10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 15:47

Internationalnews

7 janvier 2015

 

Alors que de nombreux Français réagissent à l’attentat commis contre Charlie Hebdo en dénonçant l’islamisme et en manifestant dans les rues, Thierry Meyssan souligne que l’interprétation jihadiste est impossible. Alors qu’il aurait tout intérêt à dénoncer lui aussi une opération d’Al-Qaïda ou de Daesh, il envisage une autre hypothèse, beaucoup plus dangereuse.

 

Dans ce reportage, France 24 a coupé la vidéo pour que l’on ne voit pas les assaillants exécuter un policier au sol. 


Le 7 janvier 2015, un commando a fait irruption, à Paris, dans les locaux de Charlie Hebdo et a assassiné 12 personnes. 4 autres victimes sont toujours dans un état grave.


Sur les vidéos, on entend les assaillants crier « Allah Akbar ! », puis qu’ils ont « vengé Mahomet ». Un témoin, la dessinatrice Coco, a affirmé qu’ils se réclamaient d’al-Qaïda. Il n’en a fallu pas plus pour que de nombreux Français dénoncent un attentat islamiste.

 

 

Or, cette hypothèse est illogique.

La mission de ce commando n’a pas de lien avec l’idéologie jihadiste

En effet, des membres ou des sympathisants des Frères musulmans, d’al-Qaïda ou de Daesh ne se seraient pas contentés de tuer des dessinateurs athées, ils auraient d’abord détruit les archives du journal sous leurs yeux, sur le modèle de ce qu’ils ont fait dans la totalité de leurs actions au Maghreb et au Levant. Pour des jihadistes, le premier devoir c’est de détruire les objets qui, selon eux, offensent Dieu, puis de punir les « ennemis de Dieu ».

De même, ils ne se seraient pas immédiatement repliés, fuyant la police, sans avoir achevé leur mission. Ils auraient au contraire terminé leur mission, dussent-ils mourir sur place.

Par ailleurs, les vidéos et certains témoignages montrent que les assaillants sont des professionnels. Ils avaient l’habitude de manier leurs armes et n’ont tiré qu’à bon escient. Ils n’étaient pas vêtus à la mode des jihadistes, mais comme des commandos militaires.

La manière dont ils ont exécuté au sol un policier blessé, qui ne représentait aucun danger pour eux, atteste que leur mission n’était pas de « venger Mahomet » de l’humour gras de Charlie Hebdo.

 

La vidéo censurée par les TV françaises


Cette opération vise à créer le début d’une guerre civile


Le fait que les assaillants parlent bien le français, et qu’ils soient probablement Français, ne permet pas de conclure que cet attentat est un épisode franco-français. Au contraire, le fait qu’ils soient professionnels contraint à les distinguer de possibles commanditaires. Et rien ne prouve que ces derniers soient des Français.


C’est un réflexe normal, mais intellectuellement erroné, de considérer lorsque l’on vient d’être attaqué que l’on connaît ses agresseurs. C’est le plus logique lorsqu’il s’agit de criminalité normale, mais c’est faux lorsqu’il s’agit de politique internationale.


Les commanditaires de cet attentat savaient qu’il provoquerait une fracture entre les Français musulmans et les Français non-musulmans. Charlie Hebdo s’était spécialisé dans des provocations anti-musulmanes et la plupart des musulmans de France en ont été directement ou indirectement victimes. Si les musulmans de France condamneront sans aucun doute cet attentat, il leur sera difficile d’éprouver autant de peine pour les victimes que les lecteurs du journal. Cette situation sera perçue par certains comme une complicité avec les meurtriers.


C’est pourquoi, plutôt que de considérer cet attentat extrêmement meurtrier comme une vengeance islamiste contre le journal qui publia les caricatures de Mahomet et multiplia les "unes" anti-musulmanes, il serait plus logique d’envisager qu’il soit le premier épisode d’un processus visant à créer une situation de guerre civile.


La stratégie du « choc des civilisation » a été conçue à Tel-Aviv et à Washington


L’idéologie et la stratégie des Frères musulmans, d’Al-Qaïda et de Daesh ne préconise pas de créer de guerre civile en « Occident », mais au contraire de la créer en « Orient » et de séparer hermétiquement les deux mondes. Jamais Saïd Qotb, ni aucun de ses successeurs, n’ont appelé à provoquer d’affrontement entre les musulmans et les non-musulmans chez ces derniers.


Au contraire, la stratégie du « choc des civilisations » a été formulée par Bernard Lewis pour le Conseil de sécurité nationale états-unien, puis vulgarisée par Samuel Huntington non plus comme une stratégie de conquête, mais comme une situation prévisible [1]. Elle visait à persuader les populations membres de l’Otan d’un affrontement inévitable qui prit préventivement la forme de la « guerre au terrorisme ».


Ce n’est pas au Caire, à Riyad ou à Kaboul que l’on prône le « choc des civilisations », mais à Washington et à Tel-Aviv.


Les commanditaires de l’attentat contre Charlie Hebdo n’ont pas cherché à satisfaire des jihadistes ou des talibans, mais des néo-conservateurs ou des faucons libéraux.


N’oublions pas les précédents historiques:

Nous devons nous souvenir qu’au cours des dernières années, nous avons vu les services spéciaux états-uniens ou de l’Otan
- tester en France les effets dévastateurs de certaines drogues sur des populations civiles [2] ;
- soutenir l’OAS pour tenter d’assassiner le président Charles De Gaulle [3] ;
- procéder à des attentats sous faux drapeau, contre des civils, dans plusieurs États membres de l’Otan [4].


Nous devons nous souvenir que, depuis le démembrement de la Yougoslavie, l’état-major états-unien a expérimenté et mis en pratique dans de très nombreux pays sa stratégie des « combats de chiens ». Elle consiste à tuer des membres de la communauté majoritaire, puis des membres des minorités en renvoyant les responsabilités dos-à-dos jusqu’à ce que chacun soit convaincu d’être en danger de mort. C’est de cette manière que Washington a provoqué la guerre civile aussi bien en Yougoslavie que dernièrement en Ukraine [5].


Les Français seraient bien avisés de se souvenir également que ce ne sont pas eux qui ont pris l’initiative de la lutte contre les jihadistes revenant de Syrie et d’Irak. À ce jour d’ailleurs, aucun d’entre eux n’a commis le moindre attentat en France, le cas de Mehdi Nemmouche n’étant pas celui d’un terroriste solitaire, mais d’un agent chargé d’exécuter à Bruxelles deux agents du Mossad [6] [7].

 

C’est Washington qui a convoqué, le 6 février 2014, les ministres de l’Intérieur de l’Allemagne, des États-Unis, de la France (M. Valls s’est fait représenter), de l’Italie, de la Pologne et du Royaume-Uni pour faire du retour des jihadistes européens une question de Sécurité nationale [8]. Ce n’est qu’après cette réunion que la presse française a abordé ce sujet, puis que les autorités ont commencé à réagir.

 

 

Nous ignorons qui a commandité cette opération professionnelle contre Charlie Hebdo, mais nous ne devrions pas nous emballer. Nous devrions considérer toutes les hypothèses et admettre, qu’à ce stade, son but le plus probable est de nous diviser ; et ses commanditaires les plus probables sont à Washington.

Sur le même sujet, lire : « Selon McClatchy, Mohammed Mehra et les frères Kouachi seraient liés aux services secrets français », Réseau Voltaire, 9 janvier 2015.

[1] « La "Guerre des civilisations" », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2004.

[2] « Quand la CIA menait des expériences sur des cobayes français », par Hank P. Albarelli Jr., Réseau Voltaire, 16 mars 2010.

[3] « Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 septembre 2001.

[4] « Les Armées Secrètes de l’OTAN », par Daniele Ganser, éd. Demi-Lune. Disponible par chapitre sur le site du Réseau Voltaire.

[5] « Le représentant adjoint de l’ONU en Afghanistan est relevé de ses fonctions », « Washington peut-il renverser trois gouvernements à la fois ? », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 23 février 2014.

[6] « L’affaire Nemmouche et les services secrets atlantistes », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 9 juin 2014.

[7] On objectera les affaires Khaled Kelkal (1995) et Mohammed Mehra (2012). Deux cas de « loups solitaires » liés à des jihadistes ; mais ni à la Syrie, ni à l’Irak. Malheureusement, tous deux furent exécutés en opération par les Forces de l’ordre de sorte qu’il est impossible de vérifier les théories officielles.

[8] « La Syrie devient "question de sécurité intérieure" aux USA et dans l’UE », Réseau Voltaire, 8 février 2014.

Thierry Meyssan Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007). Compte Twitter officiel.

 
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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 15:08
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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 16:53

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Mondialisation 15 décembre 2014

 

"Le néoconservatisme est la seule idéologie politique existante"


C’est l’idéologie « America über alles ».


"... les néoconservateurs ont jeté les bases pour la dictature et pour 3ème Guerre Mondiale."


Obma guerre

 

Au cas où un de mes lecteurs me demanderais si je peux leur donner quelques bonnes nouvelles. La réponse est : pas si je dois vous mentir comme le font «votre» gouvernement et les médias traditionnels. Si vous voulez de fausses « bonnes nouvelles » vous avez besoin de retourner dans la matrice. En échange de moins de stress et d’inquiétude, vous serez conduits inconsciemment vers la ruine financière et l’Armageddon nucléaire.


Si vous souhaitez être prévenus, et peut-être préparés à ce que «votre» gouvernement vous apporte, et avoir une quelconque petite chance de réorienter le cours des événements, lisez et soutenez ce site. C’est votre site. Je connais déjà ces choses. J’écris pour vous.


Les néoconservateurs, un petit groupe de fauteurs de guerre fortement alliés avec le complexe militaro-industriel et Israël, nous a donné l’invasion de la Grenade (1) et les Contras dans l’affaire du Nicaragua (2). Le Président Reagan les a congédiés, et ils ont été poursuivis mais par la suite graciés par le successeur de Reagan, George Bush.


Installés dans les think-tanks et protégés par l’argent israélien et le complexe militaire/sécurité, les néoconservateurs ont resurgi sous l’administration Clinton et ont conçu l’éclatement de la Yougoslavie, la guerre contre la Serbie et l’expansion de l’OTAN aux frontières de la Russie.


 

Les néoconservateurs ont dominé le régime George W. Bush. Ils ont contrôlé le Pentagone, le Conseil National de Sécurité, le Bureau du Vice-Président, et bien d’autres choses. Les néoconservateurs nous ont donné le 11 Septembre et son camouflage, les invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, le début de la déstabilisation du Pakistan et du Yémen, l’AFRICOM, l’invasion de l’Ossétie du Sud par la Géorgie, la disparition du Traité ABM, l’espionnage inconstitutionnel et illégal des citoyens américains sans mandat judiciaire, la perte des protections constitutionnelles, la torture et les manquements du pouvoir exécutif vis à vis de la loi, du Congrès et du pouvoir judiciaire.

 

En bref, les néoconservateurs ont jeté les bases pour la dictature et pour 3ème Guerre Mondiale


Le régime Obama n’a tenu responsable de crimes aucune personne du régime Bush, créant ainsi un précédent qui met le pouvoir exécutif au-dessus de la loi. Au lieu de cela, le régime Obama poursuit les dénonciateurs qui disent la vérité sur les crimes du gouvernement.


Les néoconservateurs restent très influents sous le régime Obama. A titre d’exemples, Obama a nommé la néoconservatrice Susan Rice comme conseillère en sécurité nationale. Obama a nommé la néoconservatrice Samantha Power comme ambassadrice américaine aux Nations Unies. Obama a nommé la néoconservatrice, Victoria Nuland, en tant que Secrétaire d’Etat adjoint. Le bureau de Nuland, en collaboration avec la CIA et les ONG financées par Washington, a organisé le coup d’Etat des USA en Ukraine.


Le néoconservatisme est la seule idéologie politique existante


C’est l’idéologie « America über alles ».

 

Les néoconservateurs croient que l’Histoire a choisi les Etats-Unis pour exercer leur hégémonie sur le monde, ce qui rend leur pays «exceptionnel» et «indispensable». Obama lui-même l’a tout autant déclaré. Cette idéologie donne aux néoconservateurs une énorme confiance, tout comme la conclusion de Karl Marx disant que l’Histoire avait choisi les travailleurs pour être la classe dirigeante, avait donné confiance aux communistes des premières heures.


Cette confiance en eux-même rend les néoconservateurs téméraires.


Pour faire avancer leur agenda, les néoconservateurs usent de propagande sur les populations des États-Unis et des états vassaux de Washington. Les « presse-titués » livrent les mensonges des néoconservateurs au public crédule: la Russie a envahi et annexé les provinces ukrainiennes; Poutine a l’intention de reconstituer l’empire soviétique; La Russie est un état de gangsters sans démocratie; La Russie est une menace pour les pays baltes, la Pologne et toute l’Europe nécessitent un renforcement militaire US/OTAN sur les frontières avec la Russie; La Chine, un allié russe, doit être militairement contenue par de nouvelles bases navales et aériennes américaines autour de ses frontières et par des contrôles de ses voies maritimes.


Les néoconservateurs et le président Obama ont rendu tout à fait clair que les Etats-Unis n’acceptent pas la Russie et la Chine comme pays souverains avec des politiques économiques et étrangères indépendantes des intérêts de Washington. La Russie et la Chine ne sont acceptables qu’en tant qu’états vassaux, comme le Royaume-Uni, l’Europe, le Japon, le Canada et l’Australie.


De toute évidence, la formule néoconservatrice est une formule pour la guerre finale.



Toute l’humanité est menacée par une poignée d’hommes et de femmes mal installés à des postes de pouvoir à Washington.


La propagande anti-Russie est passée à la vitesse supérieure. Poutine est le « nouvel Hitler ».

 


Source

 

Daniel Zubov rend compte d’une conférence conjointe tenue par trois think-tanks américains. Cette conférence a accusé la Russie des échecs de la politique étrangère de Washington. Lisez cet article: pour voir comment fonctionnent les néoconservateurs pour contrôler les explications. Même Henry Kissinger est attaqué pour avoir dit la vérité évidente que la Russie a un intérêt légitime en Ukraine, une partie des terres longeant la Russie sont situées dans la sphère légitime d’influence russe.


Depuis le régime Clinton, Washington a agi contre les intérêts russes.

 

Dans son livre à paraître, « Mondialisation de la guerre: la longue guerre de l’Amérique contre l’humanité », le professeur Michel Chossudovsky présente une évaluation réaliste du niveau de proximité jusque auquel Washington a amené le monde vers sa disparition dans une guerre nucléaire. Ce passage est tiré de la préface:


La « Mondialisation de la guerre » est un projet hégémonique. Des opérations militaires et de renseignement majeures et secrètes sont en cours simultanément au Moyen-Orient, en Europe de l’Est, en Afrique subsaharienne, en Asie centrale et dans l’Extrême-Orient. L’agenda militaire américain combine à la fois des théâtres d’opérations majeurs et des actions secrètes orientées vers les États souverains déstabilisateurs.


En vertu d’un agenda militaire mondial, les actions entreprises par l’Alliance militaire occidentale (US-OTAN-Israël) en Afghanistan, au Pakistan, en Palestine, en Ukraine, en Syrie et en Irak sont coordonnées aux plus hauts niveaux de la hiérarchie militaire.

 

Nous ne fonctionnons pas en opérations militaires et de renseignement désordonnées. En Juillet-Août 2014 l’attaque sur Gaza par les forces israéliennes a été menée en étroite consultation avec les États-Unis et l’OTAN. À leur tour, les actions en Ukraine et leur calendrier coïncidaient avec le déferlement d’attaque sur Gaza.


Aussi les entreprises militaires sont étroitement coordonnées avec un processus de guerre économique qui consiste non seulement à imposer des sanctions sur les pays souverains mais aussi dans des actes délibérés de déstabilisation des marchés financiers et monétaires en vue de saper les économies nationales des ennemis.


Les Etats-Unis et leurs alliés ont lancé une aventure militaire qui menace l’avenir de l’humanité.

 

Au moment où nous mettons sous presse, les forces des États-Unis et de l’OTAN ont été déployées en Europe orientale. En vertu d’un mandat humanitaire une intervention de l’armée américaine se déroule en Afrique subsaharienne. Les États-Unis et ses alliés menacent la Chine avec le «Pivot vers l’Asie» du Président Obama.


Par ailleurs des manœuvres militaires sont menées aux portes de la Russie, lesquelles pourraient conduire à une escalade.


Les frappes aériennes américaines engagées en Septembre 2014 et dirigées contre l’Irak et la Syrie sous le prétexte de s’en prendre à l’État Islamique sont parties d’un scénario d’escalade militaire s’étendant de l’Afrique du Nord et de la Méditerranée orientale à l’Asie centrale et du Sud. L’alliance militaire occidentale est dans un état de préparation avancé.



« Et ainsi soit la Russie »


Comme je l’ai souvent remarqué, les Américains sont un peuple insouciant. Ils ne sont tout simplement pas au courant. Supposons qu’ils soient au courant, supposons que toute la population ait compris le danger, quelque chose pourrait-il être fait, ou les Américains insouciants sont-ils tombés sous le contrôle de la police d’état que Washington a créé?


Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup d’espoir dans le peuple américain. Le peuple américain ne peut pas dissocier un leader véritable d’un factice, et les élites dirigeantes privées ne permettront pas à de vrais leaders d’émerger. En outre, il n’y a aucun mouvement organisé en opposition avec les néoconservateurs.


L’espoir vient de l’extérieur du système politique. L’espoir est que le château de cartes ainsi que les marchés truqués érigés par les décideurs politiques pour le bénéfice des 1% s’effondrent. David Stockman considère ce résultat comme très probable. L’effondrement que Stockman voit arriver est le même effondrement que j’avais signalé.

 

En outre, le nombre de cygnes noirs(3) qui peuvent produire l’effondrement sont quand même plus nombreux que ce que Stockman identifie correctement. Certains organismes financiers s’inquiètent d’un manque de liquidité dans le revenu fixe (obligations) et sur le marché des produits dérivés. Barbara Novack, co-présidente de Black Rock, exerce un fort lobbying pour un mécanisme de sauvetage des produits dérivés.


L’article de David Stockman est important. Lisez-le jusqu’à ce que vous compreniez, et vous en saurez plus que la plupart de tout le monde.


Beaucoup vont se demander: si la richesse des 1% est vulnérable à l’effondrement économique, la guerre va-t-elle être lancée pour protéger cette richesse et va-t-on reprocher aux Russes ou aux Chinois les difficultés qui submergent la population américaine?

 

Ma réponse est que le type d’effondrement que j’attends, et que David Stockman et sans doute d’autres attendent, présente le gouvernement dans une telle instabilité sociale, politique et économique que l’organisation d’une grande guerre devienne impossible.


Alors que l’impuissance politique du peuple américain et que la vassalité du monde occidental n’impose aucune contrainte sur Washington, l’effondrement économique entraîne des révolutions et la disparition de l’ordre existant.


Et aussi difficile serait-il pour les gens de survivre à l’effondrement, les chances de survie restent plus élevées que dans le cas d’une guerre nucléaire.

 

Notes

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Invasion_de_la_Grenade

(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Contras

(3) référence à la « théorie du cygne noir » désignant un événement imprévisible qui a une faible probabilité de se produire

 

Article original en anglais :

Laying the Foundations for Preemptive Nuclear War Against Iran

On the Brink of War and Economic Collapse, publié le 13 décembre 2014

Traduction : Rochelle Cohen, agence info-libre

Les emphases sont d'IN

 

http://www.internationalnews.fr/article-au-bord-de-la-guerre-et-de-l-effondrement-economique-par-dr-paul-craig-roberts-125224179.html


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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 15:30

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War USA

Les États-Unis sont sur le pied de guerre. Si un scénario de Troisième Guerre mondiale fait partie des plans du Pentagone depuis plus de dix ans, une action militaire contre la Russie est désormais envisagée au « niveau opérationnel ». De même, le Sénat et la Chambre des représentants ont présenté un projet de loi légitimant une guerre contre la Russie.


Il ne s’agit pas d’une « guerre froide ». Aucune des garanties de la guerre froide n’est en vigueur.


Il y a eu une rupture dans la diplomatie Est-Ouest, accompagnée d’une abondante propagande de guerre. Les Nations Unies ont pour leur part fermé les yeux sur de nombreux crimes de guerre commis par l’alliance militaire occidentale.


L’adoption d’un important projet de loi par la Chambre des représentants des États-Unis le 4 décembre (H. Res. 758) donnerait de facto (si elle est adoptée au Sénat) le feu vert au président et commandant en chef étasunien de lancer – sans approbation du Congrès – un processus de confrontation militaire avec la Russie.


La sécurité mondiale est en jeu. Ce vote historique, pouvant potentiellement affecter la vie de centaines de millions de personnes dans le monde, n’a reçu pratiquement aucune couverture médiatique. Il règne un silence médiatique total.


Le monde est à un carrefour dangereux. Moscou a réagi aux menaces des États-Unis et de l’OTAN. Ses frontières sont menacées.

Le 3 décembre, le ministère de la Défense de la Fédération de Russie a annoncé l’inauguration d’une nouvelle entité militaro-politique qui prendrait le relais en cas de guerre.

La Russie lance un nouveau centre de défense nationale, destiné à surveiller les menaces à la sécurité nationale en temps de paix, mais qui prendrait le contrôle de l’ensemble du pays en cas de guerre. (RT, le 3 décembre, 2014)

Chronologie des préparatifs de guerre


En mai 2014, la Loi sur la prévention d’une agression russe (Russian Aggression Prevention Act of 2014, RAPA ) a été présentée au Sénat des États-Unis (S 2277). Elle appelle à la militarisation de l’Europe de l’Est et des États baltes, ainsi qu’au stationnement de troupes des États-Unis et de l’OTAN aux portes de la Russie :

S.2277 – Loi sur la prévention d’une agression russe de 2014

Demande au président de : (1) mettre en œuvre un plan visant à augmenter l’appui des États-Unis et de l’OTAN aux forces armées de la Pologne, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, et d’autres membres de l’OTAN ; et (2) demande au représentant permanent des États-Unis auprès de l’OTAN de se pencher sur la possibilité de baser définitivement des forces de l’OTAN dans ces pays.

Demande au président de soumettre un plan au Congrès pour accélérer les efforts de défense antimissile de l’OTAN et de l’Europe.

Alors que la résolution S 2277 a été envoyée à la Commission des relations étrangères du Sénat pour examen, ses prémisses essentielles sont déjà mises en œuvre. À la mi-juillet, le commandant de l’OTAN en Europe, le général Philip Breedlove, en consultation avec le Pentagone et le ministère britannique de la Défense, a appelé à « stocker suffisamment d’armes, de munitions et autres approvisionnements sur une base militaire en Pologne afin de soutenir un déploiement rapide de milliers de soldats contre la Russie ». (RT, 24 juillet, 2014.)

nato wales summit globalresearch.ca

Selon le général Breedlove, l’OTAN a besoin de « fournitures et de capacités pré-positionnées, et d’une base prête à accepter rapidement des forces de remplacement » :

« Il a l’intention de recommander la mise en place de fournitures – des armes, des munitions et des boîtes de rations – au quartier général pour permettre un afflux soudain de milliers de troupes de l’OTAN ». ( Times, 22 août 2014, c’est l’auteur qui  souligne.)

Lors du Sommet de l’OTAN en septembre dernier au pays de Galles, Breedlove a réaffirmé son « scénario de guerre éclair », pouvant potentiellement conduire à une escalade militaire. Un soi-disant plan d’action de l’OTAN contre la Fédération de Russie a été mis sur pied et le Sommet du pays de Galles a donné le « feu vert » à une telle action.

 

À peine un mois plus tard, en Octobre, des exercices militaires des États-Unis et de l’OTAN ont eu lieu dans les États baltes. Au début novembre, une seconde série d’exercices a eu lieu à la fois dans les pays baltes et en Europe de l’Est.


Les exercices militaires de l’OTAN Épée de fer 2014, impliquant la participation de neuf pays membres de l’Alliance Atlantique, ont été lancés en Lituanie au début novembre dans le cadre de cette série de plus grande envergure :


« Des chars d’assaut étasuniens sont entrés en Lituanie au début du mois dans une démonstration de force à l’endroit de la Russie, une opération qui n’est pas la bienvenue dans la région. »


Les exercices militaires ont été explicitement dirigés à l’endroit de la Russie. Selon Moscou, ils consistaient  à « augmenter la capacité opérationnelle » ainsi que le transfert de l’« infrastructure militaire de l’OTAN aux frontières russes ».


En réaction aux déploiements de l’OTAN aux frontières de la Russie, celle-ci a également mené au début novembre à d’importants jeux de guerre dans la mer de Barents. Les exercices russes consistaient à essayer « toute la triade nucléaire composée de bombardiers stratégiques, de sous-marins [et du] missile balistique intercontinental en silo Topol-M lancé à Plesetsk en oblast d’Arkhangelsk » le 1er novembre 2014.


La résolution H. Res. 758 de la Chambre des représentants des États-Unis

Le 18 novembre, une importante résolution, H. Res. 758, a été déposée à la Chambre des représentants. Son principal objectif consiste à dépeindre la Russie comme un « pays agresseur », qui a envahi l’Ukraine, et à appeler à une action militaire contre la Russie :

Vous pouvez regarder le discours en Chambre du Rep. Kinzinger sur la législation (en anglais)

H.RES.758 - considérant que lors de son entrée en fonction en 2009, le président Barack Obama a annoncé son intention de « réinitialiser » les relations avec la Fédération de Russie, décrite par l’ancien ambassadeur des États Unis … (Présenté à la Chambre – IH)

HRES 758 IH

113e CONGRÈS

2e Session

H. RES. 758

Condamnant fermement les actions de la Fédération de Russie, sous la présidence de Vladimir Poutine, lequel a mené une politique d’agression contre des pays voisins dans le but de dominer sur les plans politique et économique.

 

(Le texte intégral de la résolution H. Res. 758 figure dans l’annexe à cet article)

H. Res. 758 accuse non seulement la Russie d’avoir envahi l’Ukraine, il invoque également l’article 5 du Traité de Washington, à savoir la doctrine de la sécurité collective de l’OTAN.

Une attaque contre un membre de l’Alliance atlantique est une attaque contre tous les membres de l’Alliance.

Le discours sous-jacent s’appuie sur une série d’accusations sans fondement contre de la Fédération de Russie. La résolution accuse la Russie d’avoir envahi l’Ukraine, affirme sans preuve que la Russie était derrière l’attentat du MH17 de Malaysia Airlines et accuse la Russie d’agression militaire.


Elle accuse par ailleurs ironiquement la Fédération de Russie d’avoir imposé des sanctions économiques non seulement à l’Ukraine, mais à la Géorgie, à la Moldavie, ainsi qu’à plusieurs États de l’Union européenne dont les noms ne sont pas mentionnés. La résolution accuse la Fédération de Russie d’avoir utilisé « l’approvisionnement énergétique à des fins de coercition politique et économique ».


Bref, si elle devenait une loi, la résolution 758 fournirait de facto le feu vert au président des États-Unis pour déclarer la guerre à la Fédération de Russie, sans l’autorisation formelle du Congrès étasunien.


À cet égard, elle pourrait être interprétée comme « légèrement inconstitutionnelle » en ce qu’elle contrevient à la substance de l’article 1, section 8, de la Constitution étasunienne conférant au Congrès « le pouvoir de déclarer la guerre [...] »


La résolution presse le président des États-Unis en consultation avec le Congrès étasunien à :

Procéder à un examen de la position de force, de la capacité opérationnelle et des responsabilités des forces armées des États-Unis et des forces des autres membres de l’OTAN afin de déterminer si les contributions et les actions de chacun sont suffisantes pour satisfaire aux obligations de la légitime défense collective en vertu de l’article 5 de Traité de l’Atlantique Nord et de préciser les mesures nécessaires pour remédier aux faiblesses.

Le paragraphe ci-dessus suggère que les États-Unis envisagent d’utiliser la doctrine de sécurité collective de l’OTAN en vertu de l’article 5 dans le but de déclencher un processus de confrontation militaire avec la Fédération de Russie.


La structure des alliances militaires est d’une importance cruciale. L’intention de Washington est d’isoler la Russie. L’article 5 est un mécanisme pratique imposé par les États-Unis sur l’Europe occidentale. Il oblige les États membres de l’OTAN, dont la plupart sont membres de l’Union européenne, à faire la guerre pour le compte de Washington.


Par ailleurs, un référendum sur l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN est envisagé. Si l’Ukraine devient membre de l’OTAN et/ou redéfinit son accord de sécurité avec l’OTAN, l’article 5 pourrait être invoqué pour justifier une guerre appuyée par l’OTAN contre la Russie.


« Adoption expéditive »

 

La vitesse à laquelle la résolution 758 de la Chambre des représentants a été adoptée est inhabituelle dans l’histoire du Congrès étasunien. La législation a été présentée le 18 novembre, on l’a précipitée à la commission des Affaires étrangères et rapidement retournée à la plénière de la Chambre pour le débat et l’adoption.


Deux semaines (16 jours) après avoir été présentée par le député Kinzinger (Illinois) le 18 novembre, la résolution a été adoptée lors d’un vote presque unanime dans la matinée du 4 décembre, par 411 voix contre 10.


Les membres du Congrès sont des marionnettes. Leur vote est contrôlé par les groupes de pression de Washington. Pour les entrepreneurs du secteur de la défense, Wall Street et les géants texans du pétrole, « la guerre est bonne pour les affaires ».


Pour reprendre les propos de Dennis Kucinich dans une lettre ouverte publiée le 2 décembre :

La résolution demande que l’on isole la Russie [...] Autrement dit: « Soyons prêts pour la guerre contre la Russie. »

C’est exactement le type de fanfaronnades qui a donné naissance à la guerre froide et mené à son escalade. Il est temps que nous exigions que les États-Unis favorisent la diplomatie au lieu des dépenses militaires accrues dans la quête de l’ordre international.

Silence médiatique

On s’attendrait à ce que cette décision historique fasse l’objet d’une vaste couverture médiatique.


Nous avons plutôt eu droit au silence médiatique.


Les médias du pays n’ont pas couvert le débat à la Chambre des représentants et l’adoption de la résolution 758 le 4 décembre.


Les grands médias avaient reçu l’ordre de ne pas couvrir la décision du Congrès.


Personne n’osait relever ses implications dramatiques, ses impacts sur la « sécurité mondiale ». « La Troisième Guerre mondiale ne fait pas les manchettes. »


Sans couverture médiatique concernant les préparatifs de guerre des États-Unis et de l’OTAN, le grand public ne connaît toujours pas l’importance de la décision du Congrès.


Passez le mot. Renversez la tendance guerrière.


Brisez le silence médiatique.


Michel Chossudovsky


Article en anglais: America is on a “Hot War Footing”: House Legislation Paves the Way for War with Russia?, publié le 5 décembre 2014.

Traduction: Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

 

http://www.internationalnews.fr/article-les-etats-unis-sur-le-pied-de-guerre-une-mesure-legislative-ouvre-la-voie-a-la-guerre-contre-la-r-125205434.html

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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 16:11

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UPR

10645005 810623705642668 5008287208586067467 n LOTAN, un danger pour la paix mondiale : Un texte du grand sociologue américain Immanuel Wallerstein

La mythologie officielle veut qu’entre 1945 (ou 1946) et 1989 (ou 1991), les États-Unis et l’Union soviétique (URSS) se sont affrontés en continu – politiquement, militairement, et surtout idéologiquement. C’est ce que l’on a appelé la ‘guerre froide ». Si c’était une guerre, le mot à souligner était « froide » car les deux puissances ne s’engagèrent jamais dans une action militaire directe l’une contre l’autre pendant toute la période.


Il y eut cependant quelques répercussions institutionnelles de cette guerre froide, et à chacune d’entre elles ce furent les États-Unis, et non l’URSS, qui firent le premier pas. En 1949, les trois pays occidentaux occupant l’Allemagne fusionnèrent leurs zones pour créer la République fédérale d’Allemagne (RFA) comme un État. L’Union soviétique répondit en transformant sa propre zone d’occupation en République démocratique allemande (RDA).


En 1949, l’OTAN fut créée par douze nations. Le 5 mai 1955, les trois puissances occidentales finirent officiellement leur occupation de la RFA et reconnurent cette entité comme un État indépendant. Quatre jours plus tard, la RFA fut admise comme membre de l’OTAN. En réponse à cela, l’URSS créa l’Organisation du Traité de Varsovie (OMC) et y inclut la RDA comme un de ses membres.


Le traité instituant l’OTAN devait s’appliquer seulement à l’intérieur de l’Europe. Une des raisons était que les pays d’Europe occidentale possédaient encore des colonies à l’extérieur de l’Europe et ne voulaient pas permettre à un quelconque organisme d’avoir le pouvoir d’intervenir directement dans leurs décisions politiques concernant ces colonies.


Les moments de confrontation apparemment tendue entre les deux camps – le blocus de Berlin, la crise des missiles de Cuba – s’achevèrent tous par le statu quo ante.

 

Le recours le plus important aux clauses d’engagement militaire prévues par les traités fut celui qu’en fit l’URSS lorsqu’elle agit dans sa propre zone d’influence contre les développements qu’elle jugeait dangereux pour l’URSS : la Hongrie en 1956, la Tchécoslovaquie en 1968, la Pologne en 1981. Dans des circonstances semblables, les États-Unis sont intervenus politiquement, comme lors de l’entrée potentielle du Parti communiste italien dans le gouvernement italien.


Ce bref rappel met en lumière l’objectif réel de la guerre froide. La guerre froide n’a pas été conçue pour transformer les réalités politiques de l’autre côté (sauf à une échéance très lointaine dans le futur).

 

La guerre froide était un mécanisme par lequel chaque camp gardait ses satellites sous contrôle, tout en maintenant l’accord de facto des deux puissances pour leur partition à long terme du monde en deux sphères : un tiers pour l’URSS et deux tiers pour les États-Unis. La priorité fut donnée par chacune des deux puissances à la garantie qu’elles n’utiliseraient pas la force militaire (et pas d’armes nucléaires en particulier) l’une contre l’autre. Ce système a été connu comme la garantie contre la « destruction mutuelle assurée ».


L’effondrement de l’URSS en deux étapes – le retrait d’Europe de l’Est en 1989 et la dissolution officielle de l’URSS en 1991 – aurait dû signifier en théorie la fin de tout rôle pour l’OTAN. Il est en effet bien connu que, lorsque le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev donna son aval à l’intégration de la RDA dans la RFA, il reçut la promesse que les États du Pacte de Varsovie ne seraient pas intégrés dans l’OTAN. Cette promesse a été violée. Au lieu de cela, l’OTAN a pris entièrement un nouveau rôle.


Après 1991, l’OTAN s’est octroyé un rôle de gendarme du monde pour ce qu’elle considère comme des solutions politiques appropriées aux problèmes du monde. Le premier effort majeur en ce sens a eu lieu lors du conflit entre le Kosovo et la Serbie, lorsque le gouvernement américain a jeté tout son poids en faveur de la création d’un État du Kosovo et d’un changement de régime en Serbie.

 

Cette première initiative a été suivie par d’autres : en Afghanistan en 2001 pour chasser les talibans, en Irak en 2003 pour changer le régime à Bagdad, en 2014 pour lutter contre l’État islamique (ÉI) en Irak et la Syrie, et en 2013-2014 pour soutenir les prétendues forces pro-occidentales en Ukraine.


En fait, le recours à l’OTAN s’est lui-même révélé source de difficultés pour les États-Unis. D’une part, il y avait toutes sortes de réticences des États membres de l’OTAN sur les actions entreprises. D’autre part, lorsque l’OTAN a été officiellement impliquée, comme au Kosovo, l’armée américaine s’est sentie entravée dans ses actions militaires par la lenteur de la prise de décision politique.


Alors, pourquoi a-t-on vu l’expansion de l’OTAN au lieu de sa dissolution ? Cela tient une fois de plus à la politique intra-européenne, et au désir des États-Unis de contrôler ses alliés présumés. C’est sous la présidence Bush que celui qui était alors secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, a parlé d’une « vieille » et « nouvelle » Europe.

 

Par « vieille Europe », il faisait en particulier référence à la réticence française et allemande à se mettre d’accord avec les choix stratégiques des États-Unis. Il voyait les pays d’Europe occidentale comme souhaitant distendre leurs liens d’avec les États-Unis. Sa perception était d’ailleurs correcte. En réponse, les États-Unis ont espéré couper les ailes des Européens de l’Ouest en introduisant les pays d’Europe orientale à l’OTAN, que les États-Unis considèrent comme des alliés plus fiables.


Le conflit sur l’Ukraine révèle tout le danger de l’OTAN. Les États-Unis ont cherché à créer de nouvelles structures militaires, évidemment dirigées contre la Russie, sous le couvert que celles-ci étaient destinées à contrer une hypothétique menace iranienne. Alors que le conflit ukrainien était en cours, le langage de la guerre froide a été relancé.

 

Les États-Unis utilisent l’OTAN pour presser les pays d’Europe occidentale à se mettre d’accord avec les actions anti-russes. Et aux États-Unis, le président Barack Obama est sous forte pression pour agir « avec force » contre la prétendue menace russe contre l’Ukraine. Ceci se combine avec la grande hostilité du Congrès américain à tout accord avec les Iraniens sur le développement du nucléaire.


Aux États-Unis et en Europe occidentale, les forces qui cherchent à éviter la folie militaire risquent d’être dépassées par ce qui ne peut être appelé autrement que le « parti de la guerre ». L’OTAN et ce qu’elle symbolise aujourd’hui représentent un grave danger, car elle donne corps à la prétention des pays occidentaux à intervenir partout, au nom d’interprétations occidentales de réalités géopolitiques. Cela ne peut conduire qu’à d’autres conflits,très dangereux. Renoncer à l’OTAN comme structure serait un premier pas  sur le chemin de la raison et la survie de la planète.


Immanuel Wallerstein, chercheur principal de recherche à l’Université de Yale, est l’auteur du Déclin de la puissance américaine: Les États-Unis dans un monde chaotique (NewPress).

Distribué par l’Agence mondiale
15 Novembre 2014

Version originale: http://www.agenceglobal.com/index.php?show=article&Tid=2791

 

Sur l'Auteur

Immanuel Wallerstein (né le 28 septembre1930) est un sociologue américain de renommée internationale, de l’Université de Yale.


Né à New York, il a fait ses études à l’université Columbia, à New York, où il obtient une licence en 1951, une maîtrise en 1954 et un doctorat en philosophie en 1959. Il est devenu professeur de sociologie à l’Université McGill à Montréal puis, à partir de 1976, professeur de sociologie à l’Université de Binghamton (SUNY), jusqu’à sa retraite en 1999 Il a en outre travaillé comme directeur du centre Fernand Braudel pour l’Étude de l’Économie, des Systèmes historiques et des Civilisations. Il a occupé plusieurs postes de professeur honoraire d’université dans plusieurs pays, reçu de nombreuses récompenses et occupé le poste de Directeur d’études associé à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris. Il a été président de l’Association internationale de sociologie entre 1994 et 1998.


Wallerstein a débuté sa carrière en tant qu’expert des affaires postcoloniales africaines. Jusqu’au début des années 1970, l’essentiel de ses travaux est dédié à ce sujet. Sa très précoce critique du capitalisme mondial et son soutien aux « mouvements anti-systémiques » ont fait de lui, au même titre que Noam Chomsky et Pierre Bourdieu, une référence du mouvement altermondialiste.


Sa contribution la plus importante, The Modern World-System, a paru en trois volumes, respectivement en 1974, 1980 et 1989.


Wallerstein s’inspire de trois principaux courants intellectuels :

  • Karl Marx, dont il reprend la prise en compte de l’importance première des facteurs économiques et de leur dominance sur les facteurs idéologiques dans la détermination des politiques mondiales.
  •  Fernand Braudel, l’historien français qui a décrit le développement des grands réseaux d’échanges économiques dans les grands empires de l’époque moderne, ainsi que leurs implications politiques. 
  • La Théorie de la dépendance avec ses concepts de « centre » et de « périphérie » 

http://www.internationalnews.fr/article-otan-un-danger-pour-la-paix-mondiale-par-immanuel-wallerstein-125078090.html

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 15:55

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Mise à jour 15:19

15 novembre 2014

Voltaire

Vol MH17 : le Boeing aurait été abattu par un avion de chasseV

Capture d'écran : Vesti.ru

 

Un courriel, signé « George Bilt », a été envoyé il y a quelques jours à l’attention de l’Union russe des ingénieurs qui avait publié un rapport préliminaire sur l’accident du vol MH17 [1]. L’auteur déclare être ingénieur du MIT et expert en aviation depuis plus de 20 ans.


Le mail contenait une photographie d’un jet tirant sur un Boeing.


Le paysage, les conditions météorologiques, les aéronefs sur la photographie sont pleinement compatibles avec les circonstances de la chute du vol MH17 Amsterdam/Kuala Lampur de la Malaysian airlines qui fit 298 morts.


Ivan Andrievsky, le premier vice-président de l’Union russe des Ingénieurs a déclaré :


« Voici une photo de l’espace prise à partir d’une orbite basse. Selon les coordonnées indiquées dans l’image, on peut supposer qu’elle a été prise par un satellite espion états-unien ou britannique. Nous avons effectué une analyse détaillée de l’image et il n’y a aucun signe de trucage ».


Le 21 juillet, le commandant en chef de la Direction des opérations de l’état-major des Forces armées russes, le général Andrey Kartopolov, avait déclaré que, selon les données de contrôle, un jet militaire ukrainien SU-25 avait été détecté sur place juste avant la chute du Boeing.


La première chaîne de télévision russe a publié la photographie transmise par « George Bilt » que nous reproduisons.

 


Un «expert» appelé George Bilt a été cité disant que le Boeing a été abattu dans le ciel par«une attaque classique d’avion de chasse par l’arrière”

Un «expert» appelé George Bilt a été cité disant que le Boeing a été abattu dans le ciel par«une attaque classique d’avion de chasse par l’arrière” Source de la photo: Wikistrike

 

D’après Oriental Review.


[1] « Analyse des causes de l’accident du vol MH17 », par Ivan A. Andrievskii, Оdnako (Russie), Réseau Voltaire, 28 octobre 2014.

Vol MH17 : le Boeing aurait été abattu par un avion de chasse 

 

Par La Voix de la Russie  15 novembre 2014

La première chaîne de télévision russe a annoncé avoir obtenu une photo qui a été faite probablement par un satellite-espion étranger pendant les dernières secondes du vol du Boeing malaysien au-dessus de l'Ukraine.

 

Une séquence télévisée traitant de ce thème a été l'occasion pour le vice-président de l'Union russe des ingénieurs Ivan Andrievski de montrer cette photo qui avait été fournie à l'Union "par un certain George Bilt qui s'était présenté en tant qu'expert d'aviation ayant acquis vingt ans d'expérience", rapporte Tass.


Le Boeing a été abattu par un avion de chasse à réaction qui le poursuivait. D'abord l'équipage du Boeing était la cible de tirs de canon et ensuite le cockpit a été touché par un missile air-air. Un missile autoguidé à ogive thermique a atteint finalement le moteur droit et l'aile droite du Boeing, a écrit M.Bilt. Une photo présentant le tir de missile depuis l'aile gauche du chasseur contre le cockpit du Boeing a été jointe à la lettre électronique.


"Nous voyons une photo faite depuis une orbite spatiale assez basse. Normalement on prend des photos du genre à des fins de reconnaissance de l'espace aérien ou terrestre, a spécifié le scientifique. Conformément aux coordonnées indiquées sur la photo, nous pouvons supposer que la photo en question ait été prise par un satellite américain ou britannique. Une analyse minutieuse de la photo n'a découvert aucun signe de contrefaçon."


Le Boeing-777 de Malaysia Airlines reliant Amsterdam à Kuala Lumpur s'est crashé le 17 juillet dernier dans la région de Donetsk. Les 298 occupants de l'avion ont trouvé la mort dans l'accident. Des citoyens néerlandais constituaient la quasi-totalité de passagers


Plus d'information et de photos: Is this the moment MH17 was shot down as it ... - Daily Mail


Vol MH17 : l’enquête est freinée non sans participation des USA (Moscou)


Vol MH17 : l’enquête est freinée non sans participation des USA (Moscou)

Par La Voix de la Russie  15 novembre 2014   


La Russie est intéressée par une enquête complète sur le crash du Boeing 777, parce qu'elle n'a rien à cacher, a déclaré le ministre adjoint des Affaires étrangères russe, Sergueï Riabkov.

 

Selon M. Riabkov, Moscou a des motifs sérieux de croire que l'enquête est freinée artificiellement et non sans participation des États-Unis. Il a également noté que toute une série de questions restaient encore sans réponse.


Le vice-ministre a également indiqué que la responsabilité de la stagnation dans les relations entre Moscou et Washington incombait entièrement aux États-Unis.


Plus tôt, Barak Obama a déclaré que les Etats-Unis dirigaient la lutte contre l'agression russe, en évoquant en particulier le Boeing malaisien abattu.


Source


http://www.internationalnews.fr/article-vol-mh17-le-boeing-aurait-ete-abattu-par-un-avion-de-chasse-125012103.html

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 15:35

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"L’armée allemande actuelle s’inscrit dans la tradition de l’état-major et de la Wehrmacht durant la Seconde Guerre mondiale"

WSWS 11 novembre 2014
Par Johannes Stern

Soixante-quinze ans après le début de la Seconde Guerre mondiale qui est allée vers une guerre d’annihilation contre l’Union soviétique, l’état-major allemand est une fois de plus en train de préparer une guerre avec la Russie. C’est ce qui ressort clairement d’un article publié vendredi dernier dans le quotidien Die Welt et dans lequel le général allemand de l’OTAN Hans Lothar Domröse exprime ses opinions.


Les remarques faites par ce général quatre étoiles, commandant suprême du Commandement des forces alliées interarmées de l’OTAN à Brunssum (Pays-Bas), l’une des trois composantes de l’OTAN en Europe au sein de la direction opérationnelle, reviennent à une menace de guerre ouverte contre la Russie.


Dans cet article, Domröse dit que l’alliance occidentale prépare pour la première fois des manœuvres à grande échelle dans des régions frontalières de la Russie. « Jusque-là, nous n’avons mené des manœuvres de grande envergure comportant 25.000 à 40.000 hommes que dans des pays occidentaux de l’OTAN », a-t-il dit. Il a ensuite ajouté, « Je suis tout à fait certain qu’à l’avenir nous le ferons en Europe de l’Est et dans la région de la Baltique. »


Près de 25 ans après la dissolution de l’Union soviétique, l’OTAN envisage de masser des dizaines de milliers de soldats près des frontières de la Russie.


En février dernier, Washington et Berlin ont orchestré un coup d’Etat dirigé par des fascistes à Kiev afin de mettre en place un régime pro-occidental et viscéralement antirusse. A présent, les puissances de l’OTAN poursuivent l’encerclement militaire de la Russie, une politique qui comporte un réel danger de conflit militaire avec une puissance disposant de l’arme nucléaire. Même ceux qui, parmi la presse bourgeoise, ont fait des mois durant de la propagande anti-russe, ont décrit ce plan comme une « décision provocatrice contre Moscou » (Spiegel Online).


« Nous mettrons en place une force de réaction rapide de l’OTAN comptant entre 5.000 et 7.000 soldats et qui pourra être déployée dans une région dans les deux à cinq jours », a dit le général Domröse. « Conformément à nos plans, la force de réaction rapide participera aux exercices de grande ampleur ‘Trident Juncture’ qui se dérouleront en septembre 2015 en Italie, en Espagne et au Portugal. Si tout se passe comme prévu, la force d’intervention rapide pourrait être prête à être déployée fin 2015. »


Seuls les pays de l’OTAN disposant de suffisamment d’équipements militaires de haute technologie et de soldats bien entraînés peuvent participer à cette force fer de lance, aux dires de Domröse. L’Allemagne assumera un rôle de premier plan.


« Nous projetons, » a-t-il dit, « que chacune des six à dix nations forme le fer de lance pendant un an pour être ensuite remplacée. D’après les plans actuels, chaque cycle aura une nation cadre qui inclura certainement l’Allemagne à un moment donné. Mais cette force hautement mobile doit avoir accès à une force aérienne de grande envergure et pouvoir atteindre rapidement les zones opérationnelles. » Le plus grand défi des Etats de l’OTAN est la fourniture des moyens de transport nécessaires, a fait remarqué le général.


Domröse et la direction de l’OTAN sont en train de planifier une nouvelle forme de guerre éclair (Blitzkrieg). La conférence de l’OTAN qui avait eu lieu au Pays de Galles au début de l’année avait approuvé un projet visant à accroître la volonté de déployer des forces militaires.


« L’OTAN a reconnu que nous devions être plus rapides et plus flexibles, mais aussi mieux équipés» a dit Domröse. La précédente force de réaction rapide était trop lente.


« Il nous faut bien trop de temps pour atteindre une zone de déploiement au sein des frontières de l’OTAN» a précisé le général. « Il s’agit de rassembler rapidement à un moment donné une force bien entraînée issue de plusieurs pays et prête à être déployée. »


Le général a parlé sans ménagement. Les plans de guerre nécessitaient une augmentation des budgets militaires et coûteraient beaucoup d’argent.


« La force doit être bien armée et bien entraînée », a-t-il dit. « Elle doit en permanence être prête au déploiement, même les week-ends. Cela ne sera pas donné. Un plus grand effort d’investissement dans la préparation de la défense de l’OTAN est requis. »


Il a ajouté que l’OTAN avait un besoin urgent de modernisation.


« L’OTAN doit être prête pour une guerre potentielle au 21ème siècle. Ceci inclut la défense contre des attaques conventionnelles mais aussi la capacité de repousser des cyber-attaques et la capacité de contrôler des déstabilisations locales par des forces ennemies subversives difficilement identifiables. »


Domröse mentionna la réaction de la Russie au coup d’Etat provoqué par l’Occident en Ukraine comme justification pour de nouveaux préparatifs de guerre. « L’annexion de la Crimée et la rupture d’avec toutes les normes internationales nous a tous surpris» a-t-il dit. « Nous ne nous y attendions pas. Nous avons vu comment le président Poutine a rendu l’armée russe encore plus combative et les troupes russes sont incroyablement rapides. »


Ces déclarations faites par l’un des généraux allemands les plus gradés soulignent le fait que l’armée allemande actuelle s’inscrit dans la tradition de l’état-major et de la Wehrmacht durant la Seconde Guerre mondiale. Sous le nom de code « Opération Barbarossa », le Troisième Reich avait attaqué l’Union soviétique le 22 juin 1941, lançant une terrifiante guerre de destruction qui a coûté la vie à 27 millions de citoyens soviétiques.

 

Après la défaite de l’Allemagne nazie, l’impérialisme allemand a été contraint pendant plusieurs décennies d’adopter une attitude plus pacifiste. A présent politiciens, journalistes, universitaires et hauts responsables militaires allemands lancent des diatribes bellicistes contre la Russie.


Les antécédents familiaux de Domröse rendent ses déclarations encore plus sinistres. Son père, Lothar Domröse, avait combattu dans la Seconde Guerre mondiale en tant que commandant d’une unité de la Wehrmacht sur le front Est. Dans le cadre du réarmement de l’armée allemande, il lui fut permis de réintégrer l’armée allemande en 1956 et de faire une belle carrière dans l’armée.


En 1973, il fut promu major général et commandant du Groupe d’Armée Nord. En 1975, il prit les fonctions de chef des commandants divisionnaires des forces armées. Son fils s’est à présent donné pour tâche d’accomplir ce que son père n’avait pu faire au cours de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre froide – l’assujettissement militaire de la Russie.


Le gouvernement allemand est conscient de la signification historique des déclarations de Domröse. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin Schäfer, a tenté de désamorcer la situation en affirmant que des exercices de cette envergure en Europe de l’Est n’étaient pas planifiés pour un avenir proche. Il a dit, « Nous prenons très au sérieux le maintien de relations bonnes et constructives avec la Russie. »


Quelle hypocrisie! Le fait est que les déclarations de Domröse correspondent à la nouvelle politique étrangère agressive du gouvernement allemand et qu’elles ont été discutées au plus haut niveau.


Domröse a des liens étroits avec le président allemand Joachim Gauck qui a joué un rôle de premier plan dans la relance du militarisme allemand. Lors de la dernière fête officielle du Nouvel An, le général était apparu de façon démonstrative devant les médias aux côtés de Gauck et de sa compagne, Daniela Schadt, à la résidence officielle du président à Berlin.


Quelques semaines plus tard à peine, lors de la Conférence sur la sécurité à Munich, Gauck, le ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, et la ministre de la Défense, Ursula von der Leyen, avaient annoncé la fin de la ‘retenue militaire’ allemande. Depuis lors, les événements ont évolué rapidement. Le coup d’Etat en Ukraine fut suivi de la participation allemande à l’intervention militaire au Moyen-Orient et maintenant on procède de plus en plus ouvertement à des préparatifs de guerre contre la Russie.


Si les élites allemandes parviennent à leurs fins, le militarisme, la dictature et la guerre deviendront la norme, tout comme lors de la période de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Dans une récente interview accordée au magazine Die Zeit sous le titre « Rester à l’écart n’est pas une option, » le ministre des Affaires étrangères Steinmeier a fait cette mise en garde : « Nous devons planifier le fait que des crises vont devenir chose courante dans les prochaines années. »


Lorsque Die Zeit l’interpella en disant que « contrairement à l’élite politique, les citoyens allemands n’étaient pas intéressés à entendre parler de davantage d’engagements internationaux, et encore moins d’interventions militaires", le ministre des Affaires étrangères a déclaré de manière provocatrice : « Et quand bien même, l’abstention n’est pas une option. La conviction que nous pouvons vivre sur une île tranquille en Europe et que nous serons laissés en paix par le monde ne fonctionnera pas. »


(Article original paru le 10 novembre 2014)

Source de la photo


http://www.internationalnews.fr/article-otan-un-general-allemand-annonce-des-plans-de-manoeuvres-militaires-visant-la-russie-125013870.html

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 16:00

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La Voix de la Russie 5 novembre 2014

Par Sergei Duz

 
 
L’OTAN intensifie ses activités aux frontières occidentales de la Russie. Moscou n’en sera pas plus conciliante mais cela rendra moins efficace la lutte contre les menaces réelles. 

Les manœuvres internationales d’envergure « Iron Sword 2014 » se déroulent depuis le début de la semaine en Lituanie. Y participent plus de 2,500 militaires de neuf pays de l’OTAN : République tchèque, Estonie, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Lituanie, Luxembourg, Hongrie et Allemagne. Les militaires s’entraînent à opposer conjointement une riposte à la « menace » hypothétique depuis l’Est.


L’alliance s’est engagée en vertu de l’Acte fondateur Russie-OTAN de 1997 à ne pas déployer en permanence les forces substantielles de combat sur le territoire des pays membres est-européens. Actuellement l’OTAN ne tient plus sa promesse. Des armements lourds sont redéployés des Etats-Unis en Europe de l’Est, l’aviation et la marine de guerre des alliés intensifient leurs activités.


Le cliquetis d’armes est une sorte de message adressé par Washington à Moscou pour le contraindre à céder ses positions géopolitiques. La Russie appliquera sans aucun doute les mesures qui s’imposent pour assurer une protection fiable de ses intérêts nationaux. Or, la Russie décline la confrontation, a déclaré récemment le président Vladimir Poutine.


« Le monde n’est devenu ni plus stable ni plus sûr au 21ème siècle. Les menaces n’ont pas disparu. Un foyer de tension sérieux subsiste aux frontières de la Russie dans le Sud-Est de l’Ukraine. Les tentatives de rompre la parité stratégique continuent.


La Russie n’entend pas se laisser entraîner dans la confrontation. Nous sommes ouverts au dialogue égalitaire fondé sur le respect concernant tous les problèmes de l’agenda global et régional ».


Selon le représentant permanent russe à l’OTAN Alexandre Grouchko, les événements en Ukraine servent à l’Occident de prétexte pour durcir la pression sur la Russie. Ayant eu besoin d’un prétexte convaincant pour reprendre la défense territoriale de l’époque de la guerre froide, l’Occident l’a trouvé.


Cependant, le monde a changé. En arrêtant sa coopération avec la Russie, l’Occident affaiblit le potentiel des efforts internationaux dans la lutte contre le terrorisme, la piraterie, la prolifération des ADM, le narcotrafic, l’instabilité régionale. Quelque puissante qu’elle soit aux yeux de ses apologètes, l’OTAN ne saurait à elle seule faire face à ces défis.

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 14:21

Internationalnews

Voltaire

 

Jens Stoltenberg a débuté son mandat de secrétaire général de l’Otan par une série de voyages visant à consolider les actions actuelles de l’Alliance. Actif à la fois en Ukraine et au Proche-Orient, il entend instaurer la suprématie de son organisation.

 

Il est allé en Pologne rencontrer le président Bronisław Komorowski, il a reçu à Bruxelles le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkine, il est ensuite allé en Turquie pour des entretiens avec le président Recep Tayyip Erdoğan : le nouveau secrétaire général de l’Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, ne pouvait pas mieux commencer.

 

Ancien leader du Parti travailliste et chef de gouvernement, soutenu par la coalition « rouge-vert », il a emporté la prestigieuse charge —lit-on dans la biographie officielle— parce que, quand il était Premier ministre en 2005-2013, il a fait de la Norvège un des pays de l’Otan ayant la plus grosse dépense militaire par habitant.

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Un secrétaire dynamique pour une Alliance toujours plus dynamique dans le domaine militaire. En Pologne, où s’est déroulée la manœuvre Otan Anaconda 2014 avec la participation de forces états-uniennes, Stoltenberg a assuré que « l’Otan est ici pour vous protéger », rappelant que, depuis le début de la crise en Ukraine, les Alliés maintiennent en Europe orientale « une présence et une activité militaire aérienne, terrestre et maritime continue ». L’objectif est d’ « envoyer un signal fort à la Russie », définie par le secrétaire lituanien à la défense Raimonds Vējonis comme « un agresseur qui représente une menace potentielle pour tous les pays européens ».


À la conférence de presse à Varsovie, le président Komorowski a demandé au secrétaire général de l’Otan d’accélérer la construction du « bouclier de missiles » en Europe, en rappelant que la Pologne s’est engagée à le renforcer par son propre « bouclier », lui aussi réalisé avec des technologies états-uniennes, pour un coût prévu de 33,6 milliards d’euros.

 

Il a pour cela reçu les félicitations de Stoltenberg. Au même moment s’est déroulé en Pologne le Symposium sur la politique nucléaire de l’Otan, avec la participation de tous les États membres de l’Alliance, y compris ceux comme l’Italie qui ont adhéré au Traité de non-prolifération formellement comme non-nucléaires.

 

Dans la déclaration du récent Sommet au Pays de Galles, l’Otan spécifie : « La défense de missiles intègre le rôle des armes nucléaires, elle ne les remplace pas » et « tant que les armes nucléaires existeront, l’Otan restera une alliance nucléaire », parce que les forces nucléaires stratégiques des États-Unis (que l’administration Obama est en train de potentialiser), intégrées par les forces britanniques et françaises, constituent « la garantie suprême de la sécurité des Alliés ».

 

Comme garantie ultérieure, le Prix Nobel de la paix Lech Walesa propose : « La Pologne doit prendre des armes nucléaires en prêt ou en leasing pour montrer à Poutine que si un seul soldat russe met le pied sur notre terre, nous attaquerons ».


À la manœuvre Anaconda 2014 en Pologne a aussi participé le Landcom, le commandement des forces terrestres des 28 États de l’Alliance, activé à Smyrne en Turquie. Où l’Otan a plus de vingt bases aériennes, navales et d’espionnage électronique, renforcées en 2013 par des batteries de missiles Patriot en mesure d’abattre des vélivoles dans l’espace aérien syrien ; où elle a constitué des centres de formation militaire pour des combattants à infiltrer en Syrie, en favorisant le développement des forces de l’Émirat islamique. Où Stoltenberg est allé pour exprimer à Ankara « la solidarité de l’Alliance » face à la « grave menace de l’ÉI ».


Stoltenberg s’est ensuite félicité du récent vote du parlement qui « autorise un rôle encore plus actif de la Turquie dans la crise », et a déclaré que « l’Otan est prête à appuyer tous les Alliés dans la défense de leur propre sécurité » : donnant ainsi le feu vert au plan, officiellement proposé par le président turc, qui prévoit la création d’une « zone tampon » en territoire syrien, renforcée par une « no-fly zone » (de fait déjà existante aujourd’hui). Le « plan Erdoğan », même si la Turquie a ses propres objectifs nationaux (comme celui d’empêcher la création d’un État kurde), entre dans la stratégie USA/Otan.


La déclaration du Sommet prétend même que « le régime d’Assad a contribué à l’émergence de l’EI en Syrie (sic) et à son expansion au-delà de ce pays ». En d’autres termes, il dit que le président Assad, en proie à une manie suicidaire, aurait favorisé la formation du mouvement islamiste qui veut le renverser.

Manlio Dinucci  16 octobre 2014

Traduction Marie-Ange Patrizio

Source Il Manifesto (Italie)

 

http://www.internationalnews.fr/article-otan-la-grande-offensive-par-manlio-dinucci-124949196.html

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 13:16

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WSWS 15 octobre 2014

Par Bill Van Auken et David North 

Alors que les politiciens et les médias américains débattent de plus en plus âprement sur la stratégie guidant la dernière guerre des Etats-Unis au Moyen-Orient, l’armée américaine a dévoilé un nouveau document intitulé Army Operating Concept (AOC) qui fournit une « vision d’un futur conflit armé » aux implications extrêmement inquiétantes.

C’est le dernier en date de toute une série de documents dans lesquels le Pentagone développe la stratégie sous-tendant la guerre préventive, annoncée en 1992 – à savoir le recours à la guerre comme moyen de destruction d’éventuels concurrents géopolitiques et économiques avant qu’ils ne deviennent suffisamment puissants pour obstruer une domination de la planète par les Etats-Unis.

Le document a été officiellement rendu public cette semaine lors de la conférence de l’Association de l’Armée des Etats-Unis (AUSA), une manifestation annuelle qui rassemble les hauts gradés de l’armée et les responsables du ministère de la Défense pour une série de discours et de réunions-débat. Celle-ci se déroule parallèlement à un énorme salon commercial organisé par des fabricants d’armes dans le but d’exposer leurs systèmes d’armes dernier cri et de conclure de lucratifs contrats avec le Pentagone.

Une bonne partie de la conférence de cette année a été dominée par de funestes avertissements quant à l’impact de la mise sous séquestre des dépenses militaires pour les effectifs des forces armées. Le général Raymond Odierno, le chef d’état-major de l’armée, a dit aux journalistes lundi à la conférence de l’AUSA qu’il « commençait à s’inquiéter de la taille de l’armée au final » et qu’il regrettait d’avoir dit au Congrès en 2012 que l’armée pouvait s’en sortir avec 490.000 hommes en service actif. 

En plus de ces 490.000 soldats, il y a les 350.000 de la Garde nationale et 205.000 réservistes, pour un effectif total – que le Pentagone qualifie d’‘armée totale’ – dépassant de loin le million de soldats. La réponse à la question de savoir pourquoi des forces armées aussi gargantuesques paraissent insuffisantes au général Odierno se trouve dans le nouvel Army Operating Concept (AOC), un document irresponsable et dangereux qui présente une stratégie de la guerre totale sur toute la planète y compris les Etats-Unis.

Le document montre clairement que pour les hauts gradés de l’armée américaine, en ce qui concerne le débat actuel relatif aux « bottes sur le terrain » il ne fait aucun doute qu’il y aura des bottes et ce, en abondance.

L’AOC précise dès le début sa « vision » des guerres à mener par l’armée américaine à l’avenir. Dans un langage qui rappelle l’invocation par Rumsfeld des « inconnues inconnues, » le document affirme: « L’environnement dans lequel l’armée opérera est inconnu. L’ennemi est inconnu, le lieu est inconnu et les coalitions impliquées sont inconnues. »

La seule explication logique pour ce scénario paranoïde est que l’armée américaine estime que tout pays se situant au-delà de ses frontières est un ennemi potentiel. Partant du postulat comme quoi les environnements, les ennemis, les lieux et les coalitions impliqués dans les conflits à venir sont inconnus, l’armée américaine requiert une stratégie de guerre contre tous les Etats et tous les peuples. Cette stratégie découle de l’impératif tacite sous-jacent que l’impérialisme américain exerce son hégémonie sur l’ensemble de la planète, ses marchés et ses ressources et est prêt à anéantir tout concurrent qui se dresse sur son chemin.

Le document stipule sans détours que le « caractère du conflit armé » sera essentiellement influencé par « des modifications du paysage géopolitique dues à la lutte pour le pouvoir et les ressources. » Pour les hauts gradés de l’armée de telles guerres pour la domination impérialiste sont inévitables.

Selon le document, l’objectif stratégique de l’armée est d’atteindre la « suprématie », terme qu’il définit comme « l’application de capacités ou le recours à des tactiques de manière à rendre un adversaire incapable de réagir efficacement. »

Qu’impliquent ces mots? Dans le cas d’une confrontation avec une autre puissance nucléaire, ils entraînent la mise en œuvre d’une doctrine de la première frappe d’annihilation massive. Dans le cas de l’asservissement et de la domination d’autres régions du globe, ils réclament des opérations massives sur le terrain afin d’étouffer la résistance et d’imposer une occupation militaire.

Il est significatif qu’après plus d’une décennie de soi-disant « guerre contre le terrorisme, » durant laquelle la mission principale de l’appareil militaire et du renseignement américain fut de contrecarrer la menace prétendument omniprésente d’al Qaïda, « les organisations terroristes transnationales » occupent une place plutôt secondaire sur la liste des priorités de l’armée. 

En tout premier lieu viennent les « puissances concurrentes », une catégorie qui comprend la Chine, puis la Russie. Pour ce qui est de la Chine, le document exprime de graves préoccupations sur « les efforts de modernisation de l’armée » chinoise, qui dit-il, visent à parvenir à une stabilité le long de sa périphérie, » ce que l’armée américaine est déterminée à empêcher. Les efforts militaires de la Chine, précise-t-il, « mettent en évidence le besoin de forces armées déployées à l’avant ou actives au niveau régional, » et pour « les forces armées de projeter la puissance de la terre dans le domaine de l’air, de la mer, de l’espace et de l’espace cybernétique. »

Se fondant sur certains événements récents survenus en Ukraine, le document accuse la Russie d’être « déterminée à étendre son territoire et à imposer son pouvoir sur le continent eurasien, » le propre objectif stratégique de l’impérialisme américain précisément. Seul un puissant déploiement des forces américaines au sol, prétend-il, peut dissuader « l’aventurisme » russe et « projeter un pouvoir national en exerçant une influence sur les conflits politiques. »

De là, le document passe aux « puissances régionales, » en premier lieu l’Iran. Il accuse aussi l’Iran de « poursuivre une vaste modernisation militaire » affirmant que, « prise collectivement l’activité iranienne a le potentiel de saper les objectifs régionaux des Etats-Unis, » c’est-à-dire, l’hégémonie incontestée sur le Moyen-Orient et ses ressources énergétiques. Les activités de l’Iran, conclut le document, « soulignent le besoin des forces armées de rester efficaces contre les forces déployées par des Etats-nations ainsi que les organisations de guérilla en réseaux ou insurrectionnelles. »

Le document ne restreint pas la « vision » de futures opérations militaires à une guerre à l’étranger, mais inclut la nécessité de « réagir et d’atténuer des crises en métropole, » qu’il qualifie de « théâtre unique d’opérations interarmées et de l’armée. » La mission de l’armée aux Etats-Unis, affirme-t-il, comprend « l’aide à la défense des autorités civiles. »

Le document de l’AOC est une manifestation brutale du fait que l’armée est hors de tout contrôle. Il s’agit dans ces conceptions stratégiques de préparatifs avancés pour livrer une Troisième Guerre mondiale, allant de pair avec l’instauration aux Etats-Unis mêmes d’une dictature militaire à laquelle il ne manquerait que le nom.

Les plaintes formulées par le général Odierno sur les effectifs des troupes ne seront pas satisfaites par des ajustements mineurs du budget du Pentagone votés par le Congrès. Le genre de guerre envisagé par l’armée ne peut être mené sans une massive mobilisation militaire par le biais d’un service militaire obligatoire – le retour à l’appel sous les drapeaux.

Les fondateurs des Etats-Unis ont à maintes reprises exprimé une sévère méfiance face à une armée permanente. L’armée telle qu’elle existe aujourd’hui et son plan pour une guerre mondiale représentent une hideuse réalisation moderne de leurs pires craintes. L’application de cette doctrine de la guerre totale est entièrement incompatible avec les droits démocratiques et un gouvernement constitutionnel aux Etats-Unis. Elle nécessite la répression impitoyable de toute opposition politique et de toute lutte sociale organisée par la classe ouvrière américaine.

Il n’existe, au sein de l’establishment dirigeant américain et de ses deux partis politiques, aucune opposition sérieuse empêchant de mener à son ultime conclusion la militarisation de la vie à « l’intérieur du territoire » américain. Le contrôle civil de l’armée est devenu lettre morte, les politiciens courbant systématiquement l’échine devant les généraux en matière de politique, tant étrangère qu’intérieure.

(Article original paru le 14 octobre 2014)

Source de la photo: wikistrike

http://www.internationalnews.fr/article-le-pentagone-elabore-un-plan-pour-la-troisieme-guerre-mondiale-124813329.html

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