11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 14:33
Mondialisation.ca
Le 11 février 2010
WSWS

http://www.next-up.org/images/China_USA_a_war_without_limits_2009.jpg
Source: /www.next-up.org

par John Chan


L'annonce par les Etats-Unis d'une vente d'armes atteignant 6,4 milliards de dollars à Taïwan a provoqué une forte réaction adverse de la part de la Chine ainsi qu'une forte montée des tensions entre ces deux grandes puissances. La détermination, de part et d'autre, de prendre une position dure sans se soucier des conséquences fait naître le spectre d'une fracture ouverte dans les relations diplomatiques et politiques des deux pays.


La décision d'annoncer cette vente alors qu'on savait parfaitement que la Chine allait réagir avec force était, de la part des Etats-Unis une démarche calculée, destinée à contrecarrer l'influence économique et politique grandissante de Pékin dans le monde. Un article du New York Times de lundi déclare que l'administration Obama avait commencé un « refoulement ». En annonçant cette vente d'armes, les Etats-Unis avaient « porté un coup direct au cour de la question diplomatique la plus sensible existant entre les deux pays depuis que l'Amérique a adhéré à la politique d'une seule Chine en 1972. »  


Le New York Times explique que la vente était « doublement exaspérante pour Pékin étant donné qu'elle arrivait si peu de temps après l'annonce par le président Bush en 2008 d'une vente similaire à Taïwan et juste au moment ou Pékin et Taïwan se trouvaient au milieu d'une sorte de détente dans leurs propres relations ». L'annonce fut faite le jour même où la secrétaire d'Etat américaine aux Affaires étrangères, Hillary Clinton, avait critiqué Pékin publiquement pour ne pas avoir accepté de nouvelles mesures punitives à l'égard de l'Iran et de son programme nucléaire. Washington a enfoncé le couteau dans la plaie en insistant pour que la rencontre entre Obama et le Dalaï-Lama ait lieu malgré les objections chinoises. 


Le refus de la Chine de se laisser intimider et forcer à durcir sa position vis-à-vis de l'Iran est l'une seulement de nombreuses causes de frustration pour Washington. Durant sa visite à Pékin l'an dernier, Obama avait poussé ses homologues Chinois à réévaluer le yuan vis-à-vis du dollar et à accepter des limitations définitives pour les émissions de CO2. Le président américain a non seulement échoué dans la question de la réévaluation monétaire, on lui a aussi fait la leçon sur les besoins d'une gestion économique saine. Le premier ministre chinois lui a également infligé un camouflet au sommet sur le climat de Copenhague, n'envoyant à des négociations cruciales de dernière minute que des responsables de second plan.


Washington a décidé un « refoulement » sur des questions particulièrement sensibles. Steve Clemons, directeur de la politique extérieure à la New America Foundation, a dit au New York Times « la Chine se sent très en confiance ces jours-ci, mais là où les Chinois pètent les plombs régulièrement c'est la question de la souveraineté. Tout ce qui a donc trait à Taïwan ou au Tibet les fera réagir. »


Pékin considère Taïwan comme une province renégate et a menacé de l'envahir si Taïpeh venait à déclarer une indépendance dans les formes. Washington a soutenu la dictature du Kouo-min-tang, établie sur l'île après la révolution chinoise, mais il y eut en 1972 un rapprochement avec la Chine. L'accord entre les deux pays fut toujours gros de contradictions, les États-Unis reconnaissant le contrôle de Pékin sur l'ensemble de la Chine y compris Taïwan, mais continuant de s'opposer à toute réunification par la force et à vendre des armes à Taïwan malgré les objections de la Chine.  


La Chine est particulièrement sensible à la question de Taïwan parce que tout pas vers une indépendance de la part de celle-ci encouragerait des mouvements séparatistes dans d'autres régions, entre autres au Tibet et au sein de la population Ouïgour, dans la province de Xinjiang. Lorsque les Etats-Unis avaient fait allusion à la vente d'armes en question le mois dernier, Pékin avait manifesté son déplaisir en procédant à des essais de son système de missiles anti-balistiques et en détruisant un missile qu'elle avait envoyé dans l'espace.


A la suite de l'annonce de la semaine dernière, le régime chinois a pris la mesure, sans précédent, de menacer de sanctions les entreprises américaines impliquées dans la vente d'armes - une démarche qui aurait des conséquences importantes pour des sociétés comme Boeing, United Technologies, Lockheed Martin et Raytheon. Boeing s'inquiète de ce qu'il pourrait perdre du terrain vis-à-vis de son rival, Airbus, sur un marché estimé à 3770 avions et qui atteindra une valeur de 400 milliards de dollars en 2028. La Chine a aussi annoncé un gel immédiat des échanges militaires avec les Etats-Unis et a convoqué l'ambassadeur américain à Pékin afin de protester dans les formes. 


Il existait déjà une augmentation des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Pékin avait réagi avec colère à l'imposition de tarifs douaniers sur les produits sidérurgiques et les pneumatiques chinois, menaçant les Etats-Unis de représailles. Le président Obama poursuit cependant sur sa lancée, il a dit aux démocrates du Sénat la semaine dernière que son administration allait se montrer « beaucoup plus dure dans l'imposition des règles commerciales existantes, exerçant une pression constante sur la Chine et d'autres pays afin qu'ils ouvrent leurs marchés de façon réciproque. » Dans cette ambiance surchauffée, des sanctions chinoises à l'égard de Boeing pourraient déclencher une guerre commerciale ouverte. 


Cette escalade des tensions est l'expression de profonds changements géopolitiques. Les Etats-Unis font face, en tant que puissance en déclin mais encore dominante, à un défi économique et stratégique croissant de la part de la Chine et ce, dans chaque coin du globe alors que Pékin cherche à se garantir un accès aux ressources et aux marchés. Les Etats-Unis tentent, de façon agressive, de consolider leurs occupations néocoloniales en Afghanistan et en Iraq pour s'assurer une position hégémonique dans les régions riches en ressources énergétiques du Moyen-Orient et d'Asie centrale. La Chine essaie de consolider ses propres alliances afin de faire partir les Etats-Unis de ce qu'elle considère comme sa propre zone d'influence, l'Asie centrale, et de garantir des livraisons de pétrole et de gaz vitales pour elle.    


Après avoir pris ses fonctions l'an dernier au beau milieu de la crise financière mondiale, Obama a recherché l'assistance de la Chine. Faisant face à des déficits énormes, les responsables de l'administration Obama en ont appelé à Pékin pour qu'elle continue d'acheter les obligations américaines et ils ont inclus le gouvernement chinois dans les discussions sur la crise, à travers le groupe du G 20. Certains optimistes ont alors même spéculé sur la formation d'un G2 - Etats-Unis et Chine - qui résoudrait les problèmes économiques du monde dans un esprit de coopération.


L'approche de confrontation adoptée à présent par les Etats-Unis et la réponse déterminée de la Chine soulignent les contradictions économiques, politiques et sociales insolubles auxquelles fait face la classe capitaliste dans les deux pays. Face à un chômage à deux décimales et à la nécessité de faire des coupes immenses dans le budget, Obama joue la carte chinoise avec agressivité afin de donner un avantage à l'économie américaine aux dépens de l'économie chinoise et, sur le plan politique, pour détourner l'attention de sa propre responsabilité dans l'approfondissement de la crise économique en Amérique même.


Quant à la Chine, elle affronte, malgré un taux de croissance « de temps de prospérité », un chômage en augmentation et une agitation sociale croissante qui s'aggraveront encore si ses industries-clés d'exportation sont frappées par des mesures protectionnistes. Les immenses mesures de relance prises par le régime chinois ont conduit à une orgie de spéculation sur les actions et sur l'immobilier, faisant naître la peur d'un effondrement financier. Tout comme Obama, les dirigeants chinois jouent la carte du chauvinisme, déclarant qu'ils vont défendre les intérêts de la Chine, afin de cacher leur propre rôle dans la création d'une des sociétés les plus inégalitaires dans le monde.


Il existe un danger très réel que Taïwan, le Tibet ou tout autre problème ne devienne le point de cristallisation d'un effondrement rapide des relations entre les deux puissances et de l'éruption d'une guerre économique et pour finir d'un conflit militaire - comme ce fut le cas lors de la dernière grande crise du capitalisme mondial dans les années trente. 


Article original publié le 5 février 2010


L'auteur recommande également:

Intensification de la rivalité américano-chinoise, WSWS,13 janvier 2010.
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=16950


http://www.internationalnews.fr/article-la-montee-dangereuse-des-tensions-entre-la-chine-et-les-etats-unis-44798805.html

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 04:51
Global Research
February 9, 2010


http://www.nullepart.com/images/realisations/images/war_ensemble.jpg
Source: nullepart.com


by Finian Cunningham

The argument is won: capitalism as an effective system to organise society and provide for human needs has expired. The evidence is conclusive. Trillions of dollars to kickstart the economy in the US and Europe may have given an ephemeral lease of life to the financial class to spin the casino wheel once again, but it is more apparent by the day that the tentative “recovery” has spluttered to a standstill. Gridlocked by unprecedented levels of personal and national debts, the engine of production – the real economy – is in a state of rigor mortis.


This collapse has been a long time in the making. Decades of easy credit was up to now a way for the ruling class – government, corporations, financial institutions – to let the majority of workers subsidise the chronic loss in their livelihoods, which have been drained since the mid-1970s by the oligarchy’s self-aggrandisement from wage cutting, regressive taxation and public spending cuts. The political class – whether liberal or conservative, right or left – have facilitated this giant wealth-siphoning process.


However, the point is that the economic system is now objectively shown to be moribound. And it is impossible for so-called mainstream politicians to think of any other way of doing business. They are ideologically blind. Recall former British Prime Minister Margaret Thatcher’s arrogant assertion: “There is no alternative”. Likewise, US President Barack Obama insists on throwing billions more dollars at the banks and financiers on Wall Street. But that won’t kickstart an economy in which millions of workers are without jobs and homes or who are on crumby wages and up to their necks in debt. The profit system has hit an historic dead-end and this gridlock is a result of deep trends to do with the decline in capitalism as a mode of social production (falling wages and profits and the concomitant explosion in financial speculation and debts).


Widespread poverty and human misery is now seen on a massive scale in the so-called developed world. Some 40 million Americans, for example, are subsisting on food stamps. The distinction between “developed” and “developing” economies (always a myth anyway) is blurred. The ranks of the world’s long-suffering poor are swelled with dispossessed blue and white-collar workers and their families from across the US and Europe. Together more than ever, they stand shut out from those gated havens of obscene wealth for a global minority.


Similar historic junctures have been witnessed before when capitalism floundered from its inexorable tendency to make the rich richer and the poor poorer. Disturbingly, the release valve for the system and its bankruptcy has always been war. Death and destruction is the lender of last resort to an economic system that – despite itself – inevitably polarises wealth to an unworkable degree. The First and Second World Wars – claiming more than 70 million over a period of less than 10 years lives – were effectively the ultimate, grotesque bailouts.


In our time, war, it seems, has already begun. The US oligarchy and its NATO allies are waging a veritable war on the world: killing, disappearing and incarcerating millions of civilians in Iraq, Afghanistan and Pakistan – a war that is expanding into Yemen, Somalia and the rest of the Horn of Africa, with the militarisation of sea lanes and oceans (see Chossudovsky, www.Globalresearch.ca) and the setting up of “forward projecting” military and missile bases in every continent (see Rozoff, ditto). On top of ordinary poverty and misery, the world is truly seeing another historic descent into barbarism. Given this war-mongering dynamic, the growing US antagonism with Iran, Russia and China is far from an idle threat. It is the logical next step for a deeply illogical economic system.


But history is not inevitable. We are not necessarily programmed to repeat its horrors. A combination of global communications among citizens and political and social consciousness may be enough to prevent a military conflagration and overthrow the misrule of the oligarchy. What is needed is a) a widening of the recognition that capitalism as a system of social production is finished; and b) the case has to be confidently made that an alternative is very possible. That alternative is socialism (the subject of a further article). To those who remain skeptical, they should bear in mind the stark choice that Rosa Luxemberg foresaw for humanity: that is, socialism or barbarism. And we already have the latter.

finian.cunningham@gmail.com

http://www.mondialisation.ca

http://www.internationalnews.fr/article-descent-into-barbarism-the-us-and-nato-wage-war-on-the-world-44800246.html

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 16:19
guardian.co.uk
1 February 2010


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f7/Barack_Obama_makes_first_visit_to_the_Pentagon_1-28-09_3.jpg
Photo: wikimedia.org


Chris McGreal in Washington

The Pentagon is discarding its core strategy of being prepared to fight two large-scale wars simultaneously in favour of coping with smaller conflicts, launching pre-emptive assaults to contain terrorists and the spread of weapons of mass destruction, and combating attacks in cyberspace.


The defence secretary, Robert Gates, presented what he called a "wartime" Quadrennial Defence Review (QDR) of military thinking and requirements today, which said that while the US must continue to maintain a robust force capable of protecting the country from "capable nation-state aggressors", the focus of future American attention will be on the kinds of conflicts the US has been fighting in Afghanistan and Iraq while holding off "the transnational terrorist threats, including al-Qaida".


The review, required by Congress as an insight in to each administration's military thinking in years to come, puts a heavy emphasis on buying more attack drones, helicopters and "weapons that are usable, affordable, and truly needed" while dropping expensive advanced weapons systems that are of limited use in conflicts such as Afghanistan. It also proposes the largest increase in special operations forces since the Vietnam war and said "the department's force planning assumes an ability to undertake a broader and deeper range of prevent and deter missions".


But the strategy, parts of which have already been put in place, has met with resistance from arms manufacturers who fear the loss of multibillion-dollar weapons contracts and so could face difficulties with their allies in Congress.


Some critics also say the strategy is little more than a PR exercise aimed at justifying another increase in defence spending to a record $708bn (£443bn) in Barack Obama's budget announced today - although that is likely to rise to closer to $900bn with additional spending - as well as the cancellation or delay of major military equipment including navy cruisers, transport aircraft and a satellite system.


Gates described the document as "truly a wartime" defence review. "For the first time, it places the current conflicts at the top of our budgeting, policy, and programme priorities," he said.


"It breaks from the past, however, in its insistence that the US armed forces must be capable of conducting a wide range of operations, from homeland defence and defence support to civil authorities, to deterrence and preparedness missions, to the conflicts we are in and the wars we may someday face," he added.


The report said the US faces "a broad range of security challenges" from established military threats to "non-state groups developing more cunning and destructive means" to attack the US and its allies.


"The instability or collapse of a weapons of mass destruction-armed state is among our most troubling concerns," the report said.


The review calls for the establishment of a "joint task force elimination headquarters to plan, train and execute WMD-elimination operations".


The report also warns of a growing threat of cyber attacks on space-based surveillance and communications systems that could leave the US military blind.


"On any given day, there are as many as 7 million DoD (Department of Defence) computers and telecommunications tools in use in 88 countries using thousands of warfighting and support applications. The number of potential vulnerabilities, therefore, is staggering.


Moreover, the speed of cyber attacks and the anonymity of cyberspace greatly favour the offence. This advantage is growing as hacker tools become cheaper and easier to employ by adversaries whose skills are growing in sophistication," the review said. Although the report does not identify any particular threat, analysts say the Pentagon has one eye on China.


However, the Pentagon said that the conflicts in Afghanistan and Iraq would continue to have the most significant influence on strategy for years to come.
"These efforts will substantially determine the size and shape of major elements of US military forces for several years," it said. "In the mid-to-long term we expect there to be enduring operational requirements in Afghanistan and elsewhere to defeat al-Qaida and its allies"


But critics, such as Winslow Wheeler, who worked on national security issues on the staff of several senators and now leads a military reform project at the Centre for Defence Information, said that the review does not confront some of the military's most basic problems.


"It's a profoundly disappointing document in terms of addressing the serious and fundamental problems our defences face. We are currently at a post world war two high in terms of spending, adjusted for inflation, and our forces have never been smaller or older," he said. "None of these trends are being reversed. Manpower costs are growing much faster than the rest of the defence budget which sets up a competition between hardware and people. All these forces of decay and ever growing costs are continuing."


Wheeler also challenged Gates's claim to be implementing a new strategy, saying that President Bush's defence secretary, Donald Rumsfeld, backed away from the large-scale wars strategy.


"Last year, secretary Gates complained about next war-itis, focusing on high-end conventional systems when we're getting our asses whipped in low-end irregular warfare.


"There is of course more of that in this QDR. More for helicopters, more for drones, that kind of thing. But overall this is merely an endorsement of existing policy," he said.


http://www.guardian.co.uk


http://www.internationalnews.fr/article-pentagon-sets-budget-for-wars-of-the-future-44240028.html
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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 12:01
Directed by Rick Rowley (2003)



http://www.internationalnews.fr/article-the-fourth-world-war-1h-16--43988493.html
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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 03:56
More at http://therealnews.com/t/in...

Howard Zinn speaks at the Progressive's 100 Anniversary Conference
for more info visit http://www.progressive.org




http://www.internationalnews.fr/article-howard-zinn-s-three-holy-wars-conference--43810480.html
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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 11:43
MichelCollon.info
Mercredi, 06 Janvier 2010


Go to original: Pentagon's Role in Global Catastrophe: Add Climate Havoc to War Crimes


http://www.sarkozynicolas.com/wp-content/uploads/2008/12/robertgates-obama.jpg

Au terme de la Conférence de Copenhague sur le changement climatique – qui a rassemblé plus de 15 000 participants issus de 192 pays, dont une centaine de chefs d'Etat, ainsi que 100 000 manifestants – une question s'impose : Comment se peut-il que le plus gros pollueur de la planète, qu'il s'agisse de dioxyde de carbone ou d'autres émissions toxiques, n'ait fait l'objet d'aucune discussion ni d'aucune proposition de restriction ?

Le Pentagone est sans conteste l'institution la plus gourmande en produits pétroliers et, de manière général, en énergie. Toutefois, il bénéficie d'une exemption générale dans tous les accords internationaux.


Ni les guerres menées par le Pentagone en Irak et en Afghanistan, ni ses opérations secrètes au Pakistan, ni l'équipement du millier de bases qu'il possède dans le monde entier, ni ses 6000 installations aux Etats-Unis, ni les opérations de l'OTAN, ni ses porte-avions, ni sa flotte aérienne, ni ses entraînements, ses essais ou ses ventes d'armes n'entrent en compte pour les quotas d'émission de gaz à effet de serre attribués aux Etats-Unis, ni dans aucune autre mesure.

 
Le 17 février 2007, le site Energy Bulletin publiait le détail de la consommation en pétrole du Pentagone pour ses seuls avions, bateaux, véhicules terrestres et installation, des chiffres qui en faisaient le premier consommateur de pétrole du monde. A l'époque, la marine des Etats-Unis (U.S. Navy) disposait de 285 navires de combat et de transport ainsi que d'environ 4 000 avions opérationnels. Quand à l'armée de terre, elle ne possédait pas moins de 28 000 blindés, 140 000 véhicules tout-terrain, 4000 hélicoptères de combat, plusieurs centaines d'avions et 187 500 voitures. Hormis 80 sous-marins et porte-avions nucléaires, source de pollution radioactive, tous les véhicules fonctionnent à l'essence.

 
Selon le classement présenté dans l'édition 2006 du CIA World Factbook [1], 35 pays seulement (sur les 210 que compte le monde) affichent une consommation journalière de pétrole supérieure à celle du Pentagone.

 
Officiellement, l'armée américaine consomme chaque jour 320 000 barils de pétrole, un chiffre qui n'inclut pas la consommation des entreprises travaillant sur mandat ni des installations louées ou privatisées, sans parler des énormes quantités d'énergie et de ressources englouties dans la production et l'entretien de son arsenal meurtrier, comme les bombes, les grenades ou les missiles.
 
Selon Steve Kretzmann, directeur d'Oil Change International [2], "la guerre d'Irak a produit au moins 141 millions de tonnes équivalent dioxyde de carbone (MMTCO2e) entre mars 2003 et décembre 2007. (...) La guerre dégage plus d'émissions que 60 % des pays du monde. (...) Cette information n'est pas disponible comme telle car les émanations provoquées par l'armée en dehors des USA ne sont pas soumises à la législation américaine en matière d'obligations nationales de déclaration, ni à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques" (www.naomiklein.org, 10 décembre 2009). La plupart des scientifiques s'accordent à dire que le dioxyde de carbone est un gaz à effet de serre et qu'il participe au changement climatique.
 
Dans son nouveau livre intitulé "The Green Zone: The Environmental Costs of Militarism", Bryan Farrell  indique que "la pire agression commise sur l'environnement et sur la population mondiale est l'œuvre d'une seule entité : les forces armées des Etats-Unis."
 
Comment se fait-il que le Pentagone ne soit pas concerné par les accords sur le climat ? Lors des négociations sur l'accord de Kyoto, les Etats-Unis ont imposé une clause précisant que les opérations militaires qu'ils mèneraient dans le monde entier et celles auxquelles ils participeraient avec les Nations Unies ou l'OTAN seraient intégralement exemptées de toute obligation de mesure ou de réduction. Une fois cette énorme concession obtenue, l'administration Bush a refusé de signer l'accord.

Dans un article publié le 18 mai 1998 et intitulé "National security and military policy issues involved in the Kyoto treaty", la position du Pentagone a été décrite par Jeffrey Salmon, qui cite le rapport annuel 1997 rendu au Congrès par le secrétaire à la Défense de l'époque,  William Cohen : "Le Département de la Défense recommande vivement que les Etats-Unis insistent pour qu'une disposition de sécurité nationale soit inscrite dans le protocole sur le changement climatique actuellement en négociation" (www.marshall.org).
 
Selon Jeffrey Salmon, cette disposition a été formulée dans un projet demandant que l'ensemble du secteur militaire ne soit pas soumis aux limites fixées en matière d'émission de gazes à effet de serre. Le projet inclut non seulement les opérations multilatérales, telles que les activités approuvées par l'OTAN ou les Nations Unies, mais aussi les actions liées de près ou de loin à la sécurité nationale, à savoir toutes les formes d'actions militaires unilatérales, ainsi que les entraînements préalables."
 
Jeffrey Salmon cite également l'ancien sous-secrétaire d'Etat Stuart Eizenstat, qui menait la délégation américaine à Kyoto. Celui-ci a déclaré que "le Département de la Défense et les militaires en uniforme se trouvant à mes côtés à Kyoto obtenaient tout ce qu'ils demandaient. Il s'agit d'autodéfense, de maintien de la paix, d'aide humanitaire."

Bien que les Etats-Unis aient déjà reçu des garanties lors des négociations, le Congrès américain a adopté une disposition explicite assurant l'exemption totale pour les activités militaires américaines. Le 21 mai 1998, Inter Press Service annonçait : "Dernier coup porté aux efforts internationaux déployés pour freiner le réchauffement climatique, les législateurs américains ont établi aujourd'hui que les opérations militaires américaines ne seront pas soumise à l'accord de Kyoto, lequel contient des engagements contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La Chambre des Représentants a adopté un amendement à la loi sur le budget militaire de l'année prochaine interdisant la restriction des forces armées dans le cadre du Protocole de Kyoto".
 
Aujourd'hui à Copenhague, les accords et orientations concernant les gaz à effets de serre sont toujours d'actualité. Toutefois, il est extrêmement difficile de trouver ne serait-ce qu'une allusion à cette omission flagrante.
 
Johanna Peace, journaliste spécialisée dans les questions d'environnement, relève que les activités militaires ne seront pas non plus concernées par une décision du pouvoir exécutif signée par le président Barack Obama exigeant des agences fédérales qu'elles réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020. Pourtant, "la demande en énergie du gouvernement fédéral est à 80 % destinée à l'armée" (solveclimate.com, 1er septembre 2009).
 
L'exclusion de l'ensemble des opérations du Pentagone fausse les données relatives à la production de dioxyde de carbone par les Etats-Unis, qui semble nettement inférieure à ce qu'elle est en réalité. Il n'en demeure pas moins que, même sans compter les activités militaires, les Etats-Unis occupent la tête du classement mondial dans ce domaine.


AUTRES SUBSTANCES POLLUANTES
 
Hormis le dioxyde de carbone, les opérations militaires américaines répandent dans l'air, l'eau et le sol d'autres produits, hautement toxiques et radioactifs.
 
Les armes américaines à uranium appauvri ont libéré des dizaines de tonnes de microparticules radioactives et fortement toxiques au Moyen Orient, en Asie centrale et dans les Balkans.
 
Les Etats-Unis vendent des mines terrestres et des bombes à sous-munitions, deux types d'armes à l'origine des explosions tardives qui blessent et estropient notamment des paysans et des habitants de régions rurales en Afrique, en Asie et en Amérique latine. A titre d'exemple, au cours de l'invasion du Liban, en 2006, Israël a lancé plus d'un million de bombes à sous-munitions acquises auprès des USA.
 
La guerre du Vietnam a pollué avec l'herbicide surnommé "agent orange" de vastes espaces qui, encore aujourd'hui, présentent un taux de dioxine 300 à 400 fois supérieur au niveau maximum considéré "sans danger". Trois générations plus tard, les cas de malformations congénitales graves et de maladies cancéreuses dues à la pollution de l'environnement restent très nombreux.

La guerre d'Irak, en 1991, suivie de 13 années de sanctions visant à affamer le pays, puis de l'invasion et de l'occupation américaine depuis 2003 ont fait de cette région – qui est le grenier du Moyen Orient  depuis plus de 5 000 ans – un désastre écologique. Les terres arables et fertiles y ont été transformées en un désert où la plus faible brise soulève des nuages de poussière. Autrefois exportateur de denrées alimentaires, l'Irak importe désormais 80% de ses vivres. Selon le ministère de l'Agriculture irakien, une grave désertification affecte 90 % des terres.


GUERRE ECOLOGIQUE INTERNE


 
Le Département de la Défense a pris pour habitude de résister à l'Agence de Protection de l'Environnement lorsque celle-ci l'invite formellement à assainir les bases américaines contaminées (Washington Post, 30 juin 2008). Les bases militaires du Pentagone, responsables de l'infiltration de substances dans les nappes aquifères et les sols, occupent la première place de la liste "Superfund"[3] des sites les plus pollués.

 
Le Pentagone a également torpillé les efforts fournis par l'agence pour instaurer de nouvelles normes concernant deux produits toxiques, dont les sites militaires sont très largement imbibés : le perchlorate, qui entre dans la composition du propulseur utilisé pour les roquettes et les missiles, et le trichloréthylène, utilisé pour dégraisser les pièces métalliques. Ce dernier est le polluant de l'eau le plus répandu dans le pays, notamment en Californie, à New York, au Texas et en Floride.


Aux Etats-Unis, plus de 1 000 sites militaires ont été souillés par des produits chimiques. Les populations les plus pauvres, en particulier les communautés afro-américaines, sont les plus touchées. Dans le sud-ouest des Etats-Unis et dans les îles du Pacifique sud, les essais d'armes nucléaires ont répandu des substances radioactives dans des millions de sites et de points d'eau. Des montagnes de résidus d'uranium toxiques et radioactifs ont été abandonnées sur le territoire indigène du sud-ouest et plus de 1 000 mines de cet élément délaissées dans les réserves Navajo en Arizona et au Nouveau Mexique.

 
Dans le monde entier, que ce soit dans ses ancienne bases ou dans ses bases actuelles à Puerto Rico, aux Philippines, en Corée du Sud, au Vietnam, au Laos, au Cambodge, au Japon, au Nicaragua, au Panama ou en ex-Yougoslavie, le Pentagone commet le geste criminel d'abandonner des barils rouillés contenant des produits chimiques et des solvants, ainsi que des millions de cartouches de munitions

 
Pour faire disparaître une grande partie de la pollution, il faudrait supprimer le Pentagone ; le combat contre le changement climatique doit passer par un changement radical de système.


NdTr

[1]Publication annuelle officielle de la CIA détaillant chaque pays du monde, du point de vue géographique, démographique, politique, économique, des communications et militaire.

https://www.cia.gov/library/publications/download/download-2006/index.html

[2]http://priceofoil.org/about/

[3]Loi fédérale américaine sur le nettoyage des sites pollués par des déchets toxiques, en vertu de laquelle l'Agence de Protection de l'Environnement est autorisée à identifier les parties responsables de la pollution de sites et de les contraindre à les assainir http://en.wikipedia.org/wiki/Superfund

Traduit par Chloé Meier pour Investig'Action

Source: IAC


http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&catid=6&id=2463&option=com_content&Itemid=11

http://www.internationalnews.fr/article-le-role-du-pentagone-dans-la-catastrophe-mondiale-par-sara-flounders--42660323.html


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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 11:38
http://www.iamthewitness.com/audio/Denis.Halliday/Denis.Halliday.jpg

Global Research Public Lecture, Montreal, Dec 1, 2009

"As you may have guessed – this is not intended to be a ‘feel good’ review of the UN.  We are here to think, and consider something different, something better. Something representative, something respectful of international law: committed to equality of nations and people. An organization that really believes in a single standard of behaviour and treatment for all... and not double standards as of now."

 

For full transcript of Denis Halliday's presentation, click here.


Camera and editing by Pierre-Etienne Bordeleau

A Production of Global Research TV


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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 14:51
December 31, 2009
Stop NATO

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January 1 will usher in the last year of the first decade of a new millennium and ten consecutive years of the United States conducting war in the Greater Middle East.

Beginning with the October 7, 2001 missile and bomb attacks on Afghanistan, American combat operations abroad have not ceased for a year, a month, a week or a day in the 21st century.

The Afghan war, the U.S.'s first air and ground conflict in Asia since the disastrous wars in Vietnam and Cambodia in the 1960s and early 1970s and the North Atlantic Treaty Organization's first land war and Asian campaign, began during the end of the 2001 war in Macedonia launched from NATO-occupied Kosovo, one in which the role of U.S. military personnel is still to be properly exposed [1] and addressed and which led to the displacement of almost 10 percent of the nation's population.

In the first case Washington invaded a nation in the name of combating terrorism; in the second it abetted cross-border terrorism. Similarly, in 1991 the U.S. and its Western allies attacked Iraqi forces in Kuwait and launched devastating and deadly cruise missile attacks and bombing sorties inside Iraq in the name of preserving the national sovereignty and territorial integrity of Kuwait, and in 1999 waged a 78-day bombing assault against Yugoslavia to override and fatally undermine the principles of territorial integrity and national sovereignty in the name of the casus belli of the day, so-called humanitarian intervention.

Two years later humanitarian war, as abhorrent an oxymoron as the world has ever witnessed, gave way to the global war on terror(ism), with the U.S. and its NATO allies again reversing course but continuing to wage wars of aggression and "wars of opportunity" as they saw fit, contradictions and logic, precedents and international law notwithstanding.

Several never fully acknowledged counterinsurgency campaigns, some ongoing - Colombia - and some new - Yemen - later, the U.S. invaded Iraq in March of 2003 with a "coalition of the willing" comprised mainly of Eastern European NATO candidate nations (now almost all full members of the world's only military bloc as a result of their service).

The Pentagon has also deployed special forces and other troops to the Philippines and launched naval, helicopter and missile attacks inside Somalia as well as assisting the Ethiopian invasion of that nation in 2006. Washington also arms, trains and supports the armed forces of Djibouti in their border war with Eritrea. In fact Djibouti hosts the U.S.'s only permanent military installation in Africa to date [2], Camp Lemonier, a United States Naval Expeditionary Base and home to the Combined Joint Task Force - Horn of Africa (CJTF-HOA), placed under the new U.S. Africa Command (AFRICOM) when it was launched on October 1, 2008. The area of responsibility of the Combined Joint Task Force - Horn of Africa takes in the nations of Djibouti, Ethiopia, Eritrea, Kenya, Seychelles, Somalia, Sudan, Tanzania, Uganda and Yemen and as "areas of interest" the Comoros, Mauritius and Madagascar. 

That is, much of the western shores of the Arabian Sea and the Indian Ocean, among the most geostrategically important parts of the world. [3]

U.S. troops, aerial drones, warships, planes and helicopters are active throughout that vast tract of land and water.

With senator and once almost vice president Joseph Lieberman's threat on December 27 that "Yemen will be tomorrow's war" [4] and former Southern Command chief and NATO Supreme Allied Commander Europe Wesley Clark's two days later that "Maybe we need to put some boots on the ground there," [5] it is evident that America's new war for the new year has already been identified. In fact in mid-December U.S. warplanes participated in the bombing of a village in northern Yemen that cost the lives of 120 civilians as well as wounding 44 more [6] and a week later "A US fighter jet...carried out multiple airstrikes on the home of a senior official in Yemen's northern rugged province of Sa'ada...." [7]

The pretext for undertaking a war in Yemen in earnest is currently the serio-comic "attempted terrorist attack” by a young Nigerian national on a passenger airliner outside of Detroit on Christmas Day. The deadly U.S. bombing of the Yemeni village mentioned above occurred ten days earlier and moreover was in the north of the nation, although Washington claims al-Qaeda cells are operating in the other end of the country. [8]

Asia, Africa and the Middle East are not the only battlegrounds where the Pentagon is active. On October 30 of 2009 the U.S. signed an agreement with the government of Colombia to acquire the essentially unlimited and unrestricted use of seven new military bases in the South American nation, including sites within immediate striking distance of both Venezuela and Ecuador. [9] American intelligence, special forces and other personnel will be complicit in ongoing counterinsurgency operations against the Revolutionary Armed Forces of Colombia (FARC) in the nation's south as well as in rendering assistance to Washington's Colombian proxy for attacks inside Ecuador and Venezuela that will be portrayed as aimed at FARC forces in the two states.  

Targeting two linchpins of and ultimately the entire Bolivarian Alliance for the Peoples of Our America (ALBA), Washington is laying the groundwork for a potential military conflagration in South and Central America and the Caribbean. After the U.S.-supported coup in Honduras on June 28, that nation has announced it will be the first ALBA member state to ever withdraw from the Alliance and the Pentagon will retain, perhaps expand, its military presence at the Soto Cano Air Base there.

A few days ago "The Colombian government...announced it is building a new military base on its border with Venezuela and has activated six new airborne battalions" [10] and shortly afterward Dutch member of parliament Harry van Bommel "claimed that US spy planes are using an airbase on the Netherlands Antilles island of Curaçao" [11] off the Venezuelan coast.

In October a U.S. armed forces publication revealed that the Pentagon will spend $110 million to modernize and expand seven new military bases in Bulgaria and Romania, across the Black Sea from Russia, where it will station initial contingents of over 4,000 troops. [12]

In early December the U.S. signed a Status of Forces Agreement (SOFA) with Poland, which borders the Russian Kaliningrad territory, that "allows for the United States military to station American troops and military equipment on Polish territory." [13] The U.S. military forces will operate Patriot Advanced Capability-3 (PAC-3) and Standard Missile 3 (SM-3) batteries as part of the Pentagon's global interceptor missile system.

At approximately the same time President Obama pressured Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan to base missile shield components in his country. "We discussed the continuing role that we can play as NATO allies in strengthening Turkey's profile within NATO and coordinating more effectively on critical issues like missile defense," [14] in the American leader's words.

"Foreign Minister Ahmet Davutoglu has hinted his government does not view Tehran [Iran] as a potential missile threat for Turkey at this point. But analysts say if a joint NATO missile shield is developed, such a move could force Ankara to join the mechanism." [15]

2010 will see the first foreign troops deployed to Poland since the breakup of the Warsaw Pact in 1991 and the installation of the U.S's "stronger, swifter and smarter" (also Obama's words) interceptor missiles and radar facilities in Eastern Europe, the Middle East and the South Caucasus. [16]

U.S. troop strength in Afghanistan, site of the longest and most wide-scale war in the world, will top 100,000 early in 2010 and with another 50,000 plus troops from other NATO nations and assorted "vassals and tributaries" (Zbigniew Brzezinski) will represent the largest military deployment in any war zone in the world.

American and NATO drone missile and helicopter gunship attacks in Pakistan will also increase, as will U.S. counterinsurgency operations in the Philippines and Somalia along with those in Yemen where CIA and Army special forces are already involved.

U.S. military websites recently announced that there have been 3.3 million deployments to Afghanistan and Iraq since 2001 with 2 million U.S. service members sent to the two war zones. [17]

In this still young millennium American soldiers have also deployed in the hundreds of thousands to new bases and conflict and post-conflict zones in Albania, Bosnia, Bulgaria, Colombia, Djibouti, Georgia, Israel, Jordan, Kosovo, Kuwait, Kyrgyzstan, Macedonia, Mali, the Philippines, Romania, Uganda and Uzbekistan.

In 2010 they will be sent abroad in even larger numbers to man airbases and missile sites, supervise and participate in counterinsurgency operations throughout the world against disparate rebel groups, many of them secular, and wage combat operations in South Asia and elsewhere. They will be stationed on warships and submarines equipped with cruise and long-range nuclear missiles and with aircraft carrier strike groups prowling the world's seas and oceans.

They will construct and expand bases from Europe to Central and South Asia, Africa to South America, the Middle East to Oceania. With the exception of Guam and Vicenza in Italy, where the Pentagon is massively expanding existing installations, all the facilities in question are in nations and even regions of the world where the U.S. military has never before ensconced itself. Practically all the new encampments will be forward bases used for operations "down range," generally to the east and south of NATO-dominated Europe.  

U.S. military personnel will be assigned to the new Global Strike Command and for expanded patrols and war games in the Arctic Circle. They will serve under the Missile Defense Agency to consolidate a worldwide interceptor missile network that will facilitate a nuclear first strike capability and will extend that system into space, the final frontier in the drive to achieve military full spectrum dominance.

American troops will continue to fan out to most all parts of the world. Everywhere, that is, except to their own nation's borders.

Notes

1) Scott Taylor, Macedonia's Civil War: 'Made in the USA' 
  Antiwar.com, August 20, 2001 
  http://www.antiwar.com/orig/taylor1.html
2) AFRICOM Year Two: Seizing The Helm Of The Entire World
  Stop NATO, October 22, 2009
  http://rickrozoff.wordpress.com/2009/10/22/africom-year-two-taking-the-helm-of-the-entire-world
3) Cold War Origins Of The Somalia Crisis And Control Of The Indian Ocean
  Stop NATO, May 3, 2009
  http://rickrozoff.wordpress.com/2009/08/28/cold-war-origins-of-the-somalia-crisis-and-control-of-the-indian-ocean
4) Fox News, December 27, 2009
5) Fox News, December 29, 2009
6) Press TV, December 16, 2009
7) Press TV, December 27, 2009
8) Yemen: Pentagon’s War On The Arabian Peninsula
  Stop NATO, December 15, 2009
  http://rickrozoff.wordpress.com/2009/12/15/yemen-pentagons-war-on-the-arabian-peninsula
9) Rumors Of Coups And War: U.S., NATO Target Latin America
  Stop NATO, November 18, 2009
  http://rickrozoff.wordpress.com/2009/11/18/rumors-of-coups-and-war-u-s-nato-target-latin-america
10) BBC News, December 20, 2009
11) Radio Netherlands, December 22, 2009
12) Bulgaria, Romania: U.S., NATO Bases For War In The East
    Stop NATO, October 24, 2009
    http://rickrozoff.wordpress.com/2009/10/25/bulgaria-romania-u-s-nato-bases-for-war-in-the-east
13) Polish Radio, December 11, 2009
14) Hurriyet Daily News, December 30, 2009
15) Ibid
16) Black Sea, Caucasus: U.S. Moves Missile Shield South And East
    Stop NATO, September 19, 2009
    http://rickrozoff.wordpress.com/2009/09/19/283
    U.S. Expands Global Missile Shield Into Middle East, Balkans
    Stop NATO, September 11, 2009
    http://rickrozoff.wordpress.com/2009/09/11/u-s-expands-global-missile-shield-into-middle-east-balkans
17) World’s Sole Military Superpower’s 2 Million-Troop, $1 Trillion Wars
    Stop NATO, December 21, 2009
    http://rickrozoff.wordpress.com/2009/12/21/worlds-sole-military-superpowers-2-million-troop-1-trillion-wa



Stop NATO
http://groups.yahoo.com/group/stopnato



http://rickrozoff.wordpress.com/http://www.internationalnews.fr/article-2010-u-s-to-wage-war-throughout-the-world-42170508.html
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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 23:40

Mondialisation.ca
Le 9 decembre 2009
 

Cet article constitue la deuxième partie de l'article intitulé "Etats-unis : guerre cybernétique et militarisation de l'espace (partie 1/2), publié le 2 décembre 2009.


par Jean-Claude Bessez


OBSESSIONNELLES OMBRES CHINOISES AU FIRMAMENT


La protection des satellites est devenue la nouvelle course dans l’Espace (1). Cette protection passe par le maintien de la supériorité spatiale, un rôle critique joué par l’équipe de Missiles Balistiques Inter-Continentaux (ICBM) dont le taux de réactivité dépasse les 99 pour cent, gage du maintien de la paix mondiale et de la sécurité des Etats-Unis, précise l’AFSPC.


Ces ICBMs et les personnels qui les arment sont les « sentinelles silencieuses » qui assurent une veille permanente (24/7/365) depuis 1959.


Les premiers essais d’armes anti-satellites (ASAT) furent, en fait, effectués par les Etats-Unis d’Amérique dès 1959 jusqu’en 1985.


L’essai réussi d’interception (et de destruction) d’un satellite par les Chinois en janvier 2007, suivi en février 2008 par l’interception par les Américains d’un satellite défaillant et sa destruction par un missile ABM SM-3 modifié, relancèrent la course à la « militarisation de l’Espace ».


Pour être clairement formulées et couchées dans le rapport annuel du Pentagone sur les Forces Armées chinoises, les craintes de Washington n’en sont pas moins fondées certes sur des faits dûment constatés, mais aussi sur des extrapolations, des suppositions et rumeurs plus ou moins corroborées par des renseignements collectés et recoupés.


Les indices recueillis semblent tellement probants qu’ils autorisent l’échafaudage de scénarios aussi dignes de science fiction que vraisemblables…L’alarmisme du Pentagone n’est point pour déplaire au lobby militaro-industriel…Mercure se met au service de MARS.


Vers une Grande Muraille spatiale pour l’Empire Céleste?


Ainsi, on attribue aux Chinois d’avoir testé un laser basé au sol (Ground Based Laser ou GBL) contre leurs propres satellites et des satellites américains.


Ainsi, l’on n’exclurait point que les Chinois fassent usage de lasers pour aveugler temporairement ou bien vraiment détruire des éléments optiques embarqués à bord de satellites.


Ainsi, un puissant laser basé au sol serait déjà installé dans la chaîne de Tianschan dans la province du Xinjiang.


« Ce qui inquiète le Pentagone » (2), c’est le genre de matériels que l’on n’affiche pas lors de parades militaires (comme lors du 60è Anniversaire de la Révolution) (3), i.e. les moyens de mener des opérations de guerre cybernétique et des opérations de contre-espace.


Le lancement réussi par la Chine de son « tueur de satellite » KT-2 (ASAT) le 11 janvier 2007 fut condamné par les Etats-Unis, le Japon, la Grande-Bretagne, le Canada et l’Australie. Un porte-parole du Conseil de Sécurité de la Maison Blanche déclara : « Les États-Unis croient que la mise au point et l’essai de telles armes par la Chine est incompatible avec l’esprit de coopération auquel les deux pays aspirent dans l’arène de l’Espace civil.»


D’après Peter BROOKES (4), la réaction de Washington s’explique par l’absence de consultation préalable, la création de débris spatiaux susceptibles d’endommager les satellites ou même la navette spatiale, l’opposition rhétorique vigoureuse et constante de la Chine devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies à la « militarisation de l’Espace » et aux armes basées dans l’Espace.


Cet essai concluant montre que désormais la Chine est non seulement capable de (pour)suivre, mais aussi de détruire des satellites en basse orbite terrestre (low earth orbit ou LEO) (tels que les satellites météo, de communications, de surveillance et observation), affectant ainsi sérieusement les opérations militaires américaines.


Moscou peine à convaincre qu’aucun transfert de technologie ne serait effectué vers la Chine alors que la Russie coopère au programme spatial chinois.


Les États-Unis doivent prendre les ambitions spatiales chinoises très au sérieux, avertit Peter BROOKES. Le test ASAT chinois doit être pris comme un signal d’alarme. Beijing est bien parti pour contester (avec Moscou) la pré-éminence des États-Unis dans l’Espace.


En 2003, puis 2005 Beijing réussit à mettre des Taikonautes dans l’Espace. La Chine envisage de lancer d’ici 2015 quelque 100 satellites à vocation duale (5) et de mettre sur la lune un homme en 2010, et un engin explorateur en 2012. Dans son rapport annuel 2009 sur la puissance militaire chinoise, le Pentagone écrit :


Bon nombre de programme spatiaux de la Chine, y compris le programme de vol habité et la station spatiale prévue, sont gérés par l’Armée Populaire de Libération (APL) et s’effectueront donc au profit d’un usage militaire de l’espace rendu possible grâce à la maîtrise de capacités d’emport lourd.


La Chine sait parfaitement à quel point les forces armées américaines dépendent de leur infrastructure spatiale : privées de satellites espions et de communications, les armées américaines seraient sourdes, muettes et aveugles.


Jeu de Go : déséquilibrer l’adversaire en créant une asymétrie


Depuis la démonstration de force américaine dans l’Opération DESERT STORM, les stratèges chinois ont cherché des moyens de contourner et dépasser la puissance conventionnelle des Etats-Unis : l’inférieur oblige le supérieur à livrer une bataille spatiale asymétrique à ses conditions (6).


Une conclusion cruciale fut tirée par les analystes chinois des opérations militaires américaines dans le Golfe Persique, au Kosovo et en Afghanistan : la puissance militaire extraordinaire des États-Unis dépend excessivement (et donc dangereusement) d’un réseau complexe et vulnérable de systèmes commandement, contrôle, communications et informatique (C4) qui fournissent renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR), et que ces systèmes fonctionnent de manière synchrone et synergétique dans et à travers le medium spatial.


Ce qui fait sa puissance fait aussi sa vulnérabilité : le talon d’Achille des États-Unis, ce sont ses capacités basées dans l’Espace et les installations au sol qui y sont couplées. La Chine a compris que la meilleure chance de contrer la puissance militaire américaine consiste à attaquer les yeux, les oreilles et la voix dont l’invulnérabilité est toute relative.


Beijing dans le collimateur


Ashley TELLIS (7) explique que le concept chinois de « défense active » implique l’impérieuse « domination de l’information » (Info Dominance) qui interdit à l’adversaire l’utilisation de l’Espace et de données fournies par ses capacités spatiales pour configurer l’Espace de bataille terrestre à son propre avantage. La Chine se prépare donc à intégrer cette dimension spatiale de la guerre de l’information et de l’Espace dans sa stratégie militaire.


Les effets cumulatifs des investissements de la Chine dans l’Espace et le contre-espace auront un impact sur la sécurité nationale des États-Unis de nombreuses manières dans les années à venir, avertit Ashley TELLIS.


Premièrement, les programmes spatiaux et de contre-espace chinois ne peuvent que laisser augurer d’une vulnérabilité croissante des moyens militaires américains.

 

Deuxièmement, l’expansion de capacités chinoises altérera irrémédiablement l’équilibre du pouvoir dans la zone Asie-Pacifique, et sur le continent asiatique dans son ensemble.


Troisièmement, la croissance des capacités chinoises rendra plus coûteuse une victoire américaine lors d’une quelconque guerre à venir avec Beijing (8).


Quatrièmement, l’évolution constante des capacités chinoises entraîne une dilatation des dimensions de l’Espace de bataille – virtuellement et physiquement – lors d’un quelconque conflit sino-américain. La vulnérabilité des trois segments nécessitera que la force – tant matérielle que virtuelle- soit appliquée bien au-delà de la ligne de front et jusque dans la profondeur arrière du territoire adverse, éventuellement sur le territoire de pays tiers, en tout cas là où se planifient et se déroulent les opérations spatiales, la guerre électronique (Electronic Warfare ou EW) et les opérations de guerre info-centrée (NCW/NCO).


Cinquièmement et finalement, la montée en puissance des capacités d’Espace et de contre-espace chinoises pose des défis spécifiques à la domination traditionnelle dont les États-Unis profitent dans les cieux.


Cacher le poignard derrière un sourire (Stratégie N°10) (9)


Quelques jours avant que le Président OBAMA ne parte pour son périple en Asie (10), le Général XU CAIHOU, vice-président de la Commission Militaire Centrale du PCC, se rendit aux Etats-Unis où il tint un langage délibérément rassurant devant un parterre de hauts responsables américains invités par le Center for Strategic and International Studies (CSIS) de Washington :


C’est un fait que nous avons entrepris de mettre au point des missiles de croisière. Nous les avons montré lors du défilé du 1er octobre célébrant le 60è Anniversaire de la République Populaire de Chine. Ce que je veux vous dire, c’est que le but que nous poursuivons avec le développement de telles armes est à caractère purement défensif, et ne pose de menace à quel que pays ce soit.(11)


La Chine, poursuivit-il, se consacre totalement au développement pacifique. Elle ne cherchera jamais à devenir une puissance hégémonique ni ne se lancera dans l’expansionnisme militaire ou une course aux armements. La mission des militaires chinois est de protéger le développement économique du pays, et de défaire les séparatistes et extrémistes.


Le président OBAMA déclara se réjouir de la montée en puissance de l’économie chinoise dans le monde. Il n’en reste pas moins vrai que des mesures propres à instaurer la confiance Confidence-Building Measures ou CBM) restent à construire entre la grande puissance d’hier et de ce jour, et celle émergente, inexorablement montante de demain(12).


If you can’t beat them, join them !


A défaut de pouvoir former un G2, les États-Unis et la Chine se sont mis d’accord pour coopérer à l’exploration de l’Espace (13). Comme le répéta le Premier Ministre chinois WEN JIABAO au Président OBAMA le 18 novembre 2009 à Beijing :


La chine poursuit une politique étrangère indépendante de paix, et ne veut s’aligner sur aucun pays ni bloc de pays… Les questions mondiales devraient être traitées par tous les pays du monde, plutôt que par un ou deux… La coopération vaut mieux que l’endiguement, Le dialogue que l’affrontement, Et le partenariat que la rivalité. (14)


Avec ses alliés japonais et sud-coréens, Washington (qui se considère comme un « Pays du Pacifique ») compte sur l’entregent de Beijing pour freiner les ambitions nucléaires de Téhéran et ramener Pyong Yang à la table des négociations de désarmement nucléaire (15).


CLAMEUR DANS L’EST, ATTAQUE DANS L’OUEST (Stratégie N°6)


L’Administration OBAMA n’a pas abandonné le projet de l’Administration BUSH de positionner un bouclier anti-missiles en Europe de l’Est, « la nouvelle Europe » (pro-américaine) comme l’appela Donald RUMSFELD.


Le vice-Président Josef BIDEN n’exclut pas que des éléments de la défense anti-missiles américaine puissent être installés en Bulgarie et en Roumanie dans le cadre du redéploiement des 55.000 militaires américains stationnés en Allemagne.


La Joint Task Force East (JTFE) est accusée de « créer de nouvelles bases », minant par là même le partenariat et la confiance avec l’Ouest. Lors de son discours pour le moins direct à la Conférence sur la Sécurité à Munich le 10 février 2007, Vladimir POUTINE dénonça « la prétendue ligne de front flexible des bases américaines ». Le ministre des Affaires étrangères Sergei LAVROV défendit ultérieurement l’argument que « les bases américaines en Roumanie et en Bulgarie…ne font que compliquer le contrôle des armements en Europe », justifiant ainsi la suspension de la participation russe au Traité portant sur les Forces Conventionnelles en Europe (CFE) fin 2007.


Cette ambiance perdura en 2008 : lors d’une émission télévisée en février, POUTINE souligna derechef que la JTFE constituait un exemple où, en « roulant des mécaniques » en Europe Orientale, l’OTAN et les États-Unis avaient placé la Russie « dans une situation où nous devions réagir ». D’où la justification par le successeur de POUTINE, Dmitri MEDVEDEV, d’une hausse des dépenses militaires et des incursions par des bombardiers russes dans l’espace aérien de l’OTAN (en l’occurrence celui de la Norvège) (16).


Si, en outre, l’on tient compte de la mise en place d’un systèmes de radar d’alerte en République Tchèque et d’un système de défense ABM en Pologne, voire de l’établissement d’une base en Ukraine, et de la présence de militaires américains en Géorgie (17), l’on commence à voir la mise en place des éléments d’un puzzle qui, inévitablement, amène les Russes (privés de leur ancien glacis que constituaient les Républiques Populaires d’Europe Centrale et Orientale) à conclure à un encerclement qui n’est pas si dissemblable, mais qui est bien plus réel et bien plus proche de leur heartland, de l’endiguement qu’ils connurent pendant la « Guerre Froide ».


Agacé par les revirements américains et otaniens (18), Moscou hausse le ton et brandit ses foudres nucléaires au cas où le resserrement de l’étau pourrait être interprété comme une « agression contre la Russie et ses alliés » :


La nouvelle doctrine militaire russe (19), approuvée en 2000, devrait trouver sa formulation définitive fin 2009. Elle prévoit explicitement que :


Dans des situations critiques pour la sécurité nationale, une frappe nucléaire préventive contre un agresseur n’est pas exclue(20).


La Secrétaire d’État Hillary CLINTON, interviewée par la station de Radio Echo of Moscow, jugea utile de rappeler que les États-Unis s’interdisaient une première frappe nucléaire.


Soufflant le chaud et le froid, le Président russe Dmitri MEDVEDEV se dit prêt à harmoniser ses relations avec les États-Unis et l’OTAN (21).


PARER A L’INSECURITÉ


Les États-Unis, conseille Ashley TELLIS, doivent accroître leur capacité à se remettre d’attaques spatiales en investissant :


1. dans des satellites de réserve soit en orbite soit au sol,


2. dans des capacités de lancement rapides et réactives,


3. dans des stations de contrôle doublant celles existantes, et de préférence mobiles afin de ne pas interrompre le continuum de la gestion des opérations spatiales au cas où les centres de contrôle primaires seraient endommagés ou détruits.


Il recommande aux États-Unis de moins se concentrer sur l’acquisition de quelques plateformes coûteuses et très sophistiquées soutenues par un segment au sol complexe, mais étroit ; à son sens, il leur faut basculer vers des capacités distribuées, plus petites, et plus souples d’emploi tant dans le segment spatial que dans le segment au sol. L’utilisateur tactique doit pouvoir disposer de services satellitaires à la demande, opine Tony SKINNER dans un numéro récent de JANE’s DEFENSE WEEKLY (220). Les activités du bureau de l’Espace Réactif Opérationnellement (Operationally Responsive Space ou ORS) fut créé par le Congrès à l’occasion de la National Defense Authorization de 2007 : il a pour mission de répondre, au meilleur coût et dans les meilleurs délais, aux besoins et lacunes identifiés et considérés comme prioritaires par le Commandement Stratégique (STRATCOM).


Les États-Unis en sont venus à comprendre que l’Espace, cette « frontière ultime » ne sera plus le sanctuaire qu’il avait pu être. La capacité de Washington à réagir et à s’adapter à cette nouvelle situation sera déterminante non seulement pour sa capacité à dominer « les hauts », mais aussi pour sceller l’issue des combats dans « les bas ».


DU BOUCLIER AU GLAIVE


La Realpolitik conduit les États-Unis à envisager de parer à toute éventualité, et donc de protéger leurs « moyens vitaux » basés dans l’Espace (23).


Ces systèmes de défense nécessiteront une connaissance ultra-rapide de la situation de l’Espace mondial. Ils pourraient comprendre des capacités nécessaires pour :


- détecter quand ils seraient eux-mêmes menacés

- effectuer des manœuvres

- utiliser des leurres

- équiper les satellites plus gros d’un armement défensif

- disposer de satellites de défense armés au sein d’un groupe de satellites.


Techniquement, il est envisageable de donner à des satellites l’allure de débris, de leur assigner deux ou trois rôles distincts, ou d’avoir des doublons au sein d’un même groupe.


Des capacités de lancement de réaction rapide pourraient être préparées en vue d’effectuer des réparations d’urgence sur des satellites endommagés. A cette fin des drones pourraient être utilisés.


Les sites connus de lancement d’ASAT ainsi que les capteurs et systèmes de communications qui leur sont associés pourraient très bien faire l’objet d’attaques.


Mais il pourrait en découler une « destruction mutuelle assurée » (MAD) produisant l’effet inverse de celui recherché puisque la destruction des satellites d’un autre pays ne ferait que générer davantage de débris dans l’Espace.


En vue d’enrayer toute escalade, l’Union Européenne proposa comme point de départ en décembre 2008 un nouveau Code de Conduite pour les Activités dans l’Espace Sidéral.


QUI TIENT LES HAUTS TIENT LES BAS


Les États-Unis peuvent s’attendre à ce que d’autres pays leur disputent le monopole de l’Espace, avertit Duncan LENNOX qui conseille de parvenir à un accord international visant à assurer une utilisation de l’Espace profitable à l’humanité toute entière (24)…et conforme à la déclaration d’intention de la doctrine officiellement prônée par Washington.

Comme nous l’avons montré et en avons apporté la preuve au cours de l’Opération TEMPÊTE DU DÉSERT (DESERT STORM), et comme nous en avons apporté une nouvelle preuve au cours de la campagne aérienne au-dessus des Balkans, l’Espace fait partie intégrante de tout ce que nous faisons pour réaliser notre mission. Aujourd’hui, le dernier point haut, c’est l’Espace.

General Lester P. Lyles Commander, Air Force Materiel Command

Grâce à une association de systèmes spatiaux nationaux, interarmées et commerciaux, l’Armée de Terre (cf Annexe 2) et les Armées de Mer (Annexe 3) sont, à l’instar de l’Armée de l’Air, en mesure de mener des opérations info-centrées grâce à l’Espace (Space-Enabled Net-Centric Operations).

La conduite des opérations spatiales suppose la maîtrise du cyberespace.

C’est là que se situe le centre de gravité. (25)



Notes

(1) LENNOX Duncan, Protection of satellites is the new race in space, JANE’s DEFENCE WEEKLY, 28 October 2009
(2) BROOKES Peter, What worries the Pentagon, Heritage, October 07, 2009 http://www.heritage.org/Press/Commentary/100709a.cfm
(3) China’s 60th National Day Parade, October 1, 2009 (VIDEOs in English & Chinese)
http://www.defense-update.com/photos/china_parade.html 
(4) BROOKES Peter, China’s Space-Attack Test, January 22, 2007
http://www.heritage.org/Press/commentary/ed012207a.cfm 
(5) Tous les ans le Conseil National de Sécurité publie un rapport sur les activités d’espionnage économique et industriel qui sont le fait d’étrangers résidant aux Etats-Unis ou y faisant des études ou y travaillant.
Annual Report to Congress on Foreign Economic Collection and Industrial Espionage
http://www.ncix.gov/publications/reports/fecie_all/fecie_2008/2008_FECIE_Blue.pdf 
The National Counterintelligence Strategy of the United States, 2008
http://www.ncix.gov/publications/policy/2008  _Strategy.pdf
(6) TELLIS Ashley, Punching the U.S. Military’s ‘soft ribs’: China’s ASAT Weapon Test in Strategic Perspective, Policy Brief 51, June 2007, Carnegie Endowment for International Peace
(7) TELLIS Ashley, China’s Space Capabilities and their Impact on U.S. National Security – Testimony before the US-China Economic & Security Review Commission, May 20, 2008, Carnegie Endowment for International Peace
(8) Le lecteur remarquera que la guerre entre les deux grandes puissances n’est plus considérée comme une simple hypothèse d’école. On lira l’intéressant ouvrage de SUSBIELLE Jean-François, Chine –USA – La Guerre Programmée, First Editions, 2006
Lire l’étude annuelle faite par le Pentagone
Annual Report to Congress – Military Power of the People’s Republic of China 2009.
(9) Il s’agit de la dixième et sixième des trente six stratégies chinoises attribuées au Général TAN DAOJI mort en 436 http://histoire.ouvaton.org/spip.php?article70 
(10) US will not 'contain' China (1 Min 40)
http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/8360764.stm 
Expert discusses OBAMA's China visit
http://english.cctv.com/program/worldwidewatch/20091113/101565.shtml 
Video of the CSIS Press Briefing: President OBAMA's Asia Trip
http://csis.org/programs/special-initiatives/resource-pages/president-obamas-inaugural-asia-trip 
(11) China’s military built for defense only: Top Chinese Military General
http://english.cctv.com/program/chinatoday/20091028/101372.shtml 
(12) Dialogue 09/11/02 China and US seek mutual military trust
http://english.cctv.com/program/e_dialogue/20091103/103059.shtml 
http://english.cctv.com/program/e_dialogue/20091102/104569.shtml  (27Min 14)
http://english.cctv.com/program/e_dialogue/20091103/102900.shtml  (1 Min 50)
Les incidents au large d’Hainan de l’EP-3 ORION en 2001, et les attaques de bateaux de pêche chinois contre l’USNS IMPECCABLE en mars 2009, témoignent de la persistance de tensions entre les deux pays.
(13) US and China agree to explore space cooperation, 18 November 2009
http://www.news.cnet.com 
(14) WEN: China disagrees to so-called G2, calling for effort to fight protectionism
http://news.xinhuanet.com/english/2009-11/18/content_12485458.htm 
(15) OBAMA's Asian adventure (November 12, 2009)
http://english.aljazeera.net/focus/2009/11/2009111273213923210.html 
Pour mémoire, la Corée du Nord lança un missile TAE PONG le 3 février 2009.
(16) MOLDOVAN D., PANTEV P., & RHODES M., Joint Task Force East and Shared Military Basing in Romania and Bulgaria, GEORGE C. MARSHALL EUROPEAN CENTER FOR SECURITY STUDIES, Occasional Paper Series, N°21, August 2009
(17) UNITED STATES EUROPEAN COMMAND, Georgia Deployment Program ISAF”, 26 October 2009 http://www.eucom.mil/english/GeorgiaDeploymentProgram/default.asp 
(18) ROGOZIN Dmitri, On Our Terms, Russia and NATO at 60, in The World Today, Chatham House, April 2009
(19) Actuellement, nombreuses sont les puissances qui procèdent à une révision de leur doctrine de défense :
1) la France a publié son Livre Blanc en 2008
2) les Britanniques vont publier leur nouvelle Strategic Defense Review en 2010
3) les États-Unis ont élaboré leur AFPAK Strategy et préparent une nouvelle Quadriennal Defense Review pour 2010
4) l’OTAN s’est attelé à l’élaboration d’un nouveau Concept Stratégique
5) les Russes vont officialiser l’actualisation de leur doctrine militaire en 2010
6) la Chine se présente comme un « soft power » dont la musculature militaire ne cesse de s’affermir
7) le Japon du Premier Ministre Hukio HATOYAMA a initié une remise à plat de la relation de son pays avec les Etats-Unis et procède actuellement à une révision de sa doctrine de défense désormais plus orientée vers une coopération avec les autres pays d’Asie. Lire le dossier de TAKAHASHI Kosuke, Japan’s New Dawn, JANE’s DEFENSE WEEKLY, 18 October 2009, p.26-31
8) l’Inde a des visées sur l’Océan Indien dont elle voudrait faire une Mare Indicum
9) le Brésil, poids lourd économique du continent que Washington appelle le Western Hemisphere, est en train de s’armer en conséquence.
(20)PRAVDA, USA Prepares to Attack Russia in 3 or 4 Years?
http://english.pravda.ru/world/europe/23-10-2009/110090-usa_russia-0 
PRAVDA, Russia Officially Declares Right to Nuke Potential Aggressor
http://english.pravda.ru/russia/kremlin/14-10-2009/109884-russia_nuclear-0 
(21) Russia ready to harmonize relations with US and NATO, RIA NOVOSTI, 20 October 2009
(22) SKINNER Tony, Space on call – Part Two: Operationally Responsive Space, JANE’s DEFENSE WEEKLY, 28 October 2009, p.25-31
(23) Le dossier Connaissance et Anticipation publié dans le Magazine ARMEES D’AUJOURD’HUI, N°344, d’octobre 2009 fait état de la même préoccupation en France avec la création prévue en juillet 2010 d’un Commandement Interarmées de l’Espace (CIE) ayant des missions similaires à celles des Etats-Unis, à savoir : assurer la protection de la liberté de manœuvre dans l’Espace des moyens français d’une part, et d’autre part « proposer des modes d’actions visant à limiter l’emploi de l’Espace par des adversaires potentiels » (à définir…). « La prochaine décennie connaîtra une explosion des capacités spatiales », conclut la Rédaction.
(24) LENNOX Duncan, Struggle for new space treaty gathers pace, JANE’s DEFENCE WEEKLY, 2 December 2009, p.21
(25) BBC, Age of cyberwarfare is ‘dawning’, 17 November 2009
Suite à l’attaque cybernétique massive ciblant les institutions publiques et privées d’Estonie en avril et mai 2007, l’OTAN ouvrit un Centre d’Excellence (CoE) sur la défense cybernétique en 2008 : lire sur le site de l’OTAN NATO opens new Center of Excellence on cyber defence, 14 May 2008



Jean-Claude Bessez
: Docteur en civilisation britannique et américaine, analyse géopolitique et des questions militaires.



ANNEXE 3

FORCE.net au cœur de LA NOUVELLE STRATÉGIE MARITIME DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE

La Stratégie de Coopération pour une Puissance Navale du 21è Siècle, héritière de Sea Power 21, parue en Octobre 2007, postule que la Marine, le Corps des Marines et les Garde-côtes, désormais dénommés « Armées de Mer » (Sea Services) doivent coopérer et resserrer leur intégration, leur interopérabilité et leur coordination à tous les niveaux (1).

Le contrôle des mers requiert des capacités relevant de tous les aspects du domaine maritime, y compris l’espace et le cyberespace.

Les États-Unis entendent préserver leur liberté de circulation sur les grandes voies maritimes, quitte à imposer par la force le contrôle des mers, là où ils jugent que cela s’avère nécessaire, de préférence de concert avec leurs amis et alliés, mais seuls le cas échéant s’ils ne peuvent faire autrement.

La Guerre Info-Centrée (NetWorkCentric Warfare) est au cœur de cette nouvelle stratégie: les capacités ISR devront priver l’adversaire de toute initiative lui conférant un avantage sur les forces américaines déployées à l’avant (2).

Comme l’écrit le Chief of Naval Operations dans sa Directive 2009 :

Notre capacité à parvenir à la Supériorité de Décision est essentielle pour assurer notre réussite dans les opérations à tous les niveaux de la guerre. Nous devons faire en sorte que nos Forces Navales aient la Supériorité de Décision, notamment dans les domaines du Renseignement, de la Surveillance et de la Reconnaissance (ISR), du Commandement, du Contrôle, des Communications, et de l’Informatique (C4), des Opérations d’Information (IO), de la guerre cybernétique (3).

A l’heure actuelle, la stratégie maritime américaine semble davantage viser à contrer l’influence plutôt que la puissance d’une marine chinoise (PLAN) en voie de rapide informatisation et modernisation et désireuse d’élargir, à moyen terme, ses ambitions au-delà de la seule Mer de Chine(4).

Pour les Armées de Mer, la Guerre Info-Centrée se décline en FORCE.net (5). Cette structure opérationnelle et cette architecture destinée à la Guerre Navale à l’ère de l’information visent à intégrer des GUERRIERS, des capteurs, des réseaux, le commandement et contrôle, des plateformes et des armes dans un Force de combat en réseau et distribuée, ajustable sur l’ensemble du spectre de conflit depuis le fond des mers jusqu’à l’espace, de la mer vers la terre. Il s’agit de la composante de commandement et de contrôle naval pour Sea Power 21 et la Guerre Expéditionnaire. Il s’agit de la mise en œuvre de la Guerre Info-centrée au sein des Armées de Mer. Il s’agit d’une initiative d’intégration et d’alignement des services en vue de servir de facteur de changement et de moteur à l’innovation, affectant pratiquement tous les programmes navals.

Le logo du SPACE AND NAVAL WARFARE SYSTEMS COMMAND ci-dessous illustre clairement l’association Terre – Air – Mer – Espace qui préside aux opérations.



SOURCE: SPAWAR PEO SPACE SYSTEMS http://enterprise.spawar.navy.mil/ 

(1) BESSEZ Jean-Claude, La Nouvelle Stratégie Maritime des Etats-Unis d’Amérique, REVUE DE DEFENSE NATIONALE, octobre 2008

(2) PROCEEDINGS, A Bravura Performance, November 2007, p.22-24

(3) Admiral G. ROUGHEAD, U.S. NAVY, CNO GUIDANCE 2009 (p.8), November 2008

(4)JANE’s DEFENCE WEEKLY, Marching Forward, April 25, 2007

(5) What is FORCEnet? , November 11, 2009 http://forcenet.navy.mil

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=16468
http://www.internationalnews.fr/article-guerre-cybernetique-et-militarisation-de-l-espace-ii-la-chine-et-les-etats-unis--41072101.html

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 00:17
Mondialisation
Le 2 decembre 2009

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Par Jean-Claude Bessez


Il existe quelque chose de plus important que n’importe laquelle des meilleures armes. C’est la position la meilleure – la position de contrôle total au-dessus de la Terre qui se situe quelque part là-haut dans l’espace. Il s’agit de…l’avenir lointain, bien qu’il ne soit pas aussi éloigné que nous ayons pu le penser. Quiconque s’approprie cette position s’assure le contrôle, le contrôle total, au-dessus de la Terre, à des fins d’exercer la tyrannie ou bien au service de la liberté.


Lyndon B. Johnson, Sénateur des États-Unis, 1958.


De tous temps, les guerres se sont déroulées sur terre et sur mer. A partir du XXè siècle, s’y est ajoutée la dimension aérienne, puis après la seconde guerre mondiale, les Deux Grandes puissances se lancèrent dans la conquête spatiale, pour y être rejoint au début du XXIè siècle par la Chine, ce grand géant dont l’éveil tant économique que militaire bouleverse la donne mondiale.


De nos jours un autre type de guerre, résultant de la fulgurante évolution technologique de l’informatique, s’est imposé et conditionne toutes les autres: la guerre cybernétique. Cette dernière est étroitement liée aux opérations dans l’espace dans la mesure où celles-ci dépendent des relations entre les réseaux informatiques basés dans les trois autres dimensions. La guerre info-centrée ou guerre en réseau (1) repose sur l’alliance entre l’informatique et les satellites ; la maîtrise du cyberespace est la condition sine qua non de la supériorité, voir de la suprématie dans la quatrième dimension…et, par voie de conséquence, dans les trois autres.


Ceci fut illustré par un programme de CNN dans la série THE WORLD’s UNTOLD STORIES, intitulé Warfare by Remote, mis à l’écran le 09 août 2009, sur l’emploi de drones armés en Afghanistan pilotés à distance depuis le continent américain par des spécialistes de l’USAF(2). De même, des drones américains s’envolent de leur base aux Seychelles pour surveiller la Corne de l’Afrique où se déroulent des actes de piraterie.


« L’Armée dronique » est bien là…


 

QUELQUES REPÈRES


La politique spatiale américaine remonte aux années 1960, époque où l’URSS se livrait à de nombreux essais anti-satellites et où la présence d’armes nucléaires dans l’Espace était une véritable possibilité.


Le Traité sur l’Espace Sidéral (Outer Space Treaty) de 1967 conclu entre les deux superpuissances interdit de mettre dans l’Espace, en orbite ou sur la lune des armes nucléaires ou autres armes de destruction massive (ADM).


Ce traité interdisait d’effectuer des essais, de placer des fortifications ou bien de faire des manœuvres militaires sur la lune ou sur d’autres corps célestes.


Le Traité sur les Missiles anti-balistiques (ABM) de 1972 limita encore davantage les déploiements d’intercepteurs dans l’exo-atmosphère. Ce traité freina le développement d’armes spatiales et assura une relative quiétude « là-haut ».


Le traité ABM subit plusieurs modifications destinées à clarifier ce qui était autorisé et la manière de traiter les cas limites.


Les attaques qui se déroulèrent le 11 septembre 2001 (9/11) débouchèrent en 2002 sur la création d’un bureau chargé de s’occuper de la connaissance de la situation spatiale.


Le tir chinois de 2007 sonna l’alerte à Washington : le « terrain de jeu » spatial entre les deux Grands était devenu un « pré commun mondial » (global commons). Aujourd’hui, l’on ne compte pas moins de 30 à 40 pays qui opèrent dans l’Espace. Et ce nombre devrait encore grandir…

 

LE COMMANDEMENT DE L’ESPACE DE L’ARMÉE DE L’AIR DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE


Créé le 1er Septembre 1982, le Commandement de l’Espace de l’Armée de l’Air (AFSPC) est un grand commandement dont le QG se trouve sur la Base de l’Armée de l’Air de Peterson, au Colorado.


L’AFSPC est chargé de la défense de l’Amérique du Nord à travers son espace, son cyberespace, forces de missiles et capacités – vitales pour le combat d’aujourd’hui et l’avenir de la sécurité nationale des États-Unis (3).


Avec ses quelque 43.000 professionnels affectés à 83 postes dans le monde entier et déployés dans 35 autres mondialement, l’AFSPC a pour mission de fournir une constellation intégrée de capacités spatiales et cyberspatiales à la vitesse à laquelle se manifeste le besoin.


L’AFSPC comprend trois composantes : la 14è (basée à Vendenberg, Californie), la 20è (basée à F.E. Warren, Wyoming) et la 24è Air Force (basée à Lackland, Texas), ainsi que deux centres : le Centre de Systèmes de l’Espace et de Missiles (Space and Missile Systems Center) (à Los Angeles, Californie) et le Centre d’Innovation et de Développement de l’Espace (Space Innovation and Development Center) (à Schriever, Colorado) (4).


Les moyens pour mener des opérations spatiales se composent de :


1. satellites qui fournissent:

- des transmissions sécurisées essentielles sur les théâtres d’opérations,

- des données météorologiques et de navigation au profit des opérations terrestres, aériennes et navales,

- des alertes de menaces.


2. radars basés au sol et de satellites du Programme de Soutien à la Défense (DSP) qui suivent les lancements de missiles balistiques dans le monde entier de façon à éviter une attaque surprise de missile contre l’Amérique du Nord,

 

3. radars de surveillance spatiale qui fournissent à l’Amérique et au monde entier des informations vitales sur la localisation des satellites et les débris spatiaux.


Actuellement, plus de 450 missiles balistiques inter-continentaux (ICBMs) sont en alerte permanente (24/7/365) dans des installations de lancement en béton armé situées sous les Grandes Plaines.


L’AFSPC est le commandement qui assure la direction du plus grand nombre d’hélicoptères UH-1N, lesquels servent au soutien des opérations ICBM sur les bases de F.E. Warren, Malmstrom et Minot.


L’AFSPC est le seul Commandement de l’USAF à disposer en propre d’un organisme d’acquisition au sein du Commandement..


Rappel chronologique :


Lors de sa création en 1982, l’AFSPC reçut de l’Armée de l’Air comme mission prioritaire d’assurer les opérations spatiales.


Au cours de la Guerre Froide, les opérations spatiales se concentrèrent essentiellement sur les alertes en cas d’attaques de missiles, la surveillance spatiale et le commandement et le contrôle (C2) au profit des autorités du pays.


Lors de l’opération DESERT STORM (première Guerre du Golfe) le commandement reçut une nouvelle mission, i.e. le soutien au combattant. Le Centre de Guerre Spatiale (Space Warfare Center) renommé Centre d’Innovation et de Développement de l’Espace, fut créé pour garantir l’accès aux capacités spatiales à ceux qui en avaient besoin.


Les forces ICBM furent intégrées à l’AFSPC en 1993.


En 2001, sur la recommandation de la Commission de l’Espace, le Centre de Systèmes de l’Espace et de Missiles intégra l’AFSPC.


En 2002, après qu’il ait été partagé entre le Commandement de l’Espace et NORAD, le commandement de l’AFSPC fut confié à un Général quatre étoiles, en l’occurrence le Gal. C. Robert "Bob" KEHLER (5) depuis octobre 2007.


TYPOLOGIE DES OPERATIONS SPATIALES


Les opérations dans l’Espace sont les yeux et les oreilles du Commandement à qui elles fournissent le glaive pour frapper ou bien le bouclier pour se protéger :


1. Elles sont de trois types :


- elles sont destinées à assurer une connaissance de la situation (situational wareness ou SSA) spatiale mondiale complète, socle indispensable des deux autres. Par SSA on entend « la capacité de savoir qui fait quoi ou bien qui s’est mis en mesure d’agir d’une manière ou d’une autre ». « Les Etats-Unis ont besoin de savoir ce qui se passe en orbite », dit le Général KEHLER. La connaissance de tous les objets en orbite (jusqu’à 15.000 actuellement) tant amis qu’ennemis passe par² une amélioration de la coordination des capteurs, des transmissions et de la synthèse des données.


- elles peuvent prendre la forme d’opérations défensives de contre-espace (Defensive Counter-Space Ops ou DCS) : elles visent à protéger les moyens situés dans l’Espace,


- elles peuvent passer à un mode offensif (Offensive Counter-Space Ops ou OCS). Elles consistent à perturber / désorganiser les capacités spatiales de l’adversaire pour l’empêcher d’utiliser l’Espace à son avantage. Cette tâche est confiée au 76è Régiment du Commandement de l’Espace.


2. reposent sur trois segments :


- un segment basé au sol (ground-based),

- un segment de liaison sol-espace (link-based),

- un segment basé dans l’Espace (space-based).


3. et répondent à trois préoccupations :


- la domination spatiale (space dominance) à ne pas confondre avec une simple « supériorité »,

- la protection contre les vulnérabilités (space vulnerability),

- la protection contre l’insécurité (space insecurity).


Ces trois préoccupations furent développées dans divers numéros de l’AIR FORCE MAGAZINE dont trois font ici l’objet d’une succincte présentation.

 

Space Dominance


Après la « supériorité aérienne », le concept de « supériorité spatiale » doit s’imposer, écrit Adam J. HEBERT dans le numéro d’AIR FORCE MAGAZINE intitulé VERS LA SUPRÉMATIE (Towards Supremacy) (6). « La guerre pour le contrôle de l’Espace a déjà commencé », lança le Général Lance W. LORD, Commandant de l’AFSPC en 2005. L ’Espace fournit les communications, la connaissance de l’espace de bataille, le préavis en cas d’attaques de missiles, les capacités de positionnement et de poursuite, et le guidage des armes de précision.


Les adversaires potentiels des États-Unis savent que ceux-ci se trouvent dans une relation de dépendance avec leurs capacités basées dans l’Espace.


L’ « ennemi » peut utiliser à son profit des capacités basées dans l’Espace soit en payant pour l’obtention d’accès à des systèmes de communications commerciaux soit en achetant des images satellitaires permettant de localiser des bases et rampes de lancement.


C’est pourquoi le Pentagone se donna les moyens pour acheter toutes les images de satellites commerciaux de haute qualité sur l’Afghanistan au début de l’Opération Liberté Immuable (Operation Enduring Freedom ou OEF) de façon à empêcher que des détails de valeur ne tombent dans des mains ennemies.


Désormais, les opérateurs spatiaux doivent savoir déceler des attaques là où, par habitude, l’on pensait voir de banales défaillances ou pannes.


La protection des moyens spatiaux américains implique, si nécessaire, d’interdire à l’ennemi d’avoir accès à l’Espace.


Space Vulnerability


L’Air Force peut dire adieu à cinquante années d’opérations tranquilles, sans dérangement « là-haut ». L’Espace n’est plus ce domaine exclusif où les États-Unis régnaient sans conteste. Il attire de nouveaux et nombreux acteurs nationaux et commerciaux (au nombre desquels la Russie, la Chine, l’Inde, l’Europe…).


Les États-Unis prirent soudainement conscience de leur vulnérabilité (7) lorsque les Chinois détruirent le 11 janvier 2007, à une altitude de 530 miles, un satellite qui se désintégra en plus de 900 débris orbitaux (un « détail » dont les Chinois ne firent point état alors…).


D’après Desmond BALL, analyste des affaires stratégiques australien, la réussite d’un tel tir ne pouvait que déclencher une course dans l’Espace par n’importe quel pays possédant un arsenal de missiles balistiques à moyenne portée ou de portée intercontinentale ou bien possédant des véhicules de lancement de satellites, et un système de radar de grande portée. Au nombre desquels figurent le Japon, l’Inde, le Pakistan, l’Iran et la Corée du Nord.

 

Obligée de « marquer à la culotte » ces utilisateurs (comme on dit en rugby), l’AFSPC dut revoir ses priorités et chercher à combler ses lacunes.


1. La connaissance de la situation spatiale est un absolu, car elle permet d’établir une image opérationnelle commune (Common Operational Picture ou COP), préalable à toute opération dans l’Espace qu’elle soit de nature défensive ou offensive.


2. Une autre priorité est le suivi des déplacements des satellites manœuvrés par des opérateurs individuels afin d’éviter des interférences de fréquence radio pouvant menacer les opérations américaines. Le meilleur cas de figure, indique Rebecca GRANT, serait de suivre ces satellites avant même qu’ils ne soient lancés. Ce qui implique d’obtenir une coopération volontaire des pays et entités commerciales ayant l’intention de lancer des satellites.


3. L’AFSPC prend des mesures pour dissuader le brouillage et y résister. L’on sait que la Russie possède une technologie capable de brouiller le GPS. Un bon exemple est fourni lors de l’OPERATION IRAQI FREEDOM en 2003 où il ne fallut que deux jours à l’US AIR FORCE pour détruire les brouilleurs de Saddam HUSSEIN.


4. L’AFSPC doit également prendre en compte l’aveuglement des capteurs satellitaires (ISR) par des lasers. Et c’est là que la domination de l’Espace va de pair avec la liberté d’action dans le cyberespace : tous les ordres émis et les données reçues dépendent des communications entre les satellites, les stations au sol et les centres de commandement (i.e. les trois segments). Les opérations spatiales dépendent du cyberespace, à la différence des opérations aériennes. Le Général KEHLER souligne que : « Il se peut que ce soit au sol et dans les sites au sol que se situe la plus grande menace pour nos opérateurs dans le cyberespace ».


Si les capacités spatiales de l’US AIR FORCE dépassent de très loin celle de l’Armée de Terre, du Corps des Marines et de la Marine, il est constant que ces armées sont parfaitement conscientes de la dépendance, c’est-à-dire de la vulnérabilité de leurs propres capacités spatiales futures, qu’il s’agisse des transmissions, des systèmes de données, du GPS ou des systèmes ISR.


La conscience de cette vulnérabilité a engendré un climat d’insécurité.


Space Insecurity


Aujourd’hui, l’Administration Obama étudie les voies et moyens pour conserver la supériorité dans les opérations militaires spatiales.


L’AFSPC a pour mission de protéger l’accès à l’Espace non seulement en parant à une attaque directe par « missile tueur », mais aussi en évitant les débris qui se multiplient dans l’Espace, les collisions entre véhicules orbitaux, le brouillage depuis des stations au sol capable de neutraliser ou perturber le fonctionnement de vaisseaux spatiaux dans des orbites terrestres moyennes (MEO).


Tous ces facteurs d’insécurité (8) firent l’objet d’une révision technique de la protection de l’Espace au printemps 2008 par le bureau de protection de l’Espace dirigé par Andrew W. PALOWITCH.


Statistiquement, entre la chute du Mur de Berlin en 1989 et 2007, on assista à une augmentation du nombre de pays utilisateurs de l’Espace et de leurs capacités. Pour « inquiétants » (terminologie initiée par Donald RUMSFELD) que soient considérés la Corée du Nord et l’Iran, la Chine a fait monter de bien plus d’un cran la menace avec son tir du 11 janvier 2007, estime PALOWITCH.


Sans parler du danger d’une attaque franche dans la zone des 300 à 700 miles au dessus de la Terre, les dangers qui se trouvent en orbite sont en augmentation constante :


1. Multiplication des débris en basse orbite terrestre et des satellites (LEO) : le Centre des Opérations de l’Espace Interarmées (JSpOC) de Vanderberg en dénombre jusqu’à 19.000. un chiffre que la NASA n’hésite pas à multiplier par dix ;


2. Risques de collision subséquents : trois exemples sont patents :


- le 10 février 2009 un satellite de communications militaires russe entra en collision avec un satellite commercial IRIDIUM à une altitude de 480 miles au-dessus de la Sibérie, entraînant la destruction des deux vaisseaux et créant un large champ de débris qui continuent à tourner en orbite ;


- le 12 mai 2009 des responsables français et américains organisèrent une conférence pour déterminer la marche à suivre au cas où un satellite d’imagerie SPOT français s’approcherait dangereusement d’autres « objets spatiaux » ;


- les vols habités sont, eux aussi, menacés par les débris : ainsi, la navette spatiale ATLANTIS devait traverser un important champ de débris pour pouvoir réparer le télescope HUBBLE.


LE PROJET SPACE FENCE

 

Tous ces dangers ont convaincu l’AIR FORCE de la nécessité de créer une « Barrière de l’Espace » (SPACE FENCE), un projet confié à trois équipes industrielles chargées de fournir une capacité initiale (IOC) d’ici 2015.

La « Barrière de l’Espace » devrait pouvoir suivre les objets en orbite terrestre basse (LEO) et moyenne (MEO), qu’il s’agisse de débris spatiaux, voire de satellites en fonctionnement ou autres véhicules spatiaux.

Cette « Barrière de l’Espace » devra pouvoir suivre simultanément jusqu’à 100.000 objets, certains pouvant ne pas dépasser la taille de deux pouces (10 cm) de diamètre.


Au-delà des dangers posés par les champs de débris en basse orbite terrestre (LEO), tournent des satellites de communications à plus de 22.000 miles au-dessus de l’Equateur en orbite terrestre géosynchrone (GEO). Néanmoins, ces derniers, tout comme ceux en orbite moyenne (MEO) et ceux en orbite hautement elliptique (HEO), sont hors de portée d’une attaque en ascension directe…dans l’état actuel de la technologie…


STRATCOM voudrait faire un inventaire des menaces en améliorant les capteurs et les logiciels de façon à suivre 300 satellites, et davantage encore, avec une précision de l’ordre des mètres plutôt que des kilomètres.


Concrètement parlant, il est plus vraisemblable que des adversaires tenteront de désorganiser / brouiller les signaux ou stations au sol, et s’en prendront donc aux trois segments de capacités spatiales américaines. Les stations au sol pourraient aussi subir un aveuglement par rayon laser.


Différentes parades sont à l’étude par l’AFSPC, comme :

 


1. un GPS amélioré : le GPS III,

2. le durcissement des satellites sans créer de poids supplémentaire,

3. le système de relais MILSTAR (Military Strategic and Tactical Relay) qui comporte actuellement cinq satellites en GEO,

4. bientôt emplacé par le système AEHF (Advanced Extremely High Frequency Satellite Communications System),

5. des systèmes de transmissions de secours (drones, aéronefs pilotés, dirigeables) qui pourraient servir de relais pour des transmissions tactiques ou propres à certains théâtres.


A l’instar de la mer ou des armes nucléaires, domaines régis par des traités internationaux, le Pentagone aimerait que l’Espace fasse, lui aussi, l’objet d’une régulation par « la communauté internationale ». Les propos de PALOWITCH au C4ISR JOURNAL ont le mérite de la franchise : « Nous n’essayons pas de sauver des satellites. Nous tentons de préserver nos effets spatiaux nationaux ».


L’ancienne super-puissance n’et plus en mesure d’imposer sa loi. Elle doit composer avec les nouveaux venus, notamment les puissances émergentes. Elle cherche à négocier au mieux la préservation de sa niche.

 

ILLUSTRATIONS PASSÉES ET RETOURS D’EXPÉRIENCE


I Exemples de Forces de l’Espace mondiales en appui aux opérations de théâtre


1. Lors de l’Opération DESERT STORM (1991) pour la détection et l’attaque de SCUDs irakiens ;


2. Lors de l’Opération ALLIED FORCE : le recours à des munitions guidées par GPS permit aux forces alliées d’éliminer les sanctuaires hostiles de nuit et dans des mauvaises conditions météo ; les indications d’évaluation de dégâts fournies au CAOC et recoupées par les informations fournies par les satellites d’imagerie et les drones permirent d’ajuster les frappes ultérieures ;


3. Lors de l’Opération Iraqi Freedom (OIF), si le guidage par GPS permit à l’USAF de poursuivre ses frappes lors d’une tempête de sable, ce fut la première fois que des brouilleurs GPS furent détruits à l’aide de munitions guidées par GPS, constituant ainsi une première mondiale de mission d’opérations de contre-espace.


II Exemples de moyens civils / commerciaux mis en œuvre lors de campagnes


1. Au cours de la Guerre du Vietnam, les militaires eurent recours à des systèmes satellitaires civils et commerciaux pour relier Saigon à Hawaï ;


2. Dans l’Opération DESERT STORM, les satellites d’imagerie LACROSSE (US) et SPOT (F) fournissent une surveillance de large zone augmentant et complétant les satellites de renseignement américains ;


3. Vers la fin de l’Opération ALLIED FORCE, 60 % des communications satellitaires étaient d’origine commerciale (15% seulement dans DESERT STORM) ;


4. Dans l’Opération ATLAS RESPONSE, la Joint Task Force (JTF) déployée lors d’ inondations en mars 2000 au Mozambique et en Afrique du Sud pour y mener des opérations d’assistance humanitaire et de secours aux sinistrés (Humanitarian Assistance and Disaster Relief ou HADR) utilisa des images mises sur le site de la NASA par un satellite expérimental ;


5. Lors de l’Opération Iraqi Freedom (OIF), par manque de communications satellitaires militaires, les armées se procurèrent 80 % des communications dans le secteur commercial, une pratique toujours en cours à ce jour.

 

LA NOUVELLE POLITIQUE SPATIALE EXPLICITÉE EN 2006


La nouvelle politique spatiale nationale reçut l’approbation présidentielle le 31 août 2006 (et remplace donc celle ayant fait l’objet de la Directive Présidentielle NSC-49 / NSTC-8 datant du 14 septembre 1996).


Elle prend acte qu’au cours des cinquante dernières années les Etats-Unis ont pris la tête dans l’exploration spatiale tant dans le domaine civil que commercial et militaire.


Dans le nouveau siècle, ceux qui sauront faire un usage efficace de l’Espace jouiront d’une prospérité et d’une sécurité leur donnant un avantage certain sur ceux qui ne sauront pas en faire le même usage. Pour les Etats-Unis, la liberté d’action dans l’Espace est tout aussi importante que la puissance aérienne ou la puissance maritime. C’est une priorité absolue pour les Etats-Unis que de disposer de capacités spatiales solides, efficaces et efficientes afin de s’assurer de la supériorité spatiale définie en ces termes :

 

La supériorité spatiale est ce niveau de contrôle dans le domaine spatial dont une force bénéficie sur une autre et qui lui permet de conduire des opérations à un moment donné et à un endroit donné sans que la force adverse puisse interférer de manière prohibitive. La supériorité dans l’Espace peut être circonscrite dans le temps et dans l’espace, ou bien elle peut être de grande ampleur et persistante. Parvenir à la supériorité spatiale est une préoccupation majeure puisqu’elle permet le contrôle et l’exploitation du domaine spatial en vue de fournir des effets spatiaux DANS et A TRAVERS l’espace. L’Armée de l’Air parvient à la supériorité spatiale grâce à des opérations de contre-espace, comprenant des opérations offensives et défensives, toutes deux se fondant sur une connaissance solide de la situation spatiale.

Source : SPACE OPERATIONS Air Force Doctrine Document 2-2), Ch.4 Executing Space Operations, p.31, 21 Novembre 2006

La conduite des programmes et activités spatiaux doit obéir à quelques principes énoncés comme suit :

- Si tous les pays ont le droit d’explorer et d’utiliser l’Espace à des « fins pacifiques », aucun, précise Washington, ne doit pouvoir revendiquer une quelconque souveraineté sur le cosmos ou des corps célestes ;

 - La coopération avec d’autres pays devra servir à protéger et à promouvoir la liberté dans le monde ; Ø La liberté de circulation et d’opérer dans l’Espace, étant un droit, ne devra souffrir aucune entrave ;

- Les États-Unis considèrent que les capacités spatiales (9) sont vitales pour leurs intérêts nationaux et se réservent donc le droit de protéger ces capacités, de dissuader quiconque chercherait à les limiter ou à les gêner, de réagir à toute ingérence et d’interdire, éventuellement, l’usage de capacités spatiales à des adversaires mettant en danger les intérêts américains (10);

- Aucun accord de contrôle des armements, aucun nouveau régime juridique ni aucune restriction ne devront porter atteinte aux droits des Etats-Unis de mener des recherches, de développer, de faire des essais et de se livrer à des opérations ou activités dans l’Espace lorsqu’il y va de leurs intérêts vitaux ;

- Le développement d’un secteur commercial dynamique sera encouragé et facilité, et ce d’autant plus, qu’une synergie maximale sera recherchée entre les capacités spatiales civiles et la sécurité nationale (11).

Les États-Unis poursuivent les buts suivants dans l’Espace:

- renforcer le leadership du pays dans l’Espace et s’assurer que les capacités spatiales seront disponibles à temps pour faire avancer les objectifs du pays en matière de sécurité nationale, de sécurité du territoire et de politique étrangère ;

- donner les moyens de mener des opérations sans être gênés dans et à travers l’Espace afin de défendre leurs intérêts ;

- accroître la présence de l’homme grâce à des robots à travers le système solaire ;

- augmenter les bienfaits de l’exploration civile, de la découverte scientifique et des activités environnementales;

- permettre au secteur civil américain d’être mondialement compétitif et dynamique fin de promouvoir l’innovation, renforcer le leadership du pays, et assurer la protection du pays, du territoire et la sécurité économique ;

- permettre à la technologie et à la science de poursuivre les mêmes buts ;

- encourager une coopération internationale mutuellement bénéfique avec les autres pays et les consortia étrangers dans le domaine des activités spatiales tout en promouvant les objectifs du pays en matière de sécurité nationale, de sécurité du territoire et de politique étrangère.

Afin de réaliser ces objectifs, le gouvernement des États-Unis devra :

- former des professionnels de l’Espace selon les vœux de Peter B. TEETS, ancien Ministre en exercice de l’Armée de l’Air, Directeur du Bureau de Reconnaissance Nationale (NRO) et Directeur exécutif du Pentagone pour les questions spatiales :

Les États-Unis doivent, au cours des quelques années qui viennent, élaborer un corps de gens expérimentés, ayant d’immenses connaissances et habiles à appliquer l’espace au combat. Nous parlons ici d’une nouvelle race de guerriers qui, en fin de compte, transformeront la puissance et l’étendue de la guerre de la même manière que les professionnels de la guerre aérienne le firent au siècle dernier (12).

Le Commandement de l’Espace a besoin de personnels ayant à la fois une expérience des opérations spatiales et de l’acquisition. Suite à un rapport de la Commission sur l’Espace, une carrière sur mesure fut proposée aux scientifiques de l’Espace, aux responsables de l’acquisition et aux opérateurs. Ce programme d’échange opérationnel donne aux uns et aux autres une compréhension élargie de l’ensemble de la mission du Commandement. Ces professionnels sont affectés tant dans les centres d’opérations que dans les grands Commandements Combattants (COCOMs).

- améliorer le développement et l’acquisition de systèmes spatiaux ;

- augmenter et renforcer les partenariats entre les organismes gouvernementaux ;

- renforcer et soutenir la science liée à l’Espace, la technologie et la base industrielle.

La sécurité nationale des États-Unis dépend de manière vitale des capacités spatiales, et cette dépendance ne fera que grandir. Il importe, par conséquent, de définir des :

- principes directeurs de sécurité nationale pour l’Espace ;

- principes directeurs pour l’Espace civil ;

- principes directeurs pour l’Espace commercial ;

- une coopération spatiale internationale ;

- une puissance nucléaire spatiale ;

- un spectre de fréquences radio et une gestion des orbites et une protection contre les interférences ;

- procédures d’amoindrissement et d’identification des débris orbitaux ;

- une politique efficace d’exportation ;

- une classification de sécurité ayant trait à l’Espace.

 

MILITARISATION DE L’ESPACE

Dans un Webmemo (13) de 2005, Jack Spencer et Kathy Gudgel de la HERITAGE FOUNDATION, présentaient succinctement la Quadriennal Defense Review de 2005 dans laquelle le législateur abordait deux sujets « innommables » (unmentionable, sic), à savoir la réaction des Etats-Unis à la modernisation de l’Armée Populaire de Libération chinoise et le rôle que l’Espace devrait jouer, d’un point de vue militaire, à l’avenir dans la planification et les opérations.

D’après les auteurs du Webmemo, les Etats-Unis jouissent d’une avancée significative dans l’utilisation de l’Espace à des fins militaires. La question est de savoir comment les Etats-Unis doivent procéder afin de conserver, protéger et accroître les avantages dont ils disposent actuellement.

Exporter la guerre dans l’Espace

Ils constataient que, bien que plusieurs pays possédaient, en théorie, la capacité de se livrer à une guerre dans l’Espace, aucun d’eux ne s’était engagé dans cette voie. Les Etats-Unis, conseillaient- ils, doivent travailler à dissuader les « éléments hostiles » d’employer de telles capacités et se préparer à réagir et à minimiser les conséquences de telles attaques en cas d’échec de la dissuasion.

Les opérations spatiales pourraient se révéler essentielles pour assurer la victoire au cours de conflits futurs, et ce d’autant plus que les forces nucléaires dépendent des satellites pour les pré-alerter et désigner des objectifs (14).

Si d’aucuns s’inquiètent de cette « militarisation de l’Espace » (une question éminemment technique, au demeurant) (15), d’autres constatent que ce « seuil » a déjà été franchi ne serait-ce que parce que l’Espace a été au centre des préoccupations des planificateurs militaires dès la QDR de 2001 et constamment par la suite, notamment dans les documents officiels suivants:


- la Doctrine Interarmées des Opérations Spatiales (Joint Doctrine for Space Operations) de 2002,

- la Doctrine de l’Armée de l’Air des Etats-Unis sur les Opérations dans le Contre-Espace (Air Force Counterspace Operations) de 2004,

- la Stratégie de Défense Nationale (National Defense Strategy) de 2005,

- la Doctrine des Opérations Spatiales de l’Armée de l’Air (SPACE OPERATIONS Air Force Doctrine Document 2-2) du 21 novembre 2006,

- la Quadriennal Defense Review 2010 en cours de préparation.


D’après Peter BROOKES (16), Beijing et Moscou ambitionnent de contester la pré-éminence des Etats-Unis dans l’Espace et croient pouvoir menacer les moyens spatiaux américains. Lucide et réaliste, le général KEHLER sait que « Les capacités spatiales américaines ne domineront plus sans partage ». (17)

 


La protection de ces moyens, et donc de la liberté d’action des Etats-Unis dans la quatrième dimension, doit être considérée comme une priorité nationale. Echouer à maintenir cette supériorité dans l’Espace ne pourrait que conduire à la débâcle dans cette dimension non seulement pour les Etats-Unis pour aussi pour leurs alliés et amis, précise Peter BROOKES.

 

Comment attaquer un satellite 

Les États-Unis, l’Union Soviétique / la Russie, et la Chine ont étudié et démontré des techniques d’attaque de satellites dès les années 1960 et 1970. L’on peut citer l’utilisation de :

1. missiles lancés du sol

2. missiles nucléaires

3. missiles lancés de l’air

4. systèmes co-orbitaux

5. intercepteurs basés dans l’Espace

6. lasers

7. fréquences radio pour brouiller les signaux émis par les satellites.

Source : AIR FORCE Magazine, Vulnerability in Space, p.27,June 2008


Dans un discours (17) prononcé devant la Commission du Budget du Sénat le 09 mai 2007, Robert GATES, Secrétaire d’Etat à la Défense, mettait en garde contre les missiles à longue portée déjà détenus ou en cours de fabrication par certains Etats (dont ceux désignés par le Président George W. BUSH comme faisant partie de l’Axe du Mal (Axis of Evil). Les Etats-Unis doivent se doter d’une capacité ABM « défensive », enjoignit-il alors. D’où les négociations entamées alors avec la Pologne et la République tchèque en vue d’établir un site de lancement dans la première et une station de radar dans la seconde, sans oublier la modernisation du système de radar d’alerte au Royaume-Uni.


Il ne faisait aucun doute pour lui que la Chine constituait une préoccupation majeure pour les Américains:


Le test récent d’une arme anti-satellite par la Chine souligna la nécessité de continuer à élaborer des capacités dans l’Espace. La politique du gouvernement américain dans ce domaine reste dans la logique des principes de longue date qui furent posés au cours de l’Administration Eisenhower, tel que le droit de libre circulation et l’utilisation de l’Espace à des fins pacifiques. Les progrès spatiaux sont cruciaux pour les capacités de communications militaires américaines, la surveillance et la reconnaissance. Le budget de base prévoit environ $ 6.0 milliards pour poursuivre la mise au point et sur le terrain de systèmes qui préserveront la suprématie des Etats-Unis tout en assurant un accès sans entraves, fiable et sûr à l’Espace.


Les principes déjà affirmés dans la Doctrine de 2006 étaient donc réaffirmés avec constance en 2007, notamment le droit de libre circulation et l’utilisation de l’Espace à des fins pacifiques et l’accès sans entraves, fiable et sûr à l’Espace. Il n’est pas anodin qu’alors le Secrétaire d’Etat à la Défense parle de « suprématie » et non de « supériorité ». Ce subtil distinguo n’aura certainement pas échappé aux Chinois.


Peter BROOKES pensait donc que Washington était fondé à rejeter la proposition présentée par la Russie et la Chine d’élaborer un Traité sur la prévention d’une course aux armements dans l’Espace sidéral (Prevention of an Arms Race in Outer Space ou PAROS) lors d’une Conférence sur le Désarmement organisée par l’ONU en février 2008 à Genève.


À suivre


Jean-Claude Bessez
: Docteur en civilisation britannique et américaine, analyse géopolitique et des questions militaires.

NOTES

(1) Ce concept est parfaitement expliqué et illustré dans la VIDEO REAL PLAYER du site suivant de la USN :http://forcenet.navy.mil/FORCEnet.mpg  Pour des photos et graphiques de synthèse, se reporter à : http://www.defense-update.com/photos/stss.html (site EUCOM.MIL) http://forums.bf2s.com/viewtopic.php?id=130974  (blog)

(2) CNN, Warfare by remote, in The World Untold Stories, 09 August 2009

(3) USAF AFSC Fact Sheet September 2009 http://www.af.mil/information/factsheets/factsheet.asp?fsID=155

(4) Le Centre de SCHRIEVER mène des Wargames dont le Vème a fait l’objet d’un numéro spécial de la revue HIGH FRONTIER, The Journal for Space & Missile Professionals, Volume 5, Number 4, August 2009

(5) http://www.af.mil/information/bios/bio.asp?bioID=6008

(6) Adam J. HEBERT, Toward Supremacy in Space, January 2005 http://www.airforce-magazine.com/MagazineArchive/Pages/2005/January%202005/0105space.aspx

(7) Rebecca GRANT, Vulnerability in Space, June 2008 http://www.airforce-magazine.com/MagazineArchive/Pages/2008/June%202008/0608space.aspx

(8) Rebecca GRANT, Insecurity in Space, October 2009 http://www.airforce-magazine.com/MagazineArchive/Pages/2009/October%202009/1009space.aspx

(9) AIR FORCE Magazine, January 2005, p.25 : « Le Commandement de l’Espace veut mettre au point des systèmes de contrôle spatial afin de défendre les moyens orbitaux des Etats-Unis ».

(10) SPACE OPERATIONS Air Force Doctrine Document 2-2, Ch. 4 Executing Space Operations, Assured Access p.32 & Counter Space Operations, 21 November 2006

(11) SPACE OPERATIONS Air Force Doctrine Document 2-2, Ch. 4 Executing Space Operations, p. 34 & p.36

(12) SPACE OPERATIONS Air Force Doctrine Document 2-2, Ch.5 Development of space professionals, p.38-40 ; AIR FORCE Magazine, January 2005, p.27

(13) SPENCER Jack & GUDGEL Kathy, Webmemo N° 819, HERITAGE FOUNDATION, August 11, 2005

(14) SPACE INTELLIGENCE PREPARATION OF THE OPERATIONAL ENVIRONMENT ou IPOE (p.24 USAF SPACE OPS DOCTRINE 2006)

(15) SPACE OPERATIONS Air Force Doctrine Document 2-2, Orbit Fundamentals, Strengths and Limitations of Space Operations, Appendix A, p.43

(16) Cette approche de Peter BROOKES fit l’objet d’une critique documentée de la part de Phil SMITH de la Secure World Foundation.
Peter BROOKES, Opinion: Marking the boundaries of weapon use in space, Jane's Defence Weekly, 22 July 2008. Peter Brookes est senior fellow à l’Heritage Foundation - un think-tank américain –et ancien secrétaire adjoint à la Défense.
Phil SMITH, Brains, not brawn, will halt arms race in space, JANE’s Defence Weekly, 24 September 2008, p.31

(17) Testimony as Delivered by Secretary of Defense Robert M. GATES, 106 Dirksen Senate Office Building, Washington, D.C., Wednesday, May 09, 2007
http://www.defenselink.mil/speeches/speech.aspx?speechid=1150  

ANNEXE 1

Le texte qui suit est la traduction in extenso d’un article de doctrine rédigé dans un style concis propre aux Field Manuals (TTA en français), et fort instructif, par le Général de Division William L. SHELTON fin 2007 dans la très officielle revue JOINT FORCES QUARTERLY publiée par la NATIONAL DEFENSE UNIVERSITY (1).

LA DOCTRINE SPATIALE DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE

Le Commandant du Commandement Stratégique Américain a mis sur pied la composante de commandement fonctionnelle Interarmées pour l’Espace (JFCCSPACE) en vue d’optimiser la planification, l’exécution et la gestion de cette force des opérations spatiales au Ministère de la Défense.

Le Commandant de la 14ème Air Force fut nommé Commandant du JFCCSPACE en vue de mener des opérations spatiales, d’exercer le contrôle opérationnel (OPCON) des forces d’alerte spatiales et balistiques désignées au nom du Comandant de Commandement Stratégique des Etats-Unis d’Amérique (USTRATCOM) , et d’agir en tant qu’autorité coordinatrice de l’Espace Mondial.

Dans son rôle d’autorité coordinatrice, le Commandant du JFCCSPACE veille à l’unité d’effort en mettant au point, coordonnant et menant une planification de campagne spatiale de niveau opératif et l’élaboration de la stratégie venant appuyer le Commandement Stratégique des Etats-Unis d’Amérique (USTRATCOM) et les autres Commandements unifiés (2).

Par le biais de la planification et de l’exécution du contrôle spatial, de l’appui, et des opérations de renforcement de la force, le Commandement du JFCCSPACE fournit des effets au profit des Commandants des Commandements unifiés, des effets tels que l’indication du positionnement, la navigation et l’échéancier à des fins militaires et civiles ; la fourniture de transmissions en direction d’endroits éloignés situés au-delà de systèmes de communications terrestres en vue directe ; et contribuant à la connaissance de l’espace du champ de bataille et à sa caractérisation grâce à des systèmes spatiaux.

L’état final désiré par le JFCCSPACE est l’unité de Commandement et d’effort dans la fourniture sans entraves d’effets spatiaux Interarmées couvrant tout le spectre au profit des Commandements bénéficiaires de cet appui et la capacité à bénéficier des avantages que procure la dimension spatiale aux adversaires ayant des intentions hostiles envers les Etats-Unis.

Afin de parvenir à cet état final désiré, les Etats-Unis doivent disposer de capacités basées dans l’Espace et qui soient robustes, efficientes et efficaces. Egalement, nos centres d’opérations (le Centre des Opérations Spatiales Interarmées et les Centres des Opérations Aériennes) doivent collaborer étroitement afin de produire les effets spatiaux exigés par les Commandants des Commandements unifiés.

Afin d’assurer la liberté d’opérer dans l’Espace aux Etats-Unis et à ses alliés (3), le Commandant du JFCCSPACE s’attache prioritairement à parvenir à une connaissance de la situation dans l’Espace qui soit plus persistante et plus prévisible, et qui s’intègre à toutes les sources possibles de renseignement. En élargissant la connaissance de l’espace du champ de bataille à la dissuasion spatiale, cette connaissance de la situation spatiale donne au Commandant accès aux indications et alertes qui peuvent caractériser la capacité et l’intention d’un adversaire.

En prenant pour socle l’amélioration de la connaissance de la situation spatiale, le Commandant peut élaborer un plan de campagne fondé sur les objectifs des Commandements unifiés, afin de conduire des opérations de niveau tactique en rapport avec les opérations stratégiques, l’alerte anti-missile, le contrôle défensif de l’Espace, et le contrôle offensif de l’Espace.

La connaissance de la situation spatiale autorise de cette manière le Commandement et le Contrôle des ressources spatiales et donc de réaliser les effets spatiaux désirés.

L’intégration réussie des capacités basées dans l’Espace aux opérations militaires américaines augmente la dépendance envers ces capacités, mais aussi le besoin de telles capacités.

La Politique Spatiale Nationale de 2006 met en exergue le fait que le pays se trouve dans une dépendance critique vis-à-vis des capacités spatiales, et que cette capacité ne fera qu’augmenter.

Une utilisation et une exploitation croissante de l’Espace accroît la menace dans la dimension spatiale, conformément au précédent historique de l’utilisation de la dimension terrestre, aérienne et cyberspatiale.

La protection de ressources spatiales contre des attaques et la caractérisation et la qualification d’évènements atypiques en attaques potentielles contre des ressources spatiales sont des entreprises extrêmement complexes.

Mais cela constitue des conditions préalables absolues si l’on veut s’assurer que des capacités spatiales soient disponibles pour assurer la sécurité nationale des Etats-Unis, la sécurité du territoire américain, et promouvoir les objectifs de politique étrangère.

Sans jamais perdre de vue l’avenir, le Commandant du JFCCSPACE garde au nombre de ses priorités l’amélioration des capacités de connaissance de la situation spatiale, le renforcement des partenariats du Ministère de la Défense, et la mise au point de tactiques, techniques et procédures (TTPs) propres à assurer la conduite d’opérations défensives de contrôle spatial, et par là même d’assurer la protection de nos capacités spatiales vitales.

Les étapes à court terme comprennent :

1. le regroupement sur le même site du Centre de Contrôle Spatial se trouvant actuellement à Cheyenne Mountain au Colorado, et du Centre des Opérations Spatiales Interarmées situé sur la Base Aérienne de Vandenberg en Californie ;

2. la préconisation de valorisations en vue d’améliorer la connaissance de la situation spatiale ;

et la fourniture de la capacité de Commandement et de Contrôle susceptible de produire des effets spatiaux en temps opportun aux Commandants des Commandements unifiés.

(1) William L. SHELTON, SPACE OPERATIONS, issue 46, 3rd quarter 2007, p.62-63 , Général de Division de l’Armée de l’Air des Etats-Unis d’Amérique (USAF), Commandant le 14ème Commandement de l’Armée de l’Air, de l’Espace et Commandant de la partie fonctionnelle Interarmées du Commandement pour l’Espace au Commandement Stratégique des Etats-Unis d’Amérique (USTRATCOM) à la Base Aérienne de Vandenberg en Californie.

(2) Les Etats-Unis ont divisé le monde en cinq zones géographiques, chacune placée sous un Grand Commandement Combattant Unifié (les Unified Combatant Commands sont USNORTHCOM, USSOUTHCOM, USCENTCOM, USPACOM, USEUCOM, plus un sixième Commandement en devenir pour la quasi-totalité du continent africain (USAFRICOM) dont le QG se situe pour le moment à Stuttgart (Allemagne).

 

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SOURCE : DEFENSELINK.MIL

Lire l’article de JC BESSEZ intitulé « AFRICOM : MODE D’EMPLOI DU NOUVEAU CHEVAL DE TROIE » : http://www.strategicroad.com/pays/analysis/250408_africom_mode_d_emploi_nouveau_cheval_de_troie_impr.htm   Voir le documentaire de la série WITNESS mis à l’antenne par Rageh OMAAR en septembre 2009 sur AL-JAZEERA et intitulé « America's New Frontline » : http://english.aljazeera.net/programmes/witness/2009/09/2009910121135544650.html  (3) http://www.nss.org/resources/library/spacepolicy/2006NationalSpacePolicy.htm  http://www.globalsecurity.org/space/library/policy/national/us-space-policy_060831.pdf

 

ANNEXE 2

« LES HAUTS » SE SITUENT AUSSI DANS L’ESPACE POUR L’ARMEE DE TERRE

Les opérations de guerre en réseaux (ou info-centrée) étant par nature inter-armées, l’Armée de Terre des Etats-Unis d’Amérique est un acteur des opérations spatiales tant avec les satellites qu’avec la défense ABM, explique le Général de Corps d’Armée Kevin T. CAMPBELL dans l’ARMY GREENBOOK de 2008 (1).

Par ses partenariats avec divers organismes et commandements (2), le Commandement de la Défense des Missiles et de l’Espace (Space Missile Defense Command) ou SMDC et le Commandement Stratégique des Forces de l’Armée de Terre (Army Forces Strategic Command) ou ARSTRAT cherchent à offrir au combattant le meilleur soutien grâce à ses forces déployées dans le monde entier.

Ainsi, en avril 2008, le premier satellite à bande large fut déclaré opérationnel. Ce système mondial de satellites à large bande constitue une constellation de plusieurs vaisseaux spatiaux qui fournit des capacités de transmissions info-centrées aux armées américaines et à leurs alliés (dont les Australiens qui bénéficient de dix pour cent de la largeur de bande de la constellation).

Au cours de l’année 2007, la 1ère Brigade de l’Espace du SMDC/ ARSTRAT a continué à affecter des spécialistes de l’Espace de l’Armée de Terre aux chefs des Grands Commandements, ce qui a permis de conserver une totale connaissance de la situation en Asie du Sud-Ouest et de s’adresser directement aux capacités de soutien sur le continent américain (CONUS).

Activée en Octobre 2003 0 Colorado Springs, le fonctionnement de la 100è Brigade de Défense de Missiles repose sur la réserve opérationnelle.

Le 49è Régiment de Défense de Missiles de la 100è Brigade fut activé en Janvier 2004 à Fort Greely, Alaska. Il assure la défense du Territoire 24/24 avec des intercepteurs capables de protéger le pays contre des attaques de missiles balistiques.

Il était prévu qu’en 2008, les ingénieurs du SMDC, ayant acquis une expérience sur le tas auprès d’une société d’Huntsville, Ala., seraient affectés à la mise au point de nanosatellites améliorés et autres capteurs et charges utiles.

Le SMDC / ARSTRAT prévoyait d’intégrer en 2009 de nouveaux capteurs en orbite et d’entreprendre des opérations info-centrées.

Parallèlement, le SMDC / ARSTRAT envisage de quitter ses shelters afin de s’insérer plus étroitement dans les centres de commandement et contrôle (C2) et d’intégrer ses capacités de soutien aux missions dans le Commandement Stratégique (USSTRATCOM) et dans les Grands Commandements.

(1) ARMY GREENBOOK 2008, Space and Missile Defense : Securing the High Ground, Lt. Gen. Kevin T. CAMPBELL, p.175-180, October 2008, ausa.org

 (2) la Missile Defence Agency, les laboratoires de la Défense, le Commandement de Gestion des Installations, les Grands Commandements (Combatant Commands), l’Etat-Major de l’Armée de Terre, TRADOC, entre autres.

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=16362

http://www.internationalnews.fr/article-etats-unis-guerre-cybernetique-et-militarisation-de-l-espace-partie-1-2--40585338.html

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