficit, ce qui est incompatible avec la création d’emplois.


Ainsi que l’écrit Peter Camejo : « Le plus grand mystère de cette campagne est que l’immense majorité des électeurs qui se prononcent en faveur du vote Kerry-Dean sont opposés à leur programme ». Vu de France, cette situation a un air de déjà-vu.


RALPH NADER ET PETER CAMEJO ONT PROPOSE UN PROGRAMME AUX ANTIPODES DE CELUI DU PARTI UNIQUE DES « REPUBLICRATES »


Les multiples lois que Ralph Nader a fait voter depuis quarante ans ont prouvé qu’il sait prendre les moyens pour faire appliquer ses idées. Malheureusement, il n’a pas eu, encore cette année, le droit de présenter son programme électoral présidentiel aux Américains lors des grands débats télévisés qui déterminent l’issue du scrutin… Aussi désinformés que les citoyens européens, la plupart des Américains ignoraient tout de sa candidature.


LA SEULE CANDIDATURE OPPOSEE A LA POLITIQUE D’AGRESSION DES ETATS-UNIS


La candidature Nader-Camejo était l’une des rares candidatures anti-guerre, avec celles de l’extrême gauche. Ralph Nader continue de presser les Etats-Unis de fixer une date pour le retrait rapide des troupes, des mercenaires et des multinationales comme Halliburton (liée au vice-président Dick Cheney) pour restituer à l’Irak une véritable souveraineté le plus tôt possible : « La spirale de la violence ne s’arrêtera pas tant que ce double retrait ne sera pas effectué ». M. Nader, qui avait inlassablement dénoncé l’embargo décrété en 1990, veut arrêter le processus d’embourbement en Irak, qui fait de plus en plus de victimes. Selon la revue médicale anglaise « The Lancet » (28/10/04), 100.000 civils irakiens auraient été tués depuis le début de l’invasion - sans compter les blessés, souvent handicapés à vie. L’occupation augmente l’insécurité dans la région, avec des coûts financiers énormes pour les USA : plus de 155 milliards de dollars ont déjà été dépensés pour la guerre. Le budget militaire des Etats-Unis dépasse celui de l’ensemble des autres pays du monde réunis. Comment Kerry aurait-il pu financer la politique sociale, promise au moment où l’écart est plus serré que jamais entre les deux candidats, tout en augmentant les dépenses militaires, qui ont déjà ruiné le pays et jeté des millions d’Américains au chômage ou à la rue, et démantelé le système éducatif ?


D’ABORD REFORMER LA LOI ELECTORALE


Ralph Nader pense que la priorité pour rétablir la démocratie est de réformer la loi électorale par un financement des campagnes avec l’argent public, le déroulement du scrutin lors d’un jour férié, l’instauration d’un scrutin à deux tours permettant aux 3e partis de participer aux débats, et le rétablissement du droit de vote pour les citoyens privés injustement de leurs droits (privation qui affecte essentiellement les pauvres et les minorités raciales).


RESTAURER DES LIBERTES INDIVIDUELLES, PROMOUVOIR LA JUSTICE SOCIALE ET LES DROITS DES MINORITES


« Trois mille personnes sont mortes le 11 septembre 2001, Mais un nombre supérieur de personne meurent chaque mois des conséquences de la politique anti-sociale du gouvernement en matière d’emploi, de conditions de travail et de santé, et personne ne pleure ces morts-là !»

Ralph Nader, 11 septembre 2004


Sur le plan de la politique intérieure, Ralph Nader et Peter Camejo proposent des mesures concrètes en faveur de la Justice sociale et de la protection des libertés individuelles, en commençant par la révocation du Patriot Act. Ralph Nader s’est toujours battu pour une juste répartition des richesses, condition à la Paix dans le monde. Il dénonce depuis des décennies au fil de ses conférences, de ses articles et de ses livres la mainmise des multinationales sur la politique et les effets destructeurs de la mondialisation ultra-libérale sur l’environnement, le systèmes de santé, de protection sociale et d’éducation, et les libertés publiques.


DEMOCRATISER LES LOIS DU COMMERCE INTERNATIONAL


« Les Etats-Unis ont besoin d’une déclaration d’indépendance des multinationales. »

Ralph Nader, Washington Post, 8 novembre 2000


Le combat contre le pouvoir des multinationales, et leur condamnation pour leurs abus et leurs crimes est une priorité. Les Etats-Unis doivent se retirer de l’ALENA et de l’OMC. La démocratisation des lois du commerce implique de faire participer aux décisions les associations de défense de l’environnement, les travailleurs et les consommateurs. Ralph Nader pense que la liberté du commerce est un leurre et, qu’en réalité nous vivons « dans une forme de fascisme dominé par les multinationales » Ainsi, elles « rêvent de changer la nature des choses et de contrôler les ressources génétiques universelles par des brevets monopolistique ». C’est pourquoi l’élaboration de lois » interdisant le brevetage du vivant, en commençant par le domaine génétique », est une priorité, « la mentalité mercantile (étant) indifférente aux conséquences écologiques à long terme. » (Libération, 4-5 décembre 1999).


Instaurer une couverture médicale universelle


L’instauration d’une couverture médicale universelle garantirait à tous les citoyens l’accès aux soins, alors que le nombre d’Américains sans couverture de santé ne cesse d’augmenter, dépassant aujourd’hui le chiffre de 45 millions. (Selon l’Académie des sciences américaine, cette situation entraînerait le décès de 18.0000 Américains chaque année). Le nouveau système de protection sociale proposé permettrait de réaliser également d’importantes économies grâce à une plus grande rationalisation. En effet, les Etats-Unis sont le pays qui a les grosses dépenses de santé au monde, et la tendance est toujours à la hausse, alors que l’OMS les classe en 37e position pour la qualité de leur système de santé.


La diminution drastique des dépenses militaires permettrait de financer une éducation de qualité pour tous - alors que des millions d’enfants sont laissés pour compte chaque année - et d’investir dans les infrastructures qui ne cessent de se dégrader, en favorisant le développement de vrais emplois.


Abolir la peine de mort et réformer le système carcéral


Depuis toujours adversaire résolu de la peine de mort, Ralph Nader préconise une réglementation sévère du port d’arme et s’oppose à la coûteuse guerre contre la drogue qui n’a conduit qu’à une augmentation de la criminalité et fait des Etats-Unis « le plus grand geôlier du monde. Il estime nécessaire une réforme du système carcéral, qui a fait des prisons l’une des industries les plus prospères du pays. (« Le principal programme de logement dans ce pays consiste à construire des prisons »). Il propose que la dépendance aux drogues illicites soit traitée comme un problème médical et de trouver des solutions non-violentes pour enrayer ce fléau (à l’origine lancé comme une arme contre la politisation des ghettos noirs).


Protéger l’environnement : pour la sortie du nucléaire et des énergies fossiles, le développement des energies propres, l’application du principe pollueur/payeur


Dans le domaine de l’environnement, Ralph Nader préconise le développement des énergies renouvelables, la politique énergétique basée sur la dépendance au pétrole et au nucléaire ayant fait la preuve de sa dangerosité et de son inefficacité. Pionnier des luttes anti-nucléaires qui a contribué à stopper la construction des centrales aux Etats-Unis après l’accident de Three-Miles Island (Pennsylvanie, 1979), il préconise une politique audacieuse qui permettrait de sortir du nucléaire en cinq ans et de se passer totalement des énergies fossiles en dix ans, grâce un transfert de subventions.


Il préconise aussi le transfert des subventions de l’agriculture industrielle à l’agriculture biologique et la protection des petits fermiers, acculés à la faillite par les grosses firmes agroalimentaires qui ont prospéré depuis le subventionnement massif initié sous l’administration Clinton. Il renforcerait les lois sur l’Air, sur l’Eau (qu’il a lui-même fait voter), et le principe du pollueur-payeur (grâce à une loi engageant leur responsabilité des industriels tout au long du cycle de leur activité), les normes de rejet des produits toxiques dans l’environnement, avec un objectif de 0% émission. Le recyclage des ordures ménagères devrait être généralisé. Un agenda national de substitution de matériaux sains aux matériaux chimiques serait établi. L’exportation des déchets devrait être stoppé. L’étiquetage des produits contenant des OGM serait rendu obligatoire (rappelons que les anti-OGM français estiment cette mesure beaucoup trop modérée, les organismes génétiquement modifiés contaminant inexorablement l’ensemble de la planète).


Combattre « l’autre antisémitisme »


Ralph Nader dénonce « l’autre anti-sémitisme », celui dont font l’objet les Américains d’origine arabe depuis 2001 (discrimination à l’embauche, soupçons, insultes, agressions, emprisonnements arbitraires...), rappelant, comme Edgar Morin, qu’ils sont aussi des sémites. La Ligue Anti-Diffamation (ADL), organisation de défense sioniste, a accusé Ralph Nader d’antisémitisme pour avoir écrit dans le Washington Post (20 août 2004) que les locataires de la Maison Blanche étaient des marionnettes actionnées par A. Sharon. Ralph Nader a répliqué en précisant que le quotidien de référence avait détaché les phrases de leur contexte, supprimant deux paragraphes dans lesquels il montrait que ses propos étaient en accord avec celles de nombreux Israéliens et Juifs américains. Il rappelle la fameuse blague des Israéliens : « Les Etats-Unis sont le second Etat d’Israël ». Et cite le mot du double-prix Pulitzer Thomas Friedman, spécialiste du Moyen-Orient : “M. Sharon tient le leader palestinien Yasser Arafat prisonnier dans son bureau de Ramallah, et George Bush comme prisonnier dans son bureau ovale. M. Sharon encercle M. Arafat avec des tanks, et M. Bush est encerclé par les lobbys juifs et fondamentalistes chrétiens, et par le preneur d’ordre de Sharon, Dick Cheney » (5 février 2004). Il regrette que les présidents américains puissent apparaître comme des otages « des lobbies pro-israéliens... qui accorderaient leurs voix en fonction du soutien accordé à Tsahal ». Leur reprochant d’avoir refusé d’écouter les voix des mouvements pacifistes palestiniens et israéliens (comme Betselem et les refuzniks) et de groupes de rabbins américains, il rappelle que ni le Congrès ni la Maison-Blanche n’ont jamais osé contrarier les positions de l’Etat d’Israël depuis 1956. La multiplication des accusations fallacieuses d’antisémitisme permettrait d’éluder tout véritable débat sur le Proche-Orient.


UN MOUVEMENT PACIFISTE A RECONSTRUIRE


Nous savons aujourd’hui que la réélection de G.W. Bush pourrait avoir été acquise au prix d’une fraude pratiquée à une échelle incomparable à celle de 2000 en Floride. Mais le candidat démocrate aurait été sommé de capituler rapidement pour ne pas remettre en cause un système qui profite aux deux camps. Le score de Ralph Nader est loin de refléter son audience réelle dans l’électorat américain. Mais, si la loi électorale changeait, le score du 3e parti pourrait, selon certains politologues, atteindre 30% des voix, montrant au monde que les Américains (dont un sur deux seulement vote) aspirent à une autre politique, non régie par les intérêts du complexe militaro-industriel et des multinationales. En raison de la trahison du mouvement « Anybody But Bush » par sa compromission honteuse avec un clone du président sortant, les élections de 2004, annoncées comme « les plus importantes de l’histoire des Etats-Unis » ne présentaient pas d’enjeux. Le système n’a pas été remis en cause, le pouvoir restera plus que jamais aux mains du complexe militaro-industriel, et la « guerre contre le terrorisme » va s’amplifier. Et le mouvement pacifiste reste à reconstruire.


Joëlle PENOCHET


10 novembre 2004 (extraits d’un ouvrage à paraître prochainement)


Copyright 2004 Reproduction partielle ou intégrale permise seulement pour un usage équitable, avec la mention de l’auteure et de la source. Reproduction permitted for fair use only.

 

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Mercredi 31 octobre 2007

Suite et fin de l'article:

Nader, les "Démocrates", et les pacifistes

Nader, les "Démocrates" et les pacifistes (II)



Principales sources


1. Conférence de presse et interview de Ralph Nader du 1er septembre 2004 à l’Hôtel Intercontinental de New York.
2. Intervention dans le cadre de la Contre convention du campus de l’Université de Columbia, 31 août 2004 ; conférences à l’église d’Ithaque et à l’université de Syracuse du 6 octobre 2004.
3. Articles de Ralph Nader sur The Nader Page et www.votenader.org.
4. ACHCAR, GILBERT : L’ONU, mais elle est si docile... Le Monde Diplomatique, Manière de Voir, n° 31, Août 1996, pp.12-15.
5. ALI, Tariq : Withdrawal of foreign troops is the only solution, The media-hyped fiction of a handover of power in Iraq is designed for US voters, The Guardian, August 12, 2004, http://www.informationclearinghouse.info/article6719.htm
6. AMIN, Samir : Le contrôle militaire de la planète, l’ambition démesurée et criminelle des Etats-Unis, Rabble, www.alternatives.ca.
7. ASH, Gabriel : Pourquoi je ne voterai pas Kerry, www.rezo.net, www.yellowtimes.org, 5 mai 2004.

8. BATES, Greg : Chomsky and Zinn Plan to Vote for Nader, www.counterpunch.org/wolf07102004.html.

9. BURKE, Mike : Kerry/Edwards Website Censors Discussion of Israel/Palestine Issues, www.counterpunch.org/burke09132004.html.

10. AVNERY, Uri : Israel and the US Elections, www.counterpunch.org/avnery08182004.html.

11. BISHARA, Marwan : Palestine/israël : la paix ou l’apartheid, Editions La Découverte, Paris, 2001.
12. CAMEJO, Peter Miguel : We are The Majority, International Socialist Review n° 37, September 2004, pp..
13. CAMEJO, Peter Miguel : Money vs. People, The mystery of the 2004 ELECTIONS, July 29, 2004,
14. CAMEJO, Peter Miguel : Cut and run, greensfornader.net. August 17, 2004.

15. CHOSSUDOVSKY, Michel : CIA warns of "New 9/11" : Why has John Kerry remained Mum on the Issue of Postponing the Elections? http://globalresearch.ca/articles/CHO407D.html, 16 Juillet 2004.
16. CHRETIEN, Todd : The Democratic Plot against Nader, www.counterpunch.org/chretien08052004.html
17. COCKBURN, Alexander : Kerrycrats and the War, www.counterpunch.org/cockburn10282004.html.

18. COCKBURN, Alexander : Democrats Richly Deserve Nader, Los Angeles Times, July 22, 2004. www.counterpunch.org/cockburn07272004.html

19. COCKBURN, Alexander : Bush v. Kerry Not Even a Dime’s Worth of Difference, http://www.counterpunch.org/cockburn08112004.html
20. COCKBURN, Alexander, ST CLAIR, Jeffrey : "They Want Blood :" The Bi-Partisan Origins of the Total War on Drugs http://www.counterpunch.org/cockburn08212004.html

21. COCKBURN, Alexander,ST CLAIR, Jeffrey : War on the Poor, The Clinton Years in Perspective, International Socialist Review, Sept-Oct. 2004, PP. 36-41.
22. COCKBURN, Alexander : The democratic party : An Advanced State of Decay, You can’t Blame Nader for this, Counterpunch, octobre 2004.
23. DONNELY, Michael : Democrats v. Democracry, Oregon Judge Puts Nader on Ballot, www.counterpunch.org/donnely09102004.html.

24. FALER, Brian : Nader vs. the ADL, http://www.washingtonpost.com, August 12, 2004, http://www.informationclearinghouse.info/article6738.htm.
25. FARRELL, Maureen : Will the 2004 Election Be Called Off? Why Three Out of Four Experts Predict a Terrorist Attack by November,http://www.globalresearch.ca/articles/FAR404A.html.
26. FRANK, Joshua : A Talk with Ralph Nader, Palestine Chronicle, September 2004, www.counterpunch.org/frank08072004.html.
27. FRANK, Joshua : An Interview with Greg Bates Ralph Nader’s Revolt, www.counterpunch.org/frank07032004.html.
28. FRANK, Joshua : Kerry, The Greens and the Politics of Mendacy, http://www.counterpunch.org/frank08022004.html.
29. FRANK, Joshua : David Cobb’s Soft Charade, http://counterpunch.org/frank08062004.html
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31. FRANK, Joshua : Nader Sleeping with the Enemy? Let’s be Fair, www.counterpunch.org/frank07212004.html.
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33. GOODMAN, Amy : Nader calls Kerry a «Puppet» for Israel, Charges Dems With «Mini-Watergate», democracynow.org, 7 Juillet 2004

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46. MEMON, Anis : Nader in Michigan, www.counterpunch.org/memon09142004.html.
47. MILLER, Carol : Rigged Convention ; Divided Party : How David Cobb Won with Only 12% of the Vote, www.counterpunch.org/miller08072004.html.
48. MOORE, Steve : E-Democracy : Stealing the Election in 2004, 11 July 2004,http://globalresearch.ca/articles/MOO407A.html.
49. NADER, Ralph : Letter from a Minnesota Hightway, www.commondreams.org 23 octobre 2004, www.counterpunch.org/nader10252004.html.
50. NADER, Ralph : Letter to ADL (Anti defamation League), 18 août 2004, www.palestinecampaign.org.

51. NADER, Ralph : Democratic Party Should Live Up to Its Name, Nader deplores political skulduggery aimed at keeping him off the ballot, Los Angeles Times, 6 Août 2004, www.informationclearinghouse.org

52. NADER, Ralph : Solutions to Environmental Problems Exist. Why Don’t we Use Them?
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59. PENOCHET, Joëlle : Les mouvements pacifistes et écologistes aux Etats-Unis, Combat Nature, n° 142, Août 2003, pp. 59-62.
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62. PENOCHET, Joëlle : Les nouvelles armes à l’uranium appauvri, Combat-Nature n° 138, Août 2002, pp. 46-48.
63. PILGER, John : Bush or Kerry? Look Closely And the Danger Is The Same, New Statesman, 4 Mars 2004.
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66. Réseau Voltaire : A droite, toute, 18 Août 2004.
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68. SHAUN, Joseph : The hypocrites of the Naderbasher.com, www.counterpunch.org/joseph08302004.html.
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72. SMITH, Sharon : Twilight of the Greens, The Chokehold of «Anybody But Bush», www.counterpunch.org/smith07032004.html

73. Schreiber, Thomas : Depuis la guerre froide jusqu’à l’élargissement de l’union, Le rêve américain de la «nouvelle Europe», Le Monde Diplomatique, mai 2004, pp. 18
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77. ZEESE, Kevin : Inside the Kerry/Nader meeting : Did the Kerry Campaign Lie About What Was Discussed?, www.counterpunch.org/zeese06012004.html.
78. ZINN, Howard :Kerry a commis une erreur tragique, L’Humanité, 4 Novembre 2004.
78. ZUNES, Stephen : While criticizing Implementation, Kerry endorse Bush’s Unilateralist Agenda, Foreign Policy In Focus, fpif.org, 5 Octobre 2004.


UNE SELECTION D’OUVRAGES


Par ou sur Ralph Nader

79. BATES, Greg : Ralph’s Revolt, The Case for Joining Nader’s Rebellion, Common Courage Press, 2004.
81. GRAHAM, Kevin : Nader, Battling for Democracy, Windom Publishing Company, Denver, 2000.
82. MARTIN, Justine : Nader : Crusader - Spoiler - Icône, Perseus Publishing, Cambridge (Ma), 2002.
83. MOKHIBER, Russel : Corporate Predators, : The Hunt for Mega-Profits, Common Courage Press, 1999. Introduction de Ralph Nader.
84. NADER, Ralph : Crashing the Party, How to tell the truth and Still Run For President, St Martin’s Press, New York, 2002.
85. NADER, Ralph : In Pursuit of Justice, collected writings 2000-2003, Seven Stories Press, New York, 2004.
86. NADER, Ralph : The Good Fight, Declare your Independent and Close the Democracy Gap, Regan HarperCollins, New York, 2004.
87. NADER, Ralph : Cutting Corporate Welfare, Seven Stories Press, The Open Pamphlet Series, New York, 2000.
88. NADER, Ralph : Unsafe at Any Speed, édition du 25e anniversaire, Knightbridge, 1991.
89. WALLACH, Lori, SFORZA, Michelle : The WTO, Five good reeasons to resist Corporate Globalization, Introduction par Ralph Nader, Seven Stories Press, The Open Pamphlet Series, New York, 1999.
Quelques ouvrages de référence sur la politique des Etats-Unis
92. AMIN, Samir, Noam Chomsky, Jean Ziegler et alii : L’Empire en guerre, Le monde après le 11 septembre, EPO, Bruxelles, 2001.
93. AMIN, Samir : USA, L’hégémonisme des Etats-Unis et l’effacement du projet européen. Face à l’OTAN, Le combat pour un monde multipolaire et démocratique, L’Harmattan, Paris, 2000.
94. BENJAMIN, Jean Marie : Irak, l’apocalypse, Favre, Paris, 1999.
95. BLUM, William : Rogue State, A guide to the World’s Superpower, Z Books, London, 4th edition, 2003 (traduit en français sous le titre : «L’Etat-voyou», L’Aventurine, Paris, 2002).
96. BRZEZINSKI, Zbigniew : Le grand échiquier, L’Amérique et le reste du monde, Hachette Littératures, Paris, 1997. Préface de Gérard Challiand.
97. CHOMSKY, Noam : Le Nouvel Humanisme militaire, Leçon du Kosovo, Editions Page deux, Cahiers Libres, Lausanne, 2000. Préface de Gilbert Achcar.
98. CHOMSKY, Noam : De la guerre comme politique étrangère des Etats-Unis, 2e édition, Agone, Paris, 2002. Prologue de Howard ZINN, Postface de Jean BRICMONT.
99. CHOMSKY, Noam : Manufacturing Consent, Panteon Books, New York, 1988, Traduit en français sous le titre : La fabrique de l’opinion publique, La politique des mendias américains, Le Serpent à plumes, Paris, 2003.
100.CHOMSKY, Noam, CLARK, Ramsey, SAÏD, Edward W : La loi du plus fort, Mise au pas des Etats-voyous, Le Serpent à Plumes, Paris, 2002.
101.COCKBURN, Alexander, St CLAIR, Jeffrey : Dime’s Worth of Difference : Beyond the Lesser of Two Evils, 2004, AK Press/CounterPunch Books, 2004.
102.COLLON, Michel : Monopoly, l’OTAN à la conquête du Monde, EPO, Bruxelles, 2000.
103.KNIGHLEY, Philip : The first Casualty, The war Correspondent as hero, propagandist and myth-maker from the Crimea to Iraq, Andre Deutsch, London, 2003.
104.LEWIS, Charles : The Bying of the President 2004, Who’s really Bankrolling Bush and his Democratics challengers - and what they expect in return, Perennial, New York, 2004.
105.PILGER, John : The New Rulers of the World, Verso, London, 2002.
106.PILGER, John : Hidden Agendas, Vintage, London, 1998.
107.SCHLOSSER, Eric : Fast Food Nation, Houghton Mifflin, New York, 2001.
108.SHIVA, Vandana : Le terrorisme alimentaire, Comment les multinationales affament le Tiers-Monde, Fayard, Paris, 2001.
109.ZINN, Howard : A People’s History of the United States, HarperCollins, New York, 1995.

Voir aussi les numéros de Manière de Voir (bimestriel édité par le Monde Diplomatique) consacrés aux Etats-Unis, notamment le n° 77, Les Etats-Unis en campagnes, Octobre-Novembre 2004.


Sites à consulter


Sur les élections américaines et la campagne de Ralph Nader
Organisations et sites de Ralph Nader ou le soutenant : http://www.votenader.org (site officiel de la candidature Nader-Camejo)
http://www.votecamejo.org
http://www.thenaderletter.com
http://www.letnaderdebate.org
http://www.nader.org
http://www.nader.org/nader_letter (articles de Ralph Nader)
http://www.naderbiography.com
http://greensfornader.net (Verts pour Nader)
http://www.arabamericansfornader.org
http://muslimsfornadercamejo.blogspot.com
www.ralphnadergoodfight.com
http://studentsfornader.blogspot.com
http://www.democracynow.org
http://www.fairvote.org (pour une réforme de la loi électorale)
http://www.isr.org


Des sites de quelques-unes des associations fondées par Ralph Nader depuis 1971 :
http://www.citizen.org
http://www.citizenworks.org
http://www.essential.org
http://www.publicitizen.org
http://www.publicintegrity.org


Parmi les autres associations, organisation et sites opposés au vote pour le candidat démocrate :
http://www.answercoalition.org (co-organise les principales manifestations)
http://www.counterconvention.org
http://www.iacenter.org (fondé par Ramsey Clark)
http://www.peoplejudgebush.org (fondé par Iacenter)
http://www.wsws.org (version en français)
http://www.workers.org (socialiste, présente un candidat)


Autres sites, en Français :
http://bellaciao.org/fr/
http://www.cmaq.ca
http://www.geostrategies.net
http://www.infoguerre.com
http://iraqtual.com
http://www.indymedia.org
http://www.lagauche.be
http://www.lalibre.be
www.lautrinfo.org
http://www.lautjournal.info
http://www.monde-diplomatique.fr
http://www.oulala.net
http://www.ptb.be
http://quibla.net
http://www.reseauvoltaire.net
http://www.terredescales.org
http://www.transfert.net
http://www.solidaire.org (en français et en anglais)


Autres sites, en Anglais :


http://www.accuracy.org
http://www.alternatives.ca
http://:www.antiwar.com
http://www.btl.org (audio)
http://english.aljazeera.net
http://www.antiwar.com
http://www.betselem.org (le site des pacifistes israéliens)
http://www.bringthemhomenow.org
http://www.centcom.mil/CENTCOMNews/casualties.asp (recense les victimes US)
http://www.citizenworks.org
http://www.commondreams.org (excellent portail)
http://www.corpwatch.org
http://www.counterpunch.org (le meilleur magazine américain)
http://www.covertaction.org
http://www.disinfopedia.org
http://www.dissidentvoice.org
http://www.electroniciraq.net
http://www.electronicintifada.net
http://endthewar.org
http://www.fair.org (observatoire des media)
http://www.fromthewilderness.com
http://www.fpif.org (Foreign Policy in Focus)
http://www.globalresearch.ca (quelques articles traduits en français)
http://www.independent.co.uk (articles de Robert Fisk)
http://www.indymedia.org (agence de presse alternative internationale)
http://www.indybay.org
http://www.infocrise.org
http://www.informationclearinghouse.org
http://www.iraqbodycount.org (recense les victimes irakiennes)
www.iraqjournal.org
http://www.ivaw.net (vétérans contre la guerre)
http://www.islamonline.net
http://www.johnpilger.com
http://www.michaelparenti.org
http://mondediplo.com
http://www.ivaw.net (familles de militaires opposées à la guerre)
http://www.mwaw.org (Media Workers Against The War)
http://www.newstatesman.co.uk (articles de John Pilger)
http://www.nonviolence.org
http://www.occupationwatch.org
http://www.projectcensored.org
http://www.protest.net
http://www.socialistworker.org
http://www.stopnato.org.uk (contre l’OTAN)
http://www.sunshineproject.org
http://theprogressive.org
http://www.truthout.org
http://www.yellowtimes.org (quelques articles traduits en français)
http://www.veteransforpeace.org (site des Vétérans Pour la Paix - rassemble des vétérans de toutes les guerres)
http://www.whatreallyhapenned.org
http://workers.org
http://www.zmag.org (des milliers d’articles, classés de façon thématique, dont certains sont traduits en français)
http://www.zmag.org/chomsky/index.cfm (les articles de Noam Chomsky).



Article paru notamment sur les sites suivants:

Version du 4 novembre 2004 sur Le Grand Soir:
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article1864

Mise à jour du 15 novembre 2004 sur Bellaciao:
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article10897


Vidéo: "Antidemocratic Democrats" (Joëlle Pénochet):

 

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Mercredi 31 octobre 2007
 
par Salim Lamrani*

Mondialisation.ca, Le 30 octobre 2007

 

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Le 16 octobre 2007, l’organisation parisienne Reporters sans frontières (RSF) a rendu public son « classement mondial de la liberté de la presse 2007 ». RSF prétend être une entité neutre et objective uniquement intéressée par la liberté de la presse. Mais l’affirmation ne résiste pas à l’analyse. Le classement 2007, parsemé de contradictions, n’est en réalité qu’une supercherie et démontre, bien au contraire, que l’association dirigée par Robert Ménard depuis 1985 défend un agenda politique et des intérêts bien précis (1).





 

 

 



RSF utilise 50 critères répartis en 7 catégories, qu’elle trie par ordre d’importance, pour l’établissement du classement 2007 qui concerne la période allant du 1er septembre 2006 au 1er septembre 2007. Pour la catégorie « agressions, emprisonnements et menaces », elle comptabilise en priorité le nombre de journalistes et collaborateurs des médias « tués », « emprisonnés », « torturés ou victimes de mauvais traitements », « enlevés ou disparus », « agressés ou blessés », et « menacés ». Elle prend également en compte la présence de « milices armées ou d’organisations clandestines qui s’en prennent aux journalistes », ainsi que le fait que « des journalistes [soient] contraints de se faire accompagner par des gardes du corps ou d’utiliser du matériel garantissant leur sécurité (gilet pare-balles, véhicule blindé etc.) dans l’exercice de leur métier (2) ».

 

 

 

Ensuite, RSF considère les « menaces indirectes et [l’]accès à l’information » dans son classement telles que les « agressions ou menaces à l’encontre de défenseurs de la liberté de la presse », la « surveillance de certains journalistes », les « difficultés majeures pour accéder à l’information publique », les « restrictions d’accès ou de couverture d’une ou plusieurs régions du pays » et les « difficultés pour obtenir un visa en tant que journaliste étranger (3) ».

 

 

 

L’organisation française s’intéresse également au « cadre légal et [aux] poursuites judiciaires excessives ». Les « actions légales engagées contre des journalistes », les « cas de violation du secret des sources », l’« impunité généralisée pour les responsables de violations graves de la liberté de la presse », ainsi que la répression des « délits de presse » sont pris en compte. La « censure » et l’« autocensure », le monopole des « médias publics », le libre accès à Internet, ainsi que les « pressions administratives et économiques » entrent en ligne de compte (4).

 

 

 

A partir de tous ces critères, RSF établit ainsi son classement annuel qui inclut 169 pays du monde. Selon les statistiques de l’organisation, 105 journalistes ont été assassinés entre le 1er septembre 2006 et le 1er septembre 2007. Le pays le plus meurtrier est l’Irak où pas moins de 62 journalistes ont perdu la vie, suivi du Mexique (8), de la Somalie (7), du Pakistan (4), de l’Afghanistan (4), du Sri Lanka (3) et de l’Erythrée (2). Il ne serait guère surprenant de voir ces pays en fin de classement. Or il n’en est rien à l’exception de l’Erythrée qui occupe la 169ème place, car Robert Ménard fait valoir en priorité ses critères politiques et idéologiques (5).

 

 

 

En effet, comment expliquer le fait que l’Erythrée où deux journalistes ont été assassinés se trouve derrière l’Irak (157ème), le Mexique (136ème), la Somalie (159ème), au Pakistan (152ème),  l’Afghanistan (142ème), et le Sri Lanka (156ème) (6) ? Est-ce parce que cette nation se trouve sur la liste noire de Washington et que RSF est financée par l’officine écran de la CIA qu’est la National Endowment for Democracy (NED) (7) ?

 

 

 

De la même manière, comment expliquer le classement de Cuba à la 165ème place alors qu’aucun journaliste n’y a été assassiné depuis 1959 ? Pourquoi cette nation est-elle derrière l’Irak, le Mexique, la Somalie, le Pakistan, l’Afghanistan, le Sri Lanka, le Brésil (84ème), la Chine (163ème), les Etats-Unis (48ème), Haïti (75ème), le Népal (137ème), le Paraguay (90ème), le Pérou (117ème), la République Démocratique du Congo (133ème), la Turquie (101ème) et le Zimbabwe (149ème), où au moins un journaliste a perdu la vie ? RSF parle de journalistes emprisonnés à Cuba pour justifier ce mauvais classement. En admettant que l’organisation soit dans le vrai - ce qui est loin d’être le cas -, assassiner des journalistes est-il moins grave que les mettre sous les verrous (8) ?

 

 

 

RSF est tellement obsédée par Cuba qu’elle n’hésite pas à se contredire de manière grossière. Ainsi, même la Chine - où un journaliste a été tué, selon l’organisation - qu’elle considère comme « la plus grande prison au monde pour journalistes » avec 33 professionnels de la presse détenus, où, toujours selon RSF, 50 « cyberdissidents » sont emprisonnés, dispose d’un meilleur classement que Cuba. Comment RSF peut-elle être crédible ? Cet acharnement s’expliquerait-il par le fait que l’association est subventionnée par l’organisation cubaine d’extrême droite Center for a Free Cuba (elle-même grassement financée par Washington), dont le président, Frank Calzón, est un ancien dirigeant de la Fondation nationale cubano-américaine, une organisation terroriste (9) ?

 

 

 

Par ailleurs, comment s’explique le classement du Venezuela (114ème) - où aucun journaliste n’a perdu la vie - derrière le Brésil, les Etats-Unis, Haïti, le Paraguay et la Turquie où des journalistes ont été assassinés ? Comment justifier ce rang alors qu’il existe au Venezuela une liberté de la presse que même la plus grande démocratie occidentale ne tolèrerait pas (plusieurs appels à l'assassinat du président Chávez ont été lancés par certains médias privés) ? S’inscrit-il dans la guerre de propagande que mène RSF contre le président Hugo Chávez, cible prioritaire des Etats-Unis en Amérique latine (10) ?

 

 

 

Que s’est-il passé en Bolivie pour que cette nation passe du 16ème rang en 2006 au 68ème rang un an plus tard ? Des journalistes ont-ils été assassinés ? Des médias privés ont-ils été fermés ? Rien de tout cela. Mais le président Evo Morales, qui a entrepris des réformes économiques et sociales spectaculaires, est désormais dans la ligne de mire de Washington. RSF, fidèle à ses principes, suit les pas de son mécène et vilipende tous les gouvernements progressistes et populaires latino-américains (11).

 

 

 

Comment s’explique également le classement de l’Iran (166ème) où pas un journaliste n’a été assassiné, hormis par le fait que ce pays fait partie de l’axe du mal désigné par le président Bush ? Pourquoi les Etats-Unis (48èmes et 111èmes) disposent-ils de deux catégories (territoire national et hors territoire national) (12) ? Pourquoi RSF fait-elle cette distinction si ce n’est dans le but évident d’exonérer cette nation des violations commises sur les territoires qu’elle occupe ?

 

 

 

Comme cela est aisément constatable, Reporters sans frontières n’est pas une organisation digne de crédit. Son agenda politique occulte est devenu trop évident et son acharnement à l’encontre de certaines nations qui se trouvent sur la liste noire des Etats-Unis n’est en aucun cas le fruit du hasard. Les larges rétributions qu’elle reçoit la part de la NED expliquent son alignement avec la Maison-Blanche. Robert Ménard ne dirige pas une association de défense de la liberté de la presse mais une officine de propagande, financée par les conglomérats économiques et financiers, au service des puissants de ce monde.

 

 

 

 

 

Notes

 

 

 

1 Reporters sans frontières, « Classement mondial de la liberté de la presse 2007. L’Erythrée en dernière position pour la première fois ; les membres du G8 regagnent du terrain, sauf la Russie », 16 octobre 2007. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=24011 (site consulté le 17 octobre 2007).

 

 

 

2 Reporters sans frontières, « Classement mondial de la liberté de la presse 2007. Critères pour l’établissement du classement mondial 2007 de la liberté de la presse », 16 octobre 2007. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=24018 (site consulté le 17 octobre 2007), critères 1 à 12.

 

 

 

3 Ibid., critères 13 à 19.

 

 

 

4 Ibid., critères 20 à 50.

 

 

 

5 Reporters sans frontières, « Baromètre de la liberté de la presse 2006 », 2006. http://www.rsf.org/tues_2006.php3 (site consulté le 17 octobre 2007) ; Reporters sans frontières, « Baromètre de la liberté de la presse 2007 », 2007. http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=73 (site consulté le 17 octobre 2007).

 

 

 

6 Reporters sans frontières, « Classement mondial de la liberté de la presse 2007. L’Erythrée en dernière position pour la première fois ; les membres du G8 regagnent du terrain, sauf la Russie », op. cit.

 

 

 

7 Robert Ménard, « Forum de discussion avec Robert Ménard », Le Nouvel Observateur, 18 avril 2005. www.nouvelobs.com/forum/archives/forum_284.html (site consulté le 22 avril 2005).

 

 

 

8 Reporters sans frontières, « Classement mondial de la liberté de la presse 2007. L’Erythrée en dernière position pour la première fois ; les membres du G8 regagnent du terrain, sauf la Russie », op. cit.

 

 

 

9 Reporters sans frontières, « Baromètre de la liberté de la presse 2007. Journalistes emprisonnés », 2007. http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=76 (site consulté le 17 octobre 2007) ; Reporters sans frontières, « Baromètre de la liberté de la presse 2007. Cyberdissidents emprisonnés », 2007. http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=79 (site consulté le 17 octobre 2007) ; Reporters sans frontières, « Lettre ouverte à ses détracteurs », Réseau Voltaire, 12 septembre 2006. http://www.voltairenet.org/article143413.html?var_recherche=Reporters+sans+fronti%C3%A8res?var_recherche=Reporters%20sans%20frontières (site consulté le 12 septembre 2006) ; Salim Lamrani, « La Fondation nationale cubano-américaine est une organisation terroriste », Mondialisation, 27 juillet 2006.

 

 

 

10 Reporters sans frontières, « Classement mondial de la liberté de la presse 2007. L’Erythrée en dernière position pour la première fois ; les membres du G8 regagnent du terrain, sauf la Russie », op. cit.

 

 

 

11 Reporters sans frontières, « Classement mondial de la liberté de la presse 2006. Corée du Nord, Turkménistan, Erythrée : le trio infernal », octobre 2006. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=19318 (site consulté le 17 octobre 2007).

 

 

 

12 Reporters sans frontières, « Classement mondial de la liberté de la presse 2007. L’Erythrée en dernière position pour la première fois ; les membres du G8 regagnent du terrain, sauf la Russie », op. cit.

*
Salim Lamrani
est enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a notamment publié Washington contre Cuba (Pantin : Le Temps des Cerises, 2005), Cuba face à l’Empire (Genève : Timeli, 2006) et Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).


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Mardi 30 octobre 2007
By , IPS News, October 30, 2007

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Former U.S. Defense Secretary Donald Rumsfeld fled France today fearing arrest over charges of "ordering and authorizing" torture of detainees at both the American-run Abu Ghraib prison in Iraq and the U.S. military's detainment facility at Guantanamo Bay, Cuba, unconfirmed reports coming from Paris suggest.



Photo : prisonplanet.tv


U.S. embassy officials whisked Rumsfeld away yesterday from a breakfast meeting in Paris organized by the Foreign Policy magazine after human rights groups filed a criminal complaint against the man who spearheaded President George W. Bush's "war on terror" for six years.

Under international law, authorities in France are obliged to open an investigation when a complaint is made while the alleged torturer is on French soil.

According to activists in France, who greeted Rumsfeld, shouting "murderer" and "war criminal" at the breakfast meeting venue, U.S. embassy officials remained tight-lipped about the former defense secretary's whereabouts citing "security reasons".

Anti-torture protesters in France believe that the defense secretary fled over the open border to Germany, where a war crimes case against Rumsfeld was dismissed by a federal court. But activists point out that under the Schengen agreement that ended border checkpoints across a large part of the European Union, French law enforcement agents are allowed to cross the border into Germany in pursuit of a fleeing fugitive.

"Rumsfeld must be feeling how Saddam Hussein felt when U.S. forces were hunting him down," activist Tanguy Richard said. "He may never end up being hanged like his old friend, but he must learn that in the civilized world, war crime doesn't pay."

International Federation for Human Rights (FIDH) along with the Center for Constitutional Rights (CCR), the European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR), and the French League for Human Rights (LDH) filed the complaint on Thursday after learning that Rumsfeld was scheduled to visit Paris.

 

 
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Mardi 30 octobre 2007

by Haider Rizvi

NEW YORK - Donald Rumsfeld, the former U.S. secretary of defense, is facing criminal charges in France for ordering the torture of prisoners in Iraq and at the military prison at Guantanamo Bay.

 

Last week, some of the world’s leading human rights law groups filed a complaint before a French court charging Rumsfeld with authorizing and ordering torture.

 

The complaint was registered at the office of the prosecutor of the Court of First Instance in Paris when Rumsfeld was in the city for a talk sponsored by Foreign Policy magazine.

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“We will not rest until those U.S. officials involved in torture are brought to justice,” said Michael Ratner, president of the Center for Constitutional Rights, a non-profit human rights law firm in the United States.

In filing the complaint against Rumsfeld, Ratner’s group received full support from the European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR), the French League for Human Rights, and the International Federation for Human Rights (FIDH).

“Rumsfeld must understand that he has no place to hide,” Ratner added in a statement after filing the complaint. “A torturer is an enemy of all humankind.”

The charges against Rumsfeld were brought under the 1984 Convention against Torture, ratified by both the United States and France, which has been used in France in previous torture cases.

The criminal complaint states that because of the failure of authorities in the United States and Iraq to launch any independent investigation, it is the legal obligation of states such as France to take up the case.

Ratner and his colleagues in France’s legal community contend that Rumsfeld and other top U.S. officials are subject to criminal trial because there is sufficient evidence to prove that they had authorized the torture of prisoners held on suspicion of involvement in terrorist acts.

“France is under the obligation to investigate and prosecute Rumsfeld,” said FIDH president Souhayr Belhassen. “It has no choice but to open an investigation.”

Arguing that French courts are obligated under the Convention against Torture to prosecute individuals responsible for torture if they are present on French territory, Belhassen said he hoped the fight against impunity will “not be sacrificed in the name of politics.”

 

Rumsfeld’s presence on French territory gives French courts jurisdiction to prosecute him for having ordered and authorized torture and cruel, inhuman, and degrading treatment of detainees in Guantanamo, the notorious Abu Ghraib prison in Iraq, and elsewhere, lawyers who filed complaint said.

 

Rumsfeld, who stepped down from his position a year ago, can no longer claim immunity as a high-level statesman or as a former statesman, they added, because international law does not recognize such immunity in the case of international crimes including torture.

 

Former U.S. Army Brigadier General Janis Karpinski, who served as commander of Abu Ghraib and other U.S.-run prisons in Iraq, submitted written testimony to the Paris prosecutor for the plaintiffs’ case detailing Rumsfeld’s relationship to the abuse of detainees.

 

“We want to combat impunity and therefore demand a judicial investigation and a criminal prosecution wherever there is jurisdiction over the torture incidents,” said ECCHR General Secretary Wolfgang Kaleck.

 

This is the fifth time Rumsfeld has been charged with direct involvement in torture stemming from his role in the Bush administration’s global response to the September 11 terrorist attacks in New York and other parts of the United States.

 

Two previous criminal complaints were filed in Germany under its universal jurisdiction statute, which allows Germany to prosecute serious international crimes regardless of where they occurred or the nationality of the perpetrators or victims.

The first case was filed in 2004 by CCR, FIDH, and Kaleck, who is an attorney in Berlin. That case was dismissed in February 2005 in response to official pressure from the United States, in particular from the Pentagon, the plaintiffs said.

The second case was filed last fall by the same groups as well as dozens of national and international human rights groups, Nobel Peace Prize winners, and the former UN special rapporteur on torture.

The 2006 complaint was presented on behalf of 12 Iraqi citizens who had been held and abused in Abu Ghraib and one Saudi citizen still held at Guantanamo. That case was dismissed in April, though an appeal is expected this week.

Rumsfeld is also facing similar charges in two other cases filed against him in Argentina and Sweden.

© 2007 One World
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Mardi 30 octobre 2007
 

by Adrianne Appel

 

BOSTON - South African Archbishop Emeritus Desmond Tutu compared conditions in Palestine to those of South Africa under apartheid, and called on Israelis to try and change them, while speaking in Boston Saturday at historic Old South Church.”We hope the occupation of the Palestinian territory by Israel will end,” Tutu said.

 

“There is a cry of anguish from the depth of my heart, to my spiritual relatives. Please, please hear the call, the noble call of our scripture,” Tutu said of Israelis.

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“Don’t be found fighting against this god, your god, our god, who hears the cry of the oppressed,” Tutu said.

 

Tutu spoke with political activist and lecturer Noam Chomsky and others to a largely religious audience about “The Apartheid Paradigm in Palestine-Israel,” a conference sponsored by Friends of Sabeel North America, a Christian Palestinian group.

 

Israeli policy toward Palestine is an inflammatory topic in the U.S. and is not commonly discussed in large, public forums.

 

In Boston, complaints were lodged with Old South Church in the weeks prior to the event, in an effort to halt the conference. The Committee for Accuracy in Middle East Reporting complained that Sabeel is “an anti-Zionist organisation that traffics in anti-Judaic themes,” according to press reports.

 

Outside the church Saturday, Christians and Jews United for Israel demonstrated against Tutu and the conference.

 

“Sabeel is an organisation that seeks to demonise Israel. Tutu several years ago made anti-Semitic comments,” May Long, president of the group, told IPS. Long did not hear Tutu’s speech, she said.

 

Tutu was an inspirational leader in the South African fight against apartheid, which officially ended 13 years ago. He was awarded the Nobel Peace Prize in 1984 and today continues to speak around the globe for peace and justice, and to call for Palestinian rights.

 

The 76-year-old Tutu also appears to have won a battle against prostate cancer, which he was last treated for in 2000.

 

“Because of what I experienced in South Africa, I harbour hope for Israel and the Palestinian territories,” said Tutu, who invoked passages from the Christian bible throughout his talk.`

 

Tutu drew parallels between the apartheid of South Africa and occupied Palestine of today, including demolitions of Palestinian homes by the Israeli government and the inability of Palestinians to travel freely within and out of Palestine.

 

“I experienced a déjà vu when I encountered a security checkpoint that Palestinians must negotiate every day and be demeaned, all their lives,” Tutu said.

 

Tutu said that Palestinian homes are being bulldozed, and new, illegal homes for Israeli’s built in their place.

 

“When I hear, ‘that used to be my home,’ it is painfully similar to the treatment in South Africa when coloureds had no rights,” Tutu said.

 

Tutu is a pacifist and he said only non-violent means should be used to confront the oppression at play in Palestine.

 

“Palestinians ought to try themselves to restrain those who fire the rockets into Israeli territory,” Tutu said.

 

Tutu said that while fighting apartheid in South Africa he drew inspiration from the Jewish struggle as the bible describes it.

 

“Spiritually I am of Hebrew decent. When apartheid oppression was at its most vicious, and all but knocked the stuffing out of those of us who opposed it, we turned to the Hebrew tradition of resistance,” and the belief that good will triumph over evil, and that a day of freedom from oppression will come, he said.

 

“The well-to-do and powerful complain that we are mixing religion with politics. I’ve never heard the poor complain that ‘Tutu, you are being too political,”‘ he said.

 

“I am not playing politics when it involves children who suffer,” Tutu said. “A human rights violation is a human rights violation is a human rights violation, wherever it occurs.”

 

Tutu recently bumped up against U.S. discomfort with discourse about Palestine, when a Minnesota university president yanked an invitation to Tutu that had been extended by a youth group.

 

Rev. Dennis Dease, president of the University of St. Thomas, in St. Paul Minnesota, said he did not want Tutu to speak because the Nobel Laureate’s position on Palestine was viewed by some as anti-Israeli and anti-Semitic.

 

Dease also fired Cris Toffolo as head of the university’s peace and justice programme, who had supported the invitation to Tutu.

 

Dease apologised to Tutu three weeks ago.

 

Tutu said Saturday that he accepted Dease’s “handsome apology”, but that he will not consider speaking at the school until Toffolo is reinstated and her record cleared.

 

At the conference, Chomsky said the U.S. provides heavy financial support to Israel and has a profound influence on Israeli policies, including those toward Palestine and foreign trade.

 

“If the U.S. doesn’t like what Israel is doing, it just kicks Israel in the face,” Chomsky said. In 2005, Israel wanted to sell improved missiles to China. The Bush administration halted the sale, Chomsky said.

 

“It blocked them and refused to allow Israeli officials to come to the U.S. The U.S. demanded an apology from Israel. It dragged Israel through the mud,” Chomsky said.

 

The U.S. began its close relationship with Israel after the Israeli victory in the 1967 “Six Day War” against Egypt, Syria and Jordan, Chomsky said.

 

© 2007 Inter Press Service

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Mardi 30 octobre 2007

by Michael Parenti

 

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During his 26-year papacy, John Paul II elevated 483 individuals to sainthood, more saints than all previous popes combined, it is reported. One personage he beatified but did not live long enough to canonize was Mother Teresa, the Roman Catholic nun of Albanian origin who had been wined and dined by the world’s rich and famous while hailed as a champion of the poor. The darling of the corporate media and western officialdom, and an object of celebrity adoration, Teresa was for many years the most revered woman on earth, showered with kudos and awarded a Nobel Peace Prize in 1979 for her “humanitarian work” and “spiritual inspiration.”

 

What usually went unreported were the vast sums she received from wealthy contributors, including a million dollars from convicted savings & loan swindler Charles Keating, on whose behalf she sent a personal plea for clemency to the presiding judge. She was asked by the prosecutor in that case to return Keating’s gift because it was money he had stolen. She never did. She also accepted substantial sums given by the brutal Duvalier dictatorship that regularly stole from the Haitian public treasury.

 

Mother Teresa’s “hospitals” for the indigent in India and elsewhere turned out to be hardly more than human warehouses in which seriously ill persons lay on mats, sometimes fifty to sixty in a room without benefit of adequate medical attention. Their ailments usually went undiagnosed. The food was nutritionally lacking and sanitary conditions were deplorable. There were few medical personnel on the premises, mostly untrained nuns and brothers.

 

When tending to her own ailments, however, Teresa checked into some of the costliest hospitals and recovery care units in the world for state-of-the-art treatment.

 

Teresa journeyed the globe to wage campaigns against divorce, abortion, and birth control. At her Nobel award ceremony, she announced that “the greatest destroyer of peace is abortion.” And she once suggested that AIDS might be a just retribution for improper sexual conduct.

 

Teresa emitted a continual flow of promotional misinformation about herself. She claimed that her mission in Calcutta fed over a thousand people daily. On other occasions she jumped the number to 4000, 7000, and 9000. Actually her soup kitchens fed not more than 150 people (six days a week), and this included her retinue of nuns, novices, and brothers. She claimed that her school in the Calcutta slum contained five thousand children when it actually enrolled less than one hundred.

 

Teresa claimed to have 102 family assistance centers in Calcutta, but longtime Calcutta resident, Aroup Chatterjee, who did an extensive on-the-scene investigation of her mission, could not find a single such center.

 

As one of her devotees explained, “Mother Teresa is among those who least worry about statistics. She has repeatedly expressed that what matters is not how much work is accomplished but how much love is put into the work.” Was Teresa really unconcerned about statistics? Quite the contrary, her numerical inaccuracies went consistently and self-servingly in only one direction, greatly exaggerating her accomplishments.

 

Over the many years that her mission was in Calcutta, there were about a dozen floods and numerous cholera epidemics in or near the city, with thousands perishing. Various relief agencies responded to each disaster, but Teresa and her crew were nowhere in sight, except briefly on one occasion.

 

When someone asked Teresa how people without money or power can make the world a better place, she replied, “They should smile more,” a response that charmed some listeners. During a press conference in Washington DC, when asked “Do you teach the poor to endure their lot?” she said “I think it is very beautiful for the poor to accept their lot, to share it with the passion of Christ. I think the world is being much helped by the suffering of the poor people.”

 

But she herself lived lavishly well, enjoying luxurious accommodations in her travels abroad. It seems to have gone unnoticed that as a world celebrity she spent most of her time away from Calcutta, with protracted stays at opulent residences in Europe and the United States, jetting from Rome to London to New York in private planes.

 

Mother Teresa is a paramount example of the kind of acceptably conservative icon propagated by an elite-dominated culture, a “saint” who uttered not a critical word against social injustice, and maintained cozy relations with the rich, corrupt, and powerful.

 

She claimed to be above politics when in fact she was pronouncedly hostile toward any kind of progressive reform. Teresa was a friend of Ronald Reagan, and a close friend of rightwing British media tycoon Malcolm Muggerridge. She was an admiring guest of the Haitian dictator “Baby Doc” Duvalier, and had the support and admiration of a number of Central and South American dictators.

 

Teresa was Pope John Paul II’s kind of saint. After her death in 1997, he waved the five-year waiting period usually observed before beginning the beatification process that leads to sainthood. In 2003, in record time Mother Teresa was beatified, the final step before canonization.

 

But in 2007 her canonization confronted a bump in the road, it having been disclosed that along with her various other contradictions Teresa was not a citadel of spiritual joy and unswerving faith. Her diaries, investigated by Catholic authorities in Calcutta, revealed that she had been racked with doubts: “I feel that God does not want me, that God is not God and that he does not really exist.” People think “my faith, my hope and my love are overflowing and that my intimacy with God and union with his will fill my heart. If only they knew,” she wrote, “Heaven means nothing.”

 

Through many tormented sleepless nights she shed thoughts like this: “I am told God loves me-and yet the reality of darkness and coldness and emptiness is so great that nothing touches my soul.” Il Messeggero, Rome’s popular daily newspaper, commented: “The real Mother Teresa was one who for one year had visions and who for the next 50 had doubts—up until her death.”

 

Another example of fast-track sainthood, pushed by Pope John Paul II, occurred in 1992 when he swiftly beatified the reactionary Msgr. José María Escrivá de Balaguer, supporter of fascist regimes in Spain and elsewhere, and founder of Opus Dei, a powerful secretive ultra-conservative movement “feared by many as a sinister sect within the Catholic Church.” Escrivá’s beatification came only seventeen years after his death, a record run until Mother Teresa came along.

 

In accordance with his own political agenda, John Paul used a church institution, sainthood, to bestow special sanctity upon ultra-conservatives such as Escrivá and Teresa—and implicitly on all that they represented. Another of the ultra-conservatives whom John Paul made into a saint, bizarrely enough, was the last of the Hapsburg rulers of the Austro-Hungarian empire, Emperor Karl, who reigned during World War I.

 

John Paul also beatified Cardinal Aloysius Stepinac, the leading Croatian cleric who welcomed the Nazi and fascist Ustashi takeover of Croatia during World War II. Stepinac sat in the Ustashi parliament, appeared at numerous public events with top ranking Nazis and Ustashi, and openly supported the Croatian fascist regime.

 

In John Paul’s celestial pantheon, reactionaries had a better chance at canonization than reformers. Consider his treatment of Archbishop Oscar Romero who spoke against the injustices and oppressions suffered by the impoverished populace of El Salvador and for this was assassinated by a right-wing death squad. John Paul never denounced the killing or its perpetrators, calling it only “tragic.” In fact, just weeks before Romero was murdered, high-ranking officials of the Arena party, the legal arm of the death squads, sent a well-received delegation to the Vatican to complain of Romero’s public statements on behalf of the poor.

 

Romero was thought by many poor Salvadorans to be something of a saint, but John Paul attempted to ban any discussion of his beatification for fifty years. Popular pressure from El Salvador caused the Vatican to cut the delay to twenty-five years. In either case, Romero was consigned to the slow track.

 


John Paul’s successor, Benedict XVI, waved the five-year waiting period in order to put John Paul II himself instantly on a super-fast track to canonization, running neck and neck with Teresa. As of 2005 there already were reports of possible miracles attributed to the recently departed Polish pontiff.

 

One such account was offered by Cardinal Francesco Marchisano. When lunching with John Paul, the cardinal indicated that because of an ailment he could not use his voice. The pope “caressed my throat, like a brother, like the father that he was. After that I did seven months of therapy, and I was able to speak again.” Marchisano thinks that the pontiff might have had a hand in his cure: “It could be,” he said. Un miracolo! Viva il papa!

 

Michael Parenti’s recent publications include: Contrary Notions: The Michael Parenti Reader (City Lights, 2007); Democracy for the Few, 8th ed. (Wadsworth, 2007); The Culture Struggle (Seven Stories, 2006). For further information visit his website: www.MichaelParenti.org.

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