29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 15:39

Internationalnews

29 mai 2013

 

 

par Mairead CORRIGAN-MAGUIRE

Rapport et appel à la communauté Internationale pour qu’elle soutienne un processus de dialogue et de réconciliation en Syrie entre le peuple et le gouvernement syriens et qu’elle s’oppose aux interventions et à la guerre venant de l’extérieur.


Après une visite de 10 jours (du 1er au 11 mai 2013) au Liban et en Syrie, à la tête d’une délégation de 16 personnes de 8 pays différents, invitée par l’organisation Musalaha, je suis revenue optimiste en pensant que la paix est possible en Syrie si on fait cesser toute ingérence étrangère et si on laisse les Syriens régler leurs propres problèmes en faisant respecter leur droit à l’auto-détermination.


L’appel à faire cesser les violences et à ce que les Syriens soient laissés libres de décider entre eux sans ingérence extérieure est lancé par tous ceux que nous avons rencontrés lors de notre visite. C’est ce que nous cherchons à transmettre à la communauté internationale dans notre Déclaration finale.


Au cours de notre visite, nous nous sommes rendus dans des camps de réfugiés, auprès des communautés touchées, et nous avons rencontré des chefs religieux, des combattants, des représentants du gouvernement, des délégations de l’opposition et bien d’autres, acteurs et victimes, au Liban et en Syrie.

Visites dans les camps de réfugiés

Au Liban, nous avons visité plusieurs camps de réfugiés, qui sont accueillis par les communautés libanaises ou palestiniennes.


Une femme nous a raconté : "avant que ce conflit n’éclate, nous étions heureux et notre vie était agréable (En Syrie, les études sont gratuites, les soins de santé aussi, et ils recevaient des aides pour le carburant), maintenant, nous vivons dans la pauvreté".


Sa fille et son gendre (elle, pharmacienne et lui, ingénieur), qui vivent dans un camp de réfugiés palestinien dans un logement dont le sol est en ciment et où il n’y a même pas de matelas, nous ont raconté que cette violence avait éclaté à la surprise générale et s’était répandue si vite qu’ils étaient encore sous le choc.


Quand des combattants étrangers bien armés sont arrivés à Homs, ils se sont emparés de leurs maisons, ont violé les femmes et tué les jeunes gens qui refusaient de se joindre à eux, et, donc, la population, terrorisée, a fui.


Ils nous ont expliqué que ces combattants étrangers venaient de nombreux pays, il y a, entre autres, des Libyens, des Saoudiens, des Tunisiens, des Tchéchènes, des Afghans, des Pakistanais, des Emiratis, des Libanais, des Jordaniens, des Turcs, des Européens, des Australiens, et ces bandes sont financées et entraînées par des gouvernements étrangers.

Ils font enfiler aux gens des gilets bourrés d’explosifs et les menacent de les faire sauter s’ils ne font pas ce qu’on leur dit de faire.


Une réfugiée m’a demandé : "quand pourrons-nous retourner chez nous ?" (A ma grande joie, quelques jours plus tard, à Damas, j’ai rencontré une femme qui travaillait à un programme gouvernemental qui aide les réfugiés à revenir en Syrie et plus de 200 sont revenus à ce jour).


Les chefs religieux et les haut-responsables gouvernementaux ont appelé la population à ne pas fuir la Syrie et il faut espérer que beaucoup d’entre eux entendront cet appel, car, après avoir vu tous ces réfugiés syriens vivre dans des tentes et être exploités de multiples façons, y compris sexuellement, je pense que la meilleure solution est la stabilité de la Syrie afin que son peuple se sente suffisamment en sécurité pour y rester.


Si les réfugiés continuent de fuir la Syrie, les pays voisins pourraient être alors déstabilisés, ce qui déclencherait une réaction en chaîne et déstabiliserait tout le Moyen-Orient.


Beaucoup de gens ont fui vers des camps dans les pays limitrophes comme la Turquie, la Jordanie ou le Liban, où tous s’efforcent de gérer au mieux l’afflux énorme de réfugiés syriens. Mais, si les pays d’accueil font le maximum pour faire face, ils sont submergés par le nombre de réfugiés (le chiffre officiel que donne l’agence des Nations Unies pour les réfugiés – l’UNHCR - est d’un million et demi de réfugiés).


Lors de nos réunions, nous avons appris que la Turquie invitait les réfugiés syriens à venir s’installer chez eux et leur interdisait ensuite de retourner en Syrie.


Il est avéré que les réfugiés syriens en Turquie et en Jordanie sont maltraités. Des jeunes réfugiées syriennes sont vendues pour être mariées de force en Jordanie. Les rapports du Conseil des droits de l’homme nous indiquent que plus de 4 millions de Syriens ont été déplacés dans leur propre pays et vivent dans une pénurie extrême.


Un représentant de la Croix Rouge nous a dit que les ONG et le Croissant Rouge syrien, en coordination avec le Ministère des Affaires Sociales, ont toute latitude pour travailler sur tout le territoire syrien, et, en ces circonstances épouvantables, ils s’efforcent de fournir des services à un maximum de personnes. Cependant, ils manquent cruellement d’aides financières pour faire face à cette tragédie humanitaire que subissent les réfugiés et la population déplacée à l’intérieur du pays.


Les sanctions économiques, comme en Irak, infligent de terribles souffrances à beaucoup de personnes et toutes celles que nous avons rencontrées demandaient que ces sanctions soient levées.


Notre délégation appelle à la levée de ces sanctions illégales imposées à la population syrienne sous la direction des Etats-Unis pour des motifs purement politiques dont l’objectif est le changement de régime.

Les hôpitaux

Nous avons effectué une tournée des hôpitaux et avons vu beaucoup de gens qui avaient été blessés à la suite de fusillades, de bombardements et d’agressions armées.


Un imam sunnite modéré m’a raconté qu’il avait été enlevé par des djihadistes, qui l’ont torturé, lui ont sectionné l’oreille, ont tenté de l’égorger, lui ont lacéré les jambes et l’ont laissé pour mort.


Il dit que s’il retourne dans sa mosquée, ils vont l’assassiner.


Il nous a expliqué : "ces gens-là sont des combattants étrangers, des djihadistes de pays étrangers, bien armés, bien entrainés, qui ont de l’argent, et qui sont dans notre pays pour le détruire. Ce ne sont pas des vrais musulmans, ce sont des extrémistes religieux, des fondamentalistes qui terrorisent, enlèvent et tuent notre peuple".


Le porte-parole du gouvernement a également confirmé qu’ils détiennent actuellement des combattants étrangers capturés qui sont issus de 29 pays différents, parmi lesquels des Tchétchènes, des Irakiens, et bien d’autres.


Le ministre de la Santé nous a montré un documentaire sur les effroyables tueries commises par les djihadistes et la terreur qu’ont provoquée ces étrangers en assassinant des médecins et en détruisant des infrastructures médicales de l’Etat syrien, ce qui a rendu difficile la tâche de répondre aux besoins de la population.

Rencontres avec l’Opposition

Notre délégation a participé à un débat public avec de nombreux représentants des partis de l’opposition interne. Un des opposants politiques qui a passé 24 ans en prison sous le régime d’Assad, et qui en est sorti il y a 11 ans, veut un changement politique avec plus de 20 autres composantes de l’opposition interne, mais sans ingérence étrangère et sans violence.


Nous avons rencontré des membres de l’opposition armée dans une localité qui nous ont dit qu’ils avaient accepté la proposition d’amnistie du gouvernement et cherchaient à parvenir à une solution pacifique.


Un homme m’a raconté qu’il avait accepté de l’argent de djihadistes pour combattre mais avait été choqué par leur cruauté et la façon dont ils traitaient leurs coreligionnaires syriens, ne les considérant pas comme des vrais musulmans.


Il dit que les djihadistes étrangers veulent s’emparer de la Syrie, pas la sauver.


Le 10 mai, une partie de notre délégation s’est rendue à Homs, invitée par le groupe d’opposition du quartier d’Al-Waâr, où des familles déplacées de Baba Amro, de Khalidiyeh et d’autres bastions des rebelles viennent chercher refuge.


La délégation a constaté toutes les conditions de cette ville et se penche actuellement sur un projet pilote en vue d’une réconciliation et de la réintégration pacifique entre cette communauté et les communautés non-rebelles des environs (les chiites et les Alaouites) avec lesquelles, il y a 15 jours, a été signé un accord de non-belligérance par l’intermédiaire du mouvement Syrien Mussalaha- Réconciliation.


Le ministre, après avoir vérifié la liste des noms, a reconnu qu’en effet, c’était des opposants politiques non-violents et il a dit qu’il accepterait, en principe, de libérer ces détenus non-violents.


Il nous a également indiqué qu’ils n’appliquaient pas la peine de mort et qu’il espère que quand la situation s’arrangera en Syrie, ils prendront les mesures pour abolir la peine capitale.


Nous avons également posé des questions au ministre (qui est avocat international) sur les violations des droits humains commises par le gouvernement syrien, à savoir les tirs d’artillerie sur une zone interdite où se trouvaient les djihadistes et l’opposition armée.


Le ministre a reconnu les faits, mais a expliqué que le gouvernement avait le devoir de faire dégager ces zones.


Nous avons suggéré qu’il y avait une meilleure façon de traiter le problème que de faire procéder à des tirs d’artillerie, mais il a maintenu qu’il était de la responsabilité du gouvernement de débarrasser ces zones des forces rebelles et que c’était leur façon de le faire à eux.


Les ministres et le gouverneur ont affirmé que le président Assad était leur président et qu’il avait leur soutien. Beaucoup de personnes à qui nous nous sommes adressés avaient le même discours. Toutefois, certains jeunes disent qu’ils soutiennent l’opposition, mais afin de protéger l’unité de la Syrie de la destruction par des forces étrangères, ils disent qu’ils soutiendront le gouvernement et le président Assad jusqu’aux élections de l’année prochaine et qu’ils voteront alors pour l’opposition.


Ils disent que la Coalition de Doha au Qatar ne les représente pas et que personne d’étranger à la Syrie n’a le droit de faire partir le président Assad, si ce n’est le peuple syrien à l’issue des élections de l’année prochaine.


La vie des journalistes en Syrie est gravement menacée par les extrémistes/fondamentalistes religieux, et, au cours de ma visite à une chaîne de télévision, un jeune journaliste m’a raconté que sa mère avait été tuée par des djihadistes et m’a montré le bras où il avait reçu une balle et avait failli être tué.

La réunion avec les chefs religieux

Nous avons assisté, à la Grande Mosquée des Omeyyades de Damas, à un service œcuménique dirigé par le Grand Mufti de la République Arabe Syrienne, le docteur Ahmad Badr Al-Din Hassoun et le patriarche catholique grec Grégoire III Laham, ainsi que le délégué du patriarche orthodoxe grec Jean X d’Antioche, et des religieux de toutes confessions.


L’assemblée a prié pour la paix et l’unité de la Syrie et la non-ingérence d’étrangers dans leur pays. Ils ont souligné que ce conflit en Syrie n’est pas un conflit de religions, musulmans et chrétiens ayant toujours vécu côte à côte en Syrie, et ils sont (malgré le fait qu’ils vivent dans la souffrance et les violences, dont la majorité n’est pas de leur fait), unis dans leur souhait d’être une lumière de paix et de réconciliation pour le monde entier.


Le patriarche a dit que de la mosquée et des églises chrétiennes émerge un grand élan pour la paix et la réconciliation et a demandé à ceux à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie, de refuser toute violence et de soutenir le peuple de Syrie dans ses efforts d’instaurer le dialogue, la réconciliation et la paix.


Les chefs spirituels musulmans et chrétiens sont très conscients que si les extrémistes/fondamentalistes religieux accélèrent le mouvement et parviennent à contrôler la Syrie, l’avenir de ceux qui ne soutiennent pas les fondamentalistes, comme les musulmans, les chrétiens et les autres minorités modérés, ainsi que d’autres Syriens, est en grand danger.


En effet, le Moyen Orient pourrait perdre son précieux tissu social pluraliste, les chrétiens, comme en Irak, étant les premiers à fuir le pays. Ce serait une tragédie pour tous ceux qui sont concernés dans cette Syrie multiconfessionnelle, multiculturelle et laïque, naguère lumière de convivialité paisible dans le monde arabe.

Vision d’ensemble

Suite à de nombreux reportages officiels des médias institutionnels et à nos propres constats, je peux affirmer que l’État syrien et sa population subissent une guerre par procuration menée par des pays étrangers et financée et soutenue directement principalement par le Qatar qui a imposé sa volonté à la Ligue Arabe.


La Turquie, une partie de l’opposition libanaise et certains responsables jordaniens, offrent une zone protégée à tout un tas de groupes djihadistes, tous avec leurs propres objectifs, et recrutés dans de nombreux pays.


Des groupes de djihadistes armés et financés par des pays étrangers envahissent la Syrie en passant par la Turquie, la Jordanie et le Liban, franchissant des frontières poreuses pour tenter de déstabiliser la Syrie. On estime à 50.000 le nombre de combattants djihadistes étrangers qui terrorisent la Syrie.


Ces escadrons de la mort détruisent systématiquement les infrastructures de l’État syrien (les centrales électriques, les usines à gaz, les installations pétrolifères et d’eau potable, les pylônes de haute tension, les hôpitaux, les écoles, les bâtiments publics, les sites historiques, et même les sanctuaires religieux).


En outre, le pays est envahi par les tireurs isolés, les poseurs de bombes, les agitateurs, les criminels.


Ils se servent de l’agression et de la charia pour s’emparer de la liberté et de la dignité du peuple syrien. Ils torturent et tuent ceux qui refusent de se joindre à eux.


Ils ont des croyances religieuses bien à eux qui font qu’ils n’éprouvent aucune gêne même quand ils commettent les crimes les plus atroces comme assassiner et torturer leurs opposants.


Il est établi que beaucoup de ces terroristes sont en permanence sous l’effet d’amphétamines comme le captagon. Le manque de sécurité générale permet la multiplication d’enlèvements destinés à obtenir une rançon ou pour exercer des pressions politiques. Des milliers d’innocents ont disparu, dont les deux évêques, Youhanna Ibrahim et Paul Yazigi, et de nombreux prêtres et imams.


Les sanctions économiques imposées par l’ONU et l’UE, ainsi qu’un embargo cruel, poussent la Syrie au bord de la catastrophe sociale.


Hélas, les médias internationaux ferment les yeux sur ces réalités, occupés à diaboliser, à mentir, à déstabiliser le pays et à engendrer davantage de violence et de contradiction.

En résumé, la guerre en Syrie n’est pas, comme on le prétend, une guerre civile mais c’est une guerre par procuration avec des violations graves des lois internationales et des lois internationales sur les droits humains.


La protection qu’accordent aux combattants étrangers certains pays parmi les plus puissants les autorise en quelque sorte à ne pas avoir de comptes à rendre et les incite à commettre en toute impunité toutes sortes d’actes de barbarie contre des civils innocents.


Même les conventions relatives aux guerres ne sont pas respectées, ce qui a pour conséquence de nombreux crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité.

Conclusion

Lors de notre visite en Syrie, notre délégation a été accueillie par tout le monde avec beaucoup de gentillesse et je tiens à exprimer toute ma gratitude à tous ceux qui nous ont facilité la tâche ou qui ont reçu notre délégation.


Nous avons constaté que la population en Syrie a énormément souffert et continue de le faire. Les 23 millions de personnes qui constituent la population syrienne sont sous la terrible menace d’infiltrations permanentes de terroristes étrangers.


Beaucoup sont encore sous le choc des horreurs et de la soudaineté de toute cette violence et craignent que leur pays soit agressé et divisé par des forces extérieures, et sont tous parfaitement conscients que les forces géopolitiques sont à l’œuvre pour déstabiliser la Syrie et s’emparer du pouvoir, du pétrole et de leurs ressources.


Un dirigeant druze a déclaré :

"si les occidentaux veulent notre pétrole – le Liban et la Syrie ont tous deux des réserves de pétrole – entamons des négociations à ce sujet, mais ne détruisez pas notre pays pour le prendre".


En Syrie, le souvenir de la destruction de l’Irak voisin par les forces US–GB-OTAN est encore bien présent à l’esprit de la population, parmi laquelle le million et demi d’Irakiens qui ont fui la guerre, dont de nombreux chrétiens, et qui ont trouvé refuge en Syrie grâce au gouvernement syrien.


Le plus grand espoir qui nous a été donné vient du mouvement Syrien Mussalaha- Réconciliation, un mouvement apolitique composé de toutes les couches de la société syrienne, qui a des équipes qui travaillent dans toute la Syrie qui œuvrent actuellement grâce au dialogue à construire la paix et la réconciliation.


Mussalaha sert de médiateur entre les tireurs armés et les forces de sécurité, contribue à obtenir la libération des nombreuses personnes qui ont été enlevées et rapproche toutes les parties du conflit pour les amener à discuter et à trouver des solutions pratiques.


C’est ce mouvement qui nous a logés, sous la direction de Mère Agnès-Mariam, Mère supérieure du monastère de Saint-Jacques, soutenue par le patriarche Grégoire III Laham, chef de la hiérarchie catholique de Syrie.


Ce grand mouvement de la société civile qui construit un processus de paix et de réconciliation nationale depuis la base jusqu’au sommet de la hiérarchie contribuera, si on lui donne la place, le temps et la non-ingérence étrangère, à apporter la paix en Syrie.


Ils reconnaissent qu’il faut qu’il y ait une solution politique inconditionnelle, comprenant toutes les parties en présence, et avec des compromis et ils sont convaincus que c’est cela qui se produit à maints niveaux de la société, et que c’est la seule solution pour parvenir à la paix en Syrie.


Mairead Maguire, 25 mai 2013


Mairead Corrigan-Maguire (née le 27 janvier 1944 à Belfast, Irlande du Nord) est une militante pacifiste nord-irlandaise, lauréate du prix Nobel de la paix 1976.


Traduction : R.R (traducteur intermittent entièrement bénévole).

 

Titre original:

Conclusion de la mission d’enquête sur la Syrie: c’est une guerre par procuration (Dissident Voice)

* http://dissidentvoice.org/2013/05/fact-finding-mission-concludes-proxy...

Url de cet article:
http://www.internationalnews.fr/article--la-guerre-en-syrie-est-une-guerre-par-procuration-conclusion-de-la-mission-d-enquete-sur-la-syrie--118162270.html
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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 14:05

Internationalnews

27 mai 2013

 


WSWS 21 mai 2013
Par Alex Lantier

Témoignant devant la Commission du Sénat américain sur les Forces armées, jeudi, des responsables du Pentagone ont affirmé que les lois sur la « Guerre contre le terrorisme » leur accordent des pouvoirs étendus pour mener des guerres partout dans le monde, y compris aux États-Unis, sans l'autorisation du Congrès.


Le vice-ministre de la Défense Michael Sheehan, a affirmé que la loi AUMF d'Autorisation de l'usage de la force armée, votée en 2001 par le Congrès après les attentats du 11 septembre, constitue une autorisation effective du Congrès pour les prochaines guerres menées dans le cadre de la « Guerre contre le terrorisme. » De son point de vue, le Pentagone peut continuer sa campagne mondiale d'assassinats par drones et lancer de nouvelles guerres tant qu'elles sont classées dans la catégorie « guerre contre le terrorisme, » sans avoir besoin d'une nouvelle autorisation du Congrès.


« Pour le moment, tout va bien avec l'AUMF, telle qu'elle est actuellement, » a dit Sheehan. «Présentement […] cela fait l'affaire. »


Sheehan a clairement dit qu'il croyait que cette autorisation de guerre s'étendait jusqu'à un avenir indéfini. Il a dit,

« De mon point de vue, cela va continuer pendant un bon moment, oui, au-delà du deuxième mandat du président […] je pense que ce sera au moins pour 10 ou 20 ans.»


La position de Sheehan représente un rejet flagrant de la constitution américaine. L'article 1, section 8, de la constitution dispose : « Le Congrès aura le pouvoir […] de déclarer la Guerre, d'accorder des lettres de marque, et d'établir des règlements s'appliquant aux captures sur terre et sur mer. » Cependant, les hauts responsables du Pentagone sont, dans les faits, en train d'affirmer que le pouvoir du Congrès sera, pour une durée indéfinie, surpassé par le président et l'armée qui pourront lancer des guerres sans limites, à volonté.


Si la question est présentée publiquement comme un débat sur la révision de l'AUMF, des sections puissantes de la classe dirigeante américaine sont en fait en train de prendre des mesures pour suspendre des dispositions essentielles de la constitution américaine et installer une dictature militaro-présidentielle.

 

En réaction aux interrogations de sénateurs amicaux, les responsables du Pentagone ont indiqué qu'ils pensent que l'AUMF permet à l'exécutif d'envahir unilatéralement, sans y avoir été provoqué, d'autres pays et de mener une guerre sur le sol des États-Unis.


Le sénateur Lyndsey Graham a demandé si l'AUMF actuelle conférait au président américain Barack Obama l'autorité pour déployer « une présence militaire » au Yémen au Moyen-Orient, ou au Congo en Afrique. Le conseiller général en poste au Pentagone, Robert Taylor, a répondu par l'affirmative.


« Seriez-vous d'accord avec moi si je dis que le champ de bataille se situe partout où l'ennemi choisit de l'établir ? » a demandé Graham.


Sheehan a répondu, « Oui, Monsieur, de Boston aux FATA [les Federally Administered Tribal Areas, au Pakistan], » faisant référence à ces régions qui sont une cible importante des attaques de drones américains, et à la prise de contrôle par l'armée de la ville de Boston le 15 avril lors des attentats contre le Marathon.


Dans le témoignage qu'il avait préparé, Sheehan a de plus écrit que « Etre citoyen américain n'immunise pas un membre de l'ennemi contre des attaques » de la part des forces américaines. Avec ce commentaire, Sheehan a encore une fois indiqué que le Pentagone approuve l'assassinat par les drones américains d'Anwar al-Awlaqi, un citoyen américain, le 30 septembre 2011. Washington n'a donné aucune preuve qu'Awlaki préparait ou menait un quelconque attentat contre les États-Unis, avant de l'assassiner avec un missile Hellfire.


Cela fait suite aux spéculations publiques, au début de l'année, du procureur général Eric Holder sur la possibilité d'assassinats extrajudiciaires contre des citoyens américains sur le sol américain, au cours d'opérations antiterroristes.


Tout le cadre des auditions au Sénat témoigne du profond déclin de la démocratie américaine. L'AUMF elle-même est un document antidémocratique, autorisant le président à utiliser la force contre toute « nation, organisation, ou personne, qui d'après lui a planifié, autorisé, commis ou contribué aux attentats terroristes qui ont eu lieu le 11 septembre 2001, ou abrité de telles organisations. »


Alors que l'AUMF était cyniquement présentée comme visant Al Quaïda et les Talibans afghans, Washington l'a pris comme un chèque en blanc pour mener des guerres impopulaires et commander des assassinats sur toute la planète.


Le prétexte était fondamentalement frauduleux, en ce que cette politique ne visait pas en premier lieu Al Quaïda. Elle visait à installer un pouvoir néo-colonial au Moyen-Orient, où la plupart des pays n'ont joué aucun rôle dans le lancement des attentats du 11 septembre, afin de prendre le contrôle de ressources pétrolières essentielles et de renforcer la position géostratégique de Washington vis-à-vis des autres grandes puissances étrangères. Elles visaient également à supprimer l'opposition populaire à une telle politique parmi la classe ouvrière américaine en installant un climat de peur et d'intimidation.


Les besoins changeants de la politique impérialiste américaine au cours des 12 dernières années ont complètement démenti le prétexte que ses guerres sont justifiées par l'AUMF. De nombreux groupes affiliés à Al Quaïda que Washington est en train d'attaquer, comme Al Quaïda au Maghreb islamique et Al Quaïda dans la Péninsule arabique, n'existaient pas en 2001 et n'ont joué aucun rôle dans les attentats du 11 septembre. Washington se sert même d'autres groupes, comme le Groupe islamique combattant en Libye ou le Front Al Nusra en Syrie, comme d'alliés de circonstance dans ses guerres pour un changement de régime dans ces pays.


Le Pentagone a réagi en affirmant que l'AUMF lui accorde également la possibilité de mener une guerre contre des « forces associées, »bien que ce terme n'apparaisse pas dans le texte de l'AUMF. Cela a provoqué des questions et même certaines critiques de la part des sénateurs.


Le sénateur Angus King a noté, « Vous avez pour l'essentiel réécrit la Constitution, là […] vous avez inventé ce terme, forces associées, et il annule les pouvoirs du Congrès sur la Guerre. » Il a ajouté, « Je ne suis qu'un vieux petit juriste de Brunswick, dans le Maine, mais je ne vois pas comment vous pouvez sérieusement lire ceci comme étant conforme à la Constitution. »


Le Sénateur John McCain a dit que, lorsque le Sénat avait voté l'AUMF en 2001, « Aucun d'entre-nous n'aurait pu envisager [d'accorder] l'autorité [pour déclencher une guerre] au Yémen ou en Somalie […] Que vous veniez ici nous dire que nous n'avons pas besoin de changer l'AUMF ou de la réviser, est, je pense, plutôt déconcertant. »


Le Sénateur Joe Donnelly a soulevé la question d'Al Nusra lors de l'audition au Sénat, et a demandé si en s'affiliant à Al Quaïda – comme l'a fait Al Nusra – un groupe devenait automatiquement une menace envers les États-Unis.


Sheehan a répondu, « Oui monsieur, même si je dois bien le reconnaître, on entre ici dans des zones un peu troubles, parce qu'il y a des groupes qui ont ouvertement affirmé leur soutien à Al Quaïda et pourtant, en fait, en tant que gouvernement, nous n'avons pas complètement tiré toutes les conséquences de cela. »



Néanmoins, tous les sénateurs ont insisté sur leur accord fondamental concernant ce cadre frauduleux de la « guerre contre le terrorisme. » King a insisté, « je ne suis pas en désaccord sur le fait qu'il nous faut lutter contre le terrorisme. »


McCain a déclaré aux responsables du Pentagone, « Je ne vous le reproche pas, parce qu'en fin de compte vous avez carte blanche sur ce que vous allez faire de par le monde. »


Ces commentaires révèlent clairement la réalité politique que l'unique base sociale pour la démocratie aux États-Unis est la classe ouvrière. Même si l'AUMF et la « guerre contre le terrorisme » sont publiquement exposées comme des prétextes utiles à l'armée américaine pour s'emparer de pouvoirs immenses en violation de la Constitution, l'establishment politique officiel continue de soutenir le Pentagone, afin de faire progresser les intérêts stratégiques de l'impérialisme américain.


(Article original paru le 18 mai 2013)

 

Photos:wadsam,propublica

 

http://www.internationalnews.fr/article-le-pentagone-au-senat-americain-les-guerres-vont-continuer-durant-des-dizaines-d-annees-118112394.html

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 05:54

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Presstv

US forces are seen building a base in Parwan Province, Afghanistan, in 2010.

US forces are seen building a base in Parwan Province, Afghanistan, in 2010.
Wed May 15, 2013 8:1AM GMT
 
 

Afghan President Hamid Karzai said on May 9 that the US had demanded to keep nine military bases across the war-torn country, adding that, ‘We are in very serious and delicate negotiations with America.’”

Related Interviews:
The United States is building a military base in Afghanistan near the border with the Islamic Republic of Iran, Press TV reports.

Press TV’s correspondent in Afghanistan said the base is being built in an area known as Chahlang in Afghanistan’s Farah Province. The site of the construction is three kilometers from the Iranian border.

According to information obtained by Press TV, the US forces have already constructed a communications tower and dug some channels in the ground at the site of the base.

Afghan President Hamid Karzai said on May 9 that the US had demanded to keep nine military bases across the war-torn country, adding that, “We are in very serious and delicate negotiations with America.”

On Thursday, however, White House Spokesman Jay Carney rejected Karzai’s remarks, saying that Washington “does not seek permanent military bases in Afghanistan.”

Emal Feizi, a spokesman for the Afghan president, later denied Carney’s claims and said Washington has even chosen some cities for establishing the bases.

On May 2, 2012, Washington and Kabul signed a deal that authorized the presence of US troops for a period of 10 years after 2014, which was the original date agreed earlier for the departure of all foreign combat troopers from Afghanistan. Afghanistan’s Parliament approved the pact on May 26.

Karzai had confirmed for the first time in 2011 that the administration of US President Barack Obama had demanded the establishment of a system of permanent US military bases across Afghanistan.

The United States and its allies invaded Afghanistan in 2001 as part of Washington’s so-called war on terror. The offensive removed the Taliban from power, but insecurity remains high across the country despite the presence of many US-led foreign troops.
 


http://www.internationalnews.fr/article-us-building-military-base-in-afghanistan-near-iran-border-117824892.html
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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 12:17

Internationalnews

11 mai 2013

 

 

 

 

Vidéo publiée le 8 mai 2013

 

Laurent Louis, né le 29 février 1980 à Nivelles, est un homme politique belge. Seul élu député fédéral belge sur la liste du Parti populaire, il siège comme indépendant suite à son exclusion de ce parti1.

 

Url de cet article:

http://www.internationalnews.fr/article--syrie-le-depute-laurent-louis-denonce-le-projet-du-grand-israel-devant-le-parlement-belge-video--117717358.html

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 15:03

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7 mai 2013

 

 

Mondialisation 7 mai 2013

 

Le bombardement jeudi soir par Israël de l’aéroport international de Damas et de cibles de l’armée syrienne dans Damas hier matin, 5 mai, sont des actes de guerre illégaux et non provoqués, encouragés par Washington et ses alliés européens dans le cadre de l’intensification de leur campagne contre la Syrie.


Selon des reportages des médias russes, 300 soldats syriens ont été tués et des centaines d’autres blessés dans la seule attaque de dimanche.


Les forces israéliennes ont, de fait, agi tout autour de Damas comme un soutien aérien pour les milices islamistes de l’opposition appuyées par les Etats-Unis. Peu après les bombardements de dimanche, le Conseil militaire de l’opposition de Damas a publié un communiqué appelant ses combattants à ignorer leurs divergences et à monter des attaques ciblées contre les troupes syriennes.


Ces attaques ont lieu au milieu d’un débat se déroulant à Washington, concernant la manière dont le gouvernement Obama devrait intensifier sa guerre en Syrie, compte tenu de l’échec de ses forces intermédiaires à renverser le régime syrien. Le New York Times a décrit ceci samedi comme étant « la question de politique étrangère la plus urgente du second mandat [d’Obama].»


Les méthodes envisagées témoignent du caractère politiquement criminel de l’entreprise. Elles prévoient soit de fournir davantage d’armes à l’opposition soutenue par les Etats-Unis et dominée par le Front Al-Nusra qui est lié à al Qaïda, soit que les Etats-Unis engagent carrément les hostilités. La dernière option inclut le lancement de frappes aériennes américaines contre l’aviation et les défenses aériennes syriennes dans le but d’établir une « zone d’exclusion aérienne » dans le pays, ou encore l’invasion de la Syrie par des troupes américaines basées en Jordanie ou en Turquie.


Tout porte à croire que les frappes israéliennes étaient une phase test pour de possibles frappes aériennes américaines contre la Syrie. Bien que les responsables américains et européens aient apparemment discuté du lancement d’attaques pour mettre sur pied une zone d’exclusion aérienne, Washington s’est jusque-là retenu de les organiser par crainte des systèmes de défense anti-aériens syriens.


Dans l’émission « Meet the press » sur NBC, le sénateur américain Patrick Leahy (Démocrate du Vermont) a dit que les frappes israéliennes avaient été effectuées avec des F-16 fournis par les Etats-Unis et qu’elles avaient prouvé que les « systèmes de défense anti-aériens fournis par la Russie n’étaient pas aussi bons qu’annoncés. » Dans la même émission la correspondante de NBC, Andrea Mitchell a dit qu’après les frappes israéliennes, une zone d’exclusion aérienne en Syrie semblait plus probable.


Le gouvernement Obama a rapidement donné son approbation aux frappes israéliennes. Des responsables américains ont affirmé, sans preuve à l’appui, que les frappes de jeudi soir avaient visé un chargement de missiles iraniens destiné à l’organisation chiite libanaise Hezbollah, alliée du régime chiite du président syrien Bachar al-Assad. Des sources de l’opposition syrienne soutenue par les Etats-Unis ont dit que les énormes explosions qui ont secoué dimanche matin Damas étaient des frappes visant des bases militaires syriennes et le centre de recherches militaires de Jamraya qui apparemment développerait des armes chimiques.


Depuis le Costa Rica où il effectue une tournée de trois jours en Amérique latine, Obama a dit : « Les Israéliens doivent, de manière justifiée, se protéger contre le transfert d’armes sophistiquées à des organisations terroristes comme le Hezbollah… Nous nous coordonnons étroitement avec Israël, en reconnaissant qu’ils sont très près de la Syrie et très près du Liban. »

Tout comme les mensonges utilisés pour justifier l’invasion américaine en Irak, les justifications pour une guerre contre la Syrie présentées à l’opinion publique sont un mélange d’allégations non justifiées et de purs mensonges. Les affirmations qu’il existe des preuves qu’Assad a fait usage d’armes chimiques – reposant sur des allégations que des combattants de l’opposition ont trouvé ou ont été empoisonnés au gaz sarin – sont fausses. Comme l’a reconnu hier un responsable britannique, « On ne sait toujours pas avec certitude qui a utilisé ce produit, dans quelles quantités et à quel effet. »


La réaction américaine aux frappes israéliennes clarifie cependant une chose : après les guerres en Irak et en Afghanistan, Washington s’apprête à lancer une nouvelle guerre impérialiste de grande envergure, et cette fois contre la Syrie. Les conséquences du lancement d’une telle guerre d’agression seront certainement encore plus importantes que celles de la guerre en Irak.

D’ores et déjà, l’actuelle guerre par procuration des Etats-Unis en Syrie a embrasé le Moyen-Orient. L’objectif étant d’isoler et d’intimider le principal allié régional de la Syrie, l’Iran riche en pétrole, elle est en train d’entraîner le Hezbollah dans le combat et de mener au déclenchement d’une guerre civile en Irak où des forces sectaires chiites liées à al-Nusra sont en train de combattre le gouvernement mené par les Chiites.


En intensifiant la guerre en Syrie, Washington risque de déclencher une guerre régionale générale qui, si les alliés d’Assad, la Chine ou la Russie, étaient impliqués, pourrait provoquer une conflagration mondiale.



Les préparatifs d’une guerre américaine contre la Syrie, dix ans après l’invasion de l’Irak, témoignent de la faillite de la démocratie américaine. Une fois de plus, Washington se prépare à lancer une guerre pour la poursuite de ses intérêts impérialistes, faisant preuve d’un mépris total face à l’opposition populaire écrasante à une telle guerre, tant aux Etats-Unis qu’au Moyen-Orient. Des sondages révèlent que 62 pour cent des Américains sont opposés à l’envoi de nouvelles armes à l’opposition islamiste ; dans les pays du Moyen-Orient des majorités similaires sinon plus grandes sont contre la guerre américaine par procuration.


Les frappes israéliennes ont aussi mis fin aux mensonges avancés par les partisans de l’opposition syrienne, tel Gilbert Achcar du Secrétariat unifié pseudo-gauche, qui a récemment rejeté comme étant « des théories du complot » des critiques faisant état d’une implication impérialiste dans la guerre syrienne . Depuis qu’elle a soutenu la guerre de l’OTAN en Libye en 2011 pour le renversement du colonel Mouammar Kadhafi, la fratrie pseudo-gauche intensifie ses activités de propagandistes pour les guerres impérialistes en faveur d’un changement de régime, menées en alliance avec des éléments sectaires droitiers et des puissances régionales réactionnaires.


La Syrie se trouve dans la ligne de mire de Washington depuis plus d’une décennie en raison de ses liens avec l’Iran et des forces telles que le Hezbollah. Avec cette guerre, les Etats-Unis cherchent à mettre en place un protectorat en Syrie qui sera complètement subordonné à la politique américaine.


Il n’existe quasiment aucun soutien populaire aux Etats-Unis à une nouvelle guerre au Moyen-Orient. En effet, cette même élite dirigeante, qui mène une guerre à l’étranger, est engagée dans une attaque impitoyable contre la classe ouvrière à l’intérieur du pays. Les préparatifs pour une guerre en Syrie créent les conditions d’un conflit explosif entre un sentiment anti-guerre au sein de la classe ouvrière et les projets toujours plus téméraires de l’élite dirigeante d’un pillage mené par l’armée.


Alex Lantier

Article original, WSWS, paru le 6 mai 2013

 

Sur le même sujet:


Israël bombarde un centre de recherche syrien


Syrie : Fantasmes chimiques et dures réalités (Hürriyet)

 

http://www.internationalnews.fr/article-les-frappes-israeliennes-en-syrie-des-actes-de-guerre-illegaux-par-alex-lantier-117634453.html

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 15:01

Internationalnews

5 mai 2013

 

WSWS
Par Joseph Kishore
25 avril 2013

Les États-Unis et les principales puissances européennes intensifient leurs plans pour une intervention militaire directe en Syrie.


L'objectif des manœuvres américaines, y compris de la série de visites diplomatiques cette semaine, est de s'assurer de la chute du président Syrien Bashar el-Assad, un allié essentiel de l'Iran, tout en mettant en place un gouvernement qui opérera sous le contrôle de Washington.


La semaine dernière, des responsables américains de haut rang ont annoncé qu'ils déploieraient 200 soldats en Jordanie, qui borde le Sud de la Syrie. Ces responsables ont clairement dit que c'était un premier déploiement de forces pour établir des centres de commandement près de la frontière syrienne, ouvrant la voie à l'envoi de 20 000 soldats ou plus dans les mois qui viennent.

Cet acte d'agression militaire a été suivi cette semaine par une série de menaces et de promesses d'un soutien accru aux forces de l'opposition syrienne.


Répondant à des accusations non confirmées de la part d'Israël selon lesquelles la Syrie aurait utilisé des armes chimiques, le ministre des Affaires étrangères américain John Kerry a déclaré lors d'une réunion de l'OTAN à Bruxelles mardi qu'il était nécessaire de « réfléchir attentivement et collectivement à la manière dont l'OTAN s'est préparé à répondre pour protéger ses membres contre la menace syrienne, y compris toute menace potentielle à l'arme chimique. »


Le gouvernement Obama a précédemment déclaré que l'usage des armes chimiques est une « ligne rouge » qui déclencherait une réaction agressive.


Le secrétaire général de l'OTAN, le général Anders Fogh Rasmussen a ajouté que les membres de l'alliance, qui comptent le voisin du Nord de la Syrie, la Turquie, « ont tous les plans prêts pour assurer la défense et la protection effectives de la Turquie. »


Les accusations israéliennes sur les armes chimiques s'appuient sur des photographies envoyées par les forces de l'opposition concernant une bataille qui a eu lieu à Alep le 19 mars. Le régime d'Assad a affirmé que c'étaient les rebelles, et non les forces gouvernementales, qui ont utilisé ces armes.


La semaine dernière, la Grande-Bretagne et la France ont lancé leurs propres accusations d'usage d'armes chimiques dans une lettre adressée au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, en s'appuyant sur des prélèvements de sols fournis par les forces qu'ils soutiennent.


Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergei Lavrov a noté que les États-Unis et les puissances européennes ont bloqué une enquête sur ces allégations d'usage d'armes chimiques. « Au lieu d'envoyer un groupe d'experts vers un endroit précis près d'Alep, comme cela avait été promis, ils ont commencé à demander que les autorités syriennes leur donne accès à toutes les installations sur le territoire syrien. Puis ils ont commencé à demander qu'on les autorise à interroger tous les citoyens sur le territoire syrien. »


Il a ajouté, « c'est une tentative de politiser la question et une tentative de présenter à la Syrie les mêmes exigences qui ont été présentées à l'Irak il y a longtemps, quand ils cherchaient des armes atomiques. »


Le gouvernement Obama n'a pas encore officiellement adopté la position selon laquelle la Syrie a utilisé des armes chimiques, il cherche à gagner du temps pour préparer son escalade militaire et assembler puis ravitailler une coalition suffisante pour prendre le pouvoir à Assad.


Au cours du week-end, lors d'une réunion à Istanbul réunissant les 11 membres « principaux » du Groupe des amis de la Syrie, Kerry a annoncé que les États-Unis doubleraient leur assistance « non-létale » aux soi-disant « rebelles » jusqu'à 250 millions de dollars.


D'après Reuters, un responsable américain a déclaré vendredi que cette aide « pourrait inclure pour la première fois des équipements de soutien sur le champ de bataille comme des gilets pare-balles et des lunettes de vision de nuit. » L'agence d'information continue, « les responsables américains ont dit par le passé que ces équipements pourraient comprendre des véhicules blindés et des moyens de communication sophistiqués, mais Kerry n'a donné aucun détail. »


Avec un cynisme sans bornes, Kerry, haut responsable d'un Etat qui a attisé une guerre civile sectaire en Syrie, après avoir infligé une catastrophe en Irak, a déclaré qu'une intervention accrue était nécessaire pour empêcher la Syrie d'« être déchirée et peut-être partagée en plusieurs enclaves [avec le] risque de violences sectaires que cette région ne connaît que trop bien. »


Lundi, l'Union européenne a annoncé qu'elle allait, elle aussi, étendre son aide à l'opposition syrienne, tout en permettant aux importateurs européens d'acheter du pétrole aux groupes syriens pro-occidentaux.


Depuis le début de leurs efforts pour déclencher une guerre civile en Syrie, les États-Unis se sont appuyés lourdement sur les forces islamistes fondamentalistes, en particulier le front Al Nusra, qui a officiellement déclaré son allégeance à Al Qaïda récemment. L'Arabie saoudite et le Qatar ont donné des armes à ces forces, pendant que les États-Unis se sont engagés dans des opérations secrètes pour envoyer des forces islamistes depuis la Libye et d'autres pays pour contribuer à la campagne contre Assad.


Cependant, tandis que Washington se prépare à des efforts plus directs pour faire tomber Assad, il y a des inquiétudes sur le fait que ces forces pourraient arriver au pouvoir, prendre le contrôle des réserves d'armes chimiques et constituer une menace pour les intérêts américains et leurs alliés, dont Israël.


Lors de la réunion de la fin de cette semaine, où Kerry a annoncé des projets pour doubler l'aide américaine, il est parvenu à un accord sur le fait que tous les fonds du groupe des Amis de la Syrie passeraient par le commandement militaire de l'opposition, présidé par Salim Idriss, un ex-général de l'armée d'Assad qui est maintenant proche des Américains. Le gouvernement Obama espère qu'Idriss sera en mesure de bricoler un gouvernement, comprenant des sections de l'armée syrienne, et qui servira de bon intermédiaire pour les intérêts américains.


La décision d'envoyer de l'argent en passant par Idriss a été, d'après Kerry « l'une des choses les plus importantes sur lesquelles un accord a été conclu » lors de la réunion.


Obama lui-même a rencontré mardi l'Émir du Qatar Hamad bin Khalifa al-Thani, un des principaux pourvoyeurs d'armes à l'opposition syrienne, discutant, entre autres choses, du futur des envois d'armes. Les tensions sont montées entre le Qatar et l'Arabie saoudite, d'un côté, et Washington, de l'autre, parce que ces deux Etats du Golfe ont envoyé l'essentiel de leur aide militaire à des milices jihadistes, y compris celles qui sont liées à Al Qaïda.


Obama a dit que ces deux pays doivent « poursuivre une stratégie commune » pour être « une force pour le bien de toute la région. » S'exprimant aux côtés du chef de cette pétromonarchie réactionnaire, il a ajouté que la « grande tragédie » qui se déroule en Syrie pourrait être résolue si le gouvernement actuel « trouve une voie de sortie, et que de nouvelles personnes qui croient en la démocratie prennent sa place. »


Le ministre de la Défense américain Chuck Hagel a entrepris un voyage dans tout le Moyen-Orient, comprenant Israël, la Jordanie, l'Arabie saoudite, l'Égypte et les Émirats arabes unis (EAU). Il met au point les derniers détails d'un accord de vente d'armes à Israël, à l'Arabie saoudite et aux EAU qui se monte à 10 milliards de dollars et dirigé contre l'Iran. D'après le New York Times, l'ensemble comprend « des appareils à décollage vertical Osprey, qui peuvent servir à transporter des troupes et à patrouiller les frontières et les côtes, » deux dizaines d'avions de combat F-16 pour les EAU, et des missiles air-sol guidés de précision pour les EAU et l'Arabie saoudite.


« Deux des systèmes qui doivent être vendus à Israël, une nouvelle génération d'appareils de ravitaillement en vol et des missiles sophistiqués qui se guident sur les signaux radars pour détruire les sites de défense anti-aérienne, seraient importants pour toute attaque contre les sites nucléaires iraniens, » a noté le Times.


En Israël, Hagel a dit dimanche que les ventes d'armes étaient « un autre signal clair adressé à l'Iran. » Il a ajouté, en faisant référence aux États-Unis et à Israël, « c'est une période difficile et dangereuse, c'est une période où amis et alliés doivent rester proches, plus proches que jamais. »


À la suite de sa réunion avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Hagel a fait escale à Amman en Jordanie, pour des discussions avec le plus haut commandant militaire de cette monarchie, le Général Mesha al-Zaben. D'après le Washington Post, les deux « ont discuté de l'instabilité le long de la frontière Nord de la Jordanie avec la Syrie et ont passé en revue divers plans d'urgence, dont des options pour s'occuper des stocks d'armes chimiques syriennes » c'est-à-dire une intervention militaire en Syrie.


L'escalade massive de la violence militaire au Moyen-Orient, emmenée par les États-Unis, menace d'engloutir toute la région dans une guerre régionale qui risquerait d'entraîner des millions de morts. Une guerre régionale risquerait également d'impliquer rapidement la Russie et la Chine, alliés traditionnels de la Syrie et de l'Iran.


Quelques mois seulement après avoir entamé son deuxième mandat, le gouvernement Obama met en place une trajectoire aux conséquences catastrophiques pour les peuples du Moyen-Orient, des États-Unis et du monde entier.


(Article original paru le 24 avril 2013)

 

http://www.internationalnews.fr/article-les-etats-unis-developpent-leurs-plans-pour-une-intervention-militaire-en-syrie-117634905.html

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 15:00

Internationalnews

7 mai 2013

 

 

 

 

Israel’s reported second air strike on Syria in two days targeted a facility just outside the capital. But there was no escalation toward Israel to justify the attack – and Tel Aviv is only trying to drag the US into the conflict.


That’s the view of journalist and Middle East expert Ali Rizk, who told RT he believes the actions are Israel’s attempt to influence US Middle East policy.


RT: This isn’t just an isolated incident but a series of air offensives above a foreign territory. Why has Israel been so persistent despite the fact that such military action is a clear violation of international law?


Ali Rizk: I think you have to put all the pieces of the puzzle together. Remember that all of the furor and havoc about chemical weapons? Who was the one that made this first announcement…it was Itai Brun, the military intelligence Israeli official who made the announcement about Syria using chemical weapons from the very beginning, after President Obama had said time and again, “that is the red line.”

 

That didn’t succeed thus far in dragging the US to war against Syria so now I think we had two incidents.

 

There was a reported Israeli strike on a convoy and now we have indeed an Israeli strike on Jamraya. So I think we have a classical example of what we might call Israel trying to manipulate US policy in the Middle East, trying to drag Obama yet again into another confrontation.

 

I think that is the case which we have right now, once again. So Israel is going to continue with these practices until it drags the US into conflict.

 

Why? The reason being that the Syrian army has made military advancements very recently. It seems that Bashar Assad militarily has gained the upper hand so Israel realizes Assad won’t be going unless there’s outside intervention. So Israel is trying to drag the US by saying “If you don’t go in, then we shall wreak havoc. We shall go ahead with our own military escalation.”

 

RT: We’ve heard from commentators from Israel that the strikes are a balanced reaction. Do you agree?

AR:
 Balanced reaction to what? It’s in Israel’s interests for this to happen. Has there been any escalation against Israel for Israel to react? Has there been any military action, has Israel been attacked by any side, whether it be Hezbollah or Syria? Has Israel been attacked by any side whatsoever? Israel has not been attacked.

 

So we hear this talk about game-changing weapons. But that doesn’t give the right or justification for such escalation…I have to emphasize, the clear message if anyone had any doubts I think now it has become clear: Israel wants Bashar Assad to fall. That is Israel’s choice. Netanyahu himself has said time and again: “Syria is the linchpin between Iran and Hezbollah.”

 

RT: The Assad government, which has been portrayed as warring tyrant by many countries, has now become the victim of a powerful war machine. Could Lebanon’s Hezbollah and Iran weigh in if Syria did go to war with Israel?  

AR:
 That’s the big question. The Hezbollah leader Sayyed Hassan Nasrallah made it clear and provides an answer to this question. In a speech last Thursday, he said that Syria’s real friends – meaning Hezbollah, Iran, and Russia – won’t allow Syria to fall into the hands of the US, Israel, or Al-Qaeda affiliates…

 

I think what you have now is that Iran and Hezbollah now have a new significant ally of real significant weight which is Russia, which is continuing to the Middle East scene once again. So I think that if we do have escalation, Iran will intervene, Hezbollah will intervene, and I think also we might speak about a Russian intervention or some kind of a Russia role because Russia clearly has been very much present and there saying “I am here and I have a significant say.”

 

Photo:

http://www.globalresearch.ca/confrontation-between-military-blocs-the-eurasian-triple-alliance-the-strategic-importance-of-iran-for-russia-and-china/28790

 

http://www.internationalnews.fr/article-syria-s-iranian-and-russian-allies-may-openly-intervene-if-crisis-escalates-117635392.html

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 12:55

Internationalnews

6 mai 2013

WSWS
Par Kumaran Ira et Alex Lantier
6 mai 2013

Le gouvernement français du Parti socialiste (PS) a publié le 29 avril son Livre blanc sur la stratégie militaire. Après son élection, il y a un an, le président François Hollande avait mis en place une commission pour l’élaboration d’un nouveau Livre blanc tenant compte des changements intervenus dans la situation mondiale depuis la publication en 2008 du précédent Livre blanc sur la défense français.


En examinant le Livre blanc de 2008 (Voir : « Livre blanc sur la Défense : La bourgeoisie française se prépare à la guerre »), le WSWS avait noté que la classe dirigeante française était en train de préparer un tournant vers la guerre afin de résoudre les contradictions qui accablent l’impérialisme mondial.

 

Cette analyse a été confirmée dans les cinq années qui ont suivi et qui ont connu une explosion de l’agression impérialiste française après le déclenchement de la crise économique de 2008 et les luttes de classe révolutionnaires de la classe ouvrière en Egypte en 2011. En l'espace de deux ans, la France a mené des guerres en Libye, en Côte d’Ivoire et actuellement au Mali et en Syrie.


L’actuel Livre blanc présente des projets non seulement pour continuer mais pour intensifier massivement l’agression de l’armée française outre-mer. Il précise : « L’évolution du contexte stratégique pourrait amener notre pays à devoir prendre l’initiative d’opérations, ou à assumer, plus souvent que par le passé, une part substantielle des responsabilité impliquées par la conduite de l’action militaire. »


Le Livre blanc contient une liste incroyablement longue de cibles ou de cibles potentielles pour une agression militaire française. Il traite de la possibilité de nouvelles guerres en Afrique, de déploiements au Moyen-Orient et en Asie en vue de possibles conflits avec l’Iran et la Chine et de déploiements plus vastes des forces nucléaires françaises.


L’adoption du Livre blanc par le gouvernement PS et la réaction suscitée dans les médias sont les symptômes d’une classe dirigeante qui a totalement perdu la tête. Des articles parus dans les médias français ont critiqué le Livre blanc non pas parce qu'il présente un programme militariste mégalomane mais parce qu'il n'arme pas suffisamment la France pour une poursuite efficace de ces conflits.


Le Livre blanc planifie un gel des dépenses militaires à 31,4 milliards d’euros par an. Ceci entraînerait la suppression de 24.000 emplois dans l’armée entre 2014 et 2019 et une réduction du nombre de soldats pouvant être déployés outre-mer, des 30.000 actuels à 15.000.


Mais plusieurs analystes militaires ont minimisé les réductions proposées, en insistant pour dire qu’elles seraient invalidées et que d’autres réductions des dépenses seraient nécessaires pour payer la guerre. Jean-Dominique Merchet, a dit, « tous les fondamentaux seront maintenus... Il ne faut pas oublier que si le contexte géopolitique change radicalement au cours des trois ou quatre prochaines années, on ferait autrement. On sacrifierait autre chose pour avoir la capacité d'intervenir plus massivement. »


En fait, les conflits envisagés dans le Livre blanc ne pourraient être financés que par des attaques dévastatrices contre le niveau de vie de la classe ouvrière, dans une situation où l’économie européenne est déjà en train de se désagréger sous l’impact de mesures d’austérité brutales. On est en train de créer les conditions d'une opposition profonde et politiquement explosive, au sein de la classe ouvrière, contre la politique belliqueuse et d’austérité unanimement soutenue par l’establishment politique.


Le Livre blanc énumère la Méditerranée, l’Afrique du Nord, le Sahel, le Golfe persique et l’Océan indien comme les arènes d'une intervention française. La France projette de maintenir quatre bases en Afrique. Le Livre blanc souligne aussi le caractère crucial de la Mer de Chine du Sud, où les Etats-Unis ont attisé des confrontations entre la Chine et d’autres pays de la région, et des intérêts français plus larges en Asie de l’Est.


Christophe Guilloteau, député conservateur qui a contribué à la rédaction du Livre blanc a dit que la guerre de la France au Mali garantissait que l’Afrique resterait une priorité en matière de défense pour la France. Au micro de Radio-France International, il a dit que depuis la guerre au Mali « certains qui considéraient qu’on devait désengager encore plus au-delà l’Afrique, se sont aperçus que ce n’était pas une bonne idée. Si nous n’avions pas eu des forces pré-positionnées et au Tchad, et surtout en Côte d’Ivoire avec l’opération Licorne, on n’aurait pas pu répondre à l’appel des Maliens avec autant de rapidité. »


Paul Melly, membre associé du programme Afrique du groupe de pression Chatham House a expliqué : « Si ce modèle [d’une intervention au Mali] marche, c’est un modèle qui pourrait être étendu plus largement. Et donc le Mali est en quelque sorte un banc d’essai. »


Le Livre blanc confirme l’alignement de la France sur Washington conformément au prédécesseur conservateur de Hollande, Nicolas Sarkozy. Sous Sarkozy, la France avait réintégré en 2009 les structures militaires de l’OTAN avant de discuter en 2010 d’une éventuelle alliance militaire avec la Grande-Bretagne, proche allié des Etats-Unis, et de mener à partir de 2011 une série de guerres menées par les Etats-Unis.

Le Livre blanc soutient la poussée de la guerre contre l’Iran, en accusant sans preuve l’Iran de développer des armes nucléaires : « le Golfe Arabo-Persique revêt une importance stratégique particulière. Cette zone, où la course de l’Iran à des capacités nucléaires militaires engendre un risque de prolifération. »


Le Livre blanc plaide pour que la France augmente son influence dans la région en travaillant étroitement avec les Etats-Unis et leurs intermédiaires dans la région. Il fait remarquer que « la France y a renforcé sa présence et sa coopération de défense » avec les Emirats arabes unis (EAU), le Koweït et le Qatar, dont la construction d’une base militaire à Abou Dhabi, capitale des EAU.


En Asie, le Livre blanc fait l’éloge du « pivot vers l’Asie » des Etats-Unis qui vise à contenir la Chine et qui a accru les tensions entre Washington et Beijing. Tout comme Washington, Paris considère l’influence grandissante de la Chine comme une menace à ses intérêts géostratégiques, notamment en Afrique.


Il dit que « l’équilibre de l’Asie orientale a été modifié en profondeur par la montée en puissance de la Chine... Le renforcement de la présence militaire américaine dans la région peut contribuer à la maîtrise des tensions en Asie. »


En fait, le « pivot vers l’Asie » a énormément accru les tensions en Asie, faisant planer le mois dernier une importante menace de guerre sur la Corée du Nord. Le Livre blanc montre clairement que la France chercherait à se joindre à un conflit régional majeur en promettant que la France « en cas de crise ouverte, apporterait, aux côtés de ses alliés, une contribution politique et militaire. »


Le document recommande de maintenir l’armement nucléaire français, tel les programmes SN3G de sous-marin et de missile M51 qui coûtent près de 3,5 milliards d’euros (4,6 milliards de dollars) par an. Alors que le Livre blanc affirme que le programme d’armement nucléaire de la France est « strictement défensif, » il ajoute, « Certains des moyens des forces nucléaires peuvent être utilisés pour les opérations conventionnelles sur décision du Président de la République. »


L’élimination des barrières entre forces nucléaires et forces conventionnelles est une nouvelle étape vers l’utilisation de l’arme nucléaire, une menace qui a déjà été soulevée par des responsables français. En 2006, le président de l’époque Jacques Chirac avait annoncé que la France pourrait lancer des frappes nucléaires contre des terroristes, en cas de menaces à l’égard de « nos approvisionnements stratégiques et la défense de pays alliés. » (Voir : « France: Le président Chirac brandit la menace de représailles nucléaires en cas d'attaques terroristes »)


Jean-Luc Mélenchon, dirigeant du Front de Gauche petit-bourgeois a dénoncé les coupes dans les dépenses de la défense énoncées dans le Livre blanc. Il a dénoncé l’« austérité » et l’alliance américaine (l’atlantisme) comme étant « deux dangers mortels pour la souveraineté et l'indépendance de la France » – en lançant un appel réactionnaire et anti-américain, alors même qu’il a soutenu avec enthousiasme toutes les guerres menées par Paris en collaboration avec Washington, que ce soit la guerre de la Libye ou les guerres actuelles au Mali et en Syrie.


Les commentaires pro-guerre de Mélenchon reflètent le gouffre qui sépare la bourgeoisie et les couches aisées de pseudo-gauche représentées par le Front de Gauche, de la classe ouvrière. Terrifiées par les luttes qui couvent entre la classe ouvrière et le programme social et militaire réactionnaire de Hollande, elles exigent que de plus en plus de ressources soient injectées dans la machine de guerre.


(Article original paru le 3 mai 2013)

 

http://www.internationalnews.fr/article-le-livre-blanc-de-la-defense-francais-planifie-une-escalade-des-guerres-et-des-conflits-entre-les-gr-117634755.html

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 14:47

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26 mars 2013

 

WSWS 25 mars 2013

Dans un discours prononcé à Jérusalem jeudi 22 mars, Obama a aligné inconditionnellement les intérêts américains sur ceux d’Israël et réitéré les menaces de guerre déjà faites contre la Syrie et l’Iran


Ce discours, prononcé devant plusieurs centaines d’étudiants, avait pour intention ostensible de signaler le soutien continu de Washington pour le soi-disant « processus de paix », la pantomime moribonde jouée depuis des décennies et qui a servi de couverture à l’oppression du peuple palestinien et de moyen de promouvoir les objectifs américains dans le reste du monde arabe.


L’administration américaine a choisi cet auditoire plutôt que la Knesset de peur qu’Obama ne se fasse chahuter par les éléments sionistes d’extrême-droite qui dominent dans le gouvernement du premier ministre Benjamin Netanyahu.


Avant son discours de Jérusalem, Obama a fait un bref voyage à Ramallah en Cisjordanie, où il a tenu une conférence de presse commune avec le patron de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.


Plusieurs centaines de manifestants sont descendus dans les rues de Ramallah pour dénoncer cette visite, mais furent tenus à l’écart du quartier général d’Abbas par une phalange de la police de l’Autorité palestinienne. Faisant face à la police, les manifestants ont commencé à scander des slogans contre Abbas, criant « à bas le régime militaire ».


Tout en proférant des platitudes sur le fait que l’extension de plus en plus rapide des colonies sionistes en Cisjordanie occupée n’était pas « constructive », Obama n’a pas répété son exigence de 2009 d’un gel de l’implantation de colonies. Au contraire, il a fait pression sur l’Autorité palestinienne et sur Abbas pour qu’ils abandonnent leur propre revendication d’un gel de l’activité d’implantation.


Obama a expliqué que la politique en Israël était « complexe » et que l’installation de colonies n’était pas « une question qui allait être résolue dans l’immédiat ». Il blâma les Palestiniens pour être d’avis que « nous pouvons seulement avoir des négociations directes quand tout est réglé d’avance, alors il n’est pas nécessaire d’avoir des négociations ».


En réalité, la soi-disant « solution des deux Etats » est devenue lettre morte, les implantations de colonies sionistes ayant déjà avalé près de la moitié de la terre occupée par Israël lors de la guerre de 1967, et qui devait prétendument devenir le territoire d’un mini-Etat palestinien. Il y a maintenant 560.000 israéliens, 60.000 de plus que lorsque Obama est arrivé à la présidence.


Le New York Times a fait état d’un document résumant les « points de discussion » dressés par l’Autorité palestinienne en vue de la rencontre avec Obama et qui suggère qu’Abbas et la clique riche et corrompue qu’il représente était prête à s’abaisser encore plus devant les Etats-Unis et Israël.


Ce document propose un accord par lequel Netanyahu pourrait « s’engager envers vous secrètement de stopper l’implantation des colonies pendant la période de négociations. »


Tant la presse israélienne que l’Autorité palestinienne ont décrit le discours d’Obama devant les étudiants israéliens comme l’adoption la plus enthousiaste de l’idéologie du sionisme par n’importe quel président dans l’histoire des Etats-Unis. Un journal israélien a pressé Obama d’émigrer en Israël et d’y être candidat à la présidence.


Obama a d’abord insisté sur le droit inconditionnel d’Israël à sa sécurité – bien que l’option d’une telle sécurité n’existe pas pour les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, ou pour les pays adjacents comme le Liban qui ont été soumis de façon répétée aux invasions et aux bombardements d’Israël. C’est Israël et non ces pays qui sert de bastion aux opérations contre-révolutionnaires et néocoloniales des Etats-Unis dans la région.


« Le rapport de sécurité entre les Etats-Unis et Israël n’a jamais été plus fort : plus de manœuvres entre nos armées et plus d’échanges entre nos responsables politiques, militaires et du renseignement que jamais auparavant ; le plus vaste programme jusque-là pour vous aider à maintenir votre avantage militaire qualitatif » se vanta Obama. Il annonça que des discussions avaient lieu pour prolonger d’une décennie le programme d’aide militaire américain qui fournit des milliards de dollars à l’armée israélienne chaque année.


Obama a répété la menace d’une action militaire contre la Syrie déjà faite la veille lors d’une apparition commune avec Netanyahu. « Nous ne tolérerons pas l’utilisation d’armes chimiques contre le people syrien ou le transfert de ces armes à des terroristes » a-t-il dit. « Le monde vous regarde et nous vous tiendrons pour responsables »


Il y a une abondance de preuves qui indiquent que les armes chimiques utilisées le mardi 19 mars, tuant au moins trente syriens dans une zone contrôlée par le gouvernement près de la ville d’Alep, était effectivement l’œuvre de « terroristes » -- ceux que les Etats-Unis et leurs alliés soutiennent dans la guerre menée pour un changement de régime. Le président américain ne parlait pas cependant de ces forces liées à Al-Qaïda mais bien plutôt du mouvement de masse chiite Hezbollah qui a été une force prépondérante dans le gouvernement libanais. Il exigea que tous les gouvernements étrangers se joignent à Washington pour stigmatiser celui-ci comme une « organisation terroriste ».


Obama répéta encore plus vigoureusement ses menaces contre l’Iran et son programme nucléaire, affirmant que si Washington rechercherait la soumission de Téhéran par des moyens diplomatiques « le temps n’était pas illimité ».


« J’ai dit au monde que toutes les options étaient sur la table pour remplir nos objectifs » ajouta-t-il. L’Amérique fera ce qu’elle doit faire pour empêcher que l’Iran n’ait une arme nucléaire. »


Le reste du discours était en grande partie consacré à appeler à une reprise du « processus de paix » et de la « solution des deux Etats ». Obama insista pour dire que tout accord devait comporter la reconnaissance par les Palestiniens d’Israël comme d’un « Etat juif », une définition qui renforcerait la privation de droits de style apartheid des non juifs, y compris une nombreuse population palestinienne à l’intérieur d’Israël et abrogerait tout droit de retour pour les Palestiniens.


Si les médias ont fait l’éloge de cette rhétorique pacifique la qualifiant d’« audacieuse » et de «courageuse », les politiciens sionistes droitiers du gouvernement de Netanyahu eux, balayèrent du revers de la main les remarques du président.


Netanyahu remercia Obama de son discours et de son « soutien total d’Israël ». Son nouveau ministre de l’Economie et du Commerce, Naftali Bennett exprima cependant des réserves quant à la référence d’Obama à l’occupation de la Cisjordanie par Israël, et déclara : « Une nation ne peut pas être l’occupant de ses propre terres. »


Danny Ayalon, l’ancien droitier et nationaliste vice-ministre des Affaires étrangères, dit que ce discours ne faisait « pas problème » étant donné qu’il ne contenait aucune proposition spécifique pour ce qui était des soi disant pourparlers de paix.


Depuis, le Jerusalem Post a suggéré que les propos sur une reprise du « processus de paix » n’étaient que de la poudre aux yeux pour accompagner l’objectif principal du voyage d’Obama, qui était d’intensifier la menace de guerre vis-à-vis de l’Iran.


« On a spéculé pendant des années sur le fait que les Etats-Unis retenaient Israël dans la question de l’Iran » notait ce journal. « En fait, avant la visite d’Obama on spéculait sur le fait qu’un des buts principaux de son voyage était de mettre devant Netanyahu un gros feu rouge. » Et il poursuivait ainsi: « Publiquement, cependant, retenir Israël n’a pas été le message d’Obama. En fait, c’est le contraire qui est vrai – et ce sont les mots que les Iraniens entendent également. »


Lors de la conférence de presse jointe de mercredi 20 mars, Obama a reconnu le « droit » unilatéral d’Israël d’attaquer l’Iran. « Chaque pays doit prendre ses propres décisions quand il s’agit de la terrible décision de s’engager dans une action militaire quelconque et Israël est dans une situation différente de celle des Etats-Unis, » dit-il.


« Obama espère qu’on n’en arrivera pas là avec l’Iran, il espère que les Iranien vont reculer » commenta le Jerusalem Post. « Mais s’ils ne le font pas, la menace militaire crédible que Netanyahu veut voir brandir à coté de la pression économique, politique et diplomatique déjà appliquée contre l’Iran n’est rien moins qu’Israël même. L’Iran et la communauté internationale ont été prévenues. »


Dix ans après l’invasion de l’Irak, l’impérialisme américain pose les fondements d’une guerre contre l’Iran qui a une superficie et une population trois fois plus grandes que celles de l’Irak. Les motivations sont les mêmes, le contrôle des régions les plus vitales dans le monde du point de vue géostratégique et énergétique.


Toue attaque de l’Iran par Israël entraînerait rapidement une intervention des Etats-Unis. Par son approbation publique du « droit » d’Israël à lancer une telle attaque, Obama met en marche un mécanisme qui conduit à une conflagration militaire.

(Article original publié le 22 mars 2013)

 

En complément:


Obama en visite en Israël : Disparition définitive de la Palestine originelle

Obama Moyen-Orient 2
L’engagement d’Obama au Moyen-Orient De Manlio Dinucci, 26 mars 2013

 

http://www.internationalnews.fr/article-en-israel-obama-a-parle-de-paix-tout-en-preparant-la-guerre-par-bill-van-auken-116546905.html

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 15:37
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17 janvier 2013

 


WSWS 16 janvier 2013


L’Armée américaine a annoncé qu’elle allait déployer une brigade de l’armée américaine pour mener des opérations continues sur le continent africain. Selon le rapport de l’Associated Press concernant la décision, ce geste fait « partie d’un effort intensifié du Pentagone pour entraîner les pays à combattre les extrémistes et pour que les États-Unis disposent d’une force prête à être envoyée en Afrique si des crises nécessitant l’armée américaine émergent ».

La Deuxième Brigade, Première division d’infanterie, connue sous le nom de « Dagger Brigade » (La brigade poignard), qui comprend environ 3500 soldats, a été désignée pour servir Washington comme version de l’Afrika Corps. Selon le Pentagone, 104 missions séparées, qui devraient débuter en mars prochain, ont déjà été prévues. Le déploiement d’unités allant de petites équipes d’entraînement à des bataillons de 800 membres est planifié dans 35 pays à travers l’Afrique.

La réaffectation de cette brigade est seulement une part d’un effort pour renforcer le commandement africain du Pentagon, ou AFRICOM, qui a été créé en 2007, mais dont le quartier général demeure à Stuttgart, en Allemagne. Jusqu’ici, aucun gouvernement africain n’est prêt à lui fournir une base d’opérations sur le continent.

Depuis, AFRICOM a fait couler le sang en Libye, où l’organisation coordonnait la guerre États-Unis-OTAN pour le changement de régime qui a évincé le gouvernement du colonel Mouammar Kadhafi en octobre de l’an dernier. Il a déployé plus de 100 soldats en Afrique centrale, supposément pour traquer les guérillas de l’Armée de résistance du Seigneur, et a entraîné les armées de plusieurs pays, que Washington espère utiliser comme forces par procuration, ou comme chair à canon, dans la poursuite des intérêts américains.

En décembre, le chef d’état-major, le général Raymond Odierno, a dit au quotidien de droite le Washington Times que le renforcement d’AFRICOM faisait partie d’une nouvelle stratégie militaire mondiale connue sous le nom de « Regionally Aligned Forces », que le Pentagone tente de mettre en place alors qu’il continue de puiser dans les forces d’occupation d’Afghanistan, après avoir été contraint de se retirer d’Irak.

« Il faut adopter une force évolutive et adaptative qui puisse modeler l’environnement dans lequel on évolue en développant des partenaires prêts au combat, en organisant de l’entraînement multilatéral à ou bilatéral et en effectuant des déploiements de troupes, si nécessaire », a dit Odierno.

En d’autres termes, toutes opérations militaires américaines, du secours lors d’un désastre à la soi-disant aide humanitaire, en passant par l’entraînement de troupes africaines, servent de moyens pour « modeler l’environnement », c’est-à-dire préparer le terrain pour une intervention armée directe de la part des États-Unis.

En 2007, J. Peter Pham, un conseiller au département d’État qui a été un membre permanent du comité consultatif d’AFRICOM depuis sa création, a témoigné au sujet de la mission centrale de ce nouveau commandement du Pentagone. Il a décrit cette mission en des termes plutôt directs. Il a dit que cela implique de « protéger l’accès aux hydrocarbures et à d’autres ressources stratégiques que l’Afrique a en abondance, une tâche qui consiste à s’assurer contre la vulnérabilité de ces richesses naturelles et de faire en sorte qu’aucun tiers parti intéressé, comme la Chine, l’Inde, le Japon ou la Russie, n’obtienne des monopoles ou un traitement préférentiel. »

Cette dernière considération est devenue de plus en plus déterminante. Dans un sens très concret, la construction d’AFRICOM est le corollaire du « pivot » stratégique vers le Pacifique par l’administration Obama. Washington cherche à employer l’encerclement militaire comme un moyen pour contrecarrer la domination économique croissante de la Chine sur cette région cruciale ainsi que la menace de plus en plus grande qu’elle représente pour la position mondiale du capitalisme américain.

De la même manière, en Afrique, Washington cherche à utiliser la force militaire américaine pour contrer l’influence croissante de la Chine sur le continent.

La Chine a surpassé les États-Unis ainsi que l’Union européenne en tant que partenaire commercial numéro un de l’Afrique. Le commerce bilatéral, qui était d’à peine 11 milliards $ en 2000, a atteint 160 milliards $ en 2011 et il devrait atteindre 200 milliards $ cette année.

Dans des conditions où il est prévu que les États-Unis dépendent bientôt de l’Afrique de l’Ouest pour 25 pour cent de ses importations de pétrole, sans mentionner tous les minéraux stratégiques et d’autres matières premières, la concurrence avec la Chine ainsi qu’avec les rivaux économiques en Europe entraîne en fait une nouvelle ruée vers l’Afrique, tout aussi violente et exploitante que sa première conquête coloniale.

Cependant, les préparatifs pour les actions prédatrices de militarisme en Afrique se font sous le prétexte de la lutte contre le « terrorisme » et la menace de « l’extrémisme » sur le continent.

Le commandant d’AFRICOM, le général Carter Ham, a fait une série de discours autant aux États-Unis qu’en Afrique sur cette question. Il a affirmé que des groupes très disparates, qui vont d’Al-Qaïda dans le Maghreb islamique au Mali et en Libye jusqu’au groupe al-Shabab en Somalie et au groupe Boko Haram au Nigéria, menacent de s’allier et de coordonner leurs activités, ce qui pose une menace sérieuse au « territoire » américain. Ni lui ni personne d’autre n’a présenté de preuve montrant une quelconque collaboration entre des mouvements qui ne montre aucune ambition qui dépasserait leur zone nationale.

Plus tôt ce mois-ci, le Wall Street Journal a avancé le même argumentaire dans un article paru à la une intitulé « Terror Fight shifts to Africa » (La guerre contre le terrorisme se tourne vers l’Afrique). Selon le Journal, l’administration Obama « envisage de demander au Congrès d’approuver des pouvoirs accrus » pour mener des opérations militaires contre de présumés terroristes en Afrique. Une telle autorisation du recours à la force militaire a servi de base pour le déclenchement des guerres en Irak et en Afghanistan.

Cette nouvelle autorisation « aurait pour but de permettre les opérations militaires des États-Unis au Mali, au Nigéria, en Libye et possiblement dans d’autres pays où les militants ont des liens ténus, ou pas de liens du tout, avec les quartiers généraux d’Al-Qaïda au Pakistan », ont confié des représentants de l’administration au Journal.

En réalité, en exploitant le prétexte d’Al-Qaïda – et d’organisations qui entretiennent des « liens ténus » ou inexistants avec elle – dans ses interventions militaires, Washington a armé et directement appuyé des groupes véritablement liés à Al-Qaïda, d’abord en Libye et maintenant en Syrie, comme forces par procuration dans ses guerres visant un changement de régime.

À la suite du vote du Conseil de sécurité de l’ONU autorisant une intervention, le Mali semble être la première cible des États-Unis. AFRICOM prépare ouvertement une intervention composée de troupes provenant de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.

Washington a beau se présenter comme le sauveur du Mali, la situation de ce pays appauvri et enclavé d’Afrique de l’Ouest est essentiellement le résultat de l’impérialisme américain. Ce fut l’intervention des États-Unis en Libye qui fut la cause de la traversée de forces lourdement armées au Mali et ce fut l’Armée américaine qui forma le capitaine Amadou Haya Sanogo, le dirigeant du coup d’État qui renversa le gouvernement du pays en mars dernier. Le Pentagone l’avait entraîné sur des bases militaires des États-Unis en Géorgie, en Virginie et au Texas.

Le développement d’AFRICOM et les préparatifs de nouvelles guerres sur le continent montrent clairement que les interventions en Libye et en Syrie ne sont que le prélude à une offensive mondiale qui ne vise rien de moins que la redivision et la recolonisation d’une bonne partie du monde. L’éruption du militarisme des États-Unis, un sous-produit de la crise historique du capitalisme américain et mondial, va de pair avec les attaques sans cesse plus violentes contre les conditions sociales et les droits démocratiques de la classe ouvrière au pays.

(Article original paru le 27 décembre 2012)

Dossier lié:

Mali : La reconquête coloniale (+ dossier Mali)

http://www.internationalnews.fr/article-etats-unis-un-autre-volet-de-la-guerre-contre-le-terrorisme-dans-la-ruee-vers-l-afrique-114471831.html

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