11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 12:58
WSWS
5 janvier 2008

Irak-Enfants-1.jpg
La réduction
des rations alimentaires
menace l’Irak
de malnutrition sévère
et de famine


Par James Cogan

 






Photo: interet-general



Alors que sévissent déjà malnutrition, inflation incontrôlée et chômage de masse, le ministère irakien du Commerce se prépare à restreindre la fourniture d’aliments et de produits hygiéniques de base subventionnés dans le cadre du Système de distribution public (Public Distribution System- PDS).

 

Le ministère a insisté pour dire que ces restrictions étaient inévitables parce qu’on ne lui avait pas promis un budget adéquat pour 2008. Mohammed Hanoun, chef de cabinet au ministère du Commerce, a dit à l’agence de presse Al-Jazirah le mois dernier : « En 2007 nous avons demandé 3.2 milliards de dollars dans le but d’organiser la distribution des produits alimentaires de base. Mais comme le prix des aliments importés a doublé en un an, nous avons demandé 7,2 milliards de dollars. Notre demande a été refusée.»

 

Le ministre du Commerce, Abid Falah al-Soodani a dit au parlement irakien : « Puisque nous ne disposerons pas du soutien financier du gouvernement l’an prochain, nous allons réduire les produits de 10 à 5 et les quantités des autres produits ne seront pas les mêmes que cette année et que dans les années passées ».

 

Selon Al-Jazirah les premières modifications dans ce sens prendront effet ce mois-ci. Les produits de base comme le lait maternisé, le thé, les pois chiches, le savon et les détergents courants ne seront plus distribués. Seuls la farine, le sucre, le riz, l’huile alimentaire et le lait en poudre seront disponibles. La quantité mensuelle de ces produits tombera, selon l’agence de presse de l’Onu, IRNI, à tout juste 9 kilos de farine, trois kilos de riz, deux kilos de sucre, un litre d’huile alimentaire et 250 grammes de lait en poudre par membre d’une famille disposant d’une carte de rationnement.

 

Une modification supplémentaire sera introduite en juin. Un contrôle du revenu sera introduit qui enlèvera à tous ceux qui ont un emploi leur donnant salaire modeste la carte de rationnement nécessaire pour bénéficier de cette assistance mensuelle. On estime à 5 millions le nombre de personnes qui n’auront plus ainsi accès au PDS.

 

Le PDS a été introduit par le régime Baathiste sous Saddam Hussein pour répondre à court terme aux sanctions imposées par les Nations unies pendant la guerre du Golfe de 1990-1991. L’assistance alimentaire s’est poursuivie après cette guerre orchestrée par les Etats-Unis, l’Onu refusant de lever l’embargo commercial parce que l’Irak devait alors prouver qu’il avait détruit ses « armes de destruction massive » chimiques ou biologiques.

 

A la fin de 1996 l’Onu, réagissant aux protestations à propos du coût humanitaire de ces sanctions, introduisit le programme « pétrole contre nourriture » sous lequel on permit à l’Irak de vendre une certaine quantité de pétrole, le produit pouvant être utilisé pour acheter des aliments et des produits de première nécessité, pour payer les réparations au Koweït ou pour financer les frais administratifs engendrés par les inspections d’armes de l’Onu.

 

Si le programme du rationnement alimentaire contribua à empêcher une famine de masse, l’Irak fut néanmoins incapable d’acheter des médicaments essentiels, ce qui entraîna une augmentation drastique de la mortalité infantile et une forte chute générale de l’espérance de vie. On estime que le régime des sanctions a causé, entre 1991 et 1998, la mort d’un million d’Irakiens y compris un demi-million d’enfants.

 

Denis Halliday, un des responsables chargés d’imposer le régime des sanctions à l’Onu, démissionna de ses fonctions en octobre 1998, déclarant : « Nous sommes en train de détruire toute une société. C’est aussi simple et aussi effrayant que cela. C’est illégal et c’est immoral ».

 

Au moment de l’invasion de mars 2003, quasiment toute la population irakienne était dépendante du programme de rationnement pour satisfaire à ses exigences alimentaires de base. L’occupation militaire américaine ne pouvait par conséquent guère faire autrement que de continuer ce programme. Elle a cependant lamentablement échoué pour ce qui est de le rendre accessible à la population.

 

En 2004, une étude réalisée par le World Food Program (WFP) trouva qu’au moins 6,5 millions d’Irakiens dépendaient fortement du programme de rationnement alimentaire et qu’outre ceux-ci, 3,9 millions de personnes souffriraient d’« insécurité alimentaire » si elles en étaient exclues. Le WFP estima qu’au moins 27 pour cent des enfants irakiens souffraient déjà de malnutrition chronique. Beaucoup parmi les Irakiens les plus pauvres ne consommaient pas leur ration, mais ils en vendaient une partie sur le marché pour les aider à obtenir l’argent nécessaire à l’achat d’autres choses essentielles, comme les habits ou le loyer.

 

Trois ans plus tard, l’organisme de charité Oxfam International estime que seuls 60 pour cent des Irakiens sont encore en mesure d’obtenir leur ration, contre 96 pour cent en 2004. Des problèmes de sécurité empêchent un grand nombre de gens de se rendre dans les centres de distribution proches de chez eux. Des milices ethniques et sectaires, promues par les forces d’occupation américaines, se servent de l’assistance alimentaire pour entretenir leurs systèmes de patronage. Le WFP a annoncé cette année qu’il essaierait de fournir une aide alimentaire d’urgence à plus de 750.000 Irakiens chassés de chez eux par la violence et qui n’ont pas accès au PDS.

Certaines choses manquent dans beaucoup de centres de distribution à cause des retards dans les livraisons et aussi à cause du vol généralisé, si bien que ceux qui peuvent avoir accès à ces centres ne peuvent les obtenir. La quantité de nourriture disponible est tombée de 35 pour cent sous l’occupation américaine, selon certains experts cités par l’agence de presse onusienne IRIN. La qualité des aliments a elle aussi fortement diminué et les gens doivent à présent consommer des produits de qualité inférieure ou ayant dépassé la date limite de consommation.

 

En même temps la misère sociale est omniprésente. Le chômage officiel est de 17,6 pour cent, 38,1 pour cent de la main-d’œuvre étant classée comme sous-employée. L’inflation annuelle est estimée à plus de 20 pour cent, alors qu’elle était de 52,8 pour cent en 2006, année où le gouvernement a aboli un subventionnement du pétrole permettant aux Irakiens de payer l’essence et le gazole à des prix parmi les plus bas au monde. Oxfam estime qu’au moins quatre millions de personnes vivent dans une situation que cette organisation qualifie de « pauvreté absolue ».

 

La réduction de l’aide alimentaire ne fera que renforcer les immenses difficultés auxquelles fait face la population irakienne. Un travailleur de la santé dit à Dahr Jamail, du Service International de presse (IPS), le mois dernier : « Ma femme et moi avons cinq garçons et six filles si bien que la ration nous coûte cher quand il faut l’acheter. Je ne peux pas payer à la fois la nourriture et d’autres choses comme l’école, les vêtements et le docteur. »

 

Dans les couches les plus démunies de la société irakienne, des centaines de milliers de gens sont menacés de malnutrition et de famine pure et simple. Une mère de deux enfants de Bagdad a dit ainsi à Al-Jazirah : « s’ils réduisent la quantité des rations alimentaires, nous seront à la rue car l’argent pour payer les factures devra servir à payer la nourriture. Si on nous considère aujourd’hui comme une famille pauvre, demain nous seront considérés comme vivant dans la misère absolue ».

 

Un homme au chômage a dit à cette agence de presse : « réduire le nombre de produits subventionnés fera de mes fils des enfants sous-alimentés et nous mettra dans une pauvreté pire que tout ce que nous avons vu jusque là ». Mohammed Falah Ibrahim, un expert en alimentation travaillant pour le ministère de la Santé, avertit : « Il devrait y avoir un plan complémentaire mis en place afin de garantir que l’aide financière atteint les familles pauvres qui seront touchées par ces mesures, sinon beaucoup d’Irakiens pourraient mourir de faim. »

 

On presse par ailleurs le gouvernement du premier ministre Nouri al-Maliki de fournir des finances suffisantes dans le cadre du prochain budget pour maintenir le programme d’aide alimentaire.

 

Ali al-Sistani, le principal religieux chiite, qui est sensible aux dangers représentés par le mécontentement social parmi la population chiite pauvre des villes, a demandé à ce que le changement du système de rationnement alimentaire soit annulé. Son porte-parole, Abdulmahdi al Karbalaai a dit au journal Azzaman le 6 décembre « [le gouvernement] sait-il que 60 pour cent du peuple irakien dépend de la ration alimentaire ? Qu’arrivera-t-il à ces gens si le gouvernement réalise son plan ? La souffrance augmentera et la famine s’installera en Irak ».

 

Le gouvernement Maliki dit qu’il ne peut pas trouver l’argent supplémentaire pour nourrir la population, mais son budget de 2007 a alloué 7,3 milliards de dollars à la construction d’un appareil militaire et policier pour assister l’armée américaine dans la répression de l’opposition à l’occupation, ce qui représente une augmentation de quelque 150 pour cent.

 

L’administration Bush, qui est responsable de l’existence de cette catastrophe sociale et qui dépense quelque 15 milliards de dollars par mois pour maintenir ses forces d’occupation en Irak et en Afghanistan, ne fournit qu’une aide humanitaire dérisoire.

http://www.wsws.org/francais/News/2008/jan08/Irak-j07.shtml

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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 19:14

Univers-Nature

vente-tomates-anciennes.jpg2 poids/2 mesures
pour les fruits et légumes
anciens

En matière de fruits et légumes, du point de vue de la législation, il existe 2 types de variétés : celles qui sont inscrites au catalogue officiel (1) et celles qui ne le sont pas. Sur ce principe, seules les premières sont autorisées à un usage professionnel, empêchant de fait la commercialisation des secondes (sauf pour la vente aux amateurs de certaines semences potagères).


Tomates Cœur de bœuf et Noire de Crimée en vente dans un supermarché


C’est entre autres sur cette base que Kokopelli, une association qui œuvre à la conservation/diffusion des semences anciennes, fait actuellement face à 2 procès pour 'vente de semences non inscrites', le premier étant intenté par le GNIS (2) et la FNPSP (3), le second par la société Graines Baumaux. Si au regard de la loi, il ne semble n’y avoir rien à redire, en y regardant de plus près, et sans préjuger des verdicts qui seront énoncés, plusieurs points soulèvent des questions.

 

En effet, l’association, preuves à l’appui avec des tickets de caisse et photos de rayons de légumes envoyés par ses sympathisants (4), met en avant que plusieurs variétés anciennes, 'interdites' à l’usage professionnel, sont commercialisées, notamment en supermarchés. Ainsi, dans un communiqué Kokopelli s’étonne que ces structures '…puissent commercialiser impunément sur leurs étalages ces variétés' quand, dans le même temps elle est poursuivie en justice pour distribution de variétés anciennes non inscrites au catalogue officiel et que son Président voit son compte bancaire personnel bloqué depuis le début du mois de décembre, dans le cadre du procès du GNIS et de la FNPSP. Or, pour l’avocate qui représente l’association en Cour de Cassation, ce blocage est illégal puisque l’appel devant cette Cour est suspensif…


Par ailleurs, alors que Kokopelli doit répondre de la 'vente de semences non inscrites', l’avocat de l’association aurait démontré que la société Graines Baumaux '…fait exactement ce qu’elle reproche à Kokopelli, en proposant dans son catalogue des semences non inscrites au catalogue national'…


A l’heure du réchauffement planétaire et du débat sur les OGM, ce dossier 'Kokopelli' peut paraître dérisoire de par son importance. Néanmoins il est symbolique des choix arrêtés, lesquels font la part belle à une agriculture productiviste à outrance, quitte à jouer avec le feu quant à son impact environnemental et à l’alimentation de la planète à l’heure du réchauffement climatique.


Pascal Farcy
Photos © Kokopelli
1- Ce catalogue fait l'objet de nombreuses modifications chaque année, avec la disparition régulière de variétés anciennes, peu demandées, au profit de nouvelles obtentions généralement hybrides.
2- Groupement National Interprofessionnel des Semences.
3- Fédération nationale des professionnels des semences potagères et florales.
4- Vous pouvez soutenir l'association Kokopelli en participant à la campagne Robin des Semences et/ou en y adhérant.
 
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2906
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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 17:55
Tuna stocks in the Pacific Ocean are under serious threat from overfishing by foreign industrial fishing fleets. The Solomon Islands - as one of the countries affected - is planning to take the control over these resources in their own hands.

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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 21:01
Votre Santé:
http://www.votre-sante.com/news.php?dateedit=1191478955&page=


salade.jpg

L
es fermiers se plaignent depuis des années des bas prix. L’équilibre est-il rétabli aujourd’hui?

Dirk Barrez. Ce ne sont pas en premier lieu les fermiers qui s’en portent mieux. Ils restent pour un part importante dépendants des intermédiaires entre eux et le consommateur : les acheteurs en gros, les fabricants et les distributeurs.


Photo:
www.monblog.ch


Considérons les céréales, toujours le principal produit agricole, et nous verrons que quasiment tout le grain produit sur terre est acheté par trois grosses entreprises : Cargill, ADM et Louis Dreyfus. Le paysan n’a guère le choix, évidemment. Ces entreprises exercent un contrôle écrasant sur le marché.

Ce sont elles qui font les prix ?

Dirk Barrez. Pas uniquement. Avec l’industrie de transformation, qui conditionne les denrées de base que nous retrouvons dans les (chaînes de) magasins, ça ne se présente guère mieux, puisque là aussi, seuls quelques géants, comme Nestlé et Unilever, contrôlent le marché. C’est toutefois le secteur de la distribution, les grands magasins, donc, qui ont aujourd’hui le plus de pouvoir, et de loin. Ainsi, 8 % des achats de nourriture de la planète se font chez Wal-Mart, la multinationale américaine. Cela leur donne un énorme pouvoir pour extorquer des marges bénéficiaires avantageuses.

Vous défendez l’idée que les paysans doivent obtenir de meilleurs prix pour leurs produits. En fin de compte, ça va encore être facturé au consommateur, non ?

Dirk Barrez. De meilleurs prix pour les paysans, cela ne signifie pas nécessairement des prix plus élevés pour les consommateurs. La libéralisation du marché mondial a débouché sur des baisses de prix pour les fermiers, mais aussi sur une hausse de prix pour le consommateur. La différence est passée chez les intermédiaires. Bel exemple, l’industrie du café. Jusqu’il y a quinze ans, il y avait les accords du café, qui faisaient que les paysans avaient un revenu prévisible. Entre-temps, la suppression de ces accords a non seulement fait que les paysans reçoivent deux fois mois pour leur café, mais que les consommateurs paient aussi deux fois plus.

Aux États-Unis, une étude a montré qu’entre 1970 et 2000, le revenu des fermiers a baissé de 20 %, mais que les prix payés par le consommateur ont augmenté en moyenne de 35 %.

Que peut-on faire contre le pouvoir de ces multinationales ?

Dirk Barrez. Je ne comprends pas que les autorités américaines ou que l’Union européenne permettent une telle concentration du pouvoir économique. Au début du siècle dernier, même Standard Oil (Esso)1 a été obligé de se scinder. Aujourd’hui, manifestement, plus personne ne se pose de questions sur le pouvoir d’entreprises comme Wal-Mart. En outre, il existe également des initiatives au sein desquels fermiers et consommateurs essaient d’entrer en contact, sans les intermédiaires. Ainsi, à Rennes, en France, il existe nombre de magasins paysans vendant des produits locaux et où l’on a un choix de denrées tout aussi diversifié que dans les autres supermarchés, mais à des prix concurrentiels.

1 Une multinationale pétrolière américaine qui, au début du siècle dernier, détenait presque la totalité du marché mondial. En 1911, la Cour suprême des Etats-Unis obligea Esso à se scinder en 34 sociétés indépendantes.

Les réserves alimentaires au niveau le plus bas depuis des années

Les variations de prix sur le marché mondial touchent de plein fouet 2 à 3 milliards de petits producteurs dont la totalité du revenu dépend des lubies du marché.

Vous êtes contre le libre marché des produits agricoles. Ses partisans prétendent toutefois qu’il est garant d’efficacité et de prix bas.

Dirk Barrez. Je ne suis pas contre toute forme de fonctionnement mondial du marché. Pour l’alimentation, c’est toutefois loin d’être évident. Dans ce secteur, en effet, des variations minimes dans l’offre et la demande ont des conséquences énormes sur les prix et, partant, sur les revenus des paysans, soit, en gros, entre 2 et 3 milliards d’humains. Il est en plus très malaisé de faire concorder l’offre et la demande.

Si la demande de pommes baisse brusquement, le paysan ne peut demander à son verger de produire un peu moins. Les oscillations de prix sont bien trop grandes, ce qui rend très imprévisible et incertain le revenu de quasiment la moitié de l’humanité. Et même si, pour l’instant, les prix montent, généralement, ils baissent et ils sont même si bas qu’ils provoquent la faim et la pauvreté chez des centaines de millions de paysans. De plus, c’est également un secteur qui est vital pour toute l’humanité et où il serait donc bienvenu qu’il y ait un certain contrôle.

Vous considérez l’agriculture comme un secteur crucial pour le développement d’un pays. Pourquoi?

Dirk Barrez. Si nous examinons les derniers siècles, nous voyons que chaque, mais alors chaque pays riche, dans sa phase de développement, a protégé son marché agricole. Cela vaut aussi bien pour la Grande-Bretagne au 18e siècle que pour le développement récent de la Chine. Tous ces pays ont pu mener à bien leur industrialisation grâce à un secteur agricole productif et protégé.

Aujourd’hui, on prive toutefois les pays du tiers monde de cette possibilité par les réglementations de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Au nom du libre marché, l’OMC interdit à ces pays de protéger leur marché. Le résultat, c’est que, par exemple, pour le grain, les paysans sont confrontés depuis soixante ans à une baisse structurelle des prix. Nous parlons d’une baisse fois cinq ou fois six des prix. Il n’est donc pas étonnant que bien des paysans fuient les campagnes pour les villes, où ils occasionnent une pression vers le bas des salaires des travailleurs. S’ils ne trouvent pas de travail dans les grandes villes de leur pays, la prochaine étape consiste à émigrer vers l’Occident. Les prix bas que les paysans reçoivent pour leurs produits représentent donc un problème pour les populations urbaines.

Vous voyez des solutions possibles ?

Dirk Barrez. D’après moi, l’agriculture ne peut être une compétence de l’OMC, mais bien des Nations unies. Je suis pour la création de marchés régionaux où la concurrence fonctionnerait déjà de façon plus honnête qu’actuellement sur le marché mondial. Par régionaux, j’entends au niveau continental comme, par exemple, l’Europe, l’Afrique occidentale ou le Brésil. Actuellement, 88 % des céréales sont traitées au niveau régional, mais ce sont les 12 % sur le marché mondial qui déterminent les prix de toutes les céréales.

Il faut également davantage de contrôle sur l’approvisionnement en nourriture. Les médias parlent souvent aujourd’hui du problème de l’énergie, mais ne disent jamais, par exemple, que les réserves sont au niveau le plus bas depuis des années. Sans pétrole, les choses ne vont déjà pas être faciles, mais sans nourriture, là, alors…

Livre paru seulement en néerlandais
Dirk Barrez, Koe 80 heeft een probleem. Boer, consument, agro-industrie en grootdistributie (La vache 80 a un problème. Paysan, consommateur, agro-industrie et grande distribution), disponible en néerlandais seulement, 251 p., Éditions EPO, 19 euros.


Source : MichelCollon Info
http://www.ptb.be/scripts/article.phtml?lang=2&obid=35379
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23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 21:29
Criminologists have long recognized that premeditated, sadistic treatment of animals is a strong predictor of criminal and homicidal violence...
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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 09:45
http://www.downtoearth.org
VOL 15 ,NO 6   Wednesday, August 02, 2006


bookcover.jpg

Headline : The street fight

Intro:Three years have passed since the day we released our first study on pesticides. The government reduced excise duty on soft drinks in this year’s budget. The market is looking up. But the standards recommended were blocked by powerful interests in the government. The CSE team presents the inside story


Our world changed a little when we published the study on pesticide residues in soft drinks. In the work we do, fights go with the territory. We need to challenge institutions — government and private — in the public interest. What we had not anticipated, however, was the sheer power and the virulence of the attack. The fact is that the two companies affected — Coca-Cola and PepsiCo — were incidental to our story on pesticide contamination and the need for food standards to regulate safety. The fact that two us multinationals were involved was a mere coincidence. But not for them.

The first attack was on our laboratory — they questioned the data analysis, our capabilities, our equipment and then as it got nastier, they resorted to personalised attacks on us and our integrity. Their favourite ploy was to dismiss us as a pawn in a conspiracy hatched by Europe (because we get funds from multilateral and bilateral agencies) to destroy the good name of us companies. But this was not all. We heard rumours of phone calls from Colin Powell, then us secretary of state, to the prime minister’s office. We heard of Washington DC-based high-priced lawyers (lobbyists) flying down to cajole the powers here. We heard of intense activity in corridors in which we have no place.

We sensed the tables had turned against us. We knew when we had visits from the grey-clad men from the Intelligence Bureau to check on us. We knew when we were asked to submit to the government data on 20 years of accounts, 20 years of our funding data, 20 years of detail on every staff member who has worked with us, along with their addresses. The strategy, we knew, was to trip us — somehow. The final straw came when the swadeshi -oriented health minister Sushma Swaraj of the National Democratic Alliance government took their side. We say this not because of the study she ordered to check our data, not because of her statement in parliament regarding the study of two scientific institutions and the variation in data gathered by them and us. We say this because she carefully crafted her speech to sneak in the phrase “within safety limit”. In other words, the drinks were safe. A clean chit had been given.

We also say this because she drafted the terms of reference of the Joint Parliamentary Committee (jpc) that investigated the matter to turn it into an enquiry against us. The 15-member jpc was to investigate if the “recent findings of the Centre for Science and Environment (cse) regarding pesticide residues in soft drinks are correct or not”. In other words, we were in the dock, not the cola companies. The rest is history. The jpc was created to bury us, but it ended up vindicating our study. It endorsed our position that the country needed health-based standards for food and water security (see ‘Democracy must be worked at’, Down To Earth, February 29, 2004).

What after that?

We Indians are a cynical lot. Perhaps we have reason to be. We believe that little will be done, nothing will really improve and that the rich and powerful will get away with murder (in a manner of speaking). It is not all that wrong as well. Take the cola-pesticide wars. The story may have inspired a Bollywood movie — Corporate — but it has done little else. Even as the jpc was deliberating on its report, the two cola giants launched perhaps the biggest ad blitz in the country. Top stars, from Aamir Khan to Shahrukh Khan, were hired to reassure us that the drinks were safe. They mocked our study. They derided our message of safety. They danced and sang to seduce us to go back to colas. But that is their job. They are paid actors. The problem was that the regulator — the government — abdicated its role.


Three years have passed since the day we released our study. The market for colas, we are told, has recovered from the pesticide-controversy blip. The government of the day is favourably inclined towards promoting this habit. In this year’s budget, an excise duty cut has made the cola giants more profitable. The market is looking up. We have no complaints.

But where we have a bone to pick is that even as the drinks are back in our homes, nothing has been done to implement the recommendations of the jpc. The standards that needed to be set to regulate their safety have been lost in committees or blocked by powerful interests in the government. The cola-pesticide issue has become one more action-not-taken story.


What now?

But battles, as we said, go with our territory. We are dogs with a bone — we won’t give up. The reason is not egoism or arrogance. The reason is simple: we believe in this nation’s democracy. For the past three years, we have worked within the system to discuss and formulate safety standards for these products. We have worked with the process. We have found it works. We found in this process that the integrity of top scientists could not be compromised. But we also found that the process could easily be manipulated by the bureaucracy.

This is why we are taking this issue back to you. We are releasing the study — Coke-Pepsi-Pesticide ii — so that you who are wooed by the companies can exercise your choice.

Our reason is simple: if soft drinks contain a cocktail of pesticides above stipulated standard, they are unsafe. The companies say there are no stipulated standards. The reason is simple: they don’t allow standards to be formulated. The companies say milk and vegetables have more pesticides than colas. But milk and vegetables also have nutrition. They give us something in this poison-nutrition trade-off. We get nothing with colas. Just pesticides. Harmful and deadly.

As we write this, we don’t know how we will be attacked this time. We are sure, given past experience, that it will be vituperative and powerful.

We don’t know if we will survive. But we know that the issues we are concerned with will gain strength. They are too important to be knocked around by a few companies, even if they are the world’s most powerful ones. These issues concern our bodies. Our health.


---------- Soft stand ----------

Private interest rules public roost

On March 29, 2006, the Drinks and Carbonated Beverages Sectional Committee or FAD 14 of the Bureau of Indian Standards (bis) was meeting in New Delhi. For the past 20-odd meetings, held over the past three years, the committee had deliberated on the standards for carbonated beverages. When it last met in October 2005, at the Defence Food Research Laboratory, Mysore, the committee had finalised standards. At the March meeting, the committee was asked to re-confirm its decision

Even as the meeting began early morning, a letter was presented to the committee. The letter, dated March 29, 2006 — the date of the meeting — written by the secretary of the Union ministry of health and family welfare, to the secretary of the Union ministry of consumer affairs, asked bis to defer setting standards.The health secretary wanted this done because he said that a national-level expert committee on pesticide residues in sugar was to meet shortly to discuss its interim report. It also wanted more data to be collected on other parameters — caffeine, ph — before standards could be set. What he did not say was that this committee had been set up after the jpc report over two years ago and that it was still only considering preliminary findings and that his ministry had not set a time period to finalise standards.

Perhaps not too oddly, this letter, which parroted the position of industry, was timed so strategically. Its value to the attempts of soft drink majors to stall standards was immense. But what was bizarre was that the letter was dated March 29, which meant that the health secretary must have dispatched it on the day of the standard-setting meeting, and with amazing speed it cut through all government channels to reach the desk of the secretary, consumer affairs, to be routed to the bis headquarters some 5-6 km away. And completely inexplicable was the soft drink companies’ knowledge about not just the existence but also the contents of the letter. But then the stakes were high.

For the past three years, soft drink companies and their industry associations had fought tooth and nail against setting up a final product standard. In August 2003, when cse had released its findings on pesticide residues in soft drinks, it had made one fact clear: there were no standards for the quantity of pesticides allowed in the soft drinks and that these products worked outside the ambit of the regulators. The jpc endorsed cse’s scientific analysis and directed that standards should be set. The objective was clear: to set final standards and to regulate the product for public health.

Since then, two processes have been underway. One was driven by the health ministry. In 2004, it had set standards for the quality of water which would be used in the manufacture of soft drinks. But this did not address the quality of the final product. Worse, it left open the issue of how the inspectors would enforce this standard since it would require checking not the soft drink, but the water used to manufacture the beverage in each plant.

In this process, the final product standard, deliberated since February 2004, remained mired within committees and their sub-committees. In early 2004, the ministry’s central committee on food standards agreed to refer the matter to its pesticide residue sub-committee, which would examine the pesticide content in sugar, the other constituent of soft drinks. In October 2004, the sub-committee decided to hand over this decision to an expert committee. The expert committee, in turn, decided to collect sugar samples from different parts of the country to analyse pesticide content. Ministry officials say the report, due in April 2006, is only a pilot study and will be used for more detailed analysis and study. The health ministry has no time frame for setting the final standard.

The second process is driven by bis, an autonomous institution under the department of consumer affairs, mandated to set and review standards for products in the country. bis had an existing voluntary standard for carbonated beverages, which was up for its mandatory five-year review. This standard did not regulate pesticide residues. Directed by jpc, bis’s standard-setting committee decided to work on reviewing and finalising the standard, taking into account new health imperatives. The committee included representatives of all interested parties — cola majors, the bottled water industry, industry associations, food and nutrition scientists, and consumer and environmental groups. It had, after months of deliberation, come to the point of finalising the standard, which was demanded by consumer and environmental groups and opposed by soft drink companies. The opposition was out in the open. They were determined to make sure the committee did not set the standard, using every possible ruse to prevaricate and delay. The game was nearing touchdown.


---------- Substandard ----------

The Excuses
Sugar: Companies say there are pesticides in sugar. They want a study on how much and standards to be set on the raw material and not on the final product. They say they are only the hand that ‘mixes’ the ingredients


Soft drinks contain two key constituents — roughly 89 per cent water and 10 per cent sugar. The rest of the 1 per cent is made up of a secret ingredient and carbon dioxide. This is what the companies told jpc. With standards for water set, the question to resolve was the amount of pesticide residues contributed by sugar, so that the final product standard could be set. This issue was brought to jpc where the health ministry (now devising lengthy studies) had deposed that “the pesticide residue in sugar and the quantity of sugar used in soft drinks is so small that it is not likely to increase the pesticide residue in the final product”. Soft drink companies also told jpc in written submissions that they had a fool-proof system of procuring high-quality sugar and a system to treat the sugar syrup by a hot carbon process during which pesticide residues are eliminated. jpc asked them to submit data, which they did. This data showed little presence of pesticides in sugar. It was for two samples tested by the Hyderabad-based vimta Labs in October 2003. On the basis of this evidence, jpc asked for the final product standard to be formulated.

But cola companies made veiled threats of importing sugar if the final product standard was pursued. The sugar issue came to bis. In July 2004, both PepsiCo and Coca-Cola wrote to top officials of the department of consumer affairs complaining against bis officials. They claimed they had proof that “confirms the presence of pesticide residues in sugar available in India” and wanted this to be taken into account. The standards committee, when it met next, asked the companies to submit their evidence. The companies submitted the data for the same two samples it had given to jpc many months ago.

A careful scrutiny of this data showed that in all samples pesticides were below the 1 part per billion (ppb) level. More data was called for. Two more sugar sample data was given by companies to the committee. But the analysis was the same: tests done by the Netherlands-based tno labs in February 2004 and the London-based Central Analytical Lab, earlier in September 2003, detected negligible pesticide residues. But the companies were still not satisfied. More data was called for. In early 2005, the Hyderabad-based National Institute of Nutrition submitted data on pesticide residues in sugar. Analysis of 11 samples showed no presence of pesticide in sugar.

But this was not sufficient. Even more tests were called for. In October 2005, vimta Labs submitted data for 135 samples, which they tested for 50 pesticides. Their analysis revealed the contribution of sugar to the pesticide content in the final soft drink was well below the draft standard of 0.1 ppb for individual pesticide and 0.5 ppb for total pesticides.

It was further pointed out that these tests were done on raw sugar. Both PepsiCo and Coca-Cola had submitted to jpc that they treated sugar through a hot carbon process, which reduced the pesticide content further. Based on this information, the committee decided to finalise the standard. It agreed that the standard for pesticide residues in water should be mandated for the final product.

Companies say

Their final product cannot be tested because it has a complex matrix. They say standards are never set for the final product, only the raw material

Water and sugar make up soft drinks, which is hardly complex. Globally, governments test routinely for contaminants at sub-ppb levels for all products sold to consumers — from baby food to tinned food. In fact, governments test the same soft drinks for pesticide residues in different countries. In India, government laboratories tested soft drinks to check their pesticide residues. Ironically, the two soft drink majors also tested their product to prove their safety. One company used the results of the London-based laboratory to give itself a clean chit. How do the companies know that their product is ‘safe’ if it cannot be tested?

Top analytical chemists in the country discussed this issue in the bis committee. Their unanimous view was that methods to test soft drinks exist and that, after the standard was finalised, bis would prepare the protocol for measurement to be used by all laboratories.

Industry, not just soft drink companies, does not want standards for the final product. They believe that standards should be set only for constituents — water and the sugar, not the beverage. They say pesticide standards for final products, which are multi-ingredient, cannot be done. They assert it is not done anywhere in the world. But the facts are different. Governments have pesticide residue standards for cereal-based food and infant food, for butter, for cheese and even ice-cream. Governments are learning they need to work at both ends — standardise maximum residue levels allowed on the raw materials as well as on the manufactured foods, so that industrial units can adopt technologies for cleaning up contaminants.

The principle for setting standards is obvious: the pesticide residue allowances of different ingredients, proportional to their presence in the product, are added to make a final product standard.

In other words, 89 per cent of the pesticide residue water standard is added to 10 per cent of the pesticide residues contributed through sugar. In the final bis standard, the data on pesticide residues from sugar, presented by the companies, showed that this contribution would be negligible and so, the water standard for pesticide residues, which is 89 per cent of the product, was adopted.

---------- BOX:Sugar and spice ----------

The health ministry’s pesticide residue sub-committee was entrusted the job of fixing a pesticide residue standard for soft drinks. The committee, in March 2004, called “stakeholders” for discussions. Interestingly, for this health ministry sub-committee the only worthy stakeholders were industry. Of the 21 invited, only five responded and only two made written submissions. The five who made presentations were Coca-Cola India, PepsiCo India, the Indian Soft Drink Manufacturers Association (again represented by PepsiCo India), the International Soft Drink Council, All India Food Processors Association and Kali Aerated Water Works — the only domestic company. Of these, only two submitted their written views to the sub-committee, namely Coca-Cola India and PepsiCo India, whose drinks were found by JPC to have high amounts of pesticide. The committee then decided on its course of action: to undertake a year-long nationwide monitoring of soft drinks for presence of pesticide residues. Even more telling is the fact that the committee has asked for analysis of raw sugar samples, when it knows that companies use refined sugar, which in turn goes through processes that clean it for residues. But the health ministry wants to play sugar daddy. Delaying the process using “good science” is the name of the game.

---------- BOX:Sharp practice ----------

The current Indian standard for caffeine in soft drinks is lenient — up to 200 mg/l is permitted. There are no standards for pH in the drinks. Global standards differentiate between cola (brown drinks), where caffeine is added as an ingredient, and white drinks, where caffeine is merely an ingredient for addiction. Global standards also stress the health concerns for caffeine use and companies manufacture products which are caffeine-free.


But in India, this best practice is not accepted. Companies bung in caffeine into white drinks — Mountain Dew, a Pepsi product, which has captured the market, for instance, contains caffeine. They do not want to manufacture caffeine-free versions. They say: “Indians have not asked us.” They continue to say tea and coffee has more caffeine, not recognising that children don’t drink tea but guzzle soft drinks.


The existing standard has no scientific basis. But when the question of revision came up, keeping in mind best practice, companies managed to persuade the health ministry to undertake long-term studies before it finalised change. On the other hand, the BIS committee took cognisance of all scientific information and best practices of different countries to evolve its standard. It set a standard of 145 mg/l of caffeine in brown colas and asked for labels on the product to ensure that people’s health was not compromised. This standard, the committee felt, could be further revised when long-term health studies were available.


The pH of a product determines its health impact. The health ministry told parliament that “pH below 2.5 could cause irreversible and extensive damage to the human epithelium”. Soft drink manufacturers maintained that there was no global precedence for a pH standard. This was not true. South Africa includes pH in its standards. Data was collected on pH of different drinks. Based on all this, the standard for pH was fixed at 2.5 and above. Companies were furious.


http://www.downtoearth.org.in/cover.asp?FolderName=20060815&FileNAme=news&sid=70&sec_id=9

 

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 10:37
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14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 08:09

 
Ziegler.jpg
Rouler ''propre''
et accélérer la faim dans le monde?



Jean Ziegler, rapporteur spécial sur le droit à l'alimentation, met en garde contre les effets pervers du biocarburant. Il proposera à l'Assemblée générale des Nations Unies un moratoire de cinq ans pour suspendre cette production et expérimenter des solutions alternatives.

En roulant ''propre'' va-t-on accélérer la faim dans le monde? Jean Ziegler, rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation, en est persuadé. Il a expliqué ses craintes à Genève, en décortiquant le rapport qu'il présentera le 26 octobre à l'Assemblée des Nations Unies à New York. Un constat, tout d'abord, tiré de son rapport: Le nombre de personnes souffrant de la faim est passé à 854 millions et augmente chaque année depuis 1996.

Or, le développement des biocarburants, selon le rapporteur spécial, loin de diminuer la faim dans le monde va l'aggraver, si du moins on poursuit dans cette voie: Cet empressement à vouloir subitement et de façon irréfléchie transformer un aliment, tel que le maïs, le blé, le sucre et le vin de palme en carburant revient à courir à la catastrophe. Cela risque d'entraîner une concurrence entre nourriture et carburant qui laissera les pauvres et les victimes de la faim des pays en développement à la merci de l'augmentation rapide du prix des aliments, des terres vivrières et de l'eau. La logique semble, en effet, imparable: plus les surfaces de plantations nourricières sont transformées en cultures réservées au bioéthanol ou carburant pour voitures propres, plus les récoltes en produits nourriciers sont réduites et plus les prix des denrées augmentent, du fait de leur rareté.

Les prix prendront l'ascenseur

La production mondiale de biocarburant appelé aussi agrocarburant est actuellement dominée par les Etats-Unis et le Brésil. Selon l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, si cette production augmente, le maïs subira une hausse de prix d'environ 20% d'ici à 2010 et de 41% d'ici à 2020. Le prix des oléagineux (soja par exemple) et celui du blé prendraient l'ascenseur de façon semblable.

Cela dit, Jean Ziegler ne nie pas les effets positifs du biocarburant notamment sur le réchauffement climatique et même pour certains paysans de pays développés. Mais les effets négatifs devraient prévaloir, le modèle actuel de production de biocarburant sécrétant, outre les augmentations massives du coût des denrées, l'appropriation des terres en quelques mains. C'est pourquoi, il préconisera à l'Assemblée générale de l'ONU un moratoire de cinq ans comme il nous l'explique dans son interview.

''Un moratoire pour réfléchir à d’autres solutions''

Le Genevois Jean Ziegler, rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, va donc jeter un gros pavé dans la mare des biocarburants, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies du 26 octobre.

TdG : En quoi consiste le moratoire que vous proposerez aux Etats membres de cette Assemblée?

Jean Ziegler :
Ces Etats devraient donc imposer un moratoire, c’est-à-dire une suspension pendant cinq ans de toutes les opérations destinées à produire du biocarburant à partir de denrées alimentaires. Il s’agit d’évaluer les conséquences de cette production sur l’exercice du droit à l’alimentation et sur des autres droits sociaux et environnementaux. Rendez-vous compte qu’un plein de 50 litres de biocarburant représente 226 kilos de maïs. C’est-à-dire de quoi nourrir un enfant mexicain pendant un an!

TdG : Vous condamnez donc la production de biocarburant…

v-moratoire-agrocarburant.gif

Jean Ziegler
:
Pas forcément, puisque le moratoire a un caractère limité dans le temps. Et surtout, je ne m’attaque pas à toutes les formes de production de biocarburant sans CO2. Au contraire. Je souhaite vivement que ce moratoire soit mis à profit pour passer directement à la deuxième génération des biocarburants qui, eux, sont fabriqués à base de résidus de culture – les rafles de maïs par exemple. Autre solution possible: utiliser des plantes non nourricières pour les humains. On peut, en effet, produire du biocarburant avec des plantes incomestibles cultivées sur des terres arides ou semi-arides. Avantage: elles n’entrent pas en concurrence avec des terres utilisées pour la nourriture humaine et pourraient faire vivre de nombreux paysans dans des régions déshéritées.
 
  http://www.infosdelaplanete.org/2898/rouler-propre-et-accelerer-la-faim-dans-le-monde.html
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