Des chercheurs de l’INRA de Toulouse viennent ainsi d’apporter un nouvel éclaircissement sur l’exposition humaine au BPA. Leur curiosité est née du constat que les mesures de résidus de BPA trouvés dans les tissus humains ne concordent pas avec l’exposition théorique de la population, calculée par extrapolation des quantités de BPA présentes dans les aliments. Constatant que la contamination alimentaire ne peut à elle seule expliquer les taux de BPA retrouvés chez certaines personnes, les scientifiques en viennent à suspecter d’autres sources d’exposition, et notamment cutanée. Les soupçons se sont alors tournés vers les « papiers thermiques » tels que les tickets de caisses enregistreuses et les reçus de cartes de crédit, dont la majorité abrite du BPA en « assez grande quantité ». En effet, celui-ci est utilisé comme révélateur de la coloration à l’impression des tickets. Confirmant cette hypothèse, une équipe américaine a décelé, en août dernier, des niveaux résiduels de BPA plus importants dans l’organisme des hôte(sse)s de caisse.
Afin d’évaluer la capacité du BPA à pénétrer la peau, les chercheurs de l’INRA ont exposé ex vivo des explants (2) viables de peau de porc. Ils ont noté qu’environ les deux tiers du BPA déposé à la surface de la peau traversaient la barrière cutanée et ce, quelle que soit la dose déposée. Par la suite, la même expérience a été menée sur des explants de peau humaine, débouchant sur des conclusions similaires.
En décembre 2009,
une précédente étude de l’INRA avait déjà mis en évidence une très forte sensibilité de l’appareil digestif du rat à de faibles doses de BPA.
1- Un perturbateur endocrinien est un leurre hormonal. Le BPA est ainsi capable de mimer l’effet des hormones sexuelles féminines que sont les œstrogènes.
2- Les tests biologiques ex vivo sont réalisés en dehors de l’organisme, à l’instar des cultures cellulaires effectuées à partir de cellules extraites d’un organisme. L’explant désigne un fragment de tissu prélevé sur un organisme.
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