13 juin 2009 6 13 /06 /juin /2009 03:46
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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 04:56
Univers-Nature
3 juin 2009

A l’occasion du « printemps du bio » du 1er au 15 juin, l’Agence Bio révèle les chiffres de sa nouvelle enquête. De 1999 à 2008, les surfaces cultivées en bio ont plus que doublé, pour atteindre, sur le territoire français, 580 000 ha.

Une augmentation notable du nombre de producteurs mais qui ne parvient pas à suivre la demande. Avec une croissance de 25 % par rapport à l’année dernière, les produits bio couvrent aujourd’hui 1,7 % du marché alimentaire. Or, si les Français achètent plus de produits bio pour leur consommation courante, l’Agence note qu’ils en consomment aussi plus qu’avant à l’extérieur de chez eux. La restauration collective a en effet fait de remarquables progrès, en 2008, 36 % des cantines publiques ou d’entreprises servaient des repas bio, au moins de façon occasionnelle.



Des quatre circuits de distribution identifiés par l’Agence Bio, les grandes surfaces alimentaires (GSA) représentent 42 % des ventes, le reste se répartissant entre différents types de magasins spécialisés et la vente directe par les producteurs. Sur les trois dernières années, la vente directe, à la ferme, sur les marchés ou en paniers, est restée relativement stable. C’est surtout dans les GSA et les magasins spécialisés que la croissance a été importante, de plus de 75 % depuis 2005.
 
Tous les produits sont concernés, en passant par les produits laitiers, le pain, la viande, l’épicerie ou encore les boissons. Au total, il convient tout de même de remarquer qu’un tiers de la consommation est importé de l’étranger. Comprenant des produits exotiques, tels le café, le thé ou le cacao, les importations concernent également les produits peu familiers de la production française : le soja, les produits de l’aquaculture ou les fruits et légumes méditerranéens. Pour le reste, les produits importés compensent souvent les déficits en volume de la production française en céréales bio, viandes ou encore légumes.

Un renfort national semble nécessaire donc, car même s'il y a une légère progression, les producteurs bio français ne représentent encore que 2,4 % du total des exploitations de l’hexagone pour couvrir 2,12 % de la surface agricole (hors surfaces en cours de conversion), soit quasiment la même surface qu'en 2007. La progression a été importante de 1995 à 2003, puis s’est bien ralentie. Il semblerait néanmoins que l’année 2008 marque une nouvelle inflexion de la courbe de croissance (voir graphique).

Dans cette évolution des productions bio, certaines régions françaises, Pays de la Loire, Rhône-Alpes ou Midi-Pyrénées sont chefs de file. Plus de légumes, de fruits et de bétails, et un record de progression pour la viticulture, mais, en zone de grandes cultures, le bio ne représente toujours qu’1% du total national.

Si l’Agence bio se félicite, la France reste toujours le plus mauvais élève de l’Europe, loin derrière l’Italie par exemple qui a déjà deux fois plus de terres allouées au bio. Nous sommes aussi, semble-t-il, encore loin du quasi triplement de surface souhaité par le gouvernement pour 2012 (6 % de la surface agricole utile, contre 2,1% en 2007), il y a 18 mois. La bio ne connaît pas la crise de la consommation, or si la demande continue sa progression, notamment avec l’engagement attendu des restaurants collectifs dont 1/3 pourrait bien passer au bio d’ici 2012, des efforts devront certainement être consentis pour soutenir les producteurs et ceux qui souhaitent se convertir. Vincent Perrot de la Fnab (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique) reconnaît que « l’actuel ministre de l’agriculture, Michel Barnier, s’est montré volontariste » mais « que le soutien n’a pas encore été suffisant ».

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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 22:00

Internationalnews

 

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"Et les coûts de Mégalopolis grandissent encore plus vite que sa taille. À tout prix il faut faire venir plus d'énergie, plus d'eau. Il faut assurer le transport des vivants. Mégalopolis est une cité assiégée, mais elle ne l'est que par sa propre masse. Aussi ne peut-elle être sauvée que par le sacrifice chaque jour plus poussé de ses libertés."


                Bernard Charbonneau, citée en ouverture du film


Ce film retrace les conséquences de l'application des nouvelles technologies, comme le nucléaire, les OGM et les nanotechnologies. Bien que ces conséquences portent sur la santé, l'avenir social et les conditions de vie en général, ces techniques sont toujours mises en service sans aucun débat public.


L'auteur fait intervenir des chercheurs en agronomie, des juristes et des penseurs critiques qui déplorent le peu d'informations mises à disposition du public par les "organismes de contrôle" qui, bien souvent, au lieu d'exercer un travail de contrôle véritable qui correspondrait à la responsabilité dont ils revêtent pourtant leur poste, aident au contraire à avaliser des décisions déjà prises par le complexe industriel qui les mandate de manière plus ou moins directe. Certains intervenants plaident en faveur de la mise en place d'une protection juridique des lanceurs d'alerte.


Apparaissent entre autres le toxicologue Arpad Pusztai, l'épouse (cardiologue de son état) de Youri Bandajevsky, professeur d'anatomo-pathologie, détenu en prison au moment de la réalisation du film, le directeur de Recherche en agronomie Jean-Pierre Berlan, placardisé à l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), le microbiologiste des sols Claude Bourguignon, le socio-anthropologue Frédérick Lemarchand, Gilles-Éric Séralini, directeur scientifique du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN), le cogniticien et essayiste Jean-Michel Truong, Jacques Philipponneau, auteur aux Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, ainsi que le groupe de citoyens grenoblois PMO (Pièces et Main d'Œuvre).


Face à celles-ci sont interviewées d'autres personnalités comme Marc Fellous à propos du maïs MON 863 (voir Autorisation des OGM dans l'Union européenne), du secrétaire perpétuel de l'Académie de Médecine ... Le mythe de la neutralité de la science et de la technique (alliées sous le nom générique de technoscience) et celui du progrès justifie la mise en place automatique de procédé potentiellement dangereux pour l'avenir. (de Wikipedia)







 Editions Voir et Agir : http://www.voiretagir.com/

 

Url de cet article: http://www.internationalnews.fr/article-Alerte à Babylone, film de Jean Druon (Extrait et film entier)-NaN.html

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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 22:22

Alternative Agriculture Food For Life


The pastoral images of farm life – the Old MacDonald version with green pastures, cows in a field and a yard full of chickens and pigs – are now far from reality. It’s been a long battle by corporations to turn agriculture into agribusiness. The struggle between individual farmers and corporate factory farms is being fought across North America.

Corporate Agriculture: The Hollow Men, examines the growth of corporate factory agriculture – an industry that generates severe environmental, social and cultural problems. There is a growing backlash against a form of agriculture that many believe is unsustainable. Alternative Agriculture: Food For Life, looks at alternatives to corporate farming. Ecological, organic and ethical farming could be a tremendous benefit to the environment and help preserve rural society and culture.

Farming in North America has become a ‘cash cow’ for a handful of multinational corporations. Agri-business has taken the principles of the assembly line and applied them to what was traditional animal husbandry. Massive and powerful corporations have become enormously wealthy at the cost of the environment and rural culture. Dilapidated farm buildings keep an eerie watch over the changing landscape.

Alternative Agriculture: Food For Life, looks at alternatives to factory farming and the growing demand for nature-based or organic foods. Animals, grains, fruits and vegetables are raised to thrive in a natural environment – the antithesis of factory farming. Increasingly, consumers are looking for food produced without the use of chemicals, pesticides, hormones or antibiotics. Even though organic food is more expensive to produce, shoppers are willing to pay the added cost. They believe that by buying factory food, they are supporting a socially and environmentally destructive form of agriculture.

The extinction of family farms has become a lightning rod issue for environmental activist and lawyer Robert Kennedy Jr., who believes, “Thomas Jefferson’s view of American democracy was rooted in tens of thousands of yeoman farms. People who had a stake in our country, who controlled the land…these vital commodities… see (corporate farming) as the final nail in the coffin of that vision. And our landscapes are now being occupied by a few pirate multinational corporations who care nothing about our country or its losses.”

Corporate Agriculture: The Hollow Men and Alternative Agriculture: Food for Life are written, produced and directed by Ray Burley. Michael Allder is executive producer of THE NATURE OF THINGS.




Vidéo response
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 02:32

univers-nature




Privatisation du vivant : vers un brevetage des semences traditionnelles ?


Par Elisabeth Leciak


Des brevets pourraient-ils être déposés pour des variétés de plantes et des semences issues de croisements traditionnels ? La question, en suspens cette année à l’OEB (Office européen des brevets), a fait réagir une coalition d’ONG (1) qui vient de publier un rapport et de lancer un appel devant les risques imminents. Pour les ONG, les décisions de l’OEB pourraient avoir un très fort impact sur le marché international des semences, et plus globalement sur la sécurité alimentaire. 


Actuellement, un brevet sur les semences et parties comestibles du brocoli (EP 1069819) et un autre concernant des tomates à faible teneur en eau (EP 1211926) sont en attente d’approbation. Ces deux cas concernent des plantes issues de sélections et de cultures conventionnelles, or il était jusqu’à présent exclu d’obtenir des brevets sur des « processus essentiellement biologiques pour la production des plantes ou des animaux ». C’est la première fois que l’office des brevets va devoir statuer sur cette question dans le détail. Avec le dossier du brocoli, une plante qui n’a subi aucune manipulation génétique, la Grande Chambre de Recours de l’OEB arrêtera une décision de principe qui pourra faire office de précédent pour tous les autres cas.

Dans leur rapport, les ONG montrent que les demandes de brevets pour des variétés conventionnelles n’ont fait qu’augmenter durant ces dernières années. En 2008, près de 500 candidatures ont été déposées, représentant 25 % de toutes les demandes concernant les plantes et les semences pour cette année-là. D’après le rapport, ce type de cas, impliquant des semences obtenues par voie conventionnelle, ne comptait que pour 5 % de l’ensemble des dossiers dans les années 2000 à 2002. Les ONG militant contre la privatisation du vivant y voient tout de suite l’intérêt des grandes compagnies, comme Monsanto ou Syngenta. 

Le succès des variétés utiles, non issues de modifications génétiques, n’est pas à démontrer et le marché est immense. Les multinationales, spécialisées dans le génie génétique, pourraient bien vouloir étendre leur monopole à ce plus large spectre. Elles ont déjà commencé à « inventer des inventions » dans le domaine de la sélection dite « normale », jouant sur le fait que quelques outils techniques utilisés pour la reproduction suffisaient pour convertir l’ensemble du processus de reproduction en objet brevetable. Déjà 70 brevets ont ainsi été obtenus. Si jamais l’OEB finit par accepter le brevet sur le brocoli, il est à craindre un scénario dans lequel les compagnies privées pourront progressivement contrôler l’accès aux semences, impactant à la fois leur prix et leur disponibilité, préviennent les ONG (2). 

1- La Déclaration de Berne (DB), Greenpeace, Misereor, « Pas de brevets sur le vivant », Swissaid.

 
Télécharger le rapport complet (en anglais).


2-
Appel Mondial contre des brevets sur des semences et des animaux conventionnels.

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3735

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 22:18

Le conflit de 14-18 a été un formidable accélérateur pour l’industrie chimique naissante. Elle a abondamment produit des explosifs et des produits toxiques destinés à exterminer l’adversaire. La paix revenue, les nouvelles molécules et les produits ont été redirigés... vers l’agriculture. Ce n’est malheureusement pas le seul lien entre pesticides et armes de guerre, puisque qu’on retrouvera le Zyklon B à Dachau, Monsanto et l’agent orange au Vietnam, le Round-Up dans la lutte anti-guerilla en Colombie…

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L’histoire des pesticides et des nitrates trouve son origine dans le conflit 1914-1918, première guerre “industrielle” avec mobilisation par chaque pays de des meilleurs scientifiques pour élaborer la première arme de destruction massive, l’arme chimique.


1913 - La synthèse de l’azote à partir de l’air permet de produire des engrais azotés et des explosifs


En 1905, Fritz Haber, un brillant chimiste allemand, découvrit un procédé industrialisable permettant de convertir l’azote atmosphérique en
ammoniac liquide. En 1915, il s’associa avec son beau-frère Karl Bosch pour ouvrir la première usine de production d’ammoniac, destiné en priorité à la fabrication d’explosifs nitrés (explosion en 2001 de l’usine d’ammonitrate AZFàToulouse).

 
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A l’armistice, la production sera réorientée vers les engrais azotés pour l’agriculture, qui seront associés au couple phosphore et potasse cher au père
Liebig pour donner le parangon de la fumure chimique des sols, la trinité NPK. Haber est donc à l’origine de l’essor des productions agricoles “modernes” et de leur corollaire, la pollution des eaux par les nitrates. Fritz Haber recevra la prix Nobel en 1920 pour sa découverte, mais au sein d’une vive polémique alimentée par les jurés français, britanniques et américains qui boycottèrent la cérémonie en raison des activités militaires d’Haber qui lui avait valu d’être un des premiers poursuivis pour crime contre l’humanité.

 

1915 - Les premiers pesticides sont utilisés pour tuer les hommes
 

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Les gaz toxiques, utilisés dans les deux camps, auront fait 1 360 000 blessés, les poumons irrémédiablement atteints, et tué 94 000 soldats lors de la 1ère guerre mondiale.

L’initiateur de l’arme chimique fut l’état-major allemand qui cherchait des moyens pour faire sortir les soldats ennemis de leurs tranchées pour reprendre la guerre de mouvement : comment les suffoquer, les asphyxier, les empoisonner Fervent patriote, Fritz Haber mit ses compétences de chimiste (et d’homme d’affaire) au service du Kayser.

Il organisa en personne la
première attaque massive au chlore, le 22 avril 1915 lors de la bataille d’Ypres, puis à la tête d’une large équipe de chimistes, il supervisa les recherches et l’industrialisation d’autres gaz plus toxiques : ypérite ou gaz moutarde, phosgène qui avait été mis au point par un savant français, Victor Grignard . On s’est rendu compte plusieurs décennies après que l’Ypérite était également cancérigène, comme probablement les arsines et d’autres toxiques.


Véritable Dr Folamour de la chimie organique, Fritz Haber, qui était juif, est aussi l’inventeur du
Zyklon B, utilisé dans les chambres à gaz des camps nazis. Il avait d’abord été présenté comme un insecticide destiné à combattre les nuisibles des silos, les rongeurs et les insectes…


1918-2008 Les pesticides, armes de guerre et d’extermination


Le jardinier du XXème

Le jardinier du XXème


On sait le rôle de la guerre du Vietnam dans la production et l’usage massif des défoliants par l’armée américaine. Entre 1965 et 1971, cinquante mille tonnes « d’agent orange » ont été déversées sur la jungle afin de la débarrasser de sa végétation. La dioxine qui en est un des principes actifs et que l’accident de Seveso a tragiquement mis en lumière, est connue pour provoquer cancers et malformations génétiques. Plus récemment le phosgène a été utilisé par l’Irak dans sa guerre chimique contre l’Iran ou contre les populations Kurdes. Cette substance est couramment employée pour traiter les cultures de céréales ou de betteraves. Plusieurs pays comme l’Iran, l’Irak ou la Libye semblent avoir contourné les accords internationaux sur les armes chimiques en se dotant d’unités de production d’insecticides dont leurs économies n’ont pas un usage évident. Nul ne peut donc ignorer la nocivité de ces produits dont les cibles ont trop souvent été des populations désarmées.


Dernier exemple en date, le fameux “syndrome de la guerre du Golfe” fait l’objet de nouvelles expertises pour vérifier si l’origine des pathologies développées par des militaires suite à la présence sur le terrain ne serait pas du à l’épandage massif par l’armée US d’insecticides
organo-phosphorés qui sont le “fruit” d’une recherche sur les gaz de combat entamée lors de la Seconde Guerre mondiale, comme le malathion, se sont substitués, dans les années 1970, aux organochlorés, dont le chef de file, le DDT, faisait l’objet d’interdictions.

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Enfin, les herbicides sont utilisés à grande dose en épandage aérien par les polices anti-narcotiques. Par exemple, le gouvernement colombien tente d’éradiquer les cultures de coca qui fournissent des revenus à la guérilla marxiste et à la pègre. La méthode : l’aspersion par voie aérienne de glyphosate, le fameux herbicide de Monsanto plus connu sous le nom de
Round-Up. Ces épandages sont fait à la louche et contaminent aussi bien les cours d’eau les autres cultures..et les êtres vivants qui se trouvent sous la douche toxique.


Voir aussi :
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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 06:57
By Naomi Spencer

www.wsws.org

11 May 2009

More than 12 million children are threatened with the risk of inadequate food and hunger in the US, according to a new report from the food bank advocacy Feeding America.
  



Feeding America based its analysis on federal Department of Agriculture (USDA) and Census Bureau data from 2005 to 2007—classified officially as the peak of the last economic recovery period.





photo :huffingtonpost.com



As with poverty, homelessness, bankruptcy figures, and many other measures, the rates of food insecurity documented by the study plainly reflect the deterioration of living standards working class households have seen over the past five years. In the years since the 2005-2007 period, food insecurity has rapidly widened along with unemployment and wage cuts.

Feeding America found that for the period preceding the onset of the economic crisis, in 11 states, more than 20 percent of young children were at risk for hunger. Louisiana, with 24.2 percent, had the highest rate of child food insecurity, followed closely by North Carolina, Ohio, Kentucky, Texas, New Mexico, Kansas, South Carolina, Tennessee, Idaho and Arkansas.

In California, the study found 1.6 million children were food-insecure on average in 2005-2007. Texas averaged 1.47 million food-insecure children for the period.

No state had less than 10 percent of its child population exposed to hunger. Sparsely populated North Dakota registered the lowest rate, with 10.9 percent.

Families contending with food insecurity suffer immense stress. Many poor households are regularly forced to choose between paying for utilities or food. Families reduce food amounts at mealtimes, with parents sometimes skipping meals so that their children can eat.

Food insecurity among young children is especially concerning because of the risk of malnutrition and developmental delays. If children do not eat enough or receive only cheap “filler” foods, they are vulnerable to getting sick more often, performing poorly in school, developing diabetes, suffering cognitive delays and psychological distress. Many effects of malnutrition in young children are irreversible.

Hunger is a mounting problem in the US. As millions more working class families face job losses and poverty, the major federal safety net programs—including the food stamps and emergency cash assistance programs—are serving far fewer people than are eligible and in need.

By the latest USDA count, food stamp enrollment has swelled by 1 million people since last September, to a record 32.55 million Americans. The non-profit Food Research and Action Center estimates that 16 million more people are eligible to receive federal food assistance but are not enrolled.

An analysis by the New York Times, published May 9, found huge disparities in the way the food stamp program is administered from state to state. In California, for example, the newspaper noted that only half of those eligible for the program were enrolled. In other states, such as Missouri, where enrollment by those eligible stands at 98 percent, the eligibility requirements are set so severely low that hundreds of thousands of working poor households cannot qualify. Moreover, millions of families enrolled in the program receive far less in aid each month than what is required to maintain a healthy diet.

As a result, rising numbers of families are turning to food pantries and other charity organizations, cutting back on food purchases, and relying more heavily on cheaper staple foods to try to make ends meet.

ttp://www.wsws.org/articles/2009/may2009/food-m11.shtml


“Child Food Insecurity in the United States: 2005-2007,” released May 7, is the first analysis focusing on the number of babies and young children living in food-insecure households by state.
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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 09:40

May 7, 2009

 

Can It be Eradicated?   

 

 

By ERIC TOUSSAINT and DAMIEN MILLET   

 

How can we explain the fact that famine still exists in the 21st century? One person in seven on this planet is permanently hungry.   

 

 

 

The causes are well known: a profound injustice in the distribution of wealth and the monopolizing of land by a small minority of large landowners. According to the FAO , 963 million people were suffering from famine in 2008. Paradoxically, these people mainly live in rural areas. They are generally farmers who do not own land or do not own enough, and are without the means to cultivate it effectively.  

 

thescreamonline.com   

 

What caused the food crisis of 2007-2008 ?

 

It is important to emphasize that in 2007-2008, the number of people suffering from hunger increased by 140 million. This marked increase is due to the explosion of food prices . In several countries retail food prices increased by as much as 50%, or even more.

 

Why such an increase? To answer this question, it is important to understand what has been happening over the past three years. Only then can alternative, appropriate policies be implemented.

 

On the one hand, the public authorities in the North increased their aid and subsidies for agro-fuels (mistakenly referred to as bio-fuels, since there is nothing organic about them). All of a sudden, it became profitable to replace subsistence crops with oleaginous crops or feed grains, or to divert part of grain cultivation (corn, wheat, etc.) towards the production of agro-fuels.

 

 

On the other hand, after the real estate bubble burst in the United States, with repercussions throughout the rest of the world, the major investors (pension funds, investment banks, hedge funds, etc.) shifted their focus and speculated on the futures market where contracts for food prices are negotiated (there are three main futures exchanges in the United States: Chicago, Kansas City and Minneapolis). It is therefore urgent for citizens to take action to legally ban speculation on food prices. Despite the fact that speculation reached its peak and declined from the middle of 2008, and that futures prices have plummeted, retail prices have not followed suit. The vast majority of the world’s population has a very low income and is still affected by the dramatic consequences of the increase in food prices of 2007-2008.

 

The tens of millions of redundancies announced for 2009-2010 around the world will further worsen the situation. In April 2009, the FAO told the G8 that the number of chronically hungry people was set to rise by 75 million to 100 million this year, bringing the total number to more than 1 billion. In order to counter this situation, public authorities must keep food prices under control.

 

 

The increase in famine throughout the world is not due, at least for the moment, to climate change. But this factor will have very negative consequences for the future in terms of production in certain regions of the world, especially in tropical or subtropical areas. Agricultural production in temperate zones should be less affected. The solution lies in radical action being taken so as to drastically reduce the emission of greenhouse gases (the IPPC recommends an 80% reduction of emissions for the most industrialized countries and 20% for the others).

 

Is it possible to eradicate famine?

 

Eradicating famine is entirely possible. The basic solutions needed in order to reach this vital goal lie in policies of food sovereignty and agrarian reform. That is to say, feeding populations based on local production, whilst limiting imports and exports.

 

Food sovereignty needs to be the focal point of governments’ political decisions. They need to concentrate on family farms, using techniques designed for the production of organic food. Furthermore, this would enable people to have good quality foodstuffs: no GMOs, no pesiticides, no herbicides and no chemical fertilizers. However, to achieve this goal, 2 billion farmers need to have access to sufficient land to work on, and to work for themselves, as opposed to producing wealth for the big landowners, agro-business multinationals and large retailers. Through public aid, these people should be given the means available to cultivate their land without depleting it.

 

In order to do this, an agrarian reform is needed. A reform which is desperately lacking, be it in Brazil, Bolivia, Paraguay, Peru, Asia or in certain countries in Africa. Such an agrarian reform must address the redistribution of land, banning large private landowners and providing public aid for farmers.

 

It should also be stressed that the IMF and, above all, the World Bank are largely responsible for the food crisis since they recommended that the governments of the South stop maintaining grain silos which have been used to feed the domestic market in case of shortages or steep price increases. The World bank and the IMF encouraged the governments of the South to cut the public credit agencies for farmers and drove them into the clutches of private lenders (often large traders) or private banks exacting exorbitant rates. This left many small farmers in debt, in India, Nicaragua, Mexico, Egypt and several countries in Sub-Saharan Africa. According to official studies, the high level of debt among Indian farmers has been the main cause of suicide of 150,000 farmers in India over the past decade. This is a country where the World Bank has successfully persuaded the authorities to suppress public credit agencies for farmers. And that is not all: over the past 40 years, the World Bank and the IMF also coerced tropical countries to reduce wheat, rice and corn production and replace them with export crops (cocoa, coffee, tea, bananas, peanuts, flowers, etc.).

 

Finally, to crown their efforts in favour of big agro-businesses and major grain exporting countries (beginning with the United States, Canada and Western Europe), they also persuaded governments to open their borders to food imports which benefit from massive subsidies from governments in the North. This led to many producers in the South going bankrupt and also to a severe reduction in local subsistence crop production.

 

To summarize, it is necessary to ensure food security and implement agrarian reform. The production of industrial agro-fuels must be abandoned and public subsidies for those who produce such fuels should be withdrawn. It is also necessary to rebuild public food reserves in the South (especially cereals such as rice, wheat, corn...), re-establish public credit agencies for farmers and food price regulation. People who earn a low wage must be ensured access to quality food at a low price. The State must also guarantee that small agricultural producers can sell at prices high enough to allow them to noticeably improve their living conditions. The State must also develop public services in rural areas (health, education, communication, culture, public seed “banks”, etc.). Public authorities are perfectly capable of guaranteeing both subsidized food prices for consumers and retail prices high enough to provide small producers with an adequate income.

 

Is this fight against famine not part of a much greater battle?

 

One cannot expect to seriously fight famine without combating the fundamental causes of the current situation. Debt is one of these causes. The publicity and fanfare around the issue, especially in recent years at the G8 or G20 summits, has failed to pull the veil over this persistent problem. The current global crisis is further worsening the situation in developing countries faced with the cost of debt, and new debt crises in the South are due to emerge. The debt has led people of the South, so often rich in terms of human and natural resources, to general impoverishment. Debt is organized pillage and must urgently be stopped.

 

In fact, this infernal public debt mechanism is a main obstacle to fulfilling people’s basic human needs, including the right to decent food. Without a doubt, the fulfilment of basic human needs must be placed above any other considerations, be they geopolitical or financial. From a moral perspective, the rights of creditors, people of private means or speculators have little weight compared to the fundamental rights of 6 billion citizens crushed by the implacable mechanism of debt.

  

It is immoral to ask countries, impoverished by a global crisis for which they are not at all responsible, to earmark a large part of their resources to repaying wealthy creditors (whether from the North or the South), instead of securing their basic needs. The immoral nature of the debt also stems from the fact that this debt was very often contracted by non democratic regimes who did not use the sums of money they received in the interests of their own population and often embezzled vast amounts, with the tacit or active approval of the States of the North, the World Bank and the IMF. The creditors of the most industrialized countries granted loans while being fully aware of the fact that the regimes were often corrupt. They are therefore in no position to demand that the people of these countries pay back a debt which is both immoral and illegal.

 

To sum up, debt is the one of the main mechanisms through which a new form of colonization operates, to the detriment of the people. This is in addition to the historic injustices perpetrated by rich countries: slavery, extermination of indigenous populations, colonial shackles, pillaging of raw materials, biodiversity and the know-how of farmers (through the patenting of agricultural products of the South, such as Indian basmati rice, for the profit of multinational agro-businesses in the North), the pillage of cultural goods, the brain drain etc. In the name of justice, it is time to replace the logic of domination with a logic based on the redistribution of wealth.

 

The G8, the IMF, the World Bank and the Paris Club impose their own truth, their own justice, to which they are both judge and party. Faced with the crisis, the G20 has taken up the baton and is trying to place a discredited IMF at the centre of the political and economic playing field. We must put an end to an injustice which profits oppressors, whether from the North or South.

 

 

Eric Toussaint, president of the Committee for the Cancellation of Third World Debt – Belgium www.cadtm.org , author of The World Bank: A Critical Primer, Pluto, London, 2008.

Damien Millet, mathematician, is spokeperson for CADTM France (Committee for the Abolition of Third World Debt).
Joint authors of 60 Questions 60 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque Mondiale,  CADTM-Syllepse, Liège-Paris, 2008. English version to be published in 2009.

Translated by Francesca Denley in collaboration with Judith Harris

Notes.


United Nations Food and Agriculture Organization, www.fao.org

See Eric Toussaint and Damien Millet, "Why a world food crisis? (yet again)", 2008, www.cadtm.org/spip.php?article3714 . See also Éric Toussaint, "Getting to the root causes of the food crisis", http://www.cadtm.org/spip.php?article3865 http://www.counterpunch.org/toussaint05072009.html  

 

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 04:00

Internationalnews


Le monde merveilleux des multinationales Par GRAIN


http://www.enviro2b.com/wp-content/uploads/agriculture/canne_a_sucre.jpg

 

Le boom de la production de soja dans le Cône sud de l’Amérique latine constitue l’une des évolutions agricoles les plus destructrices des vingt dernières années. Les entreprises responsables de ce boom font aujourd’hui une percée agressive dans la canne à sucre, en se concentrant sur de vastes étendues de terre dans les pays du sud où ils peuvent produire du sucre à bon marché. Si ce développement ne provoque pas de réaction, l’impact risque d’être sévère : la production de nourriture locale sera écrasée, les travailleurs et leurs communautés seront déplacés et exposés encore davantage aux effets des pesticides et l’agrobusiness étrangère resserrera encore son étau sur la production sucrière. Nous essaierons dans cet article de voir le rapport entre le développement de la canne à sucre génétiquement modifiée (GM) et les transformations de l’industrie du sucre dans le monde.

 

En une dizaine d’années seulement, presque toute les pampas argentines et d’énormes surfaces forestières et agricoles au Brésil, en Bolivie, en Uruguay et au Paraguay ont été transformées en déserts verts de monocultures de soja. [ 1 ] Le boom du soja en Amérique latine a été et est toujours un filon miraculeux pour l’agrobusiness. Il a fourni à la poignée de céréaliers géants qui dominent le marché international des oléagineux et  du fourrage un terrain bon marché et fertile pour assurer l’expansion et la consolidation de leurs activités dans le monde. Ces mêmes sociétés, Cargill, ADM et Bunge pour ne citer qu’elles, ont aussi fait des milliards de profits avec les ventes d’ engrais chimiques devenus indispensables. D’autres grandes entreprises étrangères, telles qu’ AGCO et John Deere, ont profité des ventes de tracteurs. Monsanto et Sygenta, quant à eux, ont engrangé des bénéfices records avec leurs semences génétiquement modifiées et leurs pesticides chimiques.

 

L’invasion du soja s’appuie sur un modèle de production axé sur l’utilisation de semences génétiquement modifiées qui permettent de tolérer d’énormes doses d’herbicides chimiques. C’est Monsanto qui a fourni à la fois les semences et les herbicides, tandis qu’une nouvelle génération d’exploitations agricoles, dirigées principalement par des hommes d’affaires vivant dans les villes, louait ou s’emparait de vastes zones agricoles et y organisait le travail. A chaque fois que ce modèle a été déployé, il a forcé les petits paysans à partir et les communautés locales ont été dévastées par l’exode rural et la contamination chimique.  

 

 

Quant aux multinationales de l’agrobusiness, l’expérience du soja dans le Cône sud a montré comment exploiter avec profit l’expansion de l’agriculture industrielle dans les pays en développement. Elle a ouvert une nouvelle ère de conquête. Le sucre, qui a une longue histoire de destruction de l’environnement et de pure exploitation humaine, est probablement la prochaine récolte à être confrontée à un boom similaire à celui qu’a connu le soja, d’autant plus que de nouvelles espèces de sucre génétiquement modifiées poussent déjà dans les champs (voir encadré 1).

 

Encadré 1 : La situation actuelle du sucre génétiquement modifié
 

Depuis plus de dix ans on expérimente avec la betterave et la canne à sucre GM. La canne à sucre a une composition génétique assez complexe qui rend les modifications génétiques difficiles. En revanche, il est plus simple de travailler sur la betterave GM et l’expérimentation dans ce domaine a donc été beaucoup plus poussée. En 2008, les premières betteraves GM commerciales, une variété génétiquement modifiée par Monsanto et le  sélectionneur de semences allemand KXS pour les rendre résistantes au glyphosate (le Roundup Ready), furent introduites aux Etats-Unis, puis au Canada. Toutes les plus grands semenciers de betteraves d’Amérique du Nord vendent déjà la betterave Roundup Ready. Des personnes bien informées prédisent que la quasi-totalité de la récolte  des États-Unis sera composée de Roundup Ready en 2009, à moins que les campagnes contre la betterave GM ne parviennent à renverser la vapeur (voir encadré 4). Dans l’UE, qui est de loin le plus gros marché de semences de betterave, les betteraves GM n’ont pas encore reçu l’accord de commercialisation, quoique les betteraves Round Up Ready aient été autorisées pour l’alimentation humaine et animale.  

Pour ce qui est de la canne à sucre GM, Monsanto espère avoir une variété de Roundup Ready/Bt sur le marché d’ici 2015. D’autres grandes sociétés de biotechnologie travaillent aussi sur la canne à sucre. (1)


(1) Il faut signaler ici deux programmes de recherche importants sur la canne à sucre :  celui de CTC Brazil avec des variétés de canne à sucre GM à taux de saccharose élevé et un projet commun du Max Planck Institute (Allemagne) avec le Vasantdada Sugar Institute au Maharashtra (Inde) et la station de recherche (La Chacra) d’une association argentine de producteurs de canne à sucre à Santa Rosa, qui fait des essais de variétés modifiées par transformation chloroplastique.

 

Une nouvelle carte de la production de sucre dans le monde

 

On peut  obtenir du sucre à partir de nombreuses variétés de plantes, mais aujourd’hui la production mondiale de sucre provient pour la plus grande part de la canne à sucre. Celle-ci représente en effet plus de 70% de la production mondiale de sucre et est cultivée sur environ 15 millions d’hectares dans plus de 100 pays dans les zones tropicales et subtropicales. La deuxième source de sucre la plus importante est la betterave, principalement cultivée dans l’hémisphère Nord sur 10 millions d’hectares dans au moins 50 pays. Cependant la carte de la production mondiale est en train de changer, en raison de l’expansion de ces cultures sur de nouveaux territoires.

 

Tableau 1 : Autorisations pour la betterave Roundup Ready H7-1 de Monsanto et KWS

Statut

Pays

Culture/nourriture

USA, Canada, Japon

Nourriture

Colombie, UE, Australie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Philippines, Corée du Sud, Russie, Singapour

 

Trois éléments ont particulièrement altéré la géographie de la production de sucre. Tout d’abord l’émergence du Brésil comme le premier producteur mondial de sucre et de loin le plus grand exportateur du monde. Près des trois-quarts de l’expansion de la production de canne à sucre dans les dix dernières années concernent le Brésil. La surface consacrée à la canne a sucre y a augmenté en moyenne de 300 000 hectares par an entre 2000 et 2007, un taux de progression équivalent à celui du soja dans ce pays. En 2008, la surface de canne à sucre s’est accrue de 14%. Une proportion non négligeable de la production de canne à sucre brésilienne sert à l’industrie locale d’éthanol, mais une grande part se retrouve encore sur encore le marché mondial (cf. figure 3). Aujourd’hui, plus de la moitié des exportations mondiales de sucre non raffiné proviennent du Brésil, alors que le Brésil ne représentait que 7% de ces exportations au début des années 1990.

 

Malgré l’avènement d’un si gros producteur à bas coûts, l’ancienne structure de la production mondiale est restée largement inchangée jusqu’à récemment, en raison des anciens accords de protection de la production domestique dans l’UE et aux Etats-Unis et des accords commerciaux préférentiels entre l’Europe et ses anciennes colonies qui dépendent encore fortement des exportations de sucre. Cependant, un deuxième élément, la réforme européenne sur le sucre, a frappé au cœur l’industrie du sucre et fait éclater l’ancien système d’organisation.  

 

 

Tableau 2 : Investissements de quelques sociétés biotechnologiques dans la canne à sucre
 

Société

Projets canne à sucre

Dow Agrosciences (USA)

Décembre 2008 : a signé un accord de recherche pour deux ans avec le Cooperative Research Centre for Sugar Industry Innovation through Biotechnology (Australie)

Syngenta (Suisse)

Expérimentation sur la canne à sucre Bt au Brésil et avec le Vasantdada Sugar Institute (Inde. A créé le Syngenta Centre for Sugarcane Biofuel Development sur le campus de l’Université de Technologie de Queensland (Australie) en 2007 et travaille actuellement avec John Deere sur une technologie de plantation de la canne à sucre qui devrait « permettre aux producteurs de replanter leurs champs plus fréquemment ».

Dupont (USA)

La canne à sucre est un matière première pour le programme mondial de biobutonal en partenariat avec British Petroleum et Associated British Foods (British Sugar). Ils cherchent des pays pour investir dans la production de canne, en particulier la Chine et l’Inde. British Petroleum  a récemment investi de façon importante dans l’industrie du sucre brésilienne et dans un partenariat avec Verenium pour produire une « canne énergétique » qui peut pousser sur des terres impropres à la culture de canne à sucre.

Amyris (USA)

Société de biotechnologie en partenariat avec Crystalsev, une des plus grandes sociétés de sucre/éthanol brésiliennes et le conglomérat Votorantim, pour développer un biodiesel à partir de la canne à sucre.

Quand l’Australie, le Brésil et la Thaïlande ont attaqué l’UE sur les subventions et mesures de protection domestiques de son industrie du sucre à l’OMC, l’UE a décidé de profiter de l’occasion pour faire disparaître de façon unilatérale le Protocole du sucre dont elle se servait depuis longtemps avec ses anciennes colonies et de bouleverser ses régimes domestiques. Des quotas ont été maintenus pour protéger les producteurs européens mais ils ont été réduits et affaiblis, de telle sorte que la production européenne se limitera désormais de plus en plus à quelques grandes régions de production sucrière, évitant ainsi que l’Europe ne continue à inonder la marché mondial de sucre subventionné.

Le marché européen a également été ouvert aux importations sans quotas et sans taxes en provenance des Pays moins avancés (PMA) et des pays ayant signé les Accords de Partenariat Economique. En d’autres termes, les anciennes colonies ne pourront plus vendre à des prix protégés par l’UE, ce qui veut dire que, parmi elles, seuls les producteurs capables de produire à coûts très bas pourront encore exporter vers l’UE. [ 3 ]

 

Quand les réformes de l’Europe sur le sucre seront complètement appliquées en 2009, l’UE est censée passer soudainement du statut d’exportateur net, qui déversait des millions de tonnes de sucre subventionné sur le marché mondial, à celui d’importateur net. Cela provoque déjà un mouvement de délocalisation de la production sucrière de pays comme les îles Fidji, la Réunion et une bonne partie des Caraïbes, qui ont des coûts de production et de transport élevés, vers le Soudan, l’Ethiopie et le Mozambique, où les coûts de production sont bas et où l’accès à l’UE est facile, à la fois en termes d’accords commerciaux et de transport. En outre, en dehors de l’UE, les grands raffineurs de sucre, avides de sucre bon marché pour remplacer les exportations européennes, sont maintenant à la recherche de  réseaux d’approvisionnement alternatifs.

 

Table 3 : Les sept principaux producteurs de sucre du monde

Société

Pays

Production de sucre (en t/an)

Sudzucker

Allemagne

4,24

Associated British Foods

Royaume-Uni/UK

3,85

Copersucar

Brésil

3,56

Cosan

Brésil

3,15

Eurosugar

France/Allemagne

3

Tereos

France

2,8

Mitr Phol

Thaïlande

2,7  

 

 

* n’inclut pas l’éthanol

 

 

 

Le troisième élément qui modifie la carte de la production de sucre dans le monde est        l’énorme avancée des agrocarburants. La canne à sucre est considérée comme l’un des matériaux de base les plus économiques, voire le plus économique, pour la production d’éthanol. Le marché mondial de l’éthanol s’étend rapidement, car un certain nombre des marchés pour les carburants dédiés au transport ont déjà mis ou vont mettre en application des décrets qui obligent à mélanger un certain pourcentage d’éthanol à l’essence. Avant la crise financière de 2008 et l’effondrement des prix du pétrole, l’industrie du sucre était submergée de projets d’investissements dans de nouvelles usines d’éthanol. Ces investissements ont beau avoir ralenti - beaucoup de projets ont été ainsi reportés ou annulés – les décrets gouvernementaux sont suffisants pour fournir un flux d’argent non négligeable aux projets de production d’éthanol.

De nombreux projets à large échelle, comprenant des plantations de sucre,  sont ainsi en train de voir le jour de par le monde et forcent la production de sucre dans de nouvelles contrées. Les investissements concernent aussi les technologies qui pourraient ouvrir de nouveaux marchés pour les agrocarburants à base de canne à sucre. [ 4 ] En bref, le marché croissant des agrocarburants a vraiment dopé la demande de sucre et, par voie de conséquence, accru le développement de la production mondiale de sucre (voir diagrammes 1 et 2).

 

C’est la fête pour l’agrobusiness

 

Ce sont les grandes entreprises de l’agrobusiness qui sont derrière ces changements de la production mondiale de sucre et qui en empochent les profits. Les principales entreprises sucrières européennes se sont ainsi servies des réformes de l’UE sur le sucre pour consolider leur main-mise sur la production soumise à quotas en Europe même et pour s’introduire dans la production hors-frontières de l’UE dans des zones bon marché ayant un accès préférentiel à l’UE. [ 5 ]

 

Mais, dans les pays du Sud, les grands acteurs de l’industrie sucrière qui s’étaient traditionnellement concentrés sur leur production nationale, commencent eux aussi à investir les marchés étrangers. Ainsi Mitr Phol, la plus grande compagnie sucrière de Thaïlande, s’est installée au Laos pour produire et exporter vers l’UE, par l’intermédiaire d’un partenariat avec Tate & Lyle.  De même, la société sucrière colombienne Manuelita opère maintenant au Pérou et au Brésil. Le Soudan et l’Ethiopie sont devenus des cibles particulièrement recherchées des investisseurs du Sud, avec la bénédiction de leurs gouvernements. Le gouvernement soudanais soutient qu’il veut faire passer la production de canne à sucre du pays de moins de 200 000 hectares cultivés aujourd’hui à 1,7 millions d’hectares. [ 6 ]

 

Tableau 4 : Principales entreprises sucrières européennes investissant dans la production et l’approvisionnement en sucre à l’étranger

Société

Pays

Associated British Foods (R-U)

Chine, Malawi, Mali, Mozambique, Swaziland, Afrique du Sud, Tanzanie, Zambie

Tereos (France)

Mozambique, Brésil

Sudzucker (Allemagne)

île Maurice

JL Vilgrain  (France)

Cameroun, Tchad, République du Congo

Tate & Lyle (R-U)

Égypte, Laos, Zimbabwe

AlcoGroup (Belgique)

 

Brésil, Île Maurice

 

De nouveaux joueurs sont en train de rentrer sur le terrain de l’industrie du sucre, surtout pour l’éthanol. Les géants du commerce céréalier, qui jusqu’à présent n’avaient pas été très impliqués dans la production de canne à sucre ou de betterave, utilisent désormais des moyens agressifs pour se faire une place dans l’industrie. Cargill, qui contrôle déjà 15% du commerce mondial du sucre, a récemment investi lourdement dans la production de canne à sucre au Brésil et au Mexique et a lancé  de nouveaux projets de partenariat pour des raffineries et/ou d’éthanol  en Syrie, en Inde et au Salvador. Même ADM, le roi de l’éthanol de maïs américain, a lancé son premier projet d’investissement dans la canne à sucre brésilienne en 2008 ; le partenariat concerne deux usines de sucre/éthanol et de grandes plantations. Les entreprises énergétiques et les entreprises de ressources naturelles, au Nord comme au Sud, suivent le même chemin, qu’il s’agisse d’acteurs bien établis, comme BP, ou de capital-risqueurs moins connus du secteur minier.

 

L’idée générale est donc qu’on assiste actuellement à une expansion considérable de la production de sucre dans le monde. Cette production est concentrée géographiquement et se trouve entre les mains d’un nombre assez limité d’entreprises qui travaillent avec des chaînes de production et de distribution verticalement intégrées.

 

Le boom du sucre au Brésil

 

C’est le Brésil qui est le plus sévèrement affecté par les transformations de la production mondiale de sucre. L’industrie du sucre y est de plus en plus concentrée entre les mains de quelques familles surnommées au Brésil « les barons du sucre » et quelques entreprises étrangères qui opèrent en partenariat les unes avec les autres. L’investissement étranger afflue dans le sucre brésilien - il a été de 9 milliards de dollars US pour la seule année 2006 - et les barons du sucre ont consolidé leurs holdings et restructuré leurs entreprises pour exploiter cet afflux de capitaux. Quelques-uns ont même mis leurs affaires familiales en Bourse (bourse du Brésil). Il arrive souvent que les investisseurs étrangers achètent une participation majoritaire ou des intérêts minoritaires en laissant les barons du sucre s’occuper des opérations agricoles. Cependant, les investisseurs étrangers commencent à prendre un rôle dominant dans les deux domaines (voir encadré 2). En 2007-2008, 12% du sucre de canne brésilien a été transformé dans des sucreries appartenant à des compagnies étrangères, contre moins de 1% au début des années 2000. Si l’on inclut les sucreries dans lesquelles les étrangers ont une part minoritaire, on obtient un chiffre encore plus important (23%).  [ 7 ] Aujourd’hui on voit distinctement que quelques conglomérats – des réseaux de transnationales et les grandes familles du sucre - contrôlent la majeure partie de l’industrie. Les trois principaux s’articulent autour de Cosan, Crystalsev et Copersucar qui, selon Maurilio Biagi Filho, président de Crystalsev, possèdent presque un tiers des sucreries du Brésil. [ 8 ]

 

Avec le boom du sucre brésilien, la production a glissé du Nord-Est du pays au centre-sud où le terrain est mieux adapté à une production fortement mécanisée. Des millions d’hectares de cerrado (savane arborée), une région du Brésil comparable à l’Amazonie  par la richesse de sa biodiversité, ont été défrichés pour faire place aux nouvelles cultures de canne à sucre. [ 9 ] Environ 90% de toute la production de sucre brésilienne provient des sucreries de cette région ; à peu près 60% de cette production est convertie en éthanol. [ 10 ] La région est devenue le support de base de l’industrie : Fortement soutenus par le gouvernement du président Lula, les barons du sucre locaux qui ont un poids politique et leurs partenaires étrangers n’ont eu aucun mal à faire avancer leurs plans d’expansion, transformant par là-même de vastes zones agricoles et forestières en champs de canne à sucre. Et s’il est vrai que la crise économique mondiale  a provoqué un certain  ralentissement, la Société financière internationale de la Banque mondiale IFC, la Banque de développement du Brésil (BNDES) et la Banque interaméricaine de développement (IBD) sont intervenues en apportant les fonds nécessaires  pour maintenir cette expansion et la consolider. [ 11 ] Plusieurs fonds d’investissement privés de centaines de millions de dollars ont été récemment établis pour acheter au Brésil des terres à convertir en cultures de canne à sucre. Parmi eux, on compte le fonds  Radar Propiedades, géré par Cosan, le fonds Calyx géré par Louis Dreyfus et le fonds Brasilagro géré par Cresud, une société qui appartient au baron du soja argentin Eduardo Elsztain. Il ne faut pas s’étonner que s’exacerbent les conflits pour les terres partout où se répand la culture de canne, de même que les violences infligées à tous ceux qui osent résister. [ 12 ]

 

Encadré 2 : Les entreprises sucrières d’aujourd’hui au Brésil : Guarani et CNAA
 

Açúcar Guarani


Açúcar Guarani est la filiale brésilienne de la transnationale sucrière française Tereos. L’entreprise exerce un contrôle sévère sur ses fournisseurs de sucre.
Un tiers de son approvisionnement provient de ses propres plantations, où la mécanisation des récoltes est passée de 32% en 2004 à 80% en 2008. Le reste fait l’objet de contrats avec des fournisseurs externes qui sont obligés d’utiliser les variétés de canne à sucre de Guarani et d’adhérer aux systèmes utilisés par la société pour la préparation des sols, les semis, la récolte et les soins contre les maladies. Guarani est une des rares sociétés sucrières au Brésil à avoir signé avec le producteur d’éthanol suédois Sekab un contrat d’approvisionnement en éthanol durable, qui oblige à mécaniser complètement la production. (1)

 

The Companhia Nacional de Açúcar e Álcool (CNNA)

 

En 2007, Goldman Sachs a acheté 19% de la deuxième sucrerie du Brésil, Santa Elisa, qui fait partie du conglomérat Crystalsev. A la même période, Santa Elisa et Goldman Sachs ont lancé un partenariat de 300 millions de dollars US avec l’entreprise commerciale internationale Global Foods Holdings et le Carlyle Group, une firme américaine privée à capitaux propres. Ce partenariat, du nom de CNNA, avait pour but de mettre en route quatre grandes sucreries et usines d’éthanol, devenant ainsi l’un des trois principaux producteurs de sucre/éthanol du Brésil. Des représentants de la société affirment qu’ils ont l’intention de s’étendre dans les «  nouvelles » zones de culture de canne à sucre du centre-sud : Crystalsev sera chargé de la distribution à l’intérieur du pays, tandis que Global Foods Holding doit organiser le commerce international.  Le partenariat de CNNA a profité récemment d’une injection de capital de 270 millions de dollars US de la Banque interaméricaine de développement ainsi que d’un financement de 200 millions de dollars US de la part de la Banque de Développement  du Brésil (BNDES). Deux des sucreries sont déjà en activité et une troisième en construction. Au début de 2009, Carlyle a augmenté sa participation dans la société, devenant l’actionnaire principal, tandis que Santa Elisa se faisait exclure de la structure de direction. La société est donc maintenant dirigée par un fonds qui appartient entièrement à des entreprises étrangères, rassemblant le Carlyle Group, Goldman Sachs, le Global Foods Holding et Discovery Capital.

1 – Sekab, « Requirements for Sustainable Ethanol » http://tinyurl.com/dd6qvp

Le modèle de production poursuivi par les conglomérats du sucre au Brésil est celui d’une grande exploitation verticalement intégrée. Les sucreries possèdent ou louent les trois-quarts des terres à canne à sucre et les 60 000 producteurs brésiliens indépendants, dont les fermes font moins de 150 hectares, représentent seulement 27% de la production nationale. [ 13 ]. Les conditions de travail dans les plantations sont connues pour être brutales et au fur et à mesure que les sociétés sucrières prenaient de l’ampleur, elles ont pu exiger de plus en plus de leurs ouvriers qui sont généralement payés à la quantité de canne coupée. Le tonnage moyen de canne coupé journellement dans la région de São Paulo a doublé, passant de 5 à 6 tonnes par jour dans les années 1980 à 10 à 12 tonnes aujourd’hui, ce qui correspond à 12 000 coups de machette par jour. [ 14 ] Depuis 2000, les coupeurs de canne à sucre de cette région ont accru leur productivité de 11,9%, mais le salaire qu’ils reçoivent n’a augmenté que de 9,8% durant la même période. [ 15 ] Chaque année, certains ouvriers meurent d’épuisement et le travail forcé reste une pratique courante dans l’industrie. La Commission pastorale de la terre (Comissão Pastoral de Terra  ou CPT) rapporte que 2 164 ouvriers ont été libérés du travail forcé dans les plantations de sucre du Brésil en 2008. [ 16 ]

Le modèle de production est aussi de plus en plus industriel et s’appuie sur des machines, de nouveaux cultivars et des intrants chimiques fournis par l’agrobusiness. Le boom de la canne à sucre est l’une des raisons principales pour lesquelles le marché brésilien des pesticides a été multiplié par quatre entre 1992 et 2006, atteignant une valeur de plus de 5 milliards de dollars US en 2007. [ 17 ] Cela a aussi généré un immense nouveau marché pour les entreprises de capitaux étrangers qui contrôlent également le marché brésilien des tracteurs. [ 18 ]  Pour les sociétés sucrières, la mécanisation réduit les besoins en main d’œuvre manuelle, leur épargnant en partie les exigences des ouvriers et les critiques internationales qui se font de plus en plus entendre sur les conditions de travail dans les plantations de sucre brésiliennes. Cela permet aussi d’éviter la pratique courante des brûlis avant la récolte à la main, ce qui est un argument de poids quand on parle des avantages environnementaux de l’éthanol brésilien. En fait, les critères de « durabilité »  décidés par les importateurs d’éthanol européens et leurs fournisseurs brésiliens exigent cette mécanisation. Dans la même veine, le gouvernement brésilien a introduit en 2007 un protocole destiné à interdire les brûlis sur 20% des champs de canne à sucre d’ici 2010 ; ce pourcentage doit atteindre 100% d’ici 2020.  

 

 

Pour résumer donc, ce qui caractérise l’expansion du sucre au Brésil  est le degré de contrôle des grandes entreprises, la conversion rapide et massive des terres et un modèle de production industriel, fondé sur l’exploitation de la main d’œuvre et l’usage de machines modernes et d’intrants fournis par l’agrobusiness. [ 19 ]  Le Brésil est sans aucun doute l’épicentre du boom mondial de la production de canne à sucre, mais un certain nombre d’autres pays sont en danger d’être eux aussi aspirés et entraînés dans le même modèle d’agrobusiness.  En effet, le Brésil est maintenant devenu le principal défenseur de l’éthanol à base de canne à sucre sur la scène internationale. Il fournit moyens financiers, investissements et technologie dans le monde entier aux pays qui acceptent de se lancer dans cette production.

 

Tableau 5 : Les projets de betterave tropicale de Syngenta

 

Partenaire

Pays

Détails

Maquiltec S.A., Campos Chilenos (EDF & Man)

Colombie

Le projet éthanol de 250 millions de dollars US a été mis en attente en janvier 2009 pour raisons financières. Une surface de 8 000 hectares de betterave est prévue. (1)

MIDROC

Éthiopie

Projet de 300 millions de dollars US dans l’État d’ Amhara, impliquant une plantation de 30 000hectares et un système de producteurs sous contrat.

Vasantdada Sugar Institute (VSI), Harneshwar Agro Products

Inde

Avec la sucrerie Samarth Cooperative, VSI a cultivé des betteraves à usage alimentaire sur environ 48,5 hectares de terres et les a traitées dans une usine- pilote à Ambad, près de Jalna, au  Maharashtra. Avec Harneshwar Agro Products, il a passé un contrat de production de betterave avec les 12 000  fermiers actionnaires de la société et construit une usine de bio-éthanol, au Maharastra également.

Inconnu/ n.c.

Soudan

La betterave est cultivée sur environ 70 000 hectares au Soudan et la production doit être augmentée par/grâce à  la création d’une sucrerie dans le Projet Gezira par des investisseurs des Émirats Arabes Unis. Syngenta a fait faire des essais de terrain sur sa betterave dans le pays.

1 – « Campos Chilenos paraliza proyecto de etanol en Columbia por US 270 millones por falta de financiamento », 29 January  http://tinyurl.com/bbfvdy

Monsanto s’infiltre dans le sucre canadien. Jusqu’où ira-t-il ?


Un élément essentiel dans l’histoire de l’expansion de la production sucrière brésilienne a été le développement de variétés adaptées à la région du Centre-Sud du pays et à la production d’éthanol. La plupart de ces variétés ont été développées par le Centrode Tecnologia Canavieira (CTC), un institut semi-privé qui était contrôlé par Copersucar mais appartient maintenant à un groupe rassemblant les plus grandes sucreries du Brésil. CTC avait l’habitude de faire payer des royalties aux non-membres mais refuse maintenant tout accès aux producteurs qui ne font pas partie de l’organisation et qui représentent plus de la moitié de la production de sucre du pays. [ 20 ]


Un nouvel acteur, cependant, vient de faire son apparition sur la scène et est en train de grignoter la position dominante de CTC. CanaVialis, le plus grand sélectionneur privé de canne à sucre du monde, a été mis en place en 2003 par plusieurs sélectionneurs autrefois publics, avec le financement du conglomérat brésilien Votorantim. A côté de CanaVialis, une société sœur, Allelyx, est spécialisée dans la  biotechnologie de la canne à sucre. Comme CTC, CanaVialis travaille pour les principales sucreries qui leur font développer pour elles des variétés spécifiques. Canavalis a ainsi récemment signé un accord de 25 millions de dollars US avec Cosan pour ouvrir 10 stations de recherche et développer de nouvelles variétés de canne. L’entreprise a aussi développé des variétés pour la plantation de canne d’Odebrecht en Angola. Selon CanaVialis, leurs variétés occupent maintenant au moins 15% des surfaces cultivées en canne à sucre au Brésil. On peut donc dire qu’au Brésil, la sélection de canne à sucre est devenue une affaire potentiellement rentable, ce qui n’est pas encore le cas partout.


Cette évolution n’a pas échappé au plus grand semencier mondial, Monsanto. En 2007, Monsanto a commencé un partenariat avec CanaVialis et Allelyx dans le but de développer des variétés de canne à sucre génétiquement modifiées pour résister au glyphosate (Roundup Ready). Puis à la fin de 2008, il a décidé de racheter les deux sociétés, pour 208 millions de dollars US, devenant ainsi soudainement la plus grande entreprise au monde de sélection de canne à sucre. 

Encadré 3 : La betterave GM descend vers le sud


Il n’y a pas que dans l’Union européenne et en Amérique du Nord qu’on cultive la betterave sucrière. Elle est également cultivée à grande échelle en Chine, en Russie, en Europe de l’Est, en Égypte, au Soudan, en Turquie et en Argentine. En outre, Syngenta essaie de développer une betterave tropicale qui serait utilisée principalement pour faire de l’éthanol. Cette betterave peut être cultivée dans des zones où il n’y a pas suffisamment d’eau pour faire de la canne à sucre, ce qui devrait ouvrir de nouvelles contrées à la production de sucre. Syngenta prévoit une expansion à court terme de la production de betterave tropicale de 1 à 3 millions d’hectares dans le monde et a mené des essais de terrain dans de nombreux pays, parmi lesquels la Chine, l’Australie, la Thaïlande, le Vietnam, le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, le Soudan, le Brésil, la Colombie, le Pérou, le Mexique et les États-Unis. (1) Actuellement les betteraves tropicales de Syngenta n’ont pas l’appellation d’OGM, mais l’entreprise  travaille beaucoup sur les betteraves GM et sa filiale Hilleshog est l’un des principaux fournisseurs de betterave Roundup Ready.

1 – Communiqué de presse de Syngenta « Syngenta’s tropical sugar beets receive World Business and Development Award”, 25 septembre 2008, http://tinyurl.com/awxnqn

 

 

Monsanto ne cache pas son intention d’utiliser le réseau des clients de CanaVialis et la collection de germaplasme de ce dernier pour introduire très largement la canne à sucre GM. Contrairement au soja, la canne à sucre est une plante vivace et les paysans ne la replantent que tous les cinq ans environ ; pour ce faire, ils utilisent des boutures, et non des semences. Monsanto prévoit donc de suivre l’exemple de CanaVialis pour vendre ses variétés, c’est à dire qu’il veut établir des contrats et partenariats avec les principales sucreries qui utiliseront ces variétés dans leurs propres plantations et dans les contrats de production conclus avec leurs propres fournisseurs. CanaVialis a déjà fait du développement variétal en Angola et en Californie et les variétés de canne à sucre destinées au Centre-Sud du Brésil sont cultivées dans d’autres parties du monde, par exemple au Soudan par Kenana Sugar, la plus grande entreprise sucrière intégrée du monde.

 

La betterave Roundup Ready ouvre la voie à la canne à sucre GM de Monsanto. Elle a été introduite aux Etats-Unis et au Canada en 2008 et Monsanto a déjà l’accord des instances de réglementation pour exporter ses betteraves vers des marchés importants, tels que l’Europe et le Japon. Des autorisations réglementaires similaires pourraient être obtenues pour la canne à sucre Roundup Ready puisque, dans ce cas comme dans celui de la betterave, le produit raffiné ne contient apparemment plus trace de matériau transgénique. C’est du moins ce que prétendent les défenseurs du sucre GM. En Australie, où Dow et Syngenta collaborent avec les grands instituts de recherche sur la canne à sucre GM, l’industrie du sucre a déjà mis en place un lobby afin de faciliter l’introduction de la canne à sucre GM : le Sugarcane Gene Technology Group qui a copié le modèle du lobby américain de la betterave GM. [ 21 ]

 

Des déserts de canne à sucre GM


Comme toutes les autres cultures OGM qui ont été introduites sur le marché jusqu’à présent, la première série de canne à sucre GM qui se prépare sera modifiée pour résister au Roundup, l’herbicide au glyphosate de Monsanto. Tout comme avec le soja GM, l’intérêt de ces cultures de canne à sucre GM est qu’elles simplifient la production industrielle à grande échelle. L’essor du soja GM en Amérique latine s’explique par le fait que ce soja facilitait la tâche aux investisseurs de l’agrobusiness dont le souci majeur est d’engranger des bénéfices rapides sur de vastes zones fertiles. Ce sera exactement la même chose avec la canne à sucre GM : le caractère Roundup Ready fait du contrôle des mauvaises herbes une simple affaire d’arrosage des champs avec du glyphosate de temps en temps.

 

Tableau 6 : Exemples de conflits terre/eau provoqués par l’expansion de la canne à sucre

Pays
Conflit

Mali

Illovo (ABF) construit actuellement une usine d’éthanol et une sucrerie sur 14 000 hectares… l’Office du Niger. La Coordination nationale des organisations de paysans (CNOP) est opposée à ce projet.

Éthiopie

L’expansion de la production de canne à sucre dans le bassin de l’Awash a provoqué un conflit pour les terres avec les bergers xx de l’Afar dont le mode de vie est directement menacé par les nouveaux projets de canne à sucre.

Mozambique

Les paysans protestent contre un projet d’éthanol mené par la compagnie minière Camec, parce qu’il les priverait d’eau.

Soudan

Des opposants du village d’El Wag dans l’état de White Nile ont bloqué une autoroute en juillet 2008 pour demander compensation pour la construction du nouveau projet White Nile. Des affrontements avec la police ont fait 3 morts parmi les villageois et 8 blessés.

Brésil

En 2007, le Mouvement des sans-terres (MST) a envahi l’usine d’éthanol Cevesa de São Paulo appartenant à Cargill et un mois plus tard 6 000 hectares de terres, également à São Paulo, où ils ont mis le feu à 30 tonnes de canne à sucre qui n’était pas encore plantée.

 

Sources : The Afar Human Rights Organisation, “Ethiopian Givt endangers Afar pastoralists ecosystem”, 4 July 2007, http://tinyurl.com/dxa3ny
Juba Post, 25 October 2008, http://tinyurl.com/cgoxn7
Ethical-Sugar, “An exclusive Engine of Growth: The Development Model of Brazilian Sugarcane”, January 2009, http://tinyurl.com/aooogg

Le système est parfait pour les grandes multinationales du sucre qui accroissent ainsi leur contrôle vertical sur la production et la distribution mondiales de sucre. Il est totalement adapté à leurs stratégies d’intensification de la mécanisation de la production au Brésil comme ailleurs. Il facilitera la conversion d’encore plus de terres agricoles en terres de production de canne à sucre qui seront aux mains des grandes entreprises et serviront principalement à produire de l’éthanol. Les petits producteurs indépendants seront complètement exclus de ce système et de vastes zones qui pourraient être cultivées par des petits paysans pour leur propre production de nourriture seront transformées en de verts déserts de canne à sucre GM. [ 22 ] Pour donner une idée de la me sure des choses, il faut savoir que le Gouvernement brésilien prétend avoir identifié 44 millions d’hectares supplémentaires pour la production de canne à sucre, soit environ six fois la surface actuellement cultivée en canne à sucre (qui fournit déjà le tiers de la production mondiale). [ 23 ]


                      

Les effets d’un boom de la canne à sucre GM sur l’environnement et la santé seront également sévères. La canne à sucre Roundup Ready a beau simplifier les applications d’herbicides, l’expérience de l’Amérique latine avec le soja Roundup Ready montre comment il favorise l’abus de pesticides. [ 24 ] Parce que les cultures ont été génétiquement modifiées pour tolérer de fortes quantités de glyphosate, les champs sont noyés sous le pesticide souvent épandus par avion, sans tenir compte le moins du monde des populations environnantes. Pendant le processus d’autorisation de sa betterave GM aux Etats-Unis, le lobbying de Monsanto auprès de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) a réussi à faire accepter une multiplication par cinquante des taux de résidus de glyphosate permissibles dans les racines de betterave. [ 25 ] Le Roundup (glyphosate) est un herbicide toxique qui présente des risques pour la santé humaine, même à des taux relativement bas. [ 26 ]


En outre, Le Roundup Ready risque d’encourager l’usage de multiples herbicides.  Dans la production mécanisée de canne à sucre, il est courant de ne pas labourer et c’est le glyphosate  qui est censé détruire les pailles sèches restantes quand vient le moment de replanter. Comme cette pratique ne sera pas possible quand les pailles seront résistantes au glyphosate, elle risque fort de nécessiter des doses d’herbicides supplémentaires. La présence croissante d’herbes tolérantes au glyphosate et de plantes spontanées Roundup Ready (maïs et soja), en particulier en Amérique latine, forcera également les opérations industrielles de culture de canne  Roundup Ready à utiliser davantage d’herbicides. Pour résoudre ce genre de problèmes avec son soja, Monsanto prétend qu’il va bientôt introduire un soja Roundup Ready qui serait également résistant à l’herbicide dicamba, de façon à ce que ces deux herbicides puissent être utilisés, pour assurer la destruction de toutes les herbes tolérantes au glyphosate. [ 27 ]


Ce sont souvent les ouvriers agricoles qui sont le plus affectés par l’usage des pesticides. Jorge Chullén de l’ International Union of Food workers (IUF) affirme que le problème des pesticides pour les ouvriers des plantations de canne à sucre s’est accru dans les dernières années. Ceci est dû en particulier au fait que les sucreries ont de plus en plus tendance à sous-traiter les activités agricoles et à confier entre autres l’application des pesticides à des sous-traitants, éludant ainsi leurs responsabilités envers leurs ouvriers. Chullén décrit les conditions de travail  dans le cadre de ces opérations de sous-traitance comme « horribles » et déclare que cette pratique ne fait qu’accroître la détérioration les standards de sécurité pour les ouvriers. La canne à sucre GM pourrait donc doublement frapper les ouvriers : en augmentant leur exposition aux pesticides et en contribuant à un processus de mécanisation qui fait disparaître les emplois dans le secteur. [ 28 ]


Le sucre : l’envers du décor


La production de canne à sucre est devenue si industrielle et tellement partie intégrante du système de production agroalimentaire que bien souvent les autres formes de production et d’usage ne sont pas reconnues. Pourtant, les communautés locales maintiennent des modes culturels fondés sur la canne à sucre qui sont entièrement différents –et importants. Quand elle n’est pas raffinée ni traitée chimiquement, la canne à sucre est en fait une plante très nourrissante, riche en vitamines et en minéraux. Elle représente une source alimentaire importante qui s’intègre dans un vaste système économique à petite échelle, qui va des fabricants de sucre de palme (jaggery ou gur) en Inde aux petits vendeurs de rues et leurs stands de jus de canne dans presque tous les pays tropicaux du monde.

En Colombie, les communautés ont une vieille tradition qui consiste à organiser des « trapiches comunitarios » (moulins communautaires), grâce auxquels ils transforment le jus de leur canne à sucre locale en un concentré qu’ils appellent panela. Comme dans d’autres régions d’Amérique latine, les paysans locaux colombiens continuent à cultiver leurs propres variétés de canne à sucre qui sont adaptées à leurs terres et à la fabrication de panela. Certaines de ces variétés traditionnelles ont fait l’objet d’études du Grand institut paysan (Instituto Mayor Campesino IMCA). Pour Erminsu Ivan David Pabón-Mincho, coordinateur de programmes à l’IMCA, les trapiches comunitarios et les variétés locales de canne à sucre sont essentiels pour la subsistance et le bien-être des communautés rurales de Colombie. Mais, poursuit-il, les récents efforts pour étendre la production de sucre dans le pays, en particulier pour en faire de l’éthanol, menacent de priver ces communautés des terres déjà très limitées qui servent à la production de leur propre canne. De plus, la réglementation gouvernementale concernant l’industrie du sucre est, selon lui, destinée à pénaliser la production artisanale de panela et à concentrer l’industrie du sucre entre les mains des grandes entreprises.


Pour la canne à sucre GM, les communautés de ce genre constituent un obstacle à éliminer. Ce sont elles qui risquent le plus de perdre leurs terres dans l’expansion de la canne à sucre GM, de perdre leur travail à cause de la mécanisation de la production, de subir la pollution des herbicides et de voir leurs récoltes traditionnelles de canne contaminées par les OGM. Ce sont elles aussi qui risquent le plus de souffrir des effets nocifs du sucre GM, puisqu’elles consomment la canne telle quelle et en ont besoin comme source de nourriture et non pas seulement comme produit sucrant. Jusqu’à présent en effet, pour autoriser les betteraves GM, les autorités n’ont étudié que l’impact du sucre raffiné sur l’alimentation, alors que celui-ci est censé ne plus contenir de trace de matériau transgénique. [ 29 ]


Il est par conséquent important de s’opposer à la canne à sucre GM et au sucre GM en général, et ce pour de nombreuses raisons. Cette prise de position fait partie d’un mouvement de résistance plus vaste qui refuse que le sucre de l’agrobusiness accapare des terres agricoles qui devraient plutôt pouvoir permettre aux paysans de produire leur propre nourriture. C’est aussi une façon de rejeter l’industrialisation et la déshumanisation d’une culture vivrière qui a une valeur culturelle et économique essentielle pour de nombreuses communautés, surtout quand on considère l’essor actuel de l’éthanol à base de canne à sucre. Aujourd’hui ces communautés sont durement affectées par la collusion entre l’agrobusiness et les gouvernements pour redessiner la carte mondiale de la production du sucre. L’introduction de canne à sucre GM ne peut qu’exacerber leurs problèmes.



Lectures complémentaires

ETC Group (Action Group en Erosion, Technology and Concentration), “Commodifying Nature’s Last Straw? Extreme Genetic Engineering and the Post-Petroleum Sugar Economy”, October 2008, http://tinyurl.com/dagctq

Javiera Rulli (ed.), United Soy Republics: The truth about soy production in South America, Grupo de Reflexión Rural, 2008.
http://tinyurl.com/d42upx

Centro de Monitoramento de Agrocombustíveis – Repórter Brasil, “O Brasil dos Agrocombustíveis: Os Impactos das Lavouras sobre a Terra, o Meio e a Sociedade, Volume 3 – Cana-de-açúcar,” 2009,  http://tinyurl.com/bca4ev

Maria Luisa Mendonça, “Impacts of Expansion of Sugarcane Monocropping for Ethanol Production”, Rede Social de Justiça e Direitos Humanos and Comissão Pastoral da Terra, October 2008,  http://tinyurl.com/dbrvu2

Lilian Joensen, Stella Semino and Helena Paul, “Argentina: A Case Study on the Impact of Genetically Engineered Soya”, Gaia Foundation, 2005, http://tinyurl.com/dz927p

GRAIN, numéro spécial de Seedling sur les agrocarburant, juillet 2007, http://www.grain.org/seedling/?type=70


Références

1  - Walter Pengue and Miguel Altieri, “GM soya bean: Latin America’s new colonizer”, Seedling, January 2006,  http://www.grain.org/seedling/?id=421
2 -  Günther Fischer, Edmar Teixeira, Eva Tothne Hizsnyik and Harrij van Velthuizen, “Land use dynamics and sugarcane production“, in Peter Zuurbier and Jos van de Vooren (eds), Sugarcane ethanol: Contributions to climate change mitigation and the environment, Wageningen Academic Publishers, The Netherlands, 2008.
3 –  Histoire et analyse excellentes des réformes de l’UE sur le sucre, Ben Richardson, “Restructuring the EU–ACP sugar regime: Out of the strong there came forth sweetness”, Review of International Political Economy, 28 January 2009,  http://tinyurl.com/at9oax
4 –  Pour une analyse plus détaillée, voir ETC Group, “Commodifying Nature’s Last Straw? Extreme Genetic Engineering and the Post-Petroleum Sugar Economy”, October 2008,  http://tinyurl.com/cayhzo
5 –  L’Initiative “Tout sauf les armes”, lancée en mars 2001, ouvre l’UE aux importations en franchise de droits et de quotas en provenance de tous les pays moins avancés (PMA), avec des arrangements provisoires pour le sucre jusqu’en juillet 2009.
6 -  “Sudan announces ambitious plan for sugar production”, Sudan Tribune, 7 March 2008,  http://tinyurl.com/apfern
7 -  União dos Produtores de Bioenergia (UDOP), “Capital estrangeiro responde por 12% da cana moída no Brasil”, 4 February 2009, http://tinyurl.com/aalnjv
8 -  “Açúcar e álcool são os paradoxos da crise”, Gazeta Mercantil, 17 November 2008,  http://tinyurl.com/cntqny
9 -  Maria Luisa Mendonça, “Impacts of Expansion of Sugarcane Monocropping for Ethanol Production”, Rede Social de Justiça e Direitos Humanos and Comissão Pastoral da Terra, October 2008, disponible sur le site du Transnational Institute (TNI),  http://tinyurl.com/dbrvu2
10 -  Ben Richardson, “An Exclusive Engine of Growth: The Development Model of Brazilian Sugarcane”, Ethical-Sugar, 17 January 2009, http://tinyurl.com/aooogg
11 -  En 2008, la BNDES a investi presque 25 milliards de dollars US dans l’industrie du sucre/éthanol (Centro de Monitoramento de Agrocombustíveis–Repórter Brasil, “O Brasil dos Agrocombustíveis: Os Impactos das Lavouras sobre a Terra, o Meio e a Sociedade, Volume 3 – Cana-de-açúcar”, 2009, http://tinyurl.com/bca4ev )
Voir aussi l’ Inter-American Development Bank, “IDB backs $150 million Regional Financing Facility for Sugar and Bioenergy”, 16 January 2009, http://tinyurl.com/aatudm
12  –Voir par exemple le rapport de l’état du Mato Grosso do Sul, où la culture de la canne à sucre s’est récemment introduite : Mieceslau Kudlavicz and Juliana Grasiéli Mota Bueno, “A expansão canavieira em Mato Grosso do Sul,” Comissão Pastoral da Terra, 26 August 2008, http://tinyurl.com/cxnq6f
13 - Ben  Richardson, “An Exclusive Engine of Growth: The Development Model of Brazilian Sugarcane”, Ethical-Sugar, 17 January 2009, http://tinyurl.com/aooogg
14 - Silvia  Noronha, Lúcia Ortiz and Sergio Schlesinger, “Agribusiness and Biofuels: An Explosive Mixture,” Friends of the Earth, Brazil, 2006.
15 - Centro  de Monitoramento de Agrocombustíveis - Repórter Brasil, “O Brasil dos Agrocombustíveis: Os Impactos das Lavouras sobre a Terra, o Meio e a Sociedade, Volume 3 – Cana-de-açúcar”, 2009, http://tinyurl.com/bca4ev
16 - CPT, “ Em ano recorde em operações, mais de 4,6 mil trabalhadores são libertados”, 19 January 20

09,  http://tinyurl.com/dalpyc
17 - Friedri ch Berschauer, “The long-term growth trends for the Brazilian agro business remain firmly intact”, Bayer CropScience, 20 April 2007, http://tinyurl.com/bd77dv
18 – Les rapports financiers de 2005 montrent que l’industrie du tracteur brésilienne est contrôlée par AGCO/Valtra (65%), New Holland (18%) and John Deere (7.5%).
19 –  Pour une étude plus complète sur la production brésilienne de canne à sucre, voir Maria Luisa Mendonça, “Impacts of Expansion of Sugarcane Monocropping for Ethanol Production”, Rede Social de Justiça e Direitos Humanos e Comissão Pastoral da Terra, October 2008, disponible sur le site du Transnational Institute (TNI),  http://tinyurl.com/dbrvu2
20 -  Janaína Simões, “Center of Sugarcane Technology indicates the path and sets the pace for technological innovation in the sugar and alcohol sector,” State University of Campinas, UNICAMP Innovation, 5 June 2006, http://tinyurl.com/bpg8xm
21 – Voir la Queensland Cane Growers Organisation Ltd, 2008 Annual Report, http://tinyurl.com/bw9z57
et A. Wynne, B. Milford and E. Wall, “Advancing sugarcane: leading and managing change,” Second ISSCT management workshop, Australia, May 2008,  http://tinyurl.com/dj3v79
22 - UITA, “Brasil: la Caña de Azúcar avanza también sobre la pradera”, 14 May 2008,  http://tinyurl.com/arjv5m
23  - Safras & Mercado, “Zoneamento pode expandir área de cana-de-açúcar em 44 milhões de hectares,” Notícias Agrícolas, 23 January 2009, http://tinyurl.com/c3jtvk
24 - L ilian Joensen, “The crop-sprayed villages of Argentina,” in Javiera Rulli (ed.), United Soy Republics. The truth about soy production in South America, Grupo de Reflexión Rural, 2008,  http://tinyurl.com/d42upx
25  - Center for Food Safety, “Tainted Sugar”, Food Safety Fact Sheet, June 2008,  http://tinyurl.com/526b8c
26  - N. Benachour and G-E. Séralini, “Glyphosate formulations Induce Apoptosis and Necrosis in Human Umbilical, Embryonic, and Placental Cells”, Chem. Res. Toxicol., 22 (1), 2009, pp. 97–105; Dr Mae-Wan Ho and Brett Cherry, “Death by Multiple Poisoning, Glyphosate and Roundup,” ISIS Press Release, 11 February 2009,  http://tinyurl.com/b9phjy
27 - Voir GRAIN, “Twelve years of GM soya in Argentina”, Seedling, January 2009,  grain.org/seedling/?id=578
28  – L’industrie du sucre brésilienne estime que la mécanisation va provoquer une perte nette de 114 000 emplois entre 2010 et 2021 dans l’état de São Paulo : Ethical-Sugar , “An Exclusive Engine of Growth: The Development Model of Brazilian Sugarcane,” January 2009
http://tinyurl.com/aooogg )
La mécanisation n’est pas nécessairement synonyme pour les ouvriers de plus de sûreté dans leurs conditions de travail. Une étude brésilienne conclut que les maladies chez les ouvriers sur les récoltes mécanisées sont similaires à celles des coupeurs de canne manuels. (R.A. Scopinho, F. Eid, C.E. Vian, P.R. Silva, “New technologies and workers’ health: mechanization of sugar cane harvesting,” Caderno Saúde Pública, 15 (1), January–March 1999, pp. 147–61).
29  – Voir par exemple Health Canada’s approval of H7-1 Roundup Ready sugar beets,  http://tinyurl.com/aszd94


Mise à jour: 1 mai 2009

Traduit de: GRAIN, Corporate Candyland, Seedling , April 2009, http://www.grain.org/seedling/?id=589 http://www.grain.org/seedling/?id=597

 

Url de cet article:http://www.internationalnews.fr/article-31076441.html

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 03:45

 

En avril 2008, GRAIN a publié un rapport sur les sommes énormes qu’a engrangées l’agrobusiness en profitant de la crise alimentaire. Une année est passée. Les nouveaux résultats financiers sont là. Les choses ont-elles changé ?

 

GRAIN   

 

L’an dernier, au plus haut de la crise alimentaire, une bonne partie des plus grandes entreprises du monde publiaient leurs résultats financiers pour 2007. Partout dans le monde, des gens manifestaient dans les rues parce qu’ils ne pouvaient plus se permettre de manger correctement. C’est sur cette toile de fond que, l’un après l’autre, les géants de l’agroalimentaire sont venus, sans gêne aucune, annoncer des bénéfices record. Jamais les négociants de céréales comme Cargill ou ADM, les semenciers ou les entreprises de pesticides comme Syngenta ou Monsanto et les fabricants d’engrais comme Potash Corp et Yara, n’ont connu de circonstances plus favorables à leur résultat/solde final.

 

Une nouvelle année financière vient de se terminer. Tandis que la crise alimentaire continue, que plus d’un milliard de personnes souffrent sévèrement de la faim et que la crise financière fait des ravages dans les entreprises d’autres secteurs, les grandes entreprises agroalimentaires qui contrôlent l’approvisionnement alimentaire continuent à s’enrichir. Pour beaucoup, les bénéfices record qu’elles avaient faits en 2007 sont dérisoires par rapport à ceux de 2008. 

 

Cargill, le plus gros négociant de céréales mondial, fait état d’une augmentation de bénéfices de presque 70% de plus qu’en 2007, soit une hausse de 157% par rapport à 2006. Les bénéfices d’ADM, le deuxième négociant de céréales mondial, ont légèrement baissé en 2008, ce qui s’explique en partie par les investissement importants de l’entreprise dans un marché de l’éthanol en déroute. Les bénéfices d’ADM ont cependant affiché une hausse de 41% par rapport à 2006. Wilmar International, l’un des plus gros producteurs et négociants d’huile de palme dans le monde a vu ses bénéfices multipliés par plus de six en deux ans, enflant de 288 millions de dollars US en 2006 à 829 millions en 2007 et 1 789 millions en 2008. 

 

Wilmar a fait davantage de bénéfices dans le dernier trimestre de l’exercice 2008, époque à laquelle le prix des commodités était censé s’être effondré, que durant toute l’année 2006. La plus grande entreprise d’agrobusiness asiatique, Charoen Pokphand, qui est désormais le plus gros producteur mondial d’alimentation animale et de crevettes et le deuxième producteur de volailles, [2] a eu elle aussi une excellente année. Durant le dernier trimestre de 2008, le résultat net de CP a doublé et les bénéfices ont connu une hausse de 145% sur l’année. 

Les fournisseurs d’intrants agricoles sont peut-être les plus grands gagnants de la crise. Leur quasi-monopole sur semences, pesticides, engrais et équipement agricole leur a permis de maximiser la pression sur les agriculteurs. Leurs bénéfices 2008, et particulièrement ceux de l’industrie des engrais, sont franchement indécents. Mosaic, qui appartient en partie à Cargill, a vu ses bénéfices avant impôts exploser de 430%. 

 

Pas besoin de plans de relance ici 

 

Comme en 2007, tous ces bénéfices obtenus en vendant des intrants aux agriculteurs et en acheminant les récoltes autour du monde n’ont guère affecté en aval les industriels de la transformation alimentaire et les négociants qui ont leurs propres quasi-monopoles. C’est ainsi que Nestlé a affiché une impressionnante hausse des bénéfices de 59% et qu’Unilever  a rejoint le peloton de tête avec 38% de hausse. Du côté de la distribution, les bénéfices de Casino se sont accrus de 7,3%, ceux d’Ahold de 12,2%. Au cours du dernier trimestre de l’exercice 2008, les bénéfices du plus grand distributeur du monde, Wal-Mart, ont légèrement baissé, ce qui n’est pas surprenant au vu de la profonde récession que connaissent les Etats-Unis. L’entreprise a tout de même engrangé 3,8 milliards de dollars US durant cette période. 

 

On commence aussi à avoir quelques chiffres sur les revenus des agriculteurs en 2008 : ils sont très éloquents et montrent bien qui détient véritablement le pouvoir dans le système alimentaire. Les rapports montrent de fortes augmentations des prix à la production et une hausse des revenus agricoles en général mais les profits potentiels ont été absorbés par les augmentations du prix des intrants et autres coûts de production. En Amérique du Nord par exemple, les bureaux de statistiques nationaux montrent du doigt les coûts de plus en plus élevés des intrants pour expliquer pourquoi au Canada le revenu net d’exploitation de la ferme moyenne a baissé de 5% en 2008. Le revenu agricole net aux Etats-Unis devrait être à peu près équivalent à celui de 2007. Aux Etats-Unis, les dépenses de production des agriculteurs ont augmenté de 100 milliards de dollars US au cours des cinq dernières années et engloutissent aujourd’hui jusqu’à 77% du revenu agricole brut. Depuis 2002, le prix des engrais a augmenté de 191% et celui des semences de 71%. [3]  

 

Pour tous ceux qui n’auraient pas encore compris, l’année 2008 a exposé au grand jour comment le système alimentaire actuel, par sa nature-même, ne peut qu’affamer une partie de l’humanité et en engraisser une minorité.

 

(cliquez sur les diagrammes)

Tableau 1: Bénéfices* pour certains des plus grands négociants de céréales du monde

Entreprise

Bénéfices 2008
(millions de dollars US)

Augmentation par-rapport à                                             2007 (%)

Cargill (USA)

3 951

69

ADM (USA)

2 624

–17

Bunge (USA)

1 363

13

Noble Group (Singapour)

436

117

*Bénéfices = avant impôts, sauf Noble Group où bénéfices = bénéfices bruts

 

Tableau 2: Bénéfices* pour certaines des plus grandes entreprises d’engrais du monde

Entreprise

Bénéfices 2008
(millions de dollars US)

Augmentation par rapport à                                 2007 (%)

Potash Corp. (Canada)

4 963

164

Mosaic (USA)

2 682

430

Yara (Norvège)

3 350

131

*Bénéfices = bénéfices avant impôts

 

Tableau 3: Bénéfices* pour certaines des plus grandes entreprises de semences/pesticides du monde

Entreprise

Bénéfices 2008
(millions de dollars US)

Augmentation par-rapport à 2007 (%)

Monsanto

2 926

120

Syngenta

1 692

19

Bayer

1 374

40

Dow

761

63

BASF

894

37

*Bénéfices = bénéfices avant impôts

 

Tableau 4 : Bénéfices* pour certaines des plus grandes entreprises de matériel agricole du monde

Entreprise

Bénéfices 2008
(millions de dollars US)

Augmentation par-rapport à 2007 (%)

AGCO

526

61

John Deere

3,124

17

Case/New Holland

1,156

39

*Bénéfices = bénéfices avant impôts


1 - Voir GRAIN, “Making a killing from hunger”, Against the grain, April 2008, http://www.grain.org/articles/?id=39
2 - David Burch, “Overview of agribusiness trends”, presentation to the AAI Second Global Forum, “Market power and the world food crisis”, São Paulo, 22–24 January 2009, http://tinyurl.com/cjvwuq
3 - Agriculture and Agri-Food Canada, “Farm Income Forecast Highlights: 2009”, http://tinyurl.com/c6tnc4 and Stu Ellis, “Farm Income And Expenses For 2008: The Very Big Picture”, The Farm Gate, University of Illinois, December 1, 2008, http://tinyurl.com/dzvlkf


Mise à jour: 1 mai 2009

Traduit de: GRAIN, Corporations are still making a killing from hunger, Seedling, April 2009, http://www.grain.org/seedling/?id=592http://www.grain.org/seedling/?id=598

 

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