Vendredi 22 mai 2009

Mondialisation.ca Le 22 mai 2009



Une association de médecins demande un moratoire sur la nourriture OGM

L'American Academy of Environmental Medicine (AAEM) vient juste de publier un appel en faveur d’un moratoire immédiat sur la nourriture génétiquement modifiée.

 

Dans une toute nouvelle monographie sur les denrées OGM, l’AAEM déclare que « la nourriture OGM pose un grave risque de santé » et exige un moratoire sur la nourriture génétiquement modifiée. Citant plusieurs études sur des animaux, l'AAEM conclut qu’« il y a davantage qu'un simple lien fortuit entre les OGM alimentaires et les effets néfastes de santé, » et que « les denrées génétiquement modifiées posent un grave risque sanitaire en matière toxicologique, allergique et immunitaire, pour l’équilibre de la reproduction, métabolique, physiologique et génétique. » Ce rapport est un coup dévastateur contre une industrie agro-alimentaire internationale de plusieurs milliards de dollars, et plus particulièrement contre Monsanto Corporation, le leader mondial des fournisseurs de semences OGM et des herbicides.

 

Dans un communiqué de presse daté du 19 mai 2009, l'AAEM, qui se décrit comme « une association internationale de médecins et de professionnels divers soucieux d'aborder les aspects cliniques de la santé environnementale, » a appelé à prendre immédiatement les mesures d'urgence suivantes, en ce qui concerne la consommation humaine des OGM :

 

* Un moratoire sur les OGM ; mise en œuvre immédiate sur le long terme de tests sécuritaires et de l'étiquetage des denrées OGM.

 

* Les médecins doivent prévenir leurs patients, la communauté médicale et le public, qu’il faut éviter la nourriture OGM.

 

* Les médecins doivent envisager le rôle des denrées OGM dans le processus pathologique de leurs patients.

 

* D’autres études scientifiques indépendantes de longue durée doivent commencer à rassembler des données pour étudier le rôle des aliments OGM sur la santé humaine.

 

Le Dr Amy Dean, président de l’AAEM, constate que « de multiples études animales ont montré que la nourriture OGM endommage divers systèmes de l’organisme. Devant la montée de ces évidences, il est impératif, pour la sécurité de nos patients et la santé publique, d'obtenir un moratoire sur les denrées génétiquement modifiées. » Le président de l'AAEM et le Dr Jennifer Armstrong ont souligné que « les médecins voient sans doute les effets sur leurs patients, mais ont besoin de savoir comment poser les bonnes questions. Les aliments OGM les plus communs en Amérique du Nord, sont le maïs, le soja, l’huile de colza et de graines de coton. » La monographie de l’AAEM sur les OGM peut être trouvée sur aaemonline.org.

 

Ce document précise par ailleurs que le génie génétique « abroge le processus reproductif naturel, la sélection se faisant au niveau d’une cellule unique, la procédure est extrêmement mutagène et ouvre systématiquement une brèche dans la barrière génétique, et que la technique est utilisée à des fins commerciales depuis 10 ans. »

 

Le document de l’AAEM précise en outre que plusieurs études sur des animaux montrent de graves risques de santé liés à la consommation des aliments OGM, notamment l'infertilité, le dérèglement de la fonction immunitaire, le vieillissement accéléré, le dérèglement des gènes liés à la synthèse du cholestérol, à la régulation de l’insuline, aux transmissions cellulaires, et à la formation des protéines, et à des altérations du foie, des reins, de la rate et du système gastro-intestinal. »

 

Il ajoute : « Il y a davantage qu'un simple lien fortuit entre les OGM alimentaires et les effets néfastes de santé. Il y a un lien de causalité, tel que défini par les critères de Hill, en matière de niveau élevé d’associations, de constance, de spécificité, de gradient biologique, et de plausibilité biologique. La constance et le niveau élevé des associations entre les denrées OGM et de la maladie sont confirmés par plusieurs études sur les animaux. »

 

Les OGM sont toxiques

 

Le document de l’AAEM doit donner des motifs de remise en cause du quasi laissez-faire dans le contrôle des OGM de la position officielle, pour laquelle la parole solennelle des compagnies semencières, telles que Monsanto, est considérée comme une solide preuve scientifique d’innocuité. L’étude de l’AAEM mérite d'être citée en détail à ce sujet :

 

La spécificité de l'association des denrées OGM et de processus pathologiques précis est également soutenu. Plusieurs études animales montrent d'importants dérèglements immunitaires, notamment une régulation à la hausse des cytokines associées à l'asthme, à l'allergie et aux inflammations. Les études chez l'animal montrent aussi des altérations structurelles et fonctionnelles du foie, notamment un changement du métabolisme des lipides et des glucides, ainsi que des altérations cellulaires pouvant entraîner l’accélération du vieillissement et peut-être provoquer l’accumulation des radicaux libres (ROS, reactive oxygen species). Des changements dans les reins, le pancréas et la rate ont aussi été documentés. Une récente étude de 2008, reliant le maïs OGM à la stérilité, montre, de manière sensible au cours du temps, une importante diminution de la progéniture et du poids des portées chez les souris nourries de maïs OGM. Cette étude a aussi révélé que plus de 400 gènes ont été découverts s’exprimant différemment chez les souris nourries de maïs OGM. On sait que ces gènes contrôlent la synthèse et la modification des protéines, la transmission cellulaire, la synthèse du cholestérol et le contrôle de l'insuline. Les études montrent aussi des dommages intestinaux chez les animaux nourris d’OGM, notamment la prolifération d’excroissances cellulaires et des perturbations du système immunitaire intestinal.

 

L'étude de l’AAEM révise les affirmations de l'industrie de la biotechnologie, selon lesquelles les aliments OGM pourraient nourrir le monde grâce à des rendements plus grands. Elle cite la preuve contraire indiquant que l'inverse paraît être vrai, c’est-à-dire que, avec le temps, les récoltes OGM ont produit moins que le rendement conventionnel, et ont exigé avec le temps, plus pas moins, de produits chimiques herbicides hautement toxiques, tels que le glyphosate. Le rapport relève, « Au cours des 20 dernières années, plusieurs milliers d'essais en champs, sur des gènes destinés à augmenter le rendement opérationnel ou intrinsèque (des cultures), montrent l’importance de l’entreprise. Pourtant, aucun de ces essais en champs n’a permis d’améliorer le rendement des récoltes alimentaires et fourragères commercialisées, à l'exception du maïs Bt. » Cependant, le léger gain de rendement du maïs Bt qui a été rapporté était dû largement à l'amélioration de la reproduction traditionnelle, et non pas au génie génétique.

 

L’AAEM conclue que, puisque les denrées OGM « posent un grave risque sanitaire en matière toxicologique, allergique et immunitaire, pour la santé de la reproduction, métabolique, physiologique et génétique, et sont dénuées d’avantages, il est impératif d'adopter le principe de précaution, qui est l'un des principaux outils de réglementation de la politique de santé et environnementale de l'Union Européenne, et sert de base à plusieurs accords internationaux. La définition la plus communément utilisée est la Déclaration de Rio de 1992, qui stipule : « Afin de protéger l'environnement, des mesures préventives doivent être largement appliquées par les États, en fonction de leurs capacités. Quand il existe des menaces de dommages graves ou irréversibles, l'absence de certitude scientifique ne doit pas servir de prétexte pour renvoyer à plus tard les mesures économiques rentables destinées à empêcher la dégradation de l'environnement. »

 

Sous l’intense pression de l'opinion publique, la Ministre allemande de l'Agriculture a récemment publié l’interdiction les plantations de maïs OGM MON810 de Monsanto. Malheureusement, deux semaines plus tard, elle a autorisé les plantations de semences de pomme de terre OGM. Le ministère allemand a annoncé que, Amflora, la pomme de terre génétiquement modifiée, fabriquée par le géant de la chimie BASF (une coentreprise d’OGM, partenaire de Monsanto), ne présente « aucun danger pour la santé humaine ou l'environnement. » Pour justifier sa décision imprudente, le ministère a cité un « examen approfondi » et des entretiens avec des experts scientifiques et économiques.

 

La publication de la sensationnelle critique des OGM de l'American Academy of Environmental Medicine a été accueillie par un silence de mort par la plupart des grands médias étasuniens et internationaux.

 

 

L’intrigue des OGM

 

Comme je l'ai décrit en détail dans mon livre, OGM : Semences de destruction - L’arme de la faim, les OGM ont été lâchés dans le grand public aux Etats-Unis au début des années 90, après une décision du pouvoir exécutif du Président George Herbert Walker Bush, qui aurait suivi des réunions à huis clos avec les principaux dirigeants de Monsanto. Le Président Bush a décrété l’obligation, pour les agences gouvernementales étasuniennes, de ne faire aucun test de santé et de sécurité particulier, avant la mise en vente des OGM pour la consommation alimentaire. Ce fait est arrivé à être connu en tant que Doctrine de l'Équivalence Substantielle.

 

Le gouvernement étasunien, sur les conseils pressants de Monsanto et du lobby des OGM, a décidé en outre d’interdire l'étiquetage « sans OGM » des produits alimentaires naturels, en recourant à la « doctrine » vaguement formulée et totalement non-scientifique, proclamée par le Président Bush en 1992, selon laquelle les OGM sont « substantiellement équivalents » aux plantes ordinaires, et n’ont donc pas besoin d’être testés avant d'être mis en vente dans le public.

 

La Doctrine de l'Équivalence Substantielle, en dépit du fait qu'elle contredit directement la prétention des compagnies en leurs droits de propriété exclusifs sur leurs semences OGM, présentées comme « uniques » et différentes des graines ordinaires, a permis à Monsanto, Dow Chemicals, DuPont et à d'autres détenteurs de brevets OGM de faire proliférer leurs produits sans aucun contrôle. La plupart des Étasuniens croient naïvement que la Food and Drug Administration et le ministère de l'Agriculture des États-Unis sont là pour assurer la totale innocuité des produits alimentaires industriels pour la consommation humaine et animale, avant l'octroi de licences.

 

De fait, l’interdiction de l'étiquetage des denrées OGM signifie que la plupart des Étasuniens n'ont aucune idée de l’ampleur de la contamination par les OGM de leur ration quotidienne de Corn Flakes, soja, maïs et additifs, dans chaque aliment trouvée dans le commerce sur les étagères des supermarchés.

 

Aux États-Unis, à la fin des années 90, coïncidant avec l'introduction en masse des OGM dans l'alimentation humaine et animale, ont été signalés chez l'homme à une échelle épidémique, des cas d’allergies, d'étranges maladies et de nombreux autres problèmes de santé. L’interdiction d'étiquetage des produits OGM par la loi fédérale signifie que la plupart des professionnels de santé ne savent même pas que cela pourrait avoir un lien avec la nourriture OGM des millions d'Étasuniens. Depuis la décision de 1992 du Président Bush, une décision confirmée par les présidents Clinton, George W. Bush, et maintenant par Barack Obama et le Secrétaire de l'Agriculture pro-OGM, Tom Vilsack, la population étasunienne est en réalité traitée en cobayes humains dans des expériences de masse avec les substances jamais démontrées sans danger sur le long terme (dix ans ou plus) par des études indépendantes.

 

Il reste à voir s’il sera accordé l'attention qu'elle mérite à la critique scientifique de l'AAEM.

 


Original : A Moratorium on Genetically Manipulated (GMO) Foods, publié le 22 mai 2009.

Traduction : Pérus Lombard,
 

 

F. William Engdahl est l'auteur de deux livres traduits en français :  OGM : Semences de destruction : L’arme de la faim et Pétrole, une guerre d'un siècle : L'ordre mondial anglo-américain. Il peut être contacté depuis sur son site Internet, www.engdahl.oilgeopolitics.net.

 

 

 


William Engdahl est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de William Engdahl publiés par Mondialisation.ca

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13709
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Dimanche 17 mai 2009

Genetically modified Animal Cloning (Animal Farm) Prgm 3 part http://www.livevideo.com/video/sil2222/26FC0B5701C941BE85892776228AF335/corporate-agriculture-the-hol.aspx
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Dimanche 17 mai 2009

I am totally against Genetic modification of any kind.. There is a lot of proof showing how Gm crops are causing all kinds of problems. i post this for people to see what is going on.
The second programme focuses on the latest techniques in genetic manipulation that stand to directly benefit our health. Amongst the animal line-up this week are the sheep that are used to grow human organs for transplants and the plasma cows that could solve the threat of bioterrorism.

A transgenic greenhouse
The film also looks at a product called MySkin – a new tissue engineering technique that takes a small sample of human skin and encourages the cells within it to multiply and produce new skin. The technique is already being used to treat people who have suffered serious burns, but, as co-presenters Giles and Olivia discover, it could have a future use in growing whole body parts – noses, ears and even vital organs like livers and bladders.

A transgenic sheep
Giles, however, decides to stick with his own nose.  
http://www.livevideo.com/video/sil2222


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Dimanche 17 mai 2009
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Jeudi 14 mai 2009

The DoomsDay VAULT One year after

Scientists are collecting billions of seeds from all the world’s crops to keep in safe storage deep inside a mountain near the North Pole. ...Bill Gates, Rockefeller & Rothschild, what part has Monsanto to play in all of this?

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Mercredi 6 mai 2009

Twelve years of GM soya in Argentina:

A disaster for people and the environment


GRAIN


  
Genetically modified (GM) soya was introduced into Argentina in 1996 without any kind of debate either in Congress or among the public. Since then, its cultivation has spread across the country like wildfire. Today more than half of the country’s arable land is planted with soya . No other country in the world has devoted such a large area to a single GM crop. Argentina provides a unique opportunity to investigate the consequences for a country of intensive GMO cultivation.


photo: proteger.org.a


With this year’s planting season well under way, it is estimated that Argentina will be planting soya on a record 18 million hectares, about half of the country’s farming land. Almost all of the soya planted today is Monsanto’s Roundup Ready (RR), a type of soya that has been genetically modified to be resistant to the Roundup herbicide – largely composed of glyphosate – which is also manufactured by Monsanto. So what have the consequences been for the people and for the country?


Perhaps those who have suffered most have been small farmers and peasant families. Even before RR soya was introduced, the Argentine government adopted policies that favoured big farmers, deciding that farming units smaller than 200 hectares were “uneconomical”, and predicting that at least 200,000 farmers would have to leave the land. [
1 ] Since then, government policies have not changed. Thousands of peasant families have been evicted violently from their land for trying to resist the advance of soya. Members of the Movimiento Campesino de Santiago del Estero (Mocase), a peasant movement in northern Argentina linked to Via Campesina, and of the Movimiento Nacional Campesino Indígena suffer constant harassment for trying to halt the advance of the soya front.

 

The families that manage to stay on the land have also been badly affected, particularly by chemical contamination, which has grown worse in recent years. When it introduced RR soya, Monsanto promised that there would be a dramatic decline in herbicide use. As RR soya had been genetically modified to be resistant to glyphosate, Monsanto argued that it would be possible to kill all weeds by applying the herbicide just once, early on in the planting season. In fact, this advantage never materialised as strongly as the company predicted. Instead of falling, national consumption of glyphosate has risen dramatically: Argentina is estimated to have used 200 million litres of glyphosate in 2008, compared with 13.9 million litres in 1996. [ 2 ] In other words, while the Argentine soya harvest has increased fivefold during the period, consumption of glyphosate has increased fourteenfold.


The intense application year after year of a single herbicide – glyphosate – has led to the emergence of weeds that have become resistant to this chemical. Some of the better known of these “super-weeds”, as they are popularly called, are: Hybanthus parviflorus (Violetilla), Parietaria debilis (Yerba Fresca), Viola arvensis (Violeta Silvestre – Field pansy), Petunia axillaris (Petunia), Verbena litoralis (Verbena), Commelina erecta (Flor de Santa Lucía – Slender dayflower), Convolvulus arvensis (Correhuela – Field bindweed), Ipomoea purpurea (Bejuco – Morning glory), Iresine difusa (Iresine) and recently Sorghum halepense (Sorgo de alepo – Johnson grass), which, because it is a difficult weed to control, has caused considerable alarm among farmers. [
3 ]

Rural and Urban Women for Food Sovereignty


In November 2008 the third meeting of Rural and Urban Women for Food Sovereignty was held in Santa Fé in Argentina. One of the working groups decided to hold their two-day seminar on the railway line owned by the private company Belgrano Cargas, which is used during harvest to transport soya beans. It was a protest, the women said, against the “soya model” and against the privatisation of the railways. For 48 hours they halted all traffic on the line, causing losses to the rail company estimated at US$200,000.

These are extracts from the document that the women issued to explain their action:

•  The soya model contaminates our environment and, by concentrating land and the means of production, expels peasant communities from the land they have occupied for many years, increasing the vulnerability of all, but particularly of women and children.

•  You only have to look along the edges of the so-called “roads of production” to catch a glimpse of the life to which expelled people are condemned. They are forced to live in dark, forgotten places, where the only light comes from gambling dens and bars.

•  The women are economically and sexually exploited, not only by men but by a whole ideological system validated by our society.

•  To attack women is to attack food sovereignty, since women produce 80 per cent of the food that the world consumes. It is for this reason that the struggle for food sovereignty, the struggle to stay on the land and recover our capacity to produce what we eat, is also a struggle to regain sovereignty over our bodies.

•  As we women are responsible for feeding our families, we have to be to be at forefront of the struggle to replace a model of consumption, commercialisation and production that fills the coffers of transnational companies at the expense of the well-being of our people.

•  We are fighting for a new economy that respects people and nature, that includes everyone and guarantees the just distribution of all production so that everyone can live a life of dignity, happiness, autonomy and sovereignty.

•  NO TO MONOCULTURE! YES TO TRAINS FOR ALL (BUT NOT FOR SOYA)!


To deal with these weeds and also with “volunteer” soya – that is, soya that sprouts out of season – soya farmers have started spraying the land with stronger herbicides before planting. It is estimated that today 20–25 million litres of 2,4-D, 6 million litres of atrazine (banned in the European Union in 2004 because it contaminates groundwater) and 6 million litres of endosulfan (a highly toxic organochlorine insecticide) are used on the soya fields each year.4 Experts quoted in a study by Friends of the Earth believe that an additional 25 million litres of non-glyphosate herbicides will be required each year to control Johnson grass. [
5 ]


The soya farmers make little effort to prevent chemicals being carried by the wind into the homes and on to the land of the rural population. As a result, the chemicals have seriously affected the health of both people and domestic animals, damaged food crops and contaminated the soil, water courses and the air. Even though there are no official statistics for the overall picture, organisations have collected detailed information on hundreds of cases and have repeatedly complained to the authorities. [
6 ]


Urban dwellers, too, have been indirectly hurt by the soya boom. The export model dominated by soya has threatened the country’s food sovereignty. Argentina used to produce plentiful quantities of cheap meat, dairy produce, lentils, beans and other vegetables. Mixed farming, with livestock and crops in rotation, provided good yields. Soya monocropping has changed all that. The number of dairy farms fell 50 per cent between 1988 and 2003, from 30,000 to 15,000. [
7 ] National production of most staple foods has declined sharply. Argentina, which used to be called “the granary of the world”, is having to import food. People are even going hungry. It is not only food crops that have been affected: cotton production has fallen by 40 per cent in the province of Chaco and 78 per cent in the province of Formosa.


While the majority of farmers have been greatly harmed, the adoption of GM soya has clearly strengthened some groups within the country. Big farmers, many of whom are linked to “pools” of financial investors, have greatly extended their control over the farming sector. Financial returns on soya are not high per hectare, so, in order to make large amounts of money, the pools have been leasing vast stretches of land from thousands of small and medium-sized farmers, many of them dairy cattle farmers or food producers, driven out of business by the export-oriented economic policies.


One of the advantages of GM soya for big farmers is that it facilitates “no-till” farming – that is, farming without ploughing the land, which means that they need few labourers. Indeed, it is estimated that only one labourer is required for every 500 ha of soya. So the farmers are able to farm intensively, using gigantic machines. They pay little attention to the long-term health of the soil, particularly if they are leasing the land and returning it to its owners once its fertility has been exhausted. Huge profits are possible by farming this way: one of the bigger producers, Grupo Los Grobo, which has 150,000 ha under soya, has an annual income of US$400m and expects to double its turnover this season. [
8 ]


The price Argentina pays for these few financial groups’ high profits is the mortgaging of its long-term future. Each year more than 200,000 ha of native forest are felled as the agricultural frontier advances. [
9 ] With the intense monocropping come leaching, erosion and soil degradation. It has been estimated that the deforestation results in 19–30 million tonnes of soil being washed away each year. Moreover, soya cultivation extracts nutrients from the soil and absorbs water, embedding them in the crop. In practice, this means that 1 million tonnes of nitrogen and 160,000 tonnes of phosphorus are “exported” each year, along with 42.5 billion cubic metres of water. [ 10 ] These are serious losses. Argentina will need these resources in the future for its agricultural development.


The costs of the soya boom have rippled out beyond the country’s borders, for Argentina was used by Monsanto as a gateway for the expansion of GMOs into the rest of the southern cone. For six years a small group of Brazilian consumers and environmentalists fought doggedly in the courts to keep GMOs out of their country, but their battle was fatally undermined by the smuggling of RR soya over the frontier from Argentina. Seduced by the extravagant promises made by salesmen, Brazilian farmers bought the illegal seeds on such a scale that the official ban on GMOs became meaningless and was revoked by president Lula. Similar tactics were used to spread RR soya into Paraguay and Bolivia.


The RR soya frenzy, which is turning the southern cone into what has been called the “Republic of Soya”, has led to no increase in productivity, despite all the promises made by the salesmen. Indeed, a recent investigation by the University of Kansas shows that RR soya has an average yield that is 6–10 per cent lower than that of conventional soya. [
11 ]


Prospects


“Superweeds” created by ecological imbalances inherent in monocropping with a GM crop, long predicted by ecologists, are jeopardising the long-term economic and environmental viability of RR soya. But instead of rethinking the whole agricultural model and encouraging farmers to return to mixed farming, where natural balances make it far easier to control weeds, the Argentine authorities are offering their full support to Monsanto, which is planning over the next five years to introduce a new form of GM soya. The new soya will have a gene inserted into it which makes it resistant to dicamba, a herbicide that kills broadleaf weeds.

According to Robert Hartzler, a weed specialist at Iowa University, dicamba brings its own problems. [
12 ] The compound’s volatility means that it will kill off broad-leaved plants on fields and in houses up to half a kilometre away, which will undoubtedly cause yet further serious problems for the rural population. Monsanto is confident that resistance won’t become a serious problem, but Hartzler is not so sure. “I don’t think we can say that resistance won’t develop”, says Hartzler, “but it is a much lower likelihood than with other herbicide classes. But then, that’s what they originally said about glyphosate.” [ 13 ]


Another technical fix and another swathe of problems for Argentina’s communities. How long will this madness prevail?


Going further (with videos, protests and analysis)

•   Campaña Paren de Fumigar

•   Soja para Hoy, Hambre para mañana

•   Redaf

•   Fundación Proteger

•   La Soja Mata

•   Instituto de Investigaciones Gino Germani

•   GEPAMA

•   Video Hambre de Soja

•   RR, La cosecha Amarga


1 - Lilian Joensen, Stella Semino and Helena Paul, “Argentina: A Case Study on the Impact of Genetically Engineeered Soya”, The Gaia Foundation, 2005.

2 - Secretaría de Ambiente y Desarrollo Sustentable, “El avance de la frontera agropecuaria y sus consecuencias”, March 2008.

3 - Walter A. Pengue, “El glifosato y la dominación del ambiente”, Biodiversidad, July 2003; Monsanto, “Se confirma la resistencia de un biotipo de Sorghum halepense a glifosato en Tartagal, Salta”, 16 August 2006. http://tinyurl.com/7wdzcu

4 - Friends of the Earth, “Who benefits from GM crops? The rise in pesticide use”, January 2008, p. 19.

5 - Ibid., p. 20.

6 - Diego Domínguez and Pablo Sabatino, “La muerte que viene en el viento. Los problemática de la contaminación por efecto de la agricultura transgénica en Argentina y Paraguay”, November 2008.

7 - Secretaría de Ambiente y Desarrollo Sustentable, “El avance de la frontera agropecuaria y sus consecuencias”, March 2008.

8 - “Los Grobo esperan duplicar su facturación el próximo año”, Clarín, 28 February 2008, http://tinyurl.com/8l7tfw

9 - Secretaría de Ambiente y Desarrollo Sustentable, “El avance de la frontera agropecuaria y sus consecuencias”, March 2008.

10 - Walter A. Pengue, “‘Agua virtual’, agronegocio sojero y cuestiones económico ambientales futuras”, Instituto Argentino para el desarrollo económico, Realidad Económica No. 223, 24 November 2006, http://tinyurl.com/9p52ng

11 - Silvia Ribeiro, “¿Quiere bajar la producción? ¡Use transgénicos!”, La Jornada, Mexico, 19 July 2008, http://tinyurl.com/8asylc

12 - Heidi Ledford, “Geneticists create ‘next generation’ of GM crops: Soya beans could be treated with alternative herbicide”, Nature, 24 May 2007, http://tinyurl.com/7gatxz

13 - Ibid.

http://www.grain.org/seedling/?id=578

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Mercredi 6 mai 2009

 Le monde merveilleux des multinationales

  GRAIN

 

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Le boom de la production de soja dans le Cône sud de l’Amérique latine constitue l’une des évolutions agricoles les plus destructrices des vingt dernières années. Les entreprises responsables de ce boom font aujourd’hui une percée agressive dans la canne à sucre, en se concentrant sur de vastes étendues de terre dans les pays du sud où ils peuvent produire du sucre à bon marché. Si ce développement ne provoque pas de réaction, l’impact risque d’être sévère : la production de nourriture locale sera écrasée, les travailleurs et leurs communautés seront déplacés et exposés encore davantage aux effets des pesticides et l’agrobusiness étrangère resserrera encore son étau sur la production sucrière. Nous essaierons dans cet article de voir le rapport entre le développement de la canne à sucre génétiquement modifiée (GM) et les transformations de l’industrie du sucre dans le monde.

 

 

En une dizaine d’années seulement, presque toute les pampas argentines et d’énormes surfaces forestières et agricoles au Brésil, en Bolivie, en Uruguay et au Paraguay ont été transformées en déserts verts de monocultures de soja. [ 1 ] Le boom du soja en Amérique latine a été et est toujours un filon miraculeux pour l’agrobusiness. Il a fourni à la poignée de céréaliers géants qui dominent le marché international des oléagineux et  du fourrage un terrain bon marché et fertile pour assurer l’expansion et la consolidation de leurs activités dans le monde. Ces mêmes sociétés, Cargill, ADM et Bunge pour ne citer qu’elles, ont aussi fait des milliards de profits avec les ventes d’ engrais chimiques devenus indispensables. D’autres grandes entreprises étrangères, telles qu’ AGCO et John Deere, ont profité des ventes de tracteurs. Monsanto et Sygenta, quant à eux, ont engrangé des bénéfices records avec leurs semences génétiquement modifiées et leurs pesticides chimiques.

 

L’invasion du soja s’appuie sur un modèle de production axé sur l’utilisation de semences génétiquement modifiées qui permettent de tolérer d’énormes doses d’herbicides chimiques. C’est Monsanto qui a fourni à la fois les semences et les herbicides, tandis qu’une nouvelle génération d’exploitations agricoles, dirigées principalement par des hommes d’affaires vivant dans les villes, louait ou s’emparait de vastes zones agricoles et y organisait le travail. A chaque fois que ce modèle a été déployé, il a forcé les petits paysans à partir et les communautés locales ont été dévastées par l’exode rural et la contamination chimique.  

 

 

Quant aux multinationales de l’agrobusiness, l’expérience du soja dans le Cône sud a montré comment exploiter avec profit l’expansion de l’agriculture industrielle dans les pays en développement. Elle a ouvert une nouvelle ère de conquête. Le sucre, qui a une longue histoire de destruction de l’environnement et de pure exploitation humaine, est probablement la prochaine récolte à être confrontée à un boom similaire à celui qu’a connu le soja, d’autant plus que de nouvelles espèces de sucre génétiquement modifiées poussent déjà dans les champs (voir encadré 1).

 

Encadré 1 : La situation actuelle du sucre génétiquement modifié
 

Depuis plus de dix ans on expérimente avec la betterave et la canne à sucre GM. La canne à sucre a une composition génétique assez complexe qui rend les modifications génétiques difficiles. En revanche, il est plus simple de travailler sur la betterave GM et l’expérimentation dans ce domaine a donc été beaucoup plus poussée. En 2008, les premières betteraves GM commerciales, une variété génétiquement modifiée par Monsanto et le  sélectionneur de semences allemand KXS pour les rendre résistantes au glyphosate (le Roundup Ready), furent introduites aux Etats-Unis, puis au Canada. Toutes les plus grands semenciers de betteraves d’Amérique du Nord vendent déjà la betterave Roundup Ready. Des personnes bien informées prédisent que la quasi-totalité de la récolte  des États-Unis sera composée de Roundup Ready en 2009, à moins que les campagnes contre la betterave GM ne parviennent à renverser la vapeur (voir encadré 4). Dans l’UE, qui est de loin le plus gros marché de semences de betterave, les betteraves GM n’ont pas encore reçu l’accord de commercialisation, quoique les betteraves Round Up Ready aient été autorisées pour l’alimentation humaine et animale.  

Pour ce qui est de la canne à sucre GM, Monsanto espère avoir une variété de Roundup Ready/Bt sur le marché d’ici 2015. D’autres grandes sociétés de biotechnologie travaillent aussi sur la canne à sucre. (1)


(1) Il faut signaler ici deux programmes de recherche importants sur la canne à sucre :  celui de CTC Brazil avec des variétés de canne à sucre GM à taux de saccharose élevé et un projet commun du Max Planck Institute (Allemagne) avec le Vasantdada Sugar Institute au Maharashtra (Inde) et la station de recherche (La Chacra) d’une association argentine de producteurs de canne à sucre à Santa Rosa, qui fait des essais de variétés modifiées par transformation chloroplastique.

 

Une nouvelle carte de la production de sucre dans le monde

 

On peut  obtenir du sucre à partir de nombreuses variétés de plantes, mais aujourd’hui la production mondiale de sucre provient pour la plus grande part de la canne à sucre. Celle-ci représente en effet plus de 70% de la production mondiale de sucre et est cultivée sur environ 15 millions d’hectares dans plus de 100 pays dans les zones tropicales et subtropicales. La deuxième source de sucre la plus importante est la betterave, principalement cultivée dans l’hémisphère Nord sur 10 millions d’hectares dans au moins 50 pays. Cependant la carte de la production mondiale est en train de changer, en raison de l’expansion de ces cultures sur de nouveaux territoires.

 

Tableau 1 : Autorisations pour la betterave Roundup Ready H7-1 de Monsanto et KWS

Statut

Pays

Culture/nourriture

USA, Canada, Japon

Nourriture

Colombie, UE, Australie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Philippines, Corée du Sud, Russie, Singapour

 

Trois éléments ont particulièrement altéré la géographie de la production de sucre. Tout d’abord l’émergence du Brésil comme le premier producteur mondial de sucre et de loin le plus grand exportateur du monde. Près des trois-quarts de l’expansion de la production de canne à sucre dans les dix dernières années concernent le Brésil. La surface consacrée à la canne a sucre y a augmenté en moyenne de 300 000 hectares par an entre 2000 et 2007, un taux de progression équivalent à celui du soja dans ce pays. En 2008, la surface de canne à sucre s’est accrue de 14%. Une proportion non négligeable de la production de canne à sucre brésilienne sert à l’industrie locale d’éthanol, mais une grande part se retrouve encore sur encore le marché mondial (cf. figure 3). Aujourd’hui, plus de la moitié des exportations mondiales de sucre non raffiné proviennent du Brésil, alors que le Brésil ne représentait que 7% de ces exportations au début des années 1990.

 

Malgré l’avènement d’un si gros producteur à bas coûts, l’ancienne structure de la production mondiale est restée largement inchangée jusqu’à récemment, en raison des anciens accords de protection de la production domestique dans l’UE et aux Etats-Unis et des accords commerciaux préférentiels entre l’Europe et ses anciennes colonies qui dépendent encore fortement des exportations de sucre. Cependant, un deuxième élément, la réforme européenne sur le sucre, a frappé au cœur l’industrie du sucre et fait éclater l’ancien système d’organisation.  

 

 

Tableau 2 : Investissements de quelques sociétés biotechnologiques dans la canne à sucre
 

Société

Projets canne à sucre

Dow Agrosciences (USA)

Décembre 2008 : a signé un accord de recherche pour deux ans avec le Cooperative Research Centre for Sugar Industry Innovation through Biotechnology (Australie)

Syngenta (Suisse)

Expérimentation sur la canne à sucre Bt au Brésil et avec le Vasantdada Sugar Institute (Inde. A créé le Syngenta Centre for Sugarcane Biofuel Development sur le campus de l’Université de Technologie de Queensland (Australie) en 2007 et travaille actuellement avec John Deere sur une technologie de plantation de la canne à sucre qui devrait « permettre aux producteurs de replanter leurs champs plus fréquemment ».

Dupont (USA)

La canne à sucre est un matière première pour le programme mondial de biobutonal en partenariat avec British Petroleum et Associated British Foods (British Sugar). Ils cherchent des pays pour investir dans la production de canne, en particulier la Chine et l’Inde. British Petroleum  a récemment investi de façon importante dans l’industrie du sucre brésilienne et dans un partenariat avec Verenium pour produire une « canne énergétique » qui peut pousser sur des terres impropres à la culture de canne à sucre.

Amyris (USA)

Société de biotechnologie en partenariat avec Crystalsev, une des plus grandes sociétés de sucre/éthanol brésiliennes et le conglomérat Votorantim, pour développer un biodiesel à partir de la canne à sucre.

Quand l’Australie, le Brésil et la Thaïlande ont attaqué l’UE sur les subventions et mesures de protection domestiques de son industrie du sucre à l’OMC, l’UE a décidé de profiter de l’occasion pour faire disparaître de façon unilatérale le Protocole du sucre dont elle se servait depuis longtemps avec ses anciennes colonies et de bouleverser ses régimes domestiques. Des quotas ont été maintenus pour protéger les producteurs européens mais ils ont été réduits et affaiblis, de telle sorte que la production européenne se limitera désormais de plus en plus à quelques grandes régions de production sucrière, évitant ainsi que l’Europe ne continue à inonder la marché mondial de sucre subventionné.

Le marché européen a également été ouvert aux importations sans quotas et sans taxes en provenance des Pays moins avancés (PMA) et des pays ayant signé les Accords de Partenariat Economique. En d’autres termes, les anciennes colonies ne pourront plus vendre à des prix protégés par l’UE, ce qui veut dire que, parmi elles, seuls les producteurs capables de produire à coûts très bas pourront encore exporter vers l’UE. [
3 ]

 

Quand les réformes de l’Europe sur le sucre seront complètement appliquées en 2009, l’UE est censée passer soudainement du statut d’exportateur net, qui déversait des millions de tonnes de sucre subventionné sur le marché mondial, à celui d’importateur net. Cela provoque déjà un mouvement de délocalisation de la production sucrière de pays comme les îles Fidji, la Réunion et une bonne partie des Caraïbes, qui ont des coûts de production et de transport élevés, vers le Soudan, l’Ethiopie et le Mozambique, où les coûts de production sont bas et où l’accès à l’UE est facile, à la fois en termes d’accords commerciaux et de transport. En outre, en dehors de l’UE, les grands raffineurs de sucre, avides de sucre bon marché pour remplacer les exportations européennes, sont maintenant à la recherche de  réseaux d’approvisionnement alternatifs.

 

Table 3 : Les sept principaux producteurs de sucre du monde

Société

Pays

Production de sucre (en t/an)

Sudzucker

Allemagne

4,24

Associated British Foods

Royaume-Uni/UK

3,85

Copersucar

Brésil

3,56

Cosan

Brésil

3,15

Eurosugar

France/Allemagne

3

Tereos

France

2,8

Mitr Phol

Thaïlande

2,7  

 

 

* n’inclut pas l’éthanol

 

 

 

Le troisième élément qui modifie la carte de la production de sucre dans le monde est        l’énorme avancée des agrocarburants. La canne à sucre est considérée comme l’un des matériaux de base les plus économiques, voire le plus économique, pour la production d’éthanol. Le marché mondial de l’éthanol s’étend rapidement, car un certain nombre des marchés pour les carburants dédiés au transport ont déjà mis ou vont mettre en application des décrets qui obligent à mélanger un certain pourcentage d’éthanol à l’essence. Avant la crise financière de 2008 et l’effondrement des prix du pétrole, l’industrie du sucre était submergée de projets d’investissements dans de nouvelles usines d’éthanol. Ces investissements ont beau avoir ralenti - beaucoup de projets ont été ainsi reportés ou annulés – les décrets gouvernementaux sont suffisants pour fournir un flux d’argent non négligeable aux projets de production d’éthanol.

De nombreux projets à large échelle, comprenant des plantations de sucre,  sont ainsi en train de voir le jour de par le monde et forcent la production de sucre dans de nouvelles contrées. Les investissements concernent aussi les technologies qui pourraient ouvrir de nouveaux marchés pour les agrocarburants à base de canne à sucre. [
4 ] En bref, le marché croissant des agrocarburants a vraiment dopé la demande de sucre et, par voie de conséquence, accru le développement de la production mondiale de sucre (voir diagrammes 1 et 2).

 

C’est la fête pour l’agrobusiness

 

Ce sont les grandes entreprises de l’agrobusiness qui sont derrière ces changements de la production mondiale de sucre et qui en empochent les profits. Les principales entreprises sucrières européennes se sont ainsi servies des réformes de l’UE sur le sucre pour consolider leur main-mise sur la production soumise à quotas en Europe même et pour s’introduire dans la production hors-frontières de l’UE dans des zones bon marché ayant un accès préférentiel à l’UE. [ 5 ]

 

Mais, dans les pays du Sud, les grands acteurs de l’industrie sucrière qui s’étaient traditionnellement concentrés sur leur production nationale, commencent eux aussi à investir les marchés étrangers. Ainsi Mitr Phol, la plus grande compagnie sucrière de Thaïlande, s’est installée au Laos pour produire et exporter vers l’UE, par l’intermédiaire d’un partenariat avec Tate & Lyle.  De même, la société sucrière colombienne Manuelita opère maintenant au Pérou et au Brésil. Le Soudan et l’Ethiopie sont devenus des cibles particulièrement recherchées des investisseurs du Sud, avec la bénédiction de leurs gouvernements. Le gouvernement soudanais soutient qu’il veut faire passer la production de canne à sucre du pays de moins de 200 000 hectares cultivés aujourd’hui à 1,7 millions d’hectares. [ 6 ]

 

Tableau 4 : Principales entreprises sucrières européennes investissant dans la production et l’approvisionnement en sucre à l’étranger

Société

Pays

Associated British Foods (R-U)

Chine, Malawi, Mali, Mozambique, Swaziland, Afrique du Sud, Tanzanie, Zambie

Tereos (France)

Mozambique, Brésil

Sudzucker (Allemagne)

île Maurice

JL Vilgrain  (France)

Cameroun, Tchad, République du Congo

Tate & Lyle (R-U)

Égypte, Laos, Zimbabwe

AlcoGroup (Belgique)

 

Brésil, Île Maurice

 

De nouveaux joueurs sont en train de rentrer sur le terrain de l’industrie du sucre, surtout pour l’éthanol. Les géants du commerce céréalier, qui jusqu’à présent n’avaient pas été très impliqués dans la production de canne à sucre ou de betterave, utilisent désormais des moyens agressifs pour se faire une place dans l’industrie. Cargill, qui contrôle déjà 15% du commerce mondial du sucre, a récemment investi lourdement dans la production de canne à sucre au Brésil et au Mexique et a lancé  de nouveaux projets de partenariat pour des raffineries et/ou d’éthanol  en Syrie, en Inde et au Salvador. Même ADM, le roi de l’éthanol de maïs américain, a lancé son premier projet d’investissement dans la canne à sucre brésilienne en 2008 ; le partenariat concerne deux usines de sucre/éthanol et de grandes plantations. Les entreprises énergétiques et les entreprises de ressources naturelles, au Nord comme au Sud, suivent le même chemin, qu’il s’agisse d’acteurs bien établis, comme BP, ou de capital-risqueurs moins connus du secteur minier.

 

L’idée générale est donc qu’on assiste actuellement à une expansion considérable de la production de sucre dans le monde. Cette production est concentrée géographiquement et se trouve entre les mains d’un nombre assez limité d’entreprises qui travaillent avec des chaînes de production et de distribution verticalement intégrées.

 

Le boom du sucre au Brésil

 

C’est le Brésil qui est le plus sévèrement affecté par les transformations de la production mondiale de sucre. L’industrie du sucre y est de plus en plus concentrée entre les mains de quelques familles surnommées au Brésil « les barons du sucre » et quelques entreprises étrangères qui opèrent en partenariat les unes avec les autres. L’investissement étranger afflue dans le sucre brésilien - il a été de 9 milliards de dollars US pour la seule année 2006 - et les barons du sucre ont consolidé leurs holdings et restructuré leurs entreprises pour exploiter cet afflux de capitaux. Quelques-uns ont même mis leurs affaires familiales en Bourse (bourse du Brésil). Il arrive souvent que les investisseurs étrangers achètent une participation majoritaire ou des intérêts minoritaires en laissant les barons du sucre s’occuper des opérations agricoles. Cependant, les investisseurs étrangers commencent à prendre un rôle dominant dans les deux domaines (voir encadré 2). En 2007-2008, 12% du sucre de canne brésilien a été transformé dans des sucreries appartenant à des compagnies étrangères, contre moins de 1% au début des années 2000. Si l’on inclut les sucreries dans lesquelles les étrangers ont une part minoritaire, on obtient un chiffre encore plus important (23%).  [ 7 ] Aujourd’hui on voit distinctement que quelques conglomérats – des réseaux de transnationales et les grandes familles du sucre - contrôlent la majeure partie de l’industrie. Les trois principaux s’articulent autour de Cosan, Crystalsev et Copersucar qui, selon Maurilio Biagi Filho, président de Crystalsev, possèdent presque un tiers des sucreries du Brésil. [ 8 ]

 

Avec le boom du sucre brésilien, la production a glissé du Nord-Est du pays au centre-sud où le terrain est mieux adapté à une production fortement mécanisée. Des millions d’hectares de cerrado (savane arborée), une région du Brésil comparable à l’Amazonie  par la richesse de sa biodiversité, ont été défrichés pour faire place aux nouvelles cultures de canne à sucre. [ 9 ] Environ 90% de toute la production de sucre brésilienne provient des sucreries de cette région ; à peu près 60% de cette production est convertie en éthanol. [ 10 ] La région est devenue le support de base de l’industrie : Fortement soutenus par le gouvernement du président Lula, les barons du sucre locaux qui ont un poids politique et leurs partenaires étrangers n’ont eu aucun mal à faire avancer leurs plans d’expansion, transformant par là-même de vastes zones agricoles et forestières en champs de canne à sucre. Et s’il est vrai que la crise économique mondiale  a provoqué un certain  ralentissement, la Société financière internationale de la Banque mondiale IFC, la Banque de développement du Brésil (BNDES) et la Banque interaméricaine de développement (IBD) sont intervenues en apportant les fonds nécessaires  pour maintenir cette expansion et la consolider. [ 11 ] Plusieurs fonds d’investissement privés de centaines de millions de dollars ont été récemment établis pour acheter au Brésil des terres à convertir en cultures de canne à sucre. Parmi eux, on compte le fonds  Radar Propiedades, géré par Cosan, le fonds Calyx géré par Louis Dreyfus et le fonds Brasilagro géré par Cresud, une société qui appartient au baron du soja argentin Eduardo Elsztain. Il ne faut pas s’étonner que s’exacerbent les conflits pour les terres partout où se répand la culture de canne, de même que les violences infligées à tous ceux qui osent résister. [ 12 ]

 

Encadré 2 : Les entreprises sucrières d’aujourd’hui au Brésil : Guarani et CNAA
 

Açúcar Guarani


Açúcar Guarani est la filiale brésilienne de la transnationale sucrière française Tereos. L’entreprise exerce un contrôle sévère sur ses fournisseurs de sucre.
Un tiers de son approvisionnement provient de ses propres plantations, où la mécanisation des récoltes est passée de 32% en 2004 à 80% en 2008. Le reste fait l’objet de contrats avec des fournisseurs externes qui sont obligés d’utiliser les variétés de canne à sucre de Guarani et d’adhérer aux systèmes utilisés par la société pour la préparation des sols, les semis, la récolte et les soins contre les maladies. Guarani est une des rares sociétés sucrières au Brésil à avoir signé avec le producteur d’éthanol suédois Sekab un contrat d’approvisionnement en éthanol durable, qui oblige à mécaniser complètement la production. (1)

 

The Companhia Nacional de Açúcar e Álcool (CNNA)

 

En 2007, Goldman Sachs a acheté 19% de la deuxième sucrerie du Brésil, Santa Elisa, qui fait partie du conglomérat Crystalsev. A la même période, Santa Elisa et Goldman Sachs ont lancé un partenariat de 300 millions de dollars US avec l’entreprise commerciale internationale Global Foods Holdings et le Carlyle Group, une firme américaine privée à capitaux propres. Ce partenariat, du nom de CNNA, avait pour but de mettre en route quatre grandes sucreries et usines d’éthanol, devenant ainsi l’un des trois principaux producteurs de sucre/éthanol du Brésil. Des représentants de la société affirment qu’ils ont l’intention de s’étendre dans les «  nouvelles » zones de culture de canne à sucre du centre-sud : Crystalsev sera chargé de la distribution à l’intérieur du pays, tandis que Global Foods Holding doit organiser le commerce international.  Le partenariat de CNNA a profité récemment d’une injection de capital de 270 millions de dollars US de la Banque interaméricaine de développement ainsi que d’un financement de 200 millions de dollars US de la part de la Banque de Développement  du Brésil (BNDES). Deux des sucreries sont déjà en activité et une troisième en construction. Au début de 2009, Carlyle a augmenté sa participation dans la société, devenant l’actionnaire principal, tandis que Santa Elisa se faisait exclure de la structure de direction. La société est donc maintenant dirigée par un fonds qui appartient entièrement à des entreprises étrangères, rassemblant le Carlyle Group, Goldman Sachs, le Global Foods Holding et Discovery Capital.

1 – Sekab, « Requirements for Sustainable Ethanol » http://tinyurl.com/dd6qvp

Le modèle de production poursuivi par les conglomérats du sucre au Brésil est celui d’une grande exploitation verticalement intégrée. Les sucreries possèdent ou louent les trois-quarts des terres à canne à sucre et les 60 000 producteurs brésiliens indépendants, dont les fermes font moins de 150 hectares, représentent seulement 27% de la production nationale. [ 13 ]. Les conditions de travail dans les plantations sont connues pour être brutales et au fur et à mesure que les sociétés sucrières prenaient de l’ampleur, elles ont pu exiger de plus en plus de leurs ouvriers qui sont généralement payés à la quantité de canne coupée. Le tonnage moyen de canne coupé journellement dans la région de São Paulo a doublé, passant de 5 à 6 tonnes par jour dans les années 1980 à 10 à 12 tonnes aujourd’hui, ce qui correspond à 12 000 coups de machette par jour. [ 14 ] Depuis 2000, les coupeurs de canne à sucre de cette région ont accru leur productivité de 11,9%, mais le salaire qu’ils reçoivent n’a augmenté que de 9,8% durant la même période. [ 15 ] Chaque année, certains ouvriers meurent d’épuisement et le travail forcé reste une pratique courante dans l’industrie. La Commission pastorale de la terre (Comissão Pastoral de Terra  ou CPT) rapporte que 2 164 ouvriers ont été libérés du travail forcé dans les plantations de sucre du Brésil en 2008. [ 16 ]

Le modèle de production est aussi de plus en plus industriel et s’appuie sur des machines, de nouveaux cultivars et des intrants chimiques fournis par l’agrobusiness. Le boom de la canne à sucre est l’une des raisons principales pour lesquelles le marché brésilien des pesticides a été multiplié par quatre entre 1992 et 2006, atteignant une valeur de plus de 5 milliards de dollars US en 2007. [ 17 ] Cela a aussi généré un immense nouveau marché pour les entreprises de capitaux étrangers qui contrôlent également le marché brésilien des tracteurs. [ 18 ]  Pour les sociétés sucrières, la mécanisation réduit les besoins en main d’œuvre manuelle, leur épargnant en partie les exigences des ouvriers et les critiques internationales qui se font de plus en plus entendre sur les conditions de travail dans les plantations de sucre brésiliennes. Cela permet aussi d’éviter la pratique courante des brûlis avant la récolte à la main, ce qui est un argument de poids quand on parle des avantages environnementaux de l’éthanol brésilien. En fait, les critères de « durabilité »  décidés par les importateurs d’éthanol européens et leurs fournisseurs brésiliens exigent cette mécanisation. Dans la même veine, le gouvernement brésilien a introduit en 2007 un protocole destiné à interdire les brûlis sur 20% des champs de canne à sucre d’ici 2010 ; ce pourcentage doit atteindre 100% d’ici 2020.  

 

 

Pour résumer donc, ce qui caractérise l’expansion du sucre au Brésil  est le degré de contrôle des grandes entreprises, la conversion rapide et massive des terres et un modèle de production industriel, fondé sur l’exploitation de la main d’œuvre et l’usage de machines modernes et d’intrants fournis par l’agrobusiness. [ 19 ]  Le Brésil est sans aucun doute l’épicentre du boom mondial de la production de canne à sucre, mais un certain nombre d’autres pays sont en danger d’être eux aussi aspirés et entraînés dans le même modèle d’agrobusiness.  En effet, le Brésil est maintenant devenu le principal défenseur de l’éthanol à base de canne à sucre sur la scène internationale. Il fournit moyens financiers, investissements et technologie dans le monde entier aux pays qui acceptent de se lancer dans cette production.

 

Tableau 5 : Les projets de betterave tropicale de Syngenta

 

Partenaire

Pays

Détails

Maquiltec S.A., Campos Chilenos (EDF & Man)

Colombie

Le projet éthanol de 250 millions de dollars US a été mis en attente en janvier 2009 pour raisons financières. Une surface de 8 000 hectares de betterave est prévue. (1)

MIDROC

Éthiopie

Projet de 300 millions de dollars US dans l’État d’ Amhara, impliquant une plantation de 30 000hectares et un système de producteurs sous contrat.

Vasantdada Sugar Institute (VSI), Harneshwar Agro Products

Inde

Avec la sucrerie Samarth Cooperative, VSI a cultivé des betteraves à usage alimentaire sur environ 48,5 hectares de terres et les a traitées dans une usine- pilote à Ambad, près de Jalna, au  Maharashtra. Avec Harneshwar Agro Products, il a passé un contrat de production de betterave avec les 12 000  fermiers actionnaires de la société et construit une usine de bio-éthanol, au Maharastra également.

Inconnu/ n.c.

Soudan

La betterave est cultivée sur environ 70 000 hectares au Soudan et la production doit être augmentée par/grâce à  la création d’une sucrerie dans le Projet Gezira par des investisseurs des Émirats Arabes Unis. Syngenta a fait faire des essais de terrain sur sa betterave dans le pays.

1 – « Campos Chilenos paraliza proyecto de etanol en Columbia por US 270 millones por falta de financiamento », 29 January  http://tinyurl.com/bbfvdy

Monsanto s’infiltre dans le sucre canadien. Jusqu’où ira-t-il ?


Un élément essentiel dans l’histoire de l’expansion de la production sucrière brésilienne a été le développement de variétés adaptées à la région du Centre-Sud du pays et à la production d’éthanol. La plupart de ces variétés ont été développées par le Centrode Tecnologia Canavieira (CTC), un institut semi-privé qui était contrôlé par Copersucar mais appartient maintenant à un groupe rassemblant les plus grandes sucreries du Brésil. CTC avait l’habitude de faire payer des royalties aux non-membres mais refuse maintenant tout accès aux producteurs qui ne font pas partie de l’organisation et qui représentent plus de la moitié de la production de sucre du pays. [
20 ]


Un nouvel acteur, cependant, vient de faire son apparition sur la scène et est en train de grignoter la position dominante de CTC. CanaVialis, le plus grand sélectionneur privé de canne à sucre du monde, a été mis en place en 2003 par plusieurs sélectionneurs autrefois publics, avec le financement du conglomérat brésilien Votorantim. A côté de CanaVialis, une société sœur, Allelyx, est spécialisée dans la  biotechnologie de la canne à sucre. Comme CTC, CanaVialis travaille pour les principales sucreries qui leur font développer pour elles des variétés spécifiques. Canavalis a ainsi récemment signé un accord de 25 millions de dollars US avec Cosan pour ouvrir 10 stations de recherche et développer de nouvelles variétés de canne. L’entreprise a aussi développé des variétés pour la plantation de canne d’Odebrecht en Angola. Selon CanaVialis, leurs variétés occupent maintenant au moins 15% des surfaces cultivées en canne à sucre au Brésil. On peut donc dire qu’au Brésil, la sélection de canne à sucre est devenue une affaire potentiellement rentable, ce qui n’est pas encore le cas partout.


Cette évolution n’a pas échappé au plus grand semencier mondial, Monsanto. En 2007, Monsanto a commencé un partenariat avec CanaVialis et Allelyx dans le but de développer des variétés de canne à sucre génétiquement modifiées pour résister au glyphosate (Roundup Ready). Puis à la fin de 2008, il a décidé de racheter les deux sociétés, pour 208 millions de dollars US, devenant ainsi soudainement la plus grande entreprise au monde de sélection de canne à sucre. 

Encadré 3 : La betterave GM descend vers le sud


Il n’y a pas que dans l’Union européenne et en Amérique du Nord qu’on cultive la betterave sucrière. Elle est également cultivée à grande échelle en Chine, en Russie, en Europe de l’Est, en Égypte, au Soudan, en Turquie et en Argentine. En outre, Syngenta essaie de développer une betterave tropicale qui serait utilisée principalement pour faire de l’éthanol. Cette betterave peut être cultivée dans des zones où il n’y a pas suffisamment d’eau pour faire de la canne à sucre, ce qui devrait ouvrir de nouvelles contrées à la production de sucre. Syngenta prévoit une expansion à court terme de la production de betterave tropicale de 1 à 3 millions d’hectares dans le monde et a mené des essais de terrain dans de nombreux pays, parmi lesquels la Chine, l’Australie, la Thaïlande, le Vietnam, le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, le Soudan, le Brésil, la Colombie, le Pérou, le Mexique et les États-Unis. (1) Actuellement les betteraves tropicales de Syngenta n’ont pas l’appellation d’OGM, mais l’entreprise  travaille beaucoup sur les betteraves GM et sa filiale Hilleshog est l’un des principaux fournisseurs de betterave Roundup Ready.

1 – Communiqué de presse de Syngenta « Syngenta’s tropical sugar beets receive World Business and Development Award”, 25 septembre 2008, http://tinyurl.com/awxnqn

 

 

Monsanto ne cache pas son intention d’utiliser le réseau des clients de CanaVialis et la collection de germaplasme de ce dernier pour introduire très largement la canne à sucre GM. Contrairement au soja, la canne à sucre est une plante vivace et les paysans ne la replantent que tous les cinq ans environ ; pour ce faire, ils utilisent des boutures, et non des semences. Monsanto prévoit donc de suivre l’exemple de CanaVialis pour vendre ses variétés, c’est à dire qu’il veut établir des contrats et partenariats avec les principales sucreries qui utiliseront ces variétés dans leurs propres plantations et dans les contrats de production conclus avec leurs propres fournisseurs. CanaVialis a déjà fait du développement variétal en Angola et en Californie et les variétés de canne à sucre destinées au Centre-Sud du Brésil sont cultivées dans d’autres parties du monde, par exemple au Soudan par Kenana Sugar, la plus grande entreprise sucrière intégrée du monde.

 

La betterave Roundup Ready ouvre la voie à la canne à sucre GM de Monsanto. Elle a été introduite aux Etats-Unis et au Canada en 2008 et Monsanto a déjà l’accord des instances de réglementation pour exporter ses betteraves vers des marchés importants, tels que l’Europe et le Japon. Des autorisations réglementaires similaires pourraient être obtenues pour la canne à sucre Roundup Ready puisque, dans ce cas comme dans celui de la betterave, le produit raffiné ne contient apparemment plus trace de matériau transgénique. C’est du moins ce que prétendent les défenseurs du sucre GM. En Australie, où Dow et Syngenta collaborent avec les grands instituts de recherche sur la canne à sucre GM, l’industrie du sucre a déjà mis en place un lobby afin de faciliter l’introduction de la canne à sucre GM : le Sugarcane Gene Technology Group qui a copié le modèle du lobby américain de la betterave GM. [ 21 ]

 

Des déserts de canne à sucre GM


Comme toutes les autres cultures OGM qui ont été introduites sur le marché jusqu’à présent, la première série de canne à sucre GM qui se prépare sera modifiée pour résister au Roundup, l’herbicide au glyphosate de Monsanto. Tout comme avec le soja GM, l’intérêt de ces cultures de canne à sucre GM est qu’elles simplifient la production industrielle à grande échelle. L’essor du soja GM en Amérique latine s’explique par le fait que ce soja facilitait la tâche aux investisseurs de l’agrobusiness dont le souci majeur est d’engranger des bénéfices rapides sur de vastes zones fertiles. Ce sera exactement la même chose avec la canne à sucre GM : le caractère Roundup Ready fait du contrôle des mauvaises herbes une simple affaire d’arrosage des champs avec du glyphosate de temps en temps.

 

Tableau 6 : Exemples de conflits terre/eau provoqués par l’expansion de la canne à sucre

Pays

Conflit

Mali

Illovo (ABF) construit actuellement une usine d’éthanol et une sucrerie sur 14 000 hectares… l’Office du Niger. La Coordination nationale des organisations de paysans (CNOP) est opposée à ce projet.

Éthiopie

L’expansion de la production de canne à sucre dans le bassin de l’Awash a provoqué un conflit pour les terres avec les bergers xx de l’Afar dont le mode de vie est directement menacé par les nouveaux projets de canne à sucre.

Mozambique

Les paysans protestent contre un projet d’éthanol mené par la compagnie minière Camec, parce qu’il les priverait d’eau.

Soudan

Des opposants du village d’El Wag dans l’état de White Nile ont bloqué une autoroute en juillet 2008 pour demander compensation pour la construction du nouveau projet White Nile. Des affrontements avec la police ont fait 3 morts parmi les villageois et 8 blessés.

Brésil

En 2007, le Mouvement des sans-terres (MST) a envahi l’usine d’éthanol Cevesa de São Paulo appartenant à Cargill et un mois plus tard 6 000 hectares de terres, également à São Paulo, où ils ont mis le feu à 30 tonnes de canne à sucre qui n’était pas encore plantée.

 

Sources : The Afar Human Rights Organisation, “Ethiopian Givt endangers Afar pastoralists ecosystem”, 4 July 2007, http://tinyurl.com/dxa3ny
Juba Post, 25 October 2008, http://tinyurl.com/cgoxn7
Ethical-Sugar, “An exclusive Engine of Growth: The Development Model of Brazilian Sugarcane”, January 2009, http://tinyurl.com/aooogg

Le système est parfait pour les grandes multinationales du sucre qui accroissent ainsi leur contrôle vertical sur la production et la distribution mondiales de sucre. Il est totalement adapté à leurs stratégies d’intensification de la mécanisation de la production au Brésil comme ailleurs. Il facilitera la conversion d’encore plus de terres agricoles en terres de production de canne à sucre qui seront aux mains des grandes entreprises et serviront principalement à produire de l’éthanol. Les petits producteurs indépendants seront complètement exclus de ce système et de vastes zones qui pourraient être cultivées par des petits paysans pour leur propre production de nourriture seront transformées en de verts déserts de canne à sucre GM. [ 22 ] Pour donner une idée de la me sure des choses, il faut savoir que le Gouvernement brésilien prétend avoir identifié 44 millions d’hectares supplémentaires pour la production de canne à sucre, soit environ six fois la surface actuellement cultivée en canne à sucre (qui fournit déjà le tiers de la production mondiale). [ 23 ]


                      

Les effets d’un boom de la canne à sucre GM sur l’environnement et la santé seront également sévères. La canne à sucre Roundup Ready a beau simplifier les applications d’herbicides, l’expérience de l’Amérique latine avec le soja Roundup Ready montre comment il favorise l’abus de pesticides. [ 24 ] Parce que les cultures ont été génétiquement modifiées pour tolérer de fortes quantités de glyphosate, les champs sont noyés sous le pesticide souvent épandus par avion, sans tenir compte le moins du monde des populations environnantes. Pendant le processus d’autorisation de sa betterave GM aux Etats-Unis, le lobbying de Monsanto auprès de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) a réussi à faire accepter une multiplication par cinquante des taux de résidus de glyphosate permissibles dans les racines de betterave. [ 25 ] Le Roundup (glyphosate) est un herbicide toxique qui présente des risques pour la santé humaine, même à des taux relativement bas. [ 26 ]


En outre, Le Roundup Ready risque d’encourager l’usage de multiples herbicides.  Dans la production mécanisée de canne à sucre, il est courant de ne pas labourer et c’est le glyphosate  qui est censé détruire les pailles sèches restantes quand vient le moment de replanter. Comme cette pratique ne sera pas possible quand les pailles seront résistantes au glyphosate, elle risque fort de nécessiter des doses d’herbicides supplémentaires. La présence croissante d’herbes tolérantes au glyphosate et de plantes spontanées Roundup Ready (maïs et soja), en particulier en Amérique latine, forcera également les opérations industrielles de culture de canne  Roundup Ready à utiliser davantage d’herbicides. Pour résoudre ce genre de problèmes avec son soja, Monsanto prétend qu’il va bientôt introduire un soja Roundup Ready qui serait également résistant à l’herbicide dicamba, de façon à ce que ces deux herbicides puissent être utilisés, pour assurer la destruction de toutes les herbes tolérantes au glyphosate. [
27 ]


Ce sont souvent les ouvriers agricoles qui sont le plus affectés par l’usage des pesticides. Jorge Chullén de l’ International Union of Food workers (IUF) affirme que le problème des pesticides pour les ouvriers des plantations de canne à sucre s’est accru dans les dernières années. Ceci est dû en particulier au fait que les sucreries ont de plus en plus tendance à sous-traiter les activités agricoles et à confier entre autres l’application des pesticides à des sous-traitants, éludant ainsi leurs responsabilités envers leurs ouvriers. Chullén décrit les conditions de travail  dans le cadre de ces opérations de sous-traitance comme « horribles » et déclare que cette pratique ne fait qu’accroître la détérioration les standards de sécurité pour les ouvriers. La canne à sucre GM pourrait donc doublement frapper les ouvriers : en augmentant leur exposition aux pesticides et en contribuant à un processus de mécanisation qui fait disparaître les emplois dans le secteur. [
28 ]


Le sucre : l’envers du décor


La production de canne à sucre est devenue si industrielle et tellement partie intégrante du système de production agroalimentaire que bien souvent les autres formes de production et d’usage ne sont pas reconnues. Pourtant, les communautés locales maintiennent des modes culturels fondés sur la canne à sucre qui sont entièrement différents –et importants. Quand elle n’est pas raffinée ni traitée chimiquement, la canne à sucre est en fait une plante très nourrissante, riche en vitamines et en minéraux. Elle représente une source alimentaire importante qui s’intègre dans un vaste système économique à petite échelle, qui va des fabricants de sucre de palme (jaggery ou gur) en Inde aux petits vendeurs de rues et leurs stands de jus de canne dans presque tous les pays tropicaux du monde.

 

En Colombie, les communautés ont une vieille tradition qui consiste à organiser des « trapiches comunitarios » (moulins communautaires), grâce auxquels ils transforment le jus de leur canne à sucre locale en un concentré qu’ils appellent panela. Comme dans d’autres régions d’Amérique latine, les paysans locaux colombiens continuent à cultiver leurs propres variétés de canne à sucre qui sont adaptées à leurs terres et à la fabrication de panela. Certaines de ces variétés traditionnelles ont fait l’objet d’études du Grand institut paysan (Instituto Mayor Campesino IMCA). Pour Erminsu Ivan David Pabón-Mincho, coordinateur de programmes à l’IMCA, les trapiches comunitarios et les variétés locales de canne à sucre sont essentiels pour la subsistance et le bien-être des communautés rurales de Colombie. Mais, poursuit-il, les récents efforts pour étendre la production de sucre dans le pays, en particulier pour en faire de l’éthanol, menacent de priver ces communautés des terres déjà très limitées qui servent à la production de leur propre canne. De plus, la réglementation gouvernementale concernant l’industrie du sucre est, selon lui, destinée à pénaliser la production artisanale de panela et à concentrer l’industrie du sucre entre les mains des grandes entreprises.


Pour la canne à sucre GM, les communautés de ce genre constituent un obstacle à éliminer. Ce sont elles qui risquent le plus de perdre leurs terres dans l’expansion de la canne à sucre GM, de perdre leur travail à cause de la mécanisation de la production, de subir la pollution des herbicides et de voir leurs récoltes traditionnelles de canne contaminées par les OGM. Ce sont elles aussi qui risquent le plus de souffrir des effets nocifs du sucre GM, puisqu’elles consomment la canne telle quelle et en ont besoin comme source de nourriture et non pas seulement comme produit sucrant. Jusqu’à présent en effet, pour autoriser les betteraves GM, les autorités n’ont étudié que l’impact du sucre raffiné sur l’alimentation, alors que celui-ci est censé ne plus contenir de trace de matériau transgénique. [
29 ]


Il est par conséquent important de s’opposer à la canne à sucre GM et au sucre GM en général, et ce pour de nombreuses raisons. Cette prise de position fait partie d’un mouvement de résistance plus vaste qui refuse que le sucre de l’agrobusiness accapare des terres agricoles qui devraient plutôt pouvoir permettre aux paysans de produire leur propre nourriture. C’est aussi une façon de rejeter l’industrialisation et la déshumanisation d’une culture vivrière qui a une valeur culturelle et économique essentielle pour de nombreuses communautés, surtout quand on considère l’essor actuel de l’éthanol à base de canne à sucre. Aujourd’hui ces communautés sont durement affectées par la collusion entre l’agrobusiness et les gouvernements pour redessiner la carte mondiale de la production du sucre. L’introduction de canne à sucre GM ne peut qu’exacerber leurs problèmes.



Lectures complémentaires

ETC Group (Action Group en Erosion, Technology and Concentration), “Commodifying Nature’s Last Straw? Extreme Genetic Engineering and the Post-Petroleum Sugar Economy”, October 2008, http://tinyurl.com/dagctq

Javiera Rulli (ed.), United Soy Republics: The truth about soy production in South America, Grupo de Reflexión Rural, 2008.
http://tinyurl.com/d42upx

Centro de Monitoramento de Agrocombustíveis – Repórter Brasil, “O Brasil dos Agrocombustíveis: Os Impactos das Lavouras sobre a Terra, o Meio e a Sociedade, Volume 3 – Cana-de-açúcar,” 2009,  http://tinyurl.com/bca4ev

Maria Luisa Mendonça, “Impacts of Expansion of Sugarcane Monocropping for Ethanol Production”, Rede Social de Justiça e Direitos Humanos and Comissão Pastoral da Terra, October 2008,  http://tinyurl.com/dbrvu2

Lilian Joensen, Stella Semino and Helena Paul, “Argentina: A Case Study on the Impact of Genetically Engineered Soya”, Gaia Foundation, 2005, http://tinyurl.com/dz927p

GRAIN, numéro spécial de Seedling sur les agrocarburant, juillet 2007, http://www.grain.org/seedling/?type=70


Références

1  - Walter Pengue and Miguel Altieri, “GM soya bean: Latin America’s new colonizer”, Seedling, January 2006,  http://www.grain.org/seedling/?id=421
2 -  Günther Fischer, Edmar Teixeira, Eva Tothne Hizsnyik and Harrij van Velthuizen, “Land use dynamics and sugarcane production“, in Peter Zuurbier and Jos van de Vooren (eds), Sugarcane ethanol: Contributions to climate change mitigation and the environment, Wageningen Academic Publishers, The Netherlands, 2008.
3 – 
Histoire et analyse excellentes des réformes de l’UE sur le sucre, Ben Richardson, “Restructuring the EU–ACP sugar regime: Out of the strong there came forth sweetness”, Review of International Political Economy, 28 January 2009,  http://tinyurl.com/at9oax
4 –  Pour une analyse plus détaillée, voir ETC Group, “Commodifying Nature’s Last Straw? Extreme Genetic Engineering and the Post-Petroleum Sugar Economy”, October 2008,  http://tinyurl.com/cayhzo
5 –  L’Initiative “Tout sauf les armes”, lancée en mars 2001, ouvre l’UE aux importations en franchise de droits et de quotas en provenance de tous les pays moins avancés (PMA), avec des arrangements provisoires pour le sucre jusqu’en juillet 2009.
6 - 
“Sudan announces ambitious plan for sugar production”, Sudan Tribune, 7 March 2008,  http://tinyurl.com/apfern
7 -  União dos Produtores de Bioenergia (UDOP), “Capital estrangeiro responde por 12% da cana moída no Brasil”, 4 February 2009, http://tinyurl.com/aalnjv
8 -  “Açúcar e álcool são os paradoxos da crise”, Gazeta Mercantil, 17 November 2008,  http://tinyurl.com/cntqny
9 -  Maria Luisa Mendonça, “Impacts of Expansion of Sugarcane Monocropping for Ethanol Production”, Rede Social de Justiça e Direitos Humanos and Comissão Pastoral da Terra, October 2008, disponible sur le site du Transnational Institute (TNI),  http://tinyurl.com/dbrvu2
10 -  Ben Richardson, “An Exclusive Engine of Growth: The Development Model of Brazilian Sugarcane”, Ethical-Sugar, 17 January 2009, http://tinyurl.com/aooogg
11 -  En 2008, la BNDES a investi presque 25 milliards de dollars US dans l’industrie du sucre/éthanol (Centro de Monitoramento de Agrocombustíveis–Repórter Brasil, “O Brasil dos Agrocombustíveis: Os Impactos das Lavouras sobre a Terra, o Meio e a Sociedade, Volume 3 – Cana-de-açúcar”, 2009, http://tinyurl.com/bca4ev )
Voir aussi l’ Inter-American Development Bank, “IDB backs $150 million Regional Financing Facility for Sugar and Bioenergy”, 16 January 2009,
http://tinyurl.com/aatudm
12  –Voir par exemple le rapport de l’état du Mato Grosso do Sul, où la culture de la canne à sucre s’est récemment introduite : Mieceslau Kudlavicz and Juliana Grasiéli Mota Bueno, “A expansão canavieira em Mato Grosso do Sul,” Comissão Pastoral da Terra, 26 August 2008, http://tinyurl.com/cxnq6f
13 - Ben  Richardson, “An Exclusive Engine of Growth: The Development Model of Brazilian Sugarcane”, Ethical-Sugar, 17 January 2009, http://tinyurl.com/aooogg
14 - Silvia  Noronha, Lúcia Ortiz and Sergio Schlesinger, “Agribusiness and Biofuels: An Explosive Mixture,” Friends of the Earth, Brazil, 2006.
15 - Centro
 de Monitoramento de Agrocombustíveis - Repórter Brasil, “O Brasil dos Agrocombustíveis: Os Impactos das Lavouras sobre a Terra, o Meio e a Sociedade, Volume 3 – Cana-de-açúcar”, 2009, http://tinyurl.com/bca4ev
16 - CPT, “ Em ano recorde em operações, mais de 4,6 mil trabalhadores são libertados”, 19 January 2009,  http://tinyurl.com/dalpyc
17 - Friedri ch Berschauer, “The long-term growth trends for the Brazilian agro business remain firmly intact”, Bayer CropScience, 20 April 2007, http://tinyurl.com/bd77dv
18 – Les rapports financiers de 2005 montrent que l’industrie du tracteur brésilienne est contrôlée par AGCO/Valtra (65%), New Holland (18%) and John Deere (7.5%).
19 –
 Pour une étude plus complète sur la production brésilienne de canne à sucre, voir Maria Luisa Mendonça, “Impacts of Expansion of Sugarcane Monocropping for Ethanol Production”, Rede Social de Justiça e Direitos Humanos e Comissão Pastoral da Terra, October 2008, disponible sur le site du Transnational Institute (TNI),  http://tinyurl.com/dbrvu2
20 -  Janaína Simões, “Center of Sugarcane Technology indicates the path and sets the pace for technological innovation in the sugar and alcohol sector,” State University of Campinas, UNICAMP Innovation, 5 June 2006, http://tinyurl.com/bpg8xm
21 – Voir la Queensland Cane Growers Organisation Ltd, 2008 Annual Report, http://tinyurl.com/bw9z57
et A. Wynne, B. Milford and E. Wall, “Advancing sugarcane: leading and managing change,” Second ISSCT management workshop, Australia, May 2008,  http://tinyurl.com/dj3v79
22 - UITA, “Brasil: la Caña de Azúcar avanza también sobre la pradera”, 14 May 2008,  http://tinyurl.com/arjv5m
23  - Safras & Mercado, “Zoneamento pode expandir área de cana-de-açúcar em 44 milhões de hectares,” Notícias Agrícolas, 23 January 2009, http://tinyurl.com/c3jtvk
24 - L ilian Joensen, “The crop-sprayed villages of Argentina,” in Javiera Rulli (ed.), United Soy Republics. The truth about soy production in South America, Grupo de Reflexión Rural, 2008,  http://tinyurl.com/d42upx
25  - Center for Food Safety, “Tainted Sugar”, Food Safety Fact Sheet, June 2008,  http://tinyurl.com/526b8c
26  - N. Benachour and G-E. Séralini, “Glyphosate formulations Induce Apoptosis and Necrosis in Human Umbilical, Embryonic, and Placental Cells”, Chem. Res. Toxicol., 22 (1), 2009, pp. 97–105; Dr Mae-Wan Ho and Brett Cherry, “Death by Multiple Poisoning, Glyphosate and Roundup,” ISIS Press Release, 11 February 2009,  http://tinyurl.com/b9phjy
27 - Voir GRAIN, “Twelve years of GM soya in Argentina”, Seedling, January 2009,  grain.org/seedling/?id=578
28  – L’industrie du sucre brésilienne estime que la mécanisation va provoquer une perte nette de 114 000 emplois entre 2010 et 2021 dans l’état de São Paulo : Ethical-Sugar , “An Exclusive Engine of Growth: The Development Model of Brazilian Sugarcane,” January 2009
http://tinyurl.com/aooogg )
La mécanisation n’est pas nécessairement synonyme pour les ouvriers de plus de sûreté dans leurs conditions de travail. Une étude brésilienne conclut que les maladies chez les ouvriers sur les récoltes mécanisées sont similaires à celles des coupeurs de canne manuels. (R.A. Scopinho, F. Eid, C.E. Vian, P.R. Silva, “New technologies and workers’ health: mechanization of sugar cane harvesting,” Caderno Saúde Pública, 15 (1), January–March 1999, pp. 147–61).
29
 – Voir par exemple Health Canada’s approval of H7-1 Roundup Ready sugar beets,  http://tinyurl.com/aszd94


Mise à jour: 1 mai 2009

Traduit de: GRAIN, Corporate Candyland, Seedling , April 2009, http://www.grain.org/seedling/?id=589 http://www.grain.org/seedling/?id=597

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Mardi 5 mai 2009

Fighting GMO contamination around the world  (543 kb)

GRAIN  

 

Dès la première introduction des OGM au milieu des années 1990, des groupes d’agriculteurs et des ONG avaient mis en garde contre les risques de contamination des autres cultures.  Et c’est ce qui s’est passé, exactement de la façon prédite. Nous nous intéressons dans cet article à la façon dont les communautés des différentes parties du monde qui ont été confrontées à une contamination ont élaboré des stratégies pour la combattre.

 

 /www.centpourcentnaturel.fr

Lorsqu’on plante des cultures génétiquement modifiées (GM), elles contaminent les autres cultures avec leur matériel transgénique. Dans les endroits où des OGM sont cultivés à grande échelle, il est déjà devenu pratiquement impossible de trouver des cultures des mêmes espèces qui ne contiennent pas de matériel GM. Et la contamination s’étend même à des zones dans lesquelles les cultures GM ne sont pas officiellement autorisées. [1] Le registre de contamination par les OGM, géré par GeneWatch UK et Greenpeace International, a documenté plus de 216 cas de contamination par les OGM dans 57 pays au cours des 10 dernières années, dont 39 cas en 2007. [2] 

 

 

Monsanto et les autres entreprises de biotechnologies ont toujours su que leurs cultures GM contamineraient les autres cultures. En fait, cela faisait partie de leur stratégie pour obliger le monde à accepter les OGM. Mais, dans le monde entier, des gens refusent de se soumettre et d’accepter que la modification génétique soit une réalité incontournable ; au contraire, ils se battent, même dans des endroits touchés/affectés par une contamination. En fait, certaines communautés locales qui ont subi une contamination développent actuellement des formes sophistiquées de résistance aux cultures GM. Elles commencent généralement par des stratégies à court terme pour décontaminer leurs semences locales mais, à plus long terme, elles cherchent souvent à renforcer leurs systèmes alimentaires et agricoles.

 

Nous examinons les expériences de communautés dans différentes parties du monde dans leur façon de gérer la contamination par les OGM pour voir les enseignements qu’elles peuvent offrir à ceux qui sont confrontés à des situations similaires. Chaque situation est unique et donne naissance à différents processus. Ils ont en commun l’importance centrale de l’action collective, celle des communautés travaillant sur le terrain pour identifier leurs propres solutions, indépendamment des tribunaux ou des gouvernements qui, sans pression sociale forte, ont tendance à se ranger du côté des industriels.

 

L’expérience des communautés au Mexique

 

Pour les populations autochtones du Mexique et du Guatemala, le maïs est la base de la vie. Dans le récit de la création des Mayas, le maïs était le seul matériau dans lequel les dieux ont pu insuffler la vie et ils l’ont utilisé pour fabriquer la chair des quatre premiers êtres humains sur la terre. Pour d’autres peuples du Mexique, le maïs est lui-même un dieu. Cette plante a constitué la base de l’alimentation des Mexicains pendant des siècles et des milliers de variétés offrent une étonnante gamme d'éléments nutritifs, d'arômes, de consistances, de recettes et d'utilisations médicinales.

 

En janvier 2002, des chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley ont annoncé leur découverte : des variétés locales de maïs des hauts plateaux de l’État d’Oaxaca avaient été contaminées. D’autres communautés de petits agriculteurs ont procédé à des tests sur leurs propres cultures et ont été choqués de découvrir qu’elles aussi avaient été contaminées. Pour ces gens, c’était un coup terrible infligé à leur culture. Ils ne pouvaient rester sans rien faire : il fallait agir.

 

Au début, cependant, ils ne savaient pas quoi faire. Les OGM étaient nouveaux pour eux. Ils ont commencé par réunir les communautés environnantes qui avaient aussi pu subir une contamination, ainsi que les ONG qui étaient proches d’eux. Des ateliers ont eu lieu et des gens ont été mandatés par leurs assemblées locales pour débattre au nom de leurs communautés. La stratégie a donc été collective dès le début. C’est le premier point à relever à propos de l’expérience mexicaine.

 

Un point d’accord fondamental a été rapidement trouvé sur le fait que la contamination par les OGM devait être considérée comme faisant partie d’une guerre. Ce n’était pas un accident ou un problème isolé, mais cela s’intégrait dans une guerre menée contre les agriculteurs et les populations indigènes, selon leurs termes, une guerre contre le peuple du maïs. Ils devaient apporter une réponse en conséquence, en ne défendant pas seulement leurs semences, mais aussi leurs moyens d'existence, leurs cultures, leur manière de vivre dans sa globalité.

 

Dans un premier temps, néanmoins, il y avait peu d’idées concrètes sur la façon de décontaminer leur maïs et d’empêcher la poursuite de la contamination. Certains se sont inquiétés du fait que les communautés n’avaient peut-être pas les capacités techniques de s’occuper d’un problème aussi complexe. Mais ces communautés et les ONG travaillant avec elles avaient une solide expérience de la façon de trouver des solutions de terrain aux problèmes qui les touchaient et par conséquent, plutôt que de chercher des experts extérieurs, elles ont retourné la question dans tous les sens, sans se concentrer sur un maïs GM qu'elles ne connaissaient pas, mais en s'intéressant à leurs propres variétés de maïs, dont elles avaient une connaissance intime.

 

Les agriculteurs ont commencé à partager leurs connaissances sur le maïs et sur ce dont le maïs a besoin pour être sain. Le point réellement fondamental était de préserver l’existence de leur maïs, et ils devaient donc le semer et le manger. Dans de nombreuses communautés, le maïs traditionnel était en train de disparaître parce que les gens le semaient moins. La première mesure pour défendre leur maïs a donc consisté à en planter davantage. Les gens considéraient, en réponse aux OGM, que les semences étaient dangereuses quand leur histoire n’était pas connue. Il a donc été décidé que des semences ne seraient semées que si leur histoire était connue, ou quand elles provenaient d’une origine qu’ils connaissaient bien.

 

Au fur et à mesure que les communautés mettaient ces principes en pratique, ils ont commencé à accorder plus d'attention aux cultures dans leurs champs, et ont commencé à prendre conscience de toutes sortes de malformations graves. Ils ont testé les plants déformés et ont trouvé un taux élevé de contamination. Ils ont donc commencé à rechercher ces plants et à les arracher.

 

Ils savaient également que le maïs est allogame. Aussi, pour éviter une contamination par les OGM, ils leur faudrait empêcher le croisement du maïs GM avec leur maïs. Ils ont commencé à mettre en place des techniques simples, comme planter des arbres autour de leurs champs. Quelques unes des techniques qu’ils ont élaborées pourraient être appliquées partout, alors que d’autres étaient spécifiques à certaines communautés. Mais le plus important, c’était qu'ils mettaient sur pied un système pour éviter la contamination.

 

Il y a eu beaucoup de débats sur ce qui devait être fait des plantes contaminées. Il y avait un fort sentiment que si une variété très ancienne était dans votre famille depuis des générations et devenait soudainement contaminée, ce maïs ne pouvait tout simplement pas être détruit. Le maïs contaminé est malade et doit être soigné, pas tué. Cela peut prendre un an ou un siècle pour le soigner, mais il faut le faire parce que ce maïs fait partie de leurs communautés depuis des générations.

 

Les communautés paysannes du Mexique ont probablement développé les stratégies les plus approfondies de toutes les communautés confrontées à la contamination par les OGM partout dans le monde. De nombreuses leçons peuvent être retirées de leur lutte, les principales étant peut-être celles-ci :

 

1) La nécessité d’envisager la contamination par les OGM dans le cadre d’une attaque plus globale contre les agriculteurs et les communautés locales. Lorsque vous défendez vos cultures, vous défendez aussi votre terre et votre eau, et il faut pour cela des communautés fortes, des procédures fortes de prise de décision collective, et de solides réseaux associés à d’autres groupes au niveau national et même au niveau international. Une telle approche élargie permet à plus de gens de participer à la lutte. Même si tout le monde ne peut s’occuper des semences, chacun peut agir à son niveau.

 

2) L’importance de ne pas être contraint par des délais. Pour les communautés mexicaines, la contamination par les OGM fait partie d’une guerre permanente menée contre eux, et leur approche doit être à long terme et capable d’être permanente. Leur décision est de défendre leur maïs, quel que soit le temps que cela prendra. Pour eux, quand des dates limites sont introduites, les gens se retrouvent face à quelque chose qui est au-dessus de leurs moyens, et généralement on ne peut pas faire grand-chose à court terme. Ce qui amène à faire des concessions. C’est ce que les communautés mexicaines refusent de faire. 

 

 

3) L’importance d’envisager un problème à partir de la perspective propre à chacun. Les communautés du Mexique ont passé beaucoup de temps dans les premiers ateliers à débattre de spiritualité et de leurs approches des divinités et de la création. Elles ont discuté des rituels qui pourraient protéger le maïs. Les intervenants extérieurs qui ont été invités à participer ont eu beaucoup de mal à expliquer les aspects techniques du génie génétique parce que le concept apparaissait vraiment absurde. Mais, à la fin, les communautés sont arrivées à une compréhension de base du génie génétique sous forme d’une méthode de prise de contrôle de leurs moyens de subsistance agricoles, et cette compréhension de base a été beaucoup plus importante que l’information technique.

 

4) La nécessité que les communautés maîtrisent le processus. Au Mexique, les communautés ont pu conserver la maîtrise des processus parce qu’il s’agissait de leurs propres processus depuis le tout début. Lorsqu’elles ont pris en main les tests initiaux, elles ont gardé les résultats pour elles-mêmes pendant longtemps parce qu’elles voulaient discuter d’abord entre elles des mesures à prendre. Et le fait que les décisions étaient prises collectivement, par beaucoup de gens, a permis d’éviter que d’importantes erreurs soient commises. Des erreurs seront commises dans tous les cas, mais quand beaucoup de gens participent il y a beaucoup moins de risques d'erreurs fondamentales. Quand la contamination a été découverte par des chercheurs universitaires, les processus suivis ont été totalement différents.

 

5) La nécessité de privilégier les luttes sociales par rapport aux luttes juridiques. Au sein des communautés mexicaines, il y a eu beaucoup de discussions sur les lois sur la biosécurité, les lois sur les semences et les autres lois concernées. Au cours d’un récent atelier consacré aux questions juridiques, un tableau chronologique a été présenté de toutes les différentes lois promulguées par le gouvernement mexicain au cours des 15-20 dernières années. À partir de ce tableau, les communautés sont arrivées à la conclusion très claire que la piste juridique n’était pas importante pour leur lutte. On peut perdre une action juridique, mais si la pression sociale est suffisante, on peut gagner d’autres manières. Pour eux, les options juridiques ne sont efficaces que lorsqu’il y a une pression sociale suffisante exercée sur les autorités. La tactique juridique n’est donc pas rejetée, mais elle n’est pas centrale.

 

Une invasion d’OGM illégaux dans les fermes thaïlandaises

 

C'est en Thaïlande, en 1999, qu'une contamination par des OGM a été signalée pour la première fois, après la découverte de la contamination d’échantillons de coton, issus de travaux de recherche sur le terrain menés par BIOTHAI et le Réseau agricole alternatif (AAN), par du coton Bt, une variété de coton génétiquement modifiée produite par Monsanto. En 2004, des tests effectués par Greenpeace ont révélé qu’une plantation d’un agriculteur local, dans la province de Khon Kaen, était contaminée par de la papaye GM. Cet agriculteur figurait parmi les 2 600 qui avaient acheté des plants de papayes auprès d’une station de recherche du Département de l’Agriculture où l’on procédait à des essais en champ sur une papaye GM. Au début, le gouvernement a nié l’existence de cultures OGM en Thaïlande, mais la contamination était si étendue qu’elle avait atteint une autre province, Ubol Ratchatani, où au moins 90 exploitations avaient aussi reçu des plants de papaye. Plus récemment, en 2007, la Faculté des sciences de l’Université de Chulalongkorn et BIOTHAI ont trouvé une contamination par les OGM dans des échantillons testés de maïs, de soja et de coton en provenance de différentes provinces du pays.

 

Les Thaïlandais pensent qu’une double approche est nécessaire pour résoudre cette situation. D’un côté, il faut mettre la pression sur le gouvernement pour mettre en œuvre des politiques qui préservent le pays d’une contamination par les OGM. Le Groupe de travail thaïlandais contre les OGM, coordonné par BIOTHAI, a organisé de nombreuses activités pour maintenir en vigueur le moratoire national sur les OGM. Il a envoyé des lettres-pétitions, organisé des manifestations devant des bureaux gouvernementaux, et poussé à un dialogue avec des responsables de haut niveau, notamment avec le Vice-premier ministre et les Secrétaires à la Santé et à l’Agriculture. Ces efforts ont eu un impact : le 25 décembre 2007, le gouvernement thaïlandais a annoncé ses réglementations sur les OGM qui comprennent, entre autres, des auditions publiques obligatoires avant les essais en champ, et une recommandation préconisant d’obtenir l’accord des habitants de la zone d’essai ainsi que celui des ONG indépendantes et des milieux universitaires. Du point de vue de BIOTHAI, qui mène actuellement une campagne pour élaborer une « Loi populaire sur la biosécurité », c’est une victoire importante.

 

D’autre part, les Thaïlandais travaillent actuellement à renforcer les capacités locales pour développer des systèmes visant à détecter la contamination et réagir à ses impacts. La fondation Khao Kwan (KKF), l’une des organisations fondatrices de l’AAN, part de la mobilisation des connaissances des agriculteurs pour identifier les semences contaminées et pour les contrôler ou les éliminer. La KKF organise des formations et des ateliers sur l’amélioration génétique et la sélection des semences, qui répondent indirectement à la contamination.

 

La KKF pense que les agriculteurs sont capables de remarquer quelque chose d’anormal dans leurs cultures du fait de leurs connaissances approfondies des semences et de leurs compétences pour la sélection. Qu’il s’agisse de la couleur, de la dureté ou de l’odeur, chaque variété a des particularités que les agriculteurs qui travaillent sur les semences connaissent en détail. Toute altération sera ainsi facilement détectée, même avant le début de la floraison de la plante.

 

  « C’est le principe de l’adaptabilité locale », estime Daycha Siripatra, fondateur de la KKF. « Nous avons amené nos semences à reconnaître leur environnement et à utiliser cet environnement pour exprimer leur potentiel. Une semence étrangère, comme un OGM, ne va pas automatiquement prospérer dans notre région et, même si elle pousse, les agriculteurs pourront la remarquer immédiatement, simplement à partir de son aspect extérieur. »

 

Les agriculteurs philippins ripostent à la contamination

 

En 2002, les Philippines ont eu l'honneur et le déshonneur d’être le premier pays d’Asie à autoriser la commercialisation des OGM en approuvant la dissémination du maïs Bt de Monsanto alors que des manifestations d’opposition étaient organisées dans tout le pays.  Depuis, une contamination génétique a été signalée dans les zones de culture du maïs de l’ensemble du pays.

 

Dans la province nord-ouest d'Isabela, une variété locale de maïs glutineux blanc, que les agriculteurs cultivent pour leur alimentation, aurait été contaminée par du maïs GM. Aucun test génétique n’a été effectué, mais les agriculteurs identifient la contamination par les grains jaunes qui apparaissent dans ce maïs normalement blanc. À Bayambang, dans le Pangasinan, les agriculteurs sèment généralement le maïs après le riz. Mais ils se plaignent maintenant d’avoir perdu pratiquement toutes les variétés de maïs traditionnelles dans la province, en raison de la contamination par le maïs hybride et GM. Ils craignent également pour leur santé, après des incidents à l’occasion desquels des enfants ont été emmenés à l’hôpital du fait de vomissements incessants après avoir accidentellement mangé du maïs GM. Il a également été signalé que la vache d’un agriculteur est tombée malade et est finalement morte après avoir été alimentée avec du maïs Bt.

 

Dans le Bukidnon, dans le sud des Philippines, certaines communautés réagissent à la contamination en séparant les grains jaunes à bas prix des grains blancs à prix plus élevés avant de les vendre sur le marché. Dans le Capiz, une autre importante province productrice de maïs dans les Philippines centrales, des agriculteurs disent que la presque totalité des surfaces agricoles de la province cultivées en maïs est contaminée par le maïs GM et qu’ils ne peuvent plus trouver de variétés traditionnelles pour leurs cultures.

 

Le MASIPAG est un réseau national d’agriculteurs doté d’un programme sur le maïs qui collecte et améliore les variétés traditionnelles dans l’ensemble du pays. Récemment, la ferme conservatoire du groupe de San Dionisio, dans l’Iloilo (non loin du Capiz), a été contaminée. Il s’agit d’une importante région productrice de maïs hybride et, environ trois ans plus tôt, la culture massive du maïs GM a commencé par le biais d'un dispositif de culture contractuelle géré par les élites locales.

 

Au moins trois des variétés indigènes utilisées pour la sélection par les agriculteurs dans la ferme conservatoire ont été immédiatement contaminées par le maïs GM. Au moment de la récolte, on a observé qu’il y avait des grains jaunes mélangés avec des épis de maïs de pilit-puti et de mimis, des variétés traditionnelles utilisées par les agriculteurs pour leur alimentation. La zone cultivée en maïs dans la ferme conservatoire n’était distante que de 50 à 100 mètres des exploitations de maïs les plus proches. Des bambous plantés le long d’un ruisseau servent de barrière naturelle, mais comme les champs voisins sont en pente, le réseau MASIPAG pense que du pollen provenant du maïs GM a néanmoins pu être emporté par le vent jusqu’à ces champs.

 

Les chercheurs de cette ferme ont indiqué qu’au cours de la première année qui a suivi l’introduction du maïs GM, ils avaient trouvé de 7 à 12 grains jaunes dans chaque épi de maïs. L’année suivante, aucun maïs n’a été semé. Cette année une petite partie de la ferme, adjacente à une autre exploitation cultivée en maïs GM, a été à nouveau semée en maïs blanc. Sur les 50 grains dénombrés dans un épi moyen, seulement 18 étaient blancs et les 32 autres étaient jaunes. Le MASIPAG a essayé d’expliquer la situation aux agriculteurs voisins, mais ceux-ci sont confrontés à des problèmes d’endettement liés au système de culture contractuelle et ils ne peuvent cesser de cultiver du maïs GM.

 

En 2008, le MASIPAG a organisé une réunion nationale d’évaluation sur le maïs qui a réunit des agriculteurs de tout le pays. Ils ont convenu qu'il semblait impossible de stopper la contamination et que, même si de nombreux aspects n’étaient pas encore connus, il était crucial de gérer la situation après contamination. Ils croient qu’une série d’approches est nécessaire pour préserver leurs semences. Une des propositions consiste à élaborer des indicateurs visuels pour détecter la contamination. Les indicateurs identifiés au départ sont notamment les anomalies de couleur, de taille et d'aspect des épis de maïs et les difformités dans la formation des feuilles.

 

Une autre idée est de d’assurer un suivi collectif au niveau des communautés. Chaque agriculteur pourrait aider à déterminer qui sème du maïs GM et où.  La carte serait communiquée à la communauté et permettrait aux agriculteurs de programmer leur plantation de façon à éviter la contamination. Les agriculteurs pensent qu’une isolation temporaire peut potentiellement réduire, sinon totalement éviter, une contamination par pollinisation croisée. Ils considèrent aussi que des liens plus forts entre les producteurs de maïs (et un partage des sources de semences non contaminées) de différentes provinces aideront grandement à réduire les impacts de la contamination.

 

Au niveau gouvernemental, toutefois, l’offensive en faveur des OGM se poursuit. Lors de la « Semaine nationale des biotechnologies 2008 », qui s’est tenue récemment, deux ministres ont souligné la nécessité d’exploiter les biotechnologies « pour donner une impulsion à la production alimentaire du pays, développer des médicaments meilleur marché mais efficaces, et moderniser la production des produits de base en utilisant des cultures à rendement plus élevé et offrant un meilleur contenu nutritionnel ». Le Secrétaire à l'Environnement, Lito Atienza, a été jusqu’à exprimer sa confiance dans les « avantages incommensurables » de l’utilisation des biotechnologies pour protéger l’environnement et résoudre les problèmes d’insuffisance alimentaire.

 

Pourtant, une semaine auparavant seulement, RESIST (un réseau national d’agriculteurs, d’ONG et d’universitaires) a tenu un forum pour présenter et discuter les premiers résultats de ses études de cas sur l’expérience des agriculteurs vis-à-vis des maïs Bt et Round-up Ready, dans trois provinces des principales régions agricoles du pays. Les résultats initiaux font apparaître une tendance préoccupante : le rendement et les revenus pour ces deux variétés de maïs ne se sont pas améliorés significativement (dans la plupart des cas ils étaient les mêmes qu’avec les hybrides ordinaires), mais en même temps on a observé une augmentation récurrente de l’incidence des ravageurs, de l’utilisation des produits chimiques et de l’endettement. On a également rapporté une perte de diversité génétique due à la contamination, du fait d’une plantation inconsidérée de ces maïs GM, parfois avec des subventions du programme gouvernemental pour le maïs.

 

Contamination des prairies canadiennes [3]

La province du Saskatchewan, dans l’Ouest du Canada, est l’une des plus principales régions du pays pour la production de blé et de canola (variété de colza), qui sont les plus importantes cultures d'exportation du Canada. Comparée aux autres provinces, elle accueille aussi un grand nombre d'agriculteurs biologiques, dont beaucoup produisent des céréales et de la canola pour les marchés d'exportation. Mais l’introduction à grande échelle des cultures GM menace leur capacité même à cultiver des produits certifiés biologiques.

Peu après l’introduction de la canola GM par Monsanto dans la province en 1996, des agriculteurs biologiques ont commencé à voir leurs produits rejetés par des acheteurs de produits biologiques parce que des tests montraient une contamination par des OGM. Aujourd’hui, avec un approvisionnement en semences conventionnelles lui-même complètement contaminé par les OGM, il est quasiment impossible de cultiver de la canola certifiée biologique dans la province. Ceci a représenté une lourde perte pour les agriculteurs biologiques, pour lesquels la canola représente une culture importante dans la rotation des cultures. Toutefois l’importance de la canola est négligeable en comparaison de celle du blé, qui est cultivé par presque tous les agriculteurs biologiques de la province. Aussi, quand en 2001 Monsanto est venu déposer une demande d’introduction d’un blé GM, les agriculteurs biologiques du Saskatchewan ont décidé de s’y opposer. Ils ont prévenu que la contamination qui résulterait certainement de la dissémination du blé GM allait faire disparaître l’agriculture biologique dans la province.

 

Au Canada, il n’existe aucune réglementation qui oblige les entreprises qui profitent des semences GM à rendre compte des dommages causés à autrui par leur introduction. La seule voie possible est de demander des dommages et intérêts devant les tribunaux. En 2001, le SOD (Saskatchewan Organic Directorate), le groupe de coordination des agriculteurs biologiques du Saskatchewan, a décidé d’engager une action en référé contre l’introduction du blé GM et pour obtenir indemnisation pour les pertes occasionnées par l’introduction de la canola GM. Début 2002, le SOD a officiellement lancé un recours collectif en justice (class action) contre Monsanto et Bayer. Une  « class action » est une action juridique engagée par un groupe de gens, dans le cas présent tous les producteurs de céréales biologiques certifiés au Saskatchewan, contre une entité comme une entreprise. Cette action est censée faciliter l’accès à la justice pour les gens ordinaires, pour leur offrir le moyen d’être entendus par un tribunal même s’ils ne disposent pas des moyens d’une grande entreprise. Elle permet aux gens de mutualiser leurs moyens mais aussi de réduire les risques parce que, si on perd un recours collectif, on ne peut pas être condamné aux dépens, ce qui veut dire que l'on n'a pas à payer les frais de justice de la partie adverse, qui peuvent s’élever à plusieurs millions de dollars. 

 

 

Pendant que sa plainte était examinée par les tribunaux, le SOD agissait également avec une large coalition de groupes aux niveaux local et national pour lutter contre l’introduction du blé GM. Ensemble, ils ont pu exercer une pression importante du public, au point que, en mai 2004, Monsanto a retiré sa demande. Le SOD a renoncé à ce moment-là à l’action en référé de son recours collectif contre le blé GM mais il a continué à demander une indemnisation pour la contamination provoquée par la canola GM.

 

Au Saskatchewan, un recours collectif en justice doit d’abord passer une audition pour déterminer sa légitimité, avant de pouvoir aller devant les tribunaux. Dans le cas du SOD, le juge a décidé à l’audition que le recours collectif n’était pas valable. Le SOD a ensuite fait appel de ce jugement, à la fois au niveau provincial et devant la Cour suprême du Canada, mais les deux appels ont été rejetés. La seule option juridique restante était de porter plainte par le biais d’une action individuelle, mais il a semblé que les risques étaient trop élevés et que les chances de victoire étaient trop faibles, étant donné ce qui s'était passé avec le recours collectif.

 

« Nous n’avons pas l’impression d’avoir complètement perdu » estime la directrice du SOD, Cathy Holtslander. «  Nous avons fait beaucoup de bon travail pendant la période où l’action juridique était en cours. L’incertitude que notre affaire a créée dans le secteur industriel a peut-être amené des sociétés d’OGM à ne pas présenter de nouvelles demandes d’introduction. Les gens ont beaucoup appris sur la question de la contamination et sur la question de la responsabilité. Dans la situation actuelle, personne n’est responsable et ce sont les maillons les plus faibles de la chaîne – les agriculteurs – qui supportent les coûts. »

Actuellement, les industriels font campagne pour l’introduction d’une luzerne GM, une autre culture essentielle pour l’agriculture biologique au Saskatchewan, et le blé GM est revenu sur la scène avec l'essor des biocarburants. Le SOD et ses alliés se préparent à un autre round de la lutte.

  reopen911.online.fr


1 – Voir l’interview vidéo réalisé par GRAIN avec Meriem Louanchi en novembre 2008 sur la situation concernant la contamination par les OGM en Algérie, grain.org/videos/?id=195

2 - GM Contamination Register Annual Report, 2008, http://tinyurl.com/79osjp

3 – La partie sur le Canada est basée sur une interview réalisée par GRAIN avec Cathy Holtslander en novembre 2008. Cet interview vidéo peut être visionnée sur le site web de GRAIN, grain.org/videos/?id=195

 

[Cet article est accompagné de trois vidéos qui peuvent être visionnées sur : http://www.grain.org/videos/?id=195]

 

http://www.grain.org/seedling/?id=575http://www.grain.org/seedling/?id=587

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Jeudi 30 avril 2009

The American biotechnology firm, Monsanto, has applied for a patent for pig breeding in 160 countries. The patent is for specific parts of the genetic material of pigs which Monsanto's genetic researchers have decoded. If this patent is granted, pig breeding would be possible with the approval of the company.

Farmers and breeders are naturally alarmed because these genes have long existed in the great majority of their pigs. Using DNA tests they can prove that there is no new invention in the patent applications but that, instead, granting this patent would be to allow a part of nature to fall into the hands of a single company.

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Samedi 18 avril 2009

La reproduction des articles est libre et encouragée, à la condition de citer l'auteur et la source, avec un lien actif, et de ne pas isoler la bibliographie du texte

Joëlle Pénochet pour InternationalNews

Le 26 avril prochain sera une journée de solidarité avec tous les fermiers du monde victimes du diktat des multinationales agroalimentaires qui les dépossèdent de leur patrimoine, brevettent
les semences qu’elles leur ont volées et leur imposent autoritairement les cultures OGM. Elle sera dédiée tout particulièrement aux agriculteurs d’Iraq et d’Afghanistan, et des autres pays dévastés par des guerres d’agression et l’occupation de troupes étrangères. Ce sera l’occasion de sensibiliser le public aux dangers des aliments génétiquement modifiés et à la dictature des grands semenciers (principalement Monsanto) dont le but ultime est le contrôle total de la chaîne alimentaire. C’est aussi une journée de résistance contre des pratiques criminelles qui menacent l’avenir de la planète.

. Fermier Irakien - Source:palestinechronicle.com
Le 26 avril, date anniversaire de la directive scélérate Bremer qui a dépossédé les Iraquiens de leur patrimoine agricole

 

 

Le jour du 26 avril a été choisi parce que l’ordonnance 81 signée il y a cinq ans, le 26 avril 2004, par l’administrateur provisoire de l’Iraq Paul Bremer a placé le pays sous le joug économique total de l’Occupant en obligeant le pays à réformer drastiquement son économie sur le modèle économique néo-libéral américain. Ceci en violation de la Constitution irakienne et des conventions de la Haye et de Genève qui stipulent que l’occupant doit respecter la juridiction du pays occupé. Il s’agit d’une véritable déclaration de guerre contre les fermiers des pays occupés.

 

Cette ordonnance, rédigée de façon très perverse, a institué de fait une obligation pour les fermiers irakiens d’acheter chaque année une licence et des semences transgéniques aux multinationales semencières  américaines - alors que la juridiction irakienne interdisait toute privatisation des ressources biologiques.

 

Elle a livré le pays en pâture aux nécro-entreprises géantes qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto, Syngenta et Dow Chemicals. Comble de l’ironie, c’est au cœur de la Mésopotamie (l’actuel Iraq) qu’a été inventée l’agriculture voici plus de dix mille ans !

 

L’ordonnance 81 a donné aux sociétés étrangères un droit de propriété intellectuelle (semblable à ceux que Washington a introduit dans les règles de l’OMC) qui leur concède pendant vingt ans le monopole sur la production, la reproduction, la vente, l’exportation, l’importation et le stockage de toutes les semences génétiquement modifiées et les variétés de plantes «similaires».

 

Au cœur de l’ordonnance, la règle de « Protection des variétés des plantes » (PVP), qui ne traite pas de conservation de la biodiversité, mais de la protection des intérêts commerciaux des transnationales semencières (qui, en vertu des ordonnances Bremer, sont exonérées d’impôts, ne sont pas obligées de réinvestir dans le pays et possèdent le droit de rapatrier tous leurs profits). Pour être qualifiées, les plantes doivent être « nouvelles, distinctes, uniformes et stables », des critères que les plantes traditionnelles ne peuvent pas remplir.

 

L’article 14 de cette loi interdit aux agriculteurs de réutiliser les semences de ces variétés transgéniques protégées ! Les agriculteurs « coupables » d’avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d’emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installation !

 

Monsanto a fait un hold-up sur les semences millénaires des pays qu’elle envahit pour les modifier génétiquement, les breveter et les revendre aux agriculteurs désormais contraints de payer pour pouvoir les cultiver !

 

 

Les semences, en tant que premier maillon de la chaîne alimentaire, représentent un enjeu économique et politique fondamental, et une arme de domination redoutable. Vandana Shiva (Inde), directrice de  la « Fondation de recherche pour la science, les technologies et les ressources naturelles », qui défend l'agriculture paysanne, a justement fait remarquer que « La directive 81 ressemble à d’autres lois dans le monde », à la différence que « l’Iraq est un pays en guerre et occupé » , car « partout dans le monde les multinationales veulent déposséder les agriculteurs de leurs semences ». Cette directive est criminelle « car elle touche le cœur de l’agriculture et concerne l’humanité entière ». D’autant qu’« en période de guerre, la sauvegarde des semences est plus importante que jamais ».  (1)


 


 
Afghanistan : de la nourriture (importée) et des bombes

 

 

L’Afghanistan avait subi le même sort que l’Iraq dès 2002. Il y a trente ans, le pays était un exportateur net de nourriture. Après l’agression de 2001, les USA avaient proclamé qu’ils rendraient le pays de nouveau auto-suffisant en 2007. Aujourd’hui cet objectif est plus éloigné que jamais, les populations dépendant de l’importation de nourriture et de l’assistance étrangère à plus de 80%1. Au lieu d’aider les Afghans à récupérer leurs pratiques agricoles ancestrales, les USA, par le biais des « centres d’alimentation » achèvent de détruire totalement le système agricole, déjà dévasté par une guerre sans fin.(2) Le riche patrimoine afghan est ignoré au profit de plantes importées.

 

L’USAID (States Agency for International Development), la puissante agence fédérale américaine chargée de « développement économique » (sic) et de « l’assistance humanitaire » dans le monde, connue pour ses opérations secrètes d’infiltration et de déstabilisation, est chargée de faire la promotion active de l'agriculture génétiquement modifiée.

 

Andrew Natsios, administrateur, avait annoncé en 2002 que son agence devrait rester au moins une décennie en Afghanistan pour faciliter l’installation de compagnies privées dans le cadre de la « reconstruction ».  Il a déclaré : "l'un des seuls moyens pour nous d'être capables de nourrir le monde en voie de développement et de restaurer le système agricole dans le tiers monde est l'utilisation d'OGM". Ainsi, en 2006, L’USAID s’est engagée à prêter 80 millions de dollars sur trois ans à 60 000 personnes vivant dans les zones rurales pour permettre aux paysans  ans d’acheter du matériel agricole et des semences « licites »… Parmi ces semences, du soja – totalement étranger à la culture locale -, censé combattre la malnutrition. L’USAID a financé le programme de Nutrition et d’Education internationale( Nutrition and Education International  - NEI), mis au point par Neslé, pour apprendre aux Afghans à planter et à manger les haricots de soja !

 

Par ailleurs, la Banque mondiale, acteur central de cette reconstruction depuis 2001, vise à consolider le rôle du secteur privé dans tous les domaines, en particulier celui des géants des semences transgéniques.

 

En septembre 2005, sous la pression de la FAO et de l’Union européenne (3), le « ministère » de l’agriculture afghan, qui prétendait protéger le droit des fermiers à conserver leurs graines, adopta une loi qui confiait leur monopole aux semenciers.


 
Iraq


En plus de subir les bombardements et les exactions quotidiennes des occupants, les fermiers iraquiens et afghans, devenus des serfs, sont désormais condamnés à produire des plantes artificielles, destinées en grande partie à l’exportation mondiale ou aux troupes d’occupation, au seul bénéfice de Monsanto et consorts. Ceci alors même que les populations locales meurent de faim (ces deux pays figurent maintenant parmi les plus pauvres au monde (4). C’est pourquoi de plus en plus de fermiers désespérés ont abandonné la culture des céréales en faveur de celle de l’opium.

 

Au départ, les nécro-entreprises et les gouvernements fantoches d’Iraq et d’Afghanistan, de même que le gouvernement indien, ont distribué quasi gratuitement, à  la façon de dealers de drogue dure, mais à une échelle beaucoup plus dramatique, les « nouvelles semences » aux fermiers, afin de mieux les précipiter dans un système infernal dont ils ne pourront plus sortir.

 

Source: jakouiller.com
L’invasion des semences OGM en Inde a provoqué une épidémie de suicides

 

Le terrorisme alimentaire a conduit au suicide des dizaines de milliers paysans du Tiers Monde, ruinés par l’achat annuel de semences transgéniques et des pesticides, herbicides et fongicides très toxiques qui leur sont nécessairement associés. Ainsi, 150 000 fermiers indiens se sont suicidés entre 1997 et 2005, soit une augmentation de 52 % du taux  pendant cette période. Plus de mille paysans se suicident chaque mois, selon le ministère de l’agriculture.

 

En effet, les producteurs de coton sont devenus dépendants de semences OGM, qu’ils doivent acheter très cher (4,5 fois et demi le prix des semences traditionnelles - mais de nombreuses semences étaient jadis gratuites, récupérées d’une année sur l’autre) ainsi que les produits associés. Cette situation les contraint à s’endetter lourdement (la moitié des paysans indiens sont sur-endettés). L’état - qui faisait la promotion du coton BT de Monsanto - les y avait incité en instituant un crédit spécial. Lorsque ce crédit est coupé, les fermiers, désespérés et ruinés, se suicident - le plus souvent avec des pesticides de Monsanto. Pour acheter les semences miracles, ils ont souvent vendu tout ce qu’ils possédaient, leurs animaux de ferme et même leurs bijoux de famille.

 

En outre, l’introduction des OGM, de même que l’agriculture intensive d’exportation, détruit la biodiversité. Sur les 100.000 variétés de riz que possédait l’Inde, il n’en reste aujourd’hui qu’une cinquantaine.
La diversité des variétés de semences est le fruit du travail des paysans qui ont reproduit, sélectionné et ressemé les espèces adaptées aux besoins des hommes depuis 10 000 ans. Enfin, les cultures OGM ont un rendement moindre, tout en exigeant plus de pesticides.

Source: Legrandsoir.info


Les chimères issues des nécro-technologies représentent de très grands dangers sur les plans environnemental, sanitaire, économique et éthique. Elles entraînent une pollution environnementale aussi irréversible que celle qui est provoquée par l’uranium appauvri. Par ailleurs, elles peuvent être utilisées dans le cadre de guerres biologiques ou bactériologiques silencieuses.
 

Pour contrôler les populations, les tenants du Nouvel Ordre Mondial doivent les maintenir dans la sous-alimentation, la pauvreté et l’ignorance. Les brevets, particulièrement ceux qui portent sur des semences génétiquement modifiées, constituent l’une de leurs principales armes pour asservir l’une après l’autre les peuples du monde entier.

 

Il est temps pour tous les peuples de se rebeller, de refuser les diktats des multinationales et de l’impérialisme US et les OGM, de récupérer leur patrimoine propre et de se consacrer à des cultures vivrières sans pesticides et herbicides.

 

Comme l’a dit Vandana Shiva au sujet de l’Iraq à l’occasion de cette journée internationale, ce patrimoine des semences n’est pas seulement celui d’un pays, mais celui de l’humanité toute entière. C'est pourquoi il est du devoir de chacun de défendre l’héritage de nos ancêtres, en utilisant l’arme non-violente de la désobéissance civile.  


Faisons du 26 avril une grande journée d’information et de résistance !


 
  

Joëlle Pénochet

 

NB : Nous avons repris ici des passages d’un article précédent (2008), Monsanto à Babylone:

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8062

 

 

Van Gogh

Notes :

 

(1) Dr Vandana Shiva to IRAQI Farmers & Women (mars 2009)

http://www.youtube.com/watch?v=I-B1yU278zk

 

 

(2) En 2006 par exemple, 55 000 tonnes de produits ont été exportés et 818 000 tonnes importés.

 

(3) Cf. http://www.grain.org/briefings_files/agrecon2009.pdf

 

(4) D’après l’indice du développement humain de l’ONU, l’Afghanistan se classe au 174e rang sur 178 pays. L’espérance de vie y est de 43 ans, la mortalité infantile de 25% et la mortalité maternelle de 16 pour 1000.

 

 

Plus de renseignements sur cette journée :

 

http://internationalnews.over-blog.com/article-30335408.html

 

 

Sources :

 

Information détaillée sur le statut de l’agriculture en Afghanistan et en Iraq : The soils of war, The real agenda behind agricultural reconstruction in Afghanistan and Iraq, Grain

 http://www.grain.org/briefings/?id=217

 

The soils of war par GRAIN

http://www.grain.org/briefings_files/agrecon2009.pdf

 

Latha JISHNU: Order 81 and the plunder of farming, Business Standard, New Delhi, April 1, 2009

http://www.business-standard.com/india/news/latha-jishnu-order-81the-plunderfarming/353518/

 

Iraq's New Patent Law: A Declaration of War Against Farmers Focus on the Global South and GRAIN 15oct04 :
http://www.mindfully.org/Farm/2004/Iraq-Patent-Law-CPA15oct04.htm

 

Andrew Bosworth, Ph.D: Mutant Seeds for Mesopotamia  Palestinechronicle, 15 octobre 2008: http://www.palestinechronicle.com/view_article_details.php?id=14270

 

Natsios announces Economis Governance for Afghanistan, 25 juillet 2002

http://www.america.gov/st/washfile-english/2002/July/20020725175702cevans@pd.state.gov0.8919794.html#ixzz0Cvai8nPe&B

 

L'ordonnance n° 81:

http://www.mindfully.org/Farm/2004/Iraq-Plant-Variety-Law26apr04.htm http://www.trade.gov/static/iraq_memo81.pdf

 

Le texte de la loi sur les semences en Afghanistan

http://www.grain.org/brl_files/Afghanistan-seed-law-2006.pdf

 

Christopher D. Cook, Plowing for Profits U.S. Agribusiness Eyes Iraq’s Fledgling Markets, In These Times 15 mars 2005 : http://www.inthesetimes.com/article/2009/
http://www.mindfully.org/GE/2005/Iraq-US-Agribusiness-Profit15mar05.html

Iraq's Crop Patent Law A Threat To Food Security By GM Free Cymru, CounterCurrents, 3 mars 2005
http://www.countercurrents.org/iraq-cymru030305.htm

Patrick Cockburn, Desesperate Iraqi Farmers Turn to Opium, CounterPunch, 24 janvier 2008: http://www.counterpunch.org/patrick01242008.html

 

La reconstruction en Afghanistan passe par les OGM http://internationalnews.over-blog.com/article-19665082.html

 

Windfalls of War: US contractors in Afghanistan & Iraq, The Center For Public Integrity:

http://www.publicintegrity.org/projects/entry/297/bio.aspx?act=pro&ddlC=8

 

Focus on the Global South and GRAIN, Against the grain, “Iraq’s new patent law: A declaration of war against farmers”, October 2004 http://www.grain.org/articles/?id=6

 

Robert Looney, Neoliberalism in a Conflict State: The Viability of Economic Shock Therapy in Iraq, Strategic Insights, Vol. III, No. 6, June 2004

http://www.ccc.nps.navy.mil/si/2004/jun/looneyJun04.asp

 

USAID Provincial Reconstruction Teams

http://afghanistan.usaid.gov/en/Page.PRT.aspx

Code of conduct on seeds for Afghanistan reached FAO, Kaboul, 30 mai 2002: http://www.fao.org/english/newsroom/news/2002/5280-en.html

Private Seed Enterprise opens in Bamyan”, Afghanmania, 21 août 2006 http://www.afghanmania.com/en/news/0,news,4928,00.html

http://www.izdihar-iraq.com/resources/papers_pdfs/potential_food_processing_iraq_web6.pdf

Vandana Shiva on Biodiversity, seed banks and suicide

http://www.youtube.com/watch?v=QIJrpSrpJss&hl=fr

 

Dr Vandana Shiva on Patents by Monsanto

http://www.youtube.com/watch?v=Ah-ZeN_ghro&feature=related

Monsanto will own all seed http://www.youtube.com/watch?v=xtJDZmwh5Bc&feature=re

Major new study shows that modified soya produces 10 per cent less food than its conventional equivalent  http://www.independent.co.uk/environment/green-living/exposed-the-great-gm-crops-myth-812179.html Independent UK, 20 avril 2008.


Michel Chossudovky: Sowing the Seeds of Famine in Ethiopia, GlobalResearch, 10 septembre 2001:
www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=366,.

William Engdhal:
WTO, GMO and Total Spectrum Dominance
, GlobalResearch ,29 mars 2006.
Le pillage «libéral» de l'Irak, GlobalResearch, 14 novembre 2005.

Iraq and Washington Seeds of Democracy, GlobalResearch

http://www.engdahl.oilgeopolitics.net/GMO/Iraq_and_seeds_of_democracy/iraq_and_seeds_of_democracy.HTM

Ghali Hassan:
Iraq’s New Constitution
, GlobalResearch, 17août 2005.
Biopiracy and GMOs: The Fate of Iraq's Agriculture, GlobalResearch, 12 décembre 2005.


Stephen Lendman:
Unleashing GMO Seeds: "Food is Power"

Reviewing F. William Engdahl's Seeds of Destruction, Part 3. 19 janvier 2008, GlobalResearch, 7 janvier 2008 :

Agribusiness Giants seek to gain Worldwide Control over our Food Supply

Arun Shrivastava, GlobalResearch, 14 novembre 2006 :
Suicides en masse de fermiers indiens : ce qui se profile à l’horizon
 


Un livre :

F. William Engdhal: Seeds of Destruction, The Hidden Agenda of Genetic Manipulation.


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Animal farm (georges orwell) - film, 1h28
Mai 68: grands soirs et petits matins - william klein (1h30)
"après l'hégémonie", un film de béatrice pignède (nov 2007) 
Orwell Rolls In His Grave (1 h 45 mn)
Vers la 3e guerre mondiale ? "état de guerre" (film, 1h 30)
Venezuela: la révolution ne sera pas télévisée (1h30)
Endgame (vostf) - le classique d'alex jones en français
John pilger: the murdoch effect (film, 52')
Terrorstorm deluxe high quality by alex jones (video)
John pilger: east timor, death of a nation (film, 75 mn)
Dr knock, film avec louis jouvet (extrait "ça vous gratouille?)

TV BrainWashing

Medias/Propaganda

 

Articles : Economie/Economy

Photo: Joëlle Pénochet Oct 16th 2008

Articles : Economie/Economy

Documentaires/Documentaries

En Français
L'eau pompée de coca-cola en inde (vidéo, 13')
La bataille de tchernobyl (film, 95 mn)
Agent orange, la guerre sans fin (documentaire)
Guerre de l'eau en palestine (vidéos)

Cia Guerres secrètes/CIA Secret Wars (Arte, VOSTF 55')
Architects & engineers for 9/11 truth (30', vost français)
Ogm/pesticides/cancers/malformations en argentine (12')
Propagande de guerre, propagande de paix (1h30)
Polynésie, le paradis nucleaire (documentaire, 1h50)
Hiroshima - blessures atomiques (documentaire)
A qui profite la cocaine ? (Docu, France2, 60 mn)
Beyond Treason trailer (Graphic Images)
Michael Parenti: Race, Gender and Class Stuggle (1h)
Tchernobyl: le sacrifice (e.Andreoli/w.Tchertkoff, 24')
Road to Guantanamo (english, sous titres francais)

Edward w. Said (+ video, 1h 48')

In English

John pilger : the new rulers of the world (film)
Zéro : 911 (film)
Ghosts of abu ghraib (film)
Architects & engineers for 9/11 truth (30', vost français)
The Century of the Self (Corporations Mass Persuasion techniques)

History of the National Security State-Gore Vidal (video)
Noam chomsky: manufacturing consent (videos)
Noam chomsky: programming the nation (video)
Propaganda (film featuring pilger, chomsky... 1h)
Stealing a nation, a special report by john pilger (film,55')
  
Democracy now! Norman finkelstein (video, 55')
Scott ritter: weapons of mass delusion (28')
Ray mcgovern and scott ritter (2006, 53')

The influence of aipac on us foreign policy' (52')
China dog and cat fur farm investigation (videos-peta)
Prof.Michel chossudovsky/the truth behind 911(1h 56)
 
9/11- myth and reality-pr david r. Griffin (1h30, vo-fr st)

Noam chomsky: the political system in the usa (video)

Chomsky on the militarization of science and space (video)

American soldier:"i've tortured and raped in iraq"(video,3')
Dn: the u.S. Used chemical weapons in iraq (video, 1h) 
Us war crimes afghanistan (video, 50')
Superpower principles: u.S. Terrorism against cuba (55') 
The human cost of animal experiments (video, 45')
Privatizing The World (Video Documentary, 52')
Wall of Shame (video)
Helen caldicott: the new nuclear danger (video, 1h08)
Jon Snow's Hidden Iraq 2008 (documentary)
Gmo: life running out of control (film, en, 1h32)
Climate change:"5 ways to save the world"(film,2007, 59')
Dr rosalie bertell: make it visible- chemtrails (video)
Climate change: the denial machine (video, 40')
IRAN - Seven Faces of a Civilization (documentary, 52')

LIENS/LINKS

Animal's rights/Droits Animaux

 
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