31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 23:00

 

 

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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 08:36

Documentaire réalisé par l'Association pour le Développement de l'Agriculture Biologique (ADABio)


Part I 

Part II

Part III

 

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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 08:32
Star en Luberon au 19ème siècle, oublié et abandonné au 20ème, le blé meunier d'Apt nous revient aujourd'hui non pas génétiquement modifié mais généreusement ressuscité.

Ce clip met en scène les principaux acteurs de cette résurrection, une belle aventure qui :
- unit sur un même territoire des agriculteurs, un meunier, des boulangers et des consommateurs,
- restaure des savoirs faires au service de la qualité et de la santé,
- réjouit nos papilles gustatives,
- participe au maintien de la biodiversité,
- offre des perspectives précieuses à ceux qui digèrent mal le gluten,
- initie la remise en circuit d'autres anciennes variétés.

Les séquences que vous allez regarder sont un encouragement précieux pour croire que notre futur n'a de l'avenir que si nous maintenons vivantes les sagesses et les variétés d'antan.

Gérard GUILLOT, Agriculteur bio à Montfuron (04)

 



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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 12:21
Mondialisation.ca
Le 18 mars 2008

Texte de Jean Ziegler [1] à l'occasion du Forum Quelle agriculture pour  quelle alimentation?

 

 

 I. Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim ou de ses suites immédiates. Plus de 6 millions en 2007. Toutes les quatre minutes, quelqu'un perd la vue à cause du manque de vitamines A. Ce sont 854 millions d'êtres qui sont gravement sous-alimentés, mutilés par la faim en  permanence. [2] 

Source:e-south.blog.lemonde.f

 

Cela se passe sur une planète qui regorge de richesses. La FAO est dirigée par un homme de courage et de grande compétence, Jacques Diouf. Il constate qu'au stade du développement actuel de ses forces de production agricoles, la planète pourrait nourrir sans problème 12 milliards d'êtres humains, soit le double de l'actuelle population mondiale [3].

Conclusion : ce massacre quotidien par la faim n'obéit à aucune fatalité. Derrière chaque victime, il y a un assassin. L'actuel ordre du monde n'est pas seulement meurtrier. Il est aussi absurde. Le massacre a bien lieu dans une normalité glacée.

L'équation est simple : quiconque a de l'argent mange et vit. Qui n'en a pas souffre, devient invalide ou meurt. Il n'a pas de fatalité. Quiconque meurt de faim est assassiné.

 

II. Le plus grand nombre des personnes sous-alimentées, 515 millions, vivent en Asie où elles représentent 24 % de la population totale. Mais si l'on considère la proportion des victimes, c'est l'Afrique subsaharienne qui paie le plus lourd tribut : 186 millions d'êtres humains y sont en permanence gravement sous-alimentés, soit 34 % de la population totale de la région. La plupart d'entre eux souffrent de ce que la FAO appelle «la faim extrême», leur ration journalière se situant en moyenne à 300 calories au-dessous du régime de la survie dans des conditions supportables.

Un enfant manquant d'aliments adéquats en quantité suffisante, de sa naissance à l'âge de 5 ans, en supportera les séquelles à vie. Au moyen de thérapies délicates pratiquées sous surveillance médicale, on peut faire revenir à une existence normale un adulte qui a été temporairement sous-alimenté. Mais un enfant de moins de 5 ans, c'est impossible. Privées de nourriture, ses cellules cérébrales auront subi des dommages irréparables. Régis Debray nomme ces petits des «crucifiés de naissance»  [4].

 

La faim et la malnutrition chronique constituent une malédiction héréditaire: chaque année, des centaines de milliers de femmes africaines gravement sous-alimentées mettent au monde des centaines de milliers d'enfants irrémédiablement atteints. Toutes ces mères sous-alimentées et qui, pourtant, donnent la vie rappellent ces femmes damnées de Samuel Beckett, qui «accouchent à cheval sur une tombe ... Le jour brille un instant, puis c'est la nuit à nouveau» [5].

 

Une dimension de la souffrance humaine est absente de cette description : celle de l'angoisse lancinante et intolérable qui torture tout être affamé dès son réveil. Comment, au cours de la journée qui commence, va-t-il pouvoir assurer la subsistance des siens, s'alimenter lui-même ? Vivre dans cette angoisse est peut-être plus terrible encore qu'endurer les multiples maladies et douleurs physiques affectant ce corps sous-alimenté.

 

La destruction de millions d'Africains par la faim s'effectue dans une sorte de normalité glacée, tous les jours, et sur une planète débordant de richesses. En Afrique subsaharienne, entre 1998 et 2005, le nombre de personnes gravement et en permanence sous-alimentées a augmenté de 5,6 millions.

III. Jean-Jacques Rousseau écrit : « Entre le faible et le fort, c'est la liberté qui opprime et c'est la loi qui libère ». Afin de réduire les conséquences désastreuses des politiques de libéralisation et de la privatisation à l'extrême pratiquée par les maîtres du monde et par leurs mercenaires (FMI, OMC), l'Assemblée générale des Nations Unies a décidé de  créer et de rendre justiciable un nouveau droit de l'homme : le droit à l'alimentation.

 

Le droit à l'alimentation est le droit d'avoir un accès régulier, permanent et libre, soit directement, soit au moyen d'achats monétaires, à une nourriture quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante, correspondant aux traditions culturelles du peuple dont est issu le consommateur, et qui assure une vie physique et psychique, individuelle et collective, libre d'angoisse, satisfaisante et digne.

 

Les droits de l'homme - hélas ! - ne relèvent pas du droit positif. Ce qui signifie qu'il n'existe encore aucun tribunal international qui rendrait justice à l'affamé, défendrait son droit à l'alimentation, sanctionnerait son droit de produire lui-même ses aliments ou de se les procurer au moyen d'achats monétaires, et protégerait son droit à la vie.

 

IV. Tout va bien aussi longtemps que des gouvernements comme celui du président Luis Inacio Lula da Silva à Brasilia ou du président Evo Morales à La Paz mobilisent par leur propre volonté les ressources de l'État, afin d'assurer à chaque citoyen son droit à l'alimentation. L'Afrique du Sud est un autre exemple. Le droit à l'alimentation est inscrit dans sa Constitution. Celle-ci crée une Commission nationale des droits de l'homme, composée en parité par des membres nommés ar les organisations de la société civile (Églises, syndicats et mouvements sociaux divers) et de membres désignés par le Parlement. Les compétences de la Commission sont étendues. Depuis son entrée en fonction, il y a cinq ans la Commission a déjà arraché des victoires importantes. Elle peut intervenir dans tous les domaines relevant du déni du droit à l'alimentation : éviction de paysans de leur terre; autorisation donnée par une municipalité à une société privée  pour la gestion de l'approvisionnement de l'eau potable, entraînant des taxes prohibitives pour les habitants les plus pauvres ; détournement par une société privée de l'eau d'irrigation au détriment des cultivateurs; manquement au contrôle de la qualité de l'alimentation vendue dans les bidonvilles; etc. 

 

Mais combien existe-t-il de gouvernements, notamment dans le tiers-monde, dont la préoccupation quotidienne prioritaire est le respect du droit à l'alimentation de leurs citoyens ? Or, dans les 122 pays dits du tiers-monde vivent aujourd'hui 4,8 milliards des 6,2 milliards d'homme que nous sommes sur terre. 

 

V. Les nouveaux maîtres du monde ont horreur des droits de l'homme. Ils les craignent comme le diable l'eau bénite. Car il est évident qu'une politique économique, sociale, financière réalisant à la lettre tous les droits de l'homme briserait net l'ordre absurde et meurtrier du monde actuel et produirait nécessairement une distribution plus équitable des biens, satisferait aux besoins vitaux des gens et les protégerait contre la faim et une bonne part de leurs angoisses.

Dans leur achèvement, les droits de l'homme incarnent donc un monde totalement autre, solidaire, libéré du mépris, plus favorable au bonheur.

 

Les droits de l'homme - politiques et civils, économiques, sociaux et culturels, individuels et collectifs [6] - sont universels, interdépendants et indivisibles. Ils sont aujourd'hui l'horizon de notre combat. 


Notes

[1] Jean Ziegler est Rapporteur spécial du Conseil des droits de l'homme des  Nations Unies sur le droit à l'alimentation ; il vient de publier L'Empire  de la honte (2007) en livre de poche.

 

 [2] FAO, L'état de l'insécurité alimentaire dans le monde, Rome, 2006.

 

 [3] Nourrir normalement veut dire procurer à chaque individu adulte, chaque  jour, 2 700 calories.

 

 [4] Régis Debray et Jean Ziegler, Il s'agit de ne pas se rendre, Paris,  Arléa, 1994.

 

 [5] Samuel Becket, En attendant Godot, Paris, Editions de Minuit, 1953.

 

 [6] Un droit de l'homme collectif est par exemple le droit à  l'autodétermination ou le droit au développement.


www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8387
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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 06:46
AlterNet

By Scott Thill, AlterNet. Posted March 6, 2008

no-gmo.jpg
Monsanto doesn't want consumers to know the truth about the milk they're drinking. The corporation's monopoly is at stake.


"There are some corporations that clearly are operating at a level that are disastrous for the general public … And in fact I suppose one could argue that in many respects a corporation of that sort is the prototypical psychopath, at the corporate level instead of the individual level."
Dr. Robert Hare,
The Corporation


Since 1901, Monsanto has brought us Agent Orange, PCBs, Terminator seeds and recombined milk, among other infamous products. But it's currently obsessed with the milk, or, more importantly, the milk labels, particularly those that read "rBST-free" or "rBGH-free." It's not the "BST" or "BGH" that bothers them so much; after all, bovine somatrophin, also known as bovine growth hormone, isn't exactly what the company is known for. Which is to say, it's naturally occurring. No, the problem is the "r" denoting "recombined." There's nothing natural about it. In fact, the science is increasingly pointing to the possibility that recombined milk is -- surprise! -- not as good for you as the real thing.

 

"Consumption of dairy products from cows treated with rbGH raise a number of health issues," explained Michael Hansen, a senior scientist for Consumers Union. "That includes increased antibiotic resistance, due to use of antibiotics to treat mastitis and other health problems, as well as increased levels of IGF-1, which has been linked to a range of cancers."

 

For its part, Monsanto is leaning on the crutch of terminology to derail the mounting threat to its bottom line: The consumer-driven revolution against recombined food. And so the St. Louis-based agri-chem giant has launched a war of words in the form of a full-court press to suppress the "rBGH-free" label at the state level. And it's sticking to its guns by obfuscating and indulging in cheap semantics.

"RBST is a supplement that helps the cow produce more milk," Monsanto spokesperson Lori Hoag explained to me via email. "It is injected into the cow, not into the milk. There is no way to test because the milk is absolutely the same. Neither the public nor a scientist can tell the difference in the milk because there is not a difference. Consumers absolutely have a right to know if there is a difference in foods they are buying. In this case, there simply is not a difference."

 

"Monsanto has an unfortunate habit of mixing some things together that confuse the issue," counters Rick North, director of Campaign for Safe Food from Physicians for Social Responsibility's Oregon chapter. "It's true that all cows have natural bovine growth hormone. But only cows injected with recombinant, genetically engineered bovine growth hormone have rBGH. And this isn't a 'supplement.' This is a drug that revs up cow metabolism so high that they're typically burned out after two lactation cycles and slaughtered. Non-rBGH cows typically live four, seven, ten or more years."

 

The threat of rBGH to cows and humans alike encouraged Canada, Australia and parts of the European Union to ban Monsanto's recombined milk outright. As for the corporation's native United States, it has predictably signed off on another unproven growth opportunity with possibly lethal environmental side effects. They're in it for the money. And so the battle lines on the threat have been drawn, as North takes pains to point out, between "the FDA and those who follow them," and those who don't. "These proposed state bans or restrictions on rBGH-free type of labeling have nothing to do with protecting consumers," he asserts. "They have everything to do with protecting Monsanto's profits."

But that battle over labels and profits hasn't stopped Monsanto from creating its own press at home in the United States, where it infamously got two Fox News journos fired in 1997 for refusing to bend the truth about rBGH on the air. Yet, over the long term, the multinational's attention to press relations hasn't paid off so well. Medical authorities like Samuel Epstein and Robert Hare, quoted above, have targeted them from both the physical and psychological health perspective. Meanwhile, farmers and consumers across the world have demanded labels that differentiate the recombined milk from its naturally occurring counterparts on the store shelves. And they don't think it's too much to ask, given the facts.

 

Hoag is "accurate" when she argued "that there is no commercial test for this drug," North concedes. "But that's entirely different than saying there is no difference. Monsanto and its front groups have tried to equate the lack of a verifying lab test with the label being false or misleading. This is a non sequitur. There are all kinds of legitimate labels that aren't verified by lab tests, such as state or country of origin labeling, fair trade labeling, bottled water that is labeled as originating from a spring, and so on."

Monsanto, meanwhile, is bedeviling the details to distort the big picture. "Sure, the label can make a claim one way or the other," Hoag admitted, "but there is no way to verify that the claim is true. This is precisely why the labels are misleading. They make consumers believe there is a difference, when in fact there is none."

 

That sounds simple enough, but consumers don't seem to need or want Monsanto's mothering. In 2007, its efforts at an outright ban on rBGH-free labels in Pennsylvania were almost cleared for takeoff, until the state invited its citizens to publicly comment, which eventually doomed the move. That scenario has replayed itself across the United States in accelerated fashion with success.

"The issue looks pretty dead in Indiana and Ohio, and there are solid victories in Pennsylvania and New Jersey," explains Recipe for America's Jill Richardson, author of the forthcoming book Vegetables of Mass Destruction. "Utah and Kansas are probably going to revise their bills after their hearings, because of opposition."

This opposition comes in spite of Monsanto's funding of so-called grass-roots farming coalitions like the American Farmers for Advancement and Conservation of Technology -- also known as, cleverly enough, AFACT. Monsanto's public relations firm Osborn & Barr built a site for AFACT pro bono, knitting the two organizations together in a way that may not sit well in states currently pondering their own label bans. AFACT's attacks have virally replicatedintimidating critics and so on. across the nation, as farmers on Monsanto's payroll have taken to harassing their state legislatures in concert with the multinational's usual tactics at the federal level, such as forcing skeptical scientists off advisory panels,

But the assault has only met equally powerful resistance, as environmental awareness has driven the market into a recombinant-free zone. In the end, this might be Monsanto's last gasp in the fight.

 

"Monsanto has seen the writing on the wall in terms of consumer rejection of artificial growth hormones," claims National Family Farm Coalition policy analyst Irene Lin. "Consumers are becoming more aware and educated about what goes into their bodies and what their kids are drinking. And this is Monsanto's last-ditch, desperate attempt to maintain its profit. And they are hiding behind dairy farmers to do it."

 

But for every farmer who toes Monsanto's line, there are as many if not more, and not just in the United States, who are amassing in opposition to the multinational's attempt to change, and then patent, how America grows (and describes) its food. And behind them, in ever larger numbers, are consumers and stores themselves, who are demanding more, not less, information from those who produce the food.

 

"In the last year or so, some really big names have announced that they will only buy rBGH-free milk," explains Food and Water Watch's assistant director Patty Lovera, "including Chipotle, Starbucks, Tillamook and lots of supermarket house brands, like Kroger, Meiers and Publix. Even Kraft is going to do an rBGH-free line of cheese."

 

In the end, Monsanto's quibbling over labels has added up -- ironically enough, given all the text it has generated -- to censorship, pure and simple. And, as with past debacles like the aforementioned Agent Orange, PCBs and Terminator seed, they've established a pattern of stopping at nothing to increase not your health but their profits. At your expense.

 

"Absolutely nothing good could come from a ban on rBGH-free labeling," concludes Hansen. "More information is a good thing, and all these state actions are anti-consumer, restrict free speech and interfere with the smooth functioning of free markets."

 

Learn more about the ban on rBGH-free labeling and take action.

 

Scott Thill runs the online mag Morphizm.com. His writing has appeared on Salon, XLR8R, All Music Guide, Wired, The Huffington Post and others.

http://www.alternet.org/workplace/78660/?page=entire
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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 11:52
Cockroach Productions
3 mn 13 s - 30 oct. 2006
www.films4.org

A look at recent documentary footage of areas of Borneo and Sumatra that have been deforested in the name of development. Some facts that show that Indonesia's local people may not benefit from this 'development' in the way we might think.

Watch and be shocked. This is Indonesia today



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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 15:16
Le Grand Soir- Via Campesina
Rome, 14 Février 2008

.
tracteur.jpg


Une réponse à la crise mondiale
des prix alimentaires


Par Via Campesina
 





Photo: bellaciao.org/fr



Les consommateurs du monde entier ont vu les prix des denrées alimentaires de base augmenter d’une façon dramatique ces derniers mois, entraînant de grandes difficultés particulièrement au sein des communautés les plus pauvres. En un an, le prix du blé a doublé et celui du maïs a augmenté de 50%.Cependant la production n’est pas en crise. Les statistiques démontrent que la récolte de céréales n’a jamais été aussi abondante qu’en 2007 [1].
 

Les prix augmentent pour diverses raisons. D’abord, une partie de plus en plus importante de la production est actuellement détournée pour la fabrication d’agro-carburants ; les réserves mondiales d’aliments sont au niveau le plus bas depuis 25 ans suite à la dérégulation des marchés par l’OMC et certains pays exportateurs comme l’Australie ont connu de mauvaises récoltes en raison d’accidents climatiques. Par ailleurs, les prix augmentent parce que des entreprises financières spéculent sur l’alimentation du monde, misant sur la perspective d’une offre insuffisante. La production alimentaire, sa transformation et sa distribution tombent de plus en plus sous la coupe de compagnies transnationales qui monopolisent les marchés.

La tragédie des agro-carburants : ils nourrissent les moteurs, pas les peuples

 

Les agro-carburants, (les carburants produits à partir des plantes, de l’agriculture et des forêts) nous sont présentés comme la réponse à la crise pétrolière et au réchauffement climatique. Toutefois de nombreux scientifiques et institutions admettent aujourd’hui que leur pouvoir énergétique et que leur influence sur l’environnement seront limités ou carrément négatifs. Malgré cela, le monde économique se rue vers ce nouveau marché qui entre en compétition directe avec les besoins alimentaires des populations. Le gouvernement indien envisage de planter 14 millions d’hectares de Jatropha, La Banque inter-américaine de Développement estime que le Brésil dispose de 120 millions d’hectares qui pourraient être cultivés pour des récoltes destinées aux agro-carburants et le lobby des agro-carburants parle déjà de 379 millions d’hectares disponibles dans quinze pays Africains [2]. La demande actuelle de maïs pour la production d’éthanol représente déjà 10% de la consommation mondiale, ce qui fait monter les prix.

 

Les agro-carburants industriels sont une absurdité économique sociale et environnementale. Leur production devrait être arrêtée et la production agricole devrait être dirigée en toute priorité sur l’alimentation.

 

Tous les producteurs ne profitent pas de ces augmentations de prix

 

Les prix records des aliments frappent les consommateurs/trices, et contrairement à ce qu’on pourrait attendre, ils ne bénéficient pas non plus à tous les producteur/trices. Les éleveurs de bétail sont en crise suite à l’augmentation du prix des aliments pour bétail, les producteurs de céréales voient le prix des engrais augmenter et les paysans sans terres ainsi que les travailleurs agricoles se voient dans l’impossibilité d’acheter les aliments de base. Les agriculteurs/trices vendent leur production bien au dessous du prix que payent les consommateurs. La COAG, la Coordination espagnole des agriculteurs et des éleveurs a calculé que les consommateurs/trices espagnol(e)s payaient jusqu’à 600% de plus que le prix payé aux producteur/trices.

 

Les producteurs/trices et les consommateurs/trices ont besoin de prix justes et stables, et pas de l’instabilité actuelle. Les paysan(ne)s ne peuvent produire quand les prix sont trop bas, comme cela a souvent été le cas au cours des dernières décennies. Par conséquent ils ont besoin d’une régulation des marchés qui va à l’encontre des politiques de l’OMC.

 

Ce sont les entreprises agro-industrielles et la grande distribution qui profitent en premier lieu de l’augmentation des prix alimentaires actuelle parce qu’elles augmentent leurs prix bien au delà de ce qu’elles devraient le faire. Le prix des aliments descendra-t-il lorsque les prix agricoles baisseront ? Les grandes entreprises peuvent stocker des quantités de produits et les mettre sur le marché quand les prix sont élevés, ce qui leur permet de spéculer.

 

La "libéralisation" du commerce agricole provoque la crise

La crise actuelle montre bien que la "libéralisation" du commerce agricole entraîne la faim et la pauvreté. Les pays sont devenus très dépendants des marchés globaux. En 1992, les paysan(ne)s indonésien(ne)s produisaient assez de soja pour satisfaire la demande nationale. Le tofu et le ’tempeh’ produits à partir du soja constituent une part importante de la diète quotidienne dans l’archipel. En adoptant la doctrine néolibérale, le pays a ouvert ses frontières aux importations alimentaires, permettant au soja américain à très bas prix d’inonder le marché. Ceci a détruit la production nationale. Aujourd’hui 60% des fèves de soja consommées en Indonésie sont importées. En janvier dernier les prix records du soja des États Unis ont causé une crise nationale quand les prix du tofu et du ’tempeh’ (la "viande du pauvre") ont doublé en quelques semaines. Le même scénario se répète pour de nombreux autres pays comme pour la production de maïs au Mexique.

 

La dérégulation et la privatisation des mécanismes de protection ont également contribué à la crise actuelle. Les réserves nationales alimentaires ont été privatisées et sont maintenant gérées comme des multinationales. Celles-ci spéculent au lieu de protéger les producteur/trices et les consommateurs. De la même façon, les mécanismes de prix garantis sont démantelés partout dans le monde sous le dictat des politiques néolibérales, ce qui expose producteurs/trices et les consommateurs/trices à une instabilité extrême des prix.

 

Le temps de la Souveraineté Alimentaire est arrivé !

 

Devant les perspectives d’augmentation de la population mondiale jusqu’en 2050 et face à la nécessité d’affronter les changements climatiques, le monde devra produire plus d’aliments dans les années qui viennent. Les paysans et les paysannes sont capables de relever ce défi comme ils l’ont fait dans le passé. De fait, la population mondiale a doublé au cours des 50 dernières années mais les producteurs/trices ont augmenté la production de céréales à un rythme encore plus rapide.

Pour La Via Campesina, l’alimentation doit prévenir de l’agriculture paysanne durable afin de protéger la subsistance, les emplois et la santé des populations ainsi que l’environnement. La nourriture ne peut pas être abandonnée au contrôle des grandes entreprises du secteur alimentaire et de la grande distribution. Les OGM et l’agriculture industrielle ne fournissent pas d’aliments sains et continuent à détériorer l’environnement. Par exemple, la nouvelle "révolution verte" promue par AGRA en Afrique (nouvelles semences, engrais chimiques et grands programmes d’irrigation) ne résoudra pas la crise. Au contraire, elle l’aggravera. Par ailleurs, des recherches récentes montrent que les petites exploitations biologiques sont au moins aussi productives que les fermes conventionnelles. D’aucuns estiment même que la production alimentaire mondiale pourrait augmenter jusqu’à 50% grâce à l’agriculture durable. [3]

 

Pour éviter une crise alimentaire majeure, les gouvernements et les institutions publiques doivent adopter des politiques spécifiques afin de protéger la production de l’énergie la plus importante au monde : la nourriture !

Les gouvernements doivent développer, promouvoir et protéger la production locale afin de réduire la dépendance face aux marchés mondiaux. Cela implique le droit de chaque pays ou union à contrôler les importations et le devoir de mettre fin à toute forme de dumping alimentaire.

 

Ils doivent également mettre en place (ou maintenir) des mécanismes de régulation ou de gestion des marchés tels que la constitution de stocks de sécurité et des prix minimum garantis pour créer des conditions stables pour les producteurs/trices.

 

Selon Henry Saragih, co-ordinateur général de Via Campesina et leader du Syndicat des Paysans Indonésiens, "les paysan/nes ont besoin de terres pour produire et alimenter leur communauté et leur pays. Il est temps de mettre en oeuvre de vraies réformes agraires pour permettre aux familles paysannes de nourrir le monde".

 

Pour Ibrahim Coulibaly, président de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes (CNOP) du Mali : "Augmenter les importations alimentaires ne fera que nous rendre encore plus dépendants des fluctuations brutales, à la hausse ou à la baisse, des marchés mondiaux".

 

3-fermiers-dans-un-champ-de-ble.jpg

La Via Campesina estime que la solution de la crise actuelle des prix de l’alimentation réside dans la Souveraineté Alimentaire. La Souveraineté Alimentaire est le droit des personnes à une alimentation saine et appropriée aux cultures locales, produite par des méthodes écologiquement intelligentes et durables. Elle est aussi le droit des gouvernements à définir leurs propres politiques agricoles et alimentaires sans endommager l’agriculture d’autres pays.


Peinture:
jeanclaudegracia.com

Elle place les aspirations et les besoins de ceux qui produisent, distribuent et consomment la nourriture au coeur des systèmes de production et des politiques, plutôt que selon la demande des marchés et des corporations. La Souveraineté Alimentaire met en priorité les économies et les marchés locaux et nationaux. Elle garanti également l’autonomie de décision qui leur correspond. aux paysans et à une agriculture et à une production alimentaire gérée par des familles de fermiers.

 

- Pour de plus amples informations et pour des interviews à Rome de dirigeantes et dirigeants du mouvement paysan international :

 

Délégation de Via Campesina à Rome : +393487276117

International Operational Secretariat, Jakarta, Indonesia.

www.viacampesina.org


Plus de 860 millions de personnes souffrent de faim. 30 millions de personnes en meurent - Forum Souveraineté Alimentaire - Délaration de Nyéléni : Pourquoi nous battons-nous ?


alimenterre.jpg
1] Les Chambres d’Agriculture - France : http://paris.apca.chambagri.fr.

[2] Grain : www.grain.org.

[3] "Shattering Myths : Can sustainable agriculture feed the world ?" : www.foodfirst.org.

http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6038
http://www.viacampesina.org/main_fr/index.php?option=com_content&task=view&id=248&Itemid=1

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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 05:54

Univers-Nature
07.02.08

Les récentes condamnations de l'association Kokopelli, pour vente de semences non inscrites au catalogue officiel, ne sont pas passées inaperçues. Lors du controversé débat sur le projet de loi OGM, au Sénat, le nom de cette association a été cité à plusieurs reprises par quelques Sénateurs se prononçant en faveur d'une solution pour remédier à sa situation.


En effet, en vendant des variétés anciennes non-inscrites au catalogue officiel des espèces et variétés, Kokopelli se place dans l'illégalité alors que, la Secrétaire d'Etat chargée de l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, reconnaît que cette association '... contribue à la biodiversité'. A ce titre, même si la Secrétaire d'Etat considère que 'Ces variétés n'ont pas vocation à être cultivées de manière commerciale', elle estime à juste titre qu'il est nécessaire de renouveler leur stock (1). Aussi, pour elle, l'association Kokopelli '...remplit une mission de service public et sa condamnation pose problème'.





Pour mettre fin à cette 'situation absurde', pour reprendre les propos de N. Kosciusko-Morizet au Sénat, une évolution de la législation serait envisagée afin de permettre l'inscription gratuite d'une partie des semences diffusées par l'association.


Si pour Raoul Jacquin, porte-parole de l'association, la mobilisation des adhérents et sympathisants commence à porter ses fruits, tout en demeurant 'plus que jamais nécessaire et indispensable', la surprise est réelle face à la 'déclaration encourageante' de Nathalie Kosciusko-Morizet, alors qu'aucun retour n'a été fait aux demandes de rendez-vous effectuées auprès du gouvernement... Ajoutant que 'Le libre accès de tout un chacun, particulier comme professionnel, aux semences anciennes, reproductibles, en voie d’érosion génétique, n’est pas négociable.', R. Jacquin renouvelle publiquement sa demande de rendez-vous auprès du Ministre de l'écologie et de ses homologues de l'agriculture et des finances.



De son côté, le GNIS (2) dans un communiqué de ce jour, souligne que le catalogue officiel des espèces et variétés a été créé par l'Etat en 1932, à la demande des agriculteurs. Pour le groupement des professionnels de la semence, la polémique actuelle, autour de Kokopelli, empêche de se pencher sur les vrais problèmes et notamment le fait que 'l'Etat s’est largement reposé sur les semenciers et l’Inra (3) et n'a jamais mis les moyens nécessaires dans la conservation et la caractérisation des ressources génétiques'.

En matière d'inscription de variétés anciennes de légumes, la gratuité à... un coût!
D'autre part, pour le GNIS, le débat sur les variétés anciennes semble inutile sachant que, depuis 1997, ces variétés peuvent être inscrites sur une liste annexe avec un système d'enregistrement assoupli et quasiment gratuit, une procédure que la France serait la seule à proposer en Europe. Or, Raoul Jacquin, preuve à l'appui avec les récépissés de lettres recommandées expédiées dans la main, note que l'association n'a jamais eu de réponses aux demandes qu'elle a effectuées pour se mettre en conformité en inscrivant ses variétés.

Bref, une clarification législative serait assurément la bienvenue, ne serait-ce que pour la notion de gratuité de l'inscription au catalogue. Celle-ci apparaît en effet toute relative, le tarif 2007 indiquant un coût de 246,79 € par variété à inscrire...

Pascal Farcy

1- Dans un mode de conservation classique, toutes les semences ont une aptitude à la germination qui se réduit avec le temps. Par ailleurs, à l'heure du changement climatique, seule une conservation par culture peut permettre aux variétés de s'adapter aux modifications du climat.
2- Groupement National Interprofessionnel des Semences. Le Gnis représente l'ensemble des professionnels de la filière semences.
3- Institut National de la Recherche Agronomique.
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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 14:29
Le Monde Diplomatique
Février 2008

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par Marc Laimé


Plusieurs évènements attirent à nouveau l’attention sur la dégradation accélérée, et qui semble inexorable, des ressources en eau françaises. Les bilans officiels n’inclinent pas à l’optimisme.



Photo: clabedan.typepad.com



Une polémique naissante conduit à s’interroger sur la fiabilité des données environnementales, et notamment celles relatives à la qualité des ressources en eau. Contraint d’accélérer le pas face aux échéances fixées par la Directive cadre européenne sur l’eau, le gouvernement multiplie les effets d’annonce, interdit une trentaine de substances phyto-sanitaires, déclare souhaiter promouvoir l’agriculture biologique aux fins de sécuriser les captages d’eau potable… Dans le même temps, très discrètement, les grandes manœuvres préparatoires à l’adoption d’une nouvelle Politique agricole commune, qui agitent fortement la profession agricole, n’inclinent pas vraiment à l’optimisme…

 


 

La Cour de justice des communautés européennes vient à nouveau de condamner la France le 31 janvier 2008 pour non respect des directives communautaires relatives aux nitrates et aux pesticides, en Vendée, dans les Deux-Sèvres et en Charente.

 

Une véritable course de vitesse est engagée en Bretagne afin d’éviter une relance des poursuites, et l’exécution de la condamnation déjà effective dans le dossier nitrates. La France bénéficie d’un ultime sursis jusqu’en 2009, mais l’application des mesures décidées à la hâte l’an dernier n’incline pas à l’optimisme sur l’issue d’un contentieux qui empoisonne la Bretagne depuis 1995.

 

La Commission vient aussi d’adresser le 31 janvier 2008 une sévère injonction à la France, cette fois dans le contentieux relatif au non respect de la Directive eaux résiduaires urbaines (DERU), datant de 1991. Les enjeux sont colossaux puisque la France risque, sur ce seul dossier, une condamnation financière qui pourrait atteindre le milliard d’euros !

 
Pollution généralisée Retour à la table des matières
 

Dans le même temps l’Institut français de l’environnement (Ifen) vient de publier son dernier rapport sur l’état de la contamination des eaux par les pesticides à partir de mesures effectuées au cours de l’année 2005 dans les cours d’eau et les nappes souterraines.

 

Les données (par ailleurs contestées, nous y reviendrons) confirment la dégradation des masses d’eau par les produits phytosanitaires (engrais, pesticides). Aucun fleuve ou cours d’eau ne semble aujourd’hui épargné par la présence de molécules toxiques. Ainsi 91 % des points de mesure des cours d’eau détectent des pesticides, tout comme 55% des points de surveillance des nappes souterraines.

 

Les niveaux de contamination sont significatifs : 36 % des points de mesure en eaux de surface ont une qualité moyenne à mauvaise et 25 % des points de mesure en eaux souterraines ont une qualité médiocre à mauvaise. Pour ces dernières, la contamination représente souvent de plus graves conséquences notamment pour la ressource en eau potable.

 

En fait la dégradation des eaux semble inexorable. On sait que des modélisations permettent d’établir que les transferts des produits chimiques vers un aquifère s’effectuent sur de très longues durées, avec des temps de dégradation qui se comptent en plusieurs dizaines d’années, voire plus d’un siècle, après l’emploi des substances concernées, s’il s’agit par exemple de produits phyto-sanitaires.

 
L’activisme gouvernemental Retour à la table des matières
 

La France affiche officiellement un volontarisme résolu et multiplie les annonces tonitruantes.

 

A l’issue du Grenelle de l’Environnement un document ébouriffant, attribué à la Direction de l’eau et aux Agences de l’eau, traduit bien la schizophrénie ambiante. Publié en annexe (2) du rapport du Groupe de travail dédié à la biodiversité, il propose en effet un programme de mesures seules à même de permettre d’atteindre les objectifs de recouvrement de bon état des eaux à l’échéance 2015, comme nous y enjoint la Directive-cadre européenne sur l’eau. On mesure aisément à sa lecture (voir l’annexe 2 du rapport page 42) le gouffre qui sépare ces bonnes intentions affichées d’une réalité de jour en jour plus inquiétante.

 

Pour sa part le ministre de l’Agriculture et de la Pêche, M. Michel Barnier, annonçait le 29 janvier 2008 le retrait, avant le 1er février, de 30 substances « considérées comme les plus préoccupantes » et entrant dans la composition de plus de 1500 préparations commerciales de produits phytosanitaires.

 

Des OGM au bilan de la PAC, M. Barnier, avait annoncé, à l’occasion de ses vœux à la presse, ses « grands chantiers » pour l’année 2008. 
Dans ce contexte, et à l’occasion du deuxième comité d’orientation du plan Ecophyto 2018, le ministre a donc ordonné le retrait, « conformément aux engagements du Grenelle de l’Environnement » des autorisations des mises sur le marché (AMM) des préparations phytosanitaires contenant les 30 substances « considérées comme les plus préoccupantes.

 
Quelle "réduction" des pesticides ? Retour à la table des matières
 

S’agissant des stocks, les préparations ne seront plus autorisées à la distribution à compter du 30 avril 2008, et à l’utilisation par les agriculteurs à compter du 31 décembre 2008, à l’exception des préparations à base de Carbendazime, de Molinate et de Dinocap, pour lesquelles des solutions alternatives sont en cours d’évaluation à l’Agence française de sécurité des aliments (AFSSA), et devraient être disponibles pour la campagne 2009, précisait le ministère dans un communiqué.

 

La distribution des préparations contenant ces trois substances est ainsi maintenue jusqu’au 31 décembre 2008 et leur utilisation est maintenue jusqu’au 31 décembre 2009.

 

Cette décision constitue la première mesure du plan Ecophyto 2018. Dans le prolongement des décisions prises à l’issue du Grenelle de l’environnement, M. Barnier a installé le 15 novembre dernier le comité d’orientation du plan de réduction de l’usage des pesticides.

 

Il comporte deux volets : le retrait du marché dans les meilleurs délais au regard des solutions alternatives existantes, des produits contenant les 53 substances actives les plus préoccupantes, dont 30 avant la fin 2008 et l’élaboration d’un plan de réduction de 50% de l’usage des pesticides dans un délai de dix ans, « si possible ».

 

Cette deuxième mesure fera l’objet d’un plan élaboré sous la présidence de M. Guy Paillotin, secrétaire perpétuel de l’Académie d’agriculture. Il s’agit entre autres de définir ce que « 50% de réduction » signifie....

 

Le groupe d’experts, composé d’une quinzaine de membres, est chargé de formuler des propositions d’action sur les thématiques suivantes : définition d’indicateurs précis et consensuels pour assurer le suivi, évaluation des marges de progrès sur les substances et itinéraires techniques, mobilisation de la recherche, du développement et du transfert des méthodes alternatives et des systèmes économes en pesticides, formation des agriculteurs à l’utilisation des pesticides et professionnalisation des métiers de la distribution et du conseil phytosanitaire autour d’un objectif de certification et renforcement des réseaux de surveillance sur les bio-agresseurs et sur les effets non intentionnels de l’utilisation des pesticides avec une mise en transparence de la connaissance.

 

Ce plan devrait être présenté avant la fin du premier semestre 2008 au Président de la République.

 
Du bio pour protéger l’eau potable Retour à la table des matières
 

Pour ne pas être en reste, la secrétaire d’Etat à l’écologie, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet avait déclaré le 21 janvier dernier : « Je rêve qu’on ait en France une expérimentation du type de ce qui se fait à Munich. » Cette ville allemande a mis en place un programme incitant les agriculteurs travaillant sur des zones influençant les captages d’eau à se convertir à l’agriculture biologique.

 

On apprenait le 31 janvier la signature d’un partenariat d’une durée de 5 ans entre l’Agence de l’eau Seine-Normandie (AESN) et le Groupement des agriculteurs biologiques d’Ile-de-France. Il consiste à mener des actions préventives sur les bassins d’alimentation des captages d’eau potable et les zones humides, afin de limiter les traitements à réaliser pour rendre l’eau utilisable au robinet des usagers.

 

« L’agriculture biologique, de par son cahier des charges fondé sur le respect de l’environnement et les techniques agronomiques qu’elle développe, est une solution alternative et préventive pour la protection de l’eau et des milieux aquatiques », indiquait l’AESN dans un communiqué.

 
Rupture ? Retour à la table des matières
 

Sur le fond nombre d’experts s’accordent à considérer que seul le développement d’une politique de fort soutien à l’agriculture intégrée et/ou à l’agriculture biologique pourrait enrayer la pollution massive des ressources en eau.

 

L’agriculture intégrée se distingue de l’agriculture dite « raisonnée », où les agriculteurs ne traitent que si nécessaire, au moment le plus propice et avec une dose adaptée. L’agriculture dite intégrée recourt elle à des techniques alternatives, comme la lutte biologique, et utilise par exemple des coccinelles pour lutter efficacement contre les pucerons. Techniques davantage respectueuses de l’environnement. L’agriculture intégrée revendique donc de produire dans des conditions économiquement viables des produits de bonne qualité, respectueux de l’environnement et de la santé. La production intégrée se distingue toutefois de l’agriculture biologique car elle n’abandonne pas les méthodes classiques lorsqu’elles ont fait leurs preuves pour assurer des rendements corrects à l’agriculteur, en particulier lors d’années climatiques défavorables. Comme son nom l’indique, la production intégrée “intègre” tous ces éléments.

 

Ces démarches pourraient être complétées par l’instauration d’une taxe suffisamment dissuasive sur les pesticides pour les agriculteurs comme pour les particuliers.

 

Mais ici la schizophrénie affleure : l’annexe du rapport précité du groupe de travail « Biodiversité » du Grenelle de l’environnement propose ainsi de multiplier par 10 le montant de cette taxe, dont l’assiette et le taux ont pourtant été définis par le législateur, quand il a adopté la récente Loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006…

 
Protéger les captages Retour à la table des matières
 

Dans le même ordre d’idées, en écho au souhait récemment exprimé par la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, la protection des bassins versants alimentant des captages d’eau potable pourrait s’inspirer des initiatives qu’ont très tôt développé en France les grands minéraliers à Evian ou Vittel.

 

Les captages d’eau minérale Vittel sont en effet alimentés par un bassin versant de 5000 hectares de formations calcaires, vulnérables à la pollution. A la fin des années 70, la teneur en nitrates des cours d’eau et sources superficielles a brusquement augmenté. Les élevages laitiers du bassin avaient progressivement intensifié leur production et s’étaient diversifié en développant la culture du maïs.

 

Dès les années 1980, la société des eaux de Vittel a initié des études qui ont mis en évidence le rôle néfaste de la culture de maïs sur la préservation de la qualité des ressources en eau.

 

Elle a dès lors effectué d’importantes acquisitions foncières, et négocié avec les agriculteurs du bassin, contre indemnisation, un contrat imposant le respect d’un cahier des charges, les engageant à abandonner la culture du mais, à composter les déjections animales et à mettre un terme à l’utilisation de produits phytosanitaires.

 

Dans le courant des années 1990, la société fermière maîtrisait près de 50% des terres cultivées. Le coût total de l’opération a été de 24 millions € sur 7 ans, pour 3500 hectares, dont 9 millions € pour les achats de terrains et 3,8 millions € pour les investissements dans les exploitations.

 

Une opération qui témoigne que la mise en place de mesures agro-environnementales cohérentes peut conduire à des résultats significatifs sur un milieu naturel.

 

Ce type de démarche est appelé à se développer puisque on parle désormais de « parcs naturels hydrogéologiques », que nombre de collectivités locales commencent à leur tour à développer discrètement.

 

Et le thème est porteur, comme en atteste la Semaine des alternatives aux pesticides qui se déroulera en Alsace du 20 au 30 mars 2008. Ouverte au grand public qui pourra y accéder gratuitement, elle offrira dans les régions de Mulhouse, Guebwiller ou Haguenau un grand nombre de conférences, démonstrations de techniques alternatives aux pesticides, spectacles, expositions, ateliers de jardinage naturel, dont un grand nombre dans le cadre de « fermes ouvertes » (1).

 
Quelle réforme de la PAC ? Retour à la table des matières
 

Ce bouillonnement d’initiatives ne doit toutefois pas faire illusion. L’avenir des ressources en eau dépend étroitement des évolutions d’un modèle agricole productiviste, qui a connu son achèvement avec les avatars successifs de la Politique agricole commune (PAC).

 

La dernière réforme de la PAC en juin 2003 avait instauré le principe d’un « bilan de santé » de la PAC à mi-parcours. Cet exercice d’autoévaluation doit être conclu en décembre 2008, autrement dit sous la responsabilité de la présidence française à la tête de l’Union européenne.

 

Pour préparer cet exercice, le ministère de l’Agriculture vient de lancer un débat afin que les acteurs de terrain participent à la réflexion sur cette évolution.

 

Infiniment moins médiatisé que le Grenelle de l’Environnement, c’est sous l’autorité des préfets, et dans le cadre de sessions organisées dans chaque département par les Chambres d’agriculture que le débat va se tenir entre le 30 janvier et le 11 février 2008...

 

Dix jours pour "consulter" la profession agricole sur l’avenir de la PAC, tous les records sont battus !

Lire la suite sur le n° de février du Monde diplomatique


http://blog.mondediplo.net/2008-02-01-Eau-agriculture-et-pollution-espoir-ou-impasse

Articles sur l'eau sur le site:


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16 janvier 2008 3 16 /01 /janvier /2008 14:43

Internationalnews

Legrandsoir.info

abeilles03.jpg
La France va autoriser
un nouvel insecticide
grand destructeur
d’abeilles

par la Confédération Paysanne


8 janvier 2008.






Photo:
sophie-g.net/photo/nature/pct/abeilles


Au mépris des décisions prises lors du Grenelle de l’environnement en matière de réduction de l’usage des pesticides
, la France s’apprête à autoriser le traitement des semences de maïs par un insecticide systémique très dangereux, le « Cruiser ».


Cette autorisation serait accompagnée de restrictions préconisées par l’AFSSA qui sont significatives du haut niveau de risque pour les abeilles et d’autres insectes pollinisateurs, pour l’environnement et la santé humaine :

- interdiction d’utilisation sur du maïs destiné à la consommation humaine et aux lignées mâles de maïs semence,

- un seul traitement tous les trois ans sur la même parcelle,

- interdiction de toute culture présentant un intérêt apicole, pendant un an, sur toute parcelle traitée…

Le Ministre de l’Agriculture ne dit pas comment leur application sera garantie, alors que nous avons constaté en 2007, l’impossibilité de vérifier le respect des préconisations comparables concernant les cultures OGM. De plus, une des principales restrictions proposées par l’AFSSA - pas de parcelle traitée à moins de trois Kms de ruches- semble oubliée.

Si des maïsiculteurs ont des problèmes de gestion des parasites, cela est dû à leurs méthodes de travail : culture de maïs, année après année, sur les mêmes parcelles au mépris des règles agronomiques les plus élémentaires. Ce comportement est dicté par la facilité et par l’appât du gain, la culture du maïs étant une des productions les plus subventionnées par l’Europe.

Contrairement à ce que nous font croire le lobby des maïsiculteurs de l’AGPM-FNSEA et les fabricants de pesticides, d’autres modes de protection efficaces contre les insectes, sans recours systématique aux insecticides chimiques, existent.

La Confédération paysanne exige l’interdiction des traitements de semences insecticides systémiques, ceux-ci étant néfastes pour l’apiculture, l’environnement et la santé publique.

La Confédération paysanne s’opposera fermement à toute décision autorisant la mise sur le marché d’un produit aussi dangereux que le « Cruiser ».

- Contact :

Jean Sabench, Commission « Pesticides » : 06 76 62 93 89
Bertrand Théry, Responsable de la Commission « apicole »
Jacques Pasquier, Secrétaire national : 06 72 44 14 83

- Source : Confédération Paysanne www.conferationpaysanne.fr

- Les apiculteurs s’inquiètent pour leurs abeilles, après l’autorisation d’un nouvel insecticide, Le Monde, 9 janvier 2008.

Dossier - Pesticides : pas de réduction sans volonté politique.

De plus en plus d’études mettent en évidence les effets néfastes des pesticides sur la santé humaine : tumeurs cérébrales, capacités cognitives, maladies neurologiques, etc.…Notre environnement est de plus en plus pollué. L’eau, les sols, l’air : partout des traces de pesticides sont observables. Il est temps de réagir. (...)

Les ministres de l’Agriculture et de l’Environnement ont commandé en 2005 une expertise à l’Inra et au Cemagref sur « Pesticides, agriculture et environnement ». Le constat est accablant : pour améliorer efficacement la situation, il faut repenser les modes de production, en se préoccupant de la santé globale du système et non pas uniquement de la santé de la plante. Il est précisé aussi que l’agriculture raisonnée, espoir de l’agrochimie et des pouvoirs publics, ne peut guère apporter d’amélioration.

Administrations, industriels, associations professionnelles majoritaires ont très mal accueilli cette expertise scientifique.

Nous devons nous l’approprier et l’utiliser pour exiger une réorientation de la recherche publique vers des systèmes de production moins consommateurs de pesticides.

Jean Sabench, apiculteur dans l’Hérault


Lire le dossier www.confederationpaysanne.fr

Vidéo. Alerte : en Europe, 90% de l’activité biologique des sols cultivés a été détruite par l’agriculture intensive, la terre est en train de crever...

Oui, l’ agriculture biologique peut nourrir et protéger la planète. Et c’ est la FAO qui l’ affirme.

 

Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-15705648.html

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