8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 14:27

Internationalnews

 

 

Il semble qu’il y a toujours pas mal de monde qui préférerait que la mort d’Arafat continue d’être traitée comme un mystère plutôt que comme un assassinat.


Il est temps d’affirmer l’évidence : Arafat a été tué. Et les soupçons portent directement sur Israël.


Pourtant on peut difficilement éviter de tirer la conclusion de la découverte révélée (en 2013) par des scientifiques suisses, à savoir que le corps du leader palestinien contenait des taux élevés d’un isotope radioactif, le polonium-210. Une recherche non concluante et beaucoup plus restreinte réalisée par une équipe russe et publiée juste après l’annonce helvétique, suggère également qu’Arafat est mort des suite d’un empoisonnement.


Il est temps d’affirmer l’évidence : Arafat a été tué. Et les soupçons portent directement sur Israël.


Seul Israël avait les moyens, les antécédents, l’intention et les motifs déclarés. En l’absence d’empreintes digitales israéliennes sur l’arme du crime, il n’y a pas suffisamment de preuves pour convaincre un tribunal, mais il y a assez d’indices pour qu’Israël soit reconnu coupable devant le tribunal de l’opinion publique mondiale.


Seul Israël avait les moyens d’accéder à du polonium, dans son réacteur nucléaire à Dimona, et il a d’amples états de services dans le domaine des assassinats politiques, certains ostentatoires, d’autres secrets, avec utilisation fréquente d’agents chimiques difficiles à détecter.


Il est publiquement avéré qu’Israël a tenté de tuer en douce un autre dirigeant palestinien, Khaled Meshaal du Hamas, en Jordanie en 1997, lui injectant un poison dans l’oreille. Meshaal fut sauvé uniquement parce que les assassins ont été pris et qu’Israël fut forcé de fournir un antidote.


Les dirigeants israéliens se sont succédés pour nier toute intention maligne à l’encontre d’Arafat. Silvan Shalom, le Ministre de l’Energie, affirmait la semaine dernière : « Nous n’avons jamais pris la décision de lui nuire physiquement ». Shalom doit souffrir d’un trou de mémoire …


Une foule d’indices attestent qu’Israël voulait qu’Arafat – selon l’euphémisme de l’époque – soit « écarté ». En janvier 2002 Shaul Mofaz, chef d’état-major des forces israéliennes, fut surpris par un micro alors qu’il chuchotait au Premier ministre israélien Ariel Sharon, à propos d’Arafat : « Il faut qu’on se débarrasse de lui ».


Avec le dirigeant palestinien retranché pendant plus de deux années dans son quartier général délabré à Ramallah, encerclé par des tanks israéliens, la question au sein du gouvernement israélien était de savoir s’il fallait l’exiler ou le tuer.


En septembre 2003, Shalom étant ministre des Affaires étrangères, le cabinet publia même un avertissement comme quoi Israël devait « ôter cet obstacle d’une manière et à un moment de son choix ». Le vice-premier ministre de l’époque, Ehud Olmert, précisa que tuer Arafat était « l’une des options ».


Ce qui arrêta la main d’Israël – et nourrit son ton équivoque - ce fut l’opposition catégorique de Washington. Dans le sillage de ces menaces, Colin Powell, le Secrétaire d’Etat étatsunien, mit en garde contre le fait qu’un geste à l’encontre d’Arafat déclencherait « la fureur dans tout le monde arabe, dans le monde musulman et dans bien d’autres parties du monde ».


Mais en avril 2004, Sharon déclara que dorénavant il n’était plus tenu par son engagement antérieur envers le Président George Bush de ne pas « nuire physiquement à Arafat ». « Je suis libéré de cette promesse », observa-t-il. La Maison Blanche elle aussi faisait montre d’un affaiblissement de sa posture : un porte-parole anonyme épondit sans grande conviction que les Etats-Unis « s’opposaient à toute action de ce genre ».


On ignore si Israël a pu exécuter l’assassinat seul, ou s’il a dû recruter un ou plusieurs membres du cercle des proches d’Arafat, présents avec lui dans la Moukata à Ramallah, comme complices pour dispenser le poison radioactif.


Qu’en est-il du motif ? Qu’est-ce qu’Israël a gagné à « écarter » Arafat ? Pour comprendre la pensée d’Israël, il faut revenir à un autre débat qui faisait rage à cette époque parmi les Palestiniens.


La direction palestinienne était divisée en deux camps, centrés sur Arafat et sur Mahmoud Abbas, qui semblait être l’héritier d’Arafat. Tous deux avaient des stratégies fortement divergentes à propos des rapports avec Israël.


Selon Arafat, Israël avait manqué à ses engagements pris dans les accords d’Oslo. Dès lors il était hostile à investir exclusivement dans le processus de paix. Il voulait une double stratégie, garder des canaux ouverts aux pourparlers tout en maintenant l’option de la résistance armée pour faire pression sur Israël. Pour cette raison il gardait une emprise personnelle ferme sur les forces de sécurité palestiniennes.


Quant à Abbas, il croyait que la résistance armée est un cadeau à Israël et délégitimise le combat palestinien. Il voulait focaliser exclusivement sur les négociations et la construction de l’Etat, espérant exercer une pression indirecte sur Israël en prouvant à la communauté internationale que les Palestiniens pourraient se montrer dignes de confiance avec un Etat. Sa priorité était de coopérer étroitement avec les Etats-Unis et Israël sur les questions de sécurité.


Israël et les Etats-Unis préféraient l’approche d’Abbas, allant même jusqu’à contraindre Arafat à réduire son influence pendant un temps, en nommant Abbas au poste nouvellement créé de Premier ministre.


La principale préoccupation d’Israël concernant Arafat était que – tout prisonnier qu’il fût – il resterait une figure unificatrice pour les Palestiniens. En refusant de renoncer à la lutte armée, Arafat réussissait à contenir – même de justesse – les tensions croissantes entre son propre mouvement du Fatah et son principal rival, le Hamas.


Une fois Arafat disparu, et le conciliant Abbas installé à sa place, ces tensions ont violemment fait éruption à l’air libre – comme Israël l’attendait certainement. Elles culminèrent en une rupture qui déchira le mouvement national palestinien et entraîna un schisme territorial entre la Cisjordanie contrôlée par le Fatah et Gaza dirigé par le Hamas.


Selon la terminologie habituelle d’Israël, Arafat était le chef de « l’infrastructure de terreur ». Mais la préférence israélienne pour Abbas ne découlait pas d’un sentiment de respect envers lui ni de la conviction qu’il réussirait à persuader les Palestiniens d’accepter un accord de paix. Il est de notoriété publique que Sharon a affirmé qu’Abbas n’était guère plus impressionnant « qu’un poulet déplumé ».


L’intérêt d’Israël à tuer Arafat saute aux yeux si on considère ce qui s’est passé après sa mort. Non seulement le mouvement palestinien s’est effondré, mais la direction palestinienne a été replongée dans une série de vains pourparlers de paix, laissant toute latitude à Israël pour se concentrer sur les vols de terres et la construction de colonies.


A propos de la question de savoir si Israël a profité de la perte d’Arafat, l’analyste palestinien Mouin Rabbani faisait observer :

 

« Est-ce que l’engagement exemplaire d’Abou Mazen [Abbas] envers Oslo pendant toutes ces années, et sa coopération avec Israël pour gérer la sécurité envers et contre tout – est-ce que cela n’a pas déjà réglé cette question ? ».


Aujourd’hui la stratégie d’Abbas affronte peut-être son test ultime, alors que l’équipe de négociation palestinienne va une fois de plus tenter d’arracher à Israël les plus élémentaires concessions sur un Etat palestinien, au risque d’être blâmée pour l’inéluctable échec des pourparlers. Déjà ses efforts semblent s’être largement fourvoyés.


Alors que les négociations n’ont rapporté aux Palestiniens qu’une poignée de prisonniers politiques âgés, Israël a déjà annoncé en retour l’extension massive des colonies et a menacé d’éviction de quelque 15.000 Palestiniens de leurs maisons à Jérusalem-Est.


Il va sans dire que c’est un compromis qu’Arafat aurait maudit.

 

18 novembre 2013

 

Article original en anglais : Why Israel Murdered Arafat, CounterPunch, 13 novembre 2013

Une première version de cet article a été publié sur The National, Abu Dhabi.


Traduction : Marie Meert, Info-Palestine.eu


Jonathan Cook a remporté le Prix Spécial de journalisme Martha Gellhorn. Ses derniers livres sont Israel and the Clash of Civilisations : Iraq, Iran and the to Remake the Middle East(Pluto Press) et Disappearing Palestine : Israel’s Experiments in Human Despair (Zed Books). Voici l’adresse de son site : http://www.jkcook.net.

 

Les emphases sont d'IN

 

Voir aussi:

Le cabinet israélien a ordonné l’assassinat de yasser arafat: « nous choisirons la bonne façon et le bon moment pour tuer Arafat" par Michel Chossudovsky

 

Yasser arafat, mister palestine for ever par rené naba

 

Who killed arafat and why? By ramzy baroud

 

Arafat reste un symbole en Palestine 10 ans après sa mort

 

Yasser arafat a-t-il été assassiné ? Par amnon kapeliouk


http://www.internationalnews.fr/article-pourquoi-israel-a-assassine-arafat-10e-anniversaire-de-la-mort-de-yasser-arafat-124963628.html

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:29

Internationalnews

  27 août 2014 

Ich 27 aout

 

I think it's safe to say that if U.S. neighborhoods were living under siege, folks like Rand Paul wouldn't take it

By Roger Waters


August 27, 2014 "ICH" - "Salon" -  The carnage in Gaza continues after the latest collapse of cease-fire talks and over four weeks of asymmetrical bombardment by Israel. With the death of more than 2,000 Palestinians, and the displacement of hundreds of thousands more, the complicity of the American government has been exposed to the world as never before. Yet the mantra repeated ad nauseam by the U.S. government and media alike remains the same: Israel has a right to defend itself.


The moral perversity of the U.S. position is stunning. How can the U.S. government ask Israel to be more careful about civilian lives while simultaneously arming and then rearming the IDF so it can more effectively inflict such devastation on an imprisoned and occupied people?


The U.S. could act to stop the senseless slaughter but it won’t. Instead, it’s cheerleading.  Members of Congress are mindlessly parroting Israeli talking points without a thought given to the Palestinian perspective or to preserving human life. Brimming with righteousness, they argue for turning Israel loose – Sen. Rand Paul in particular – and invoke Israel’s right to self-defense, despite the fact that, as the occupying power, Israel has an obligation to protect the Palestinians it rules, not massacre them.


Do congressional leaders ever stop to wonder what they would do if they were born Palestinian, had their homes and private property stolen from them, and were forced to live without freedom under an illegal Israeli occupation for 47 years? Do they know what it means to be on the receiving end of Israel’s barbaric “mow the lawn” euphemism?  Scarcely a word is said about the rights of Palestinians who are being pummeled from the sky and shot dead in their neighborhoods by the region’s most powerful military.  What, I wonder, would Americans do if it were their neighborhoods being invaded and if they were the ones living under siege? I think it’s safe to say Americans wouldn’t stand for it.


Despite these realities, it’s far more advantageous in Washington to come down like a ton of bricks on the Palestinians and maintain that they are the cause of their own suffering. No politician’s career has ever been hurt by blaming Palestinians or by applauding Israel’s illegal occupation, colonization and war crimes.


Pressure on American politicians to conform to the party line is abetted by skewed media coverage.  For instance, CNN, while purporting to be a news channel, relentlessly churns out Israeli propaganda.

It is easy for those of us who do not live under the tyranny of the occupation to condemn the military wing of Hamas for using randomly fired rockets that might cause civilian casualties in neighboring Israel, and I do unreservedly condemn it. Having said that, an occupied population has the legal right to resist the military of the occupier. The occupier has a legal obligation to protect the occupied. Under these circumstances the reporting on CNN is biased beyond all belief.


Numerically, one can readily see the bias. Far more pro-Israel guests than pro-Palestinian experts are invited on air to make their case.


An exception to that general rule, and obviously not on CNN, is Henry Siegman, a prominent Jewish voice and a former national director of the American Jewish Congress, who recently got the opportunity to expose the shortcomings of Israeli talking points. Siegman was interviewed fairly and in depth by Amy Goodman on Democracy Now!  Sadly Democracy Now! is not mainstream media. If only it were!


Contrast that appearance with the reception Yousef Munayyer received during an extraordinarily “unfair” Fox News interview by the execrable Sean Hannity. Actually, to dignify Hannity’s rude and infantile shouting and finger pointing as an “interview” would be wrong.


If only CNN – or Fox, for that matter – would sometimes rely for their analyses on someone as intelligent and humane as Siegman.  Unfortunately, however, CNN persisted for weeks with the extremely biased analysis of Israel’s former ambassador to the U.S. Michael Oren. Even CNN appears to have recognized how biased a contributor Oren was as it recently changed his title from CNN analyst to former ambassador.


Staunchly pro-Israel voices like Oren’s have resoundingly proclaimed: Any resistance, violent or nonviolent, in fact any criticism of Israeli colonization and denial of Palestinian rights, is off limits. What they are advocating, in essence, is perpetual armed conflict until greater Israel is a fait accompli, and complete Israeli domination over any surviving Palestinians is accepted as a reasonable status quo. Commentators such as Oren feign interest in a two-state peaceful solution but they and the state they represent resist all attempts to implement such a plan.


On a positive note, I take heart from the fact that support for Jewish Voice for Peace has skyrocketed over the last month as members of the American Jewish community, appalled at Israel’s actions, have looked for a place to register their concern. JVP advocates for an end to occupation and the siege on Gaza, for Palestinian rights – as dictated by international law – and peace with justice for Palestinians and Israelis alike. It primarily does so by educating people with basic facts and by using the tools of Boycott, Divestment, and Sanctions to apply pressure on Israel to cease its human rights abuses.


Additionally, we welcome Javier Bardem and Penelope Cruz to the swelling ranks of celebrity dissenters.  Their courageous stand is a beacon to us all. We need many more like them if we are to shift the discourse and persuade the American and Israeli governments to adopt more realistic, humane and hopefully fruitful policies. To paraphrase Siegman, “If you want to stop the rockets, end the siege of Gaza and the occupation of both Gaza and the West Bank.”  He sounds like a sage but this is just common sense. If I might stick in my two pennies’ worth, why not then engage in serious conversations with the Unity Palestinian Government, which up to now Israel has seemed determined to destroy.


The U.S. Congress, far too beholden to the right-wing Israel lobby, will be the last to figure out this tragic jigsaw puzzle and human catastrophe and grasp the critical need for a political solution.  And mainstream media, if unchallenged, will continue to distort reality and embolden the counterproductive, AIPAC-driven unrealistic position that it portrays as fact.



On a personal note, I am pro-human rights for all peoples all over the world.  I am pro-peace for all Israelis and Palestinians.  I am not singling out Israel.  I deplore all abuses and violence, whether in Syria, China, Russia, Iran, Saudi Arabia, Indonesia, England, the USA, Egypt, Libya, wherever.  That said, international law was designed to protect against such human rights violations and should be applied fairly to all.


In the case of Israel/Palestine, legal channels have yet to be seriously pursued. Consequently, change will continue to be led by popular efforts.  Specifically, the growing nonviolent BDS campaign offers the best chance of successfully pressuring Israel to alter its ways and allow for Palestinian freedom and rights. Despite major efforts to destroy it, more and more people are joining the BDS movement. It is this growing momentum that gives me hope that, together, the people of the world will eventually help deliver what governments have been unwilling to secure: justice and a lasting peace between Palestinians and Israelis.


I wrote a short poem a few days ago that I have been encouraged to append here.


It is called “Crystal Clear Brooks.”  Although it expresses my feelings, I cannot but think that the children in Gaza would give anything but their birthright and their pride and their basic human rights for a glass of crystal clear water. And, I think too, of the Bakr children, the sons of fishermen, who were slain while playing on a Gaza beach

Crystal clear brooks

When the time comes

And the last day dawns

And the air of the piper warms

The high crags of the old country

When the holy writ blows

Like burned paper away

And wise men concede

That there’s more than one way

More than one path

More than one book

 More than one fisherman

More than one hook

When the cats have been skinned

And the fish have been hooked

When the masters of war

Are our masters no more

When old friends take their whiskey

Outside on the porch

We will have done well

If we’re able to say

As the sun settles down

On that final day

That we never gave in

That we did all we could

So the kids could go fishing

In crystal clear brooks.

Copyright © 2014 Salon Media Group, Inc.

 

Plus d'articles et de vidéos sur les prises de position de Roger Waters sur la Palestin:

 

http://www.internationalnews.fr/article-pink-floyd-s-roger-waters-why-moral-perversity-of-u-s-position-in-gaza-is-stunning-124449253.html

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 18:55

Internationalnews

AlgériePatriotique

 

Jacob Cohen : «Faire la guerre au Hamas permet à Israël de souder le front intérieur.» D. R.
Jacob Cohen : «Faire la guerre au Hamas permet à Israël de souder le front intérieur» 

Algeriepatriotique : Vous faites partie des personnalités qui ont écrit au président François Hollande. A-t-il répondu à votre tribune ? Pensez-vous que le fait d’interpeller le chef de l’Etat français puisse changer «son allégeance inconditionnelle» à Israël, comme vous l’avez écrit ?
Jacob Cohen : Le président François Hollande ne m’a pas répondu, évidemment, bien que j’aie envoyé ma lettre à l’Elysée. J’ai la conviction que cette lettre, qui a été partagée par des milliers de personnes sur les réseaux sociaux, aura son petit impact. Comme d’autres actions. Je ne crois pas que François Hollande puisse perpétuer son allégeance inconditionnelle à Israël. Les temps changent. Il est obligé d’en tenir compte.


Vous dites que les institutions françaises, telles que la police et la justice, sont des «auxiliaires du Crif» et qu'elles se mobilisent pour interdire ou condamner dès qu’il s’agit d’Israël. Que pense la France d’en bas du soutien du gouvernement français à Israël ?
Le peuple français est soumis, dans sa grande majorité, au matraquage des médias qui sont détenus, influencés ou contrôlés par des éléments favorables aux sionistes. N’oublions pas la présence de centaines de sayanim dans tous les grands médias français, c’est-à-dire des juifs français acquis au sionisme et qui travaillent pour le Mossad. Dernier exemple en date : le contrôle du journal Libération par le milliardaire franco-israélien Patrick Drahi. Donc, le peuple français n’a qu’une vision partiale et partielle des événements.


Vous avez dénoncé la politique de deux poids et deux mesures concernant les sanctions prises contre la Russie dans l’affaire de la Crimée, alors qu’Israël occupe El-Qods et le Golan impunément depuis 1967. Comment expliquez-vous cette réaction contradictoire que l'Occident impute à ce qu'il appelle «la communauté internationale» ?
Pour une raison évidente. Israël est un allié privilégié et donc on lui passe tout. Il viole les lois de la guerre, des réfugiés ; il occupe, annexe, confisque, torture, dans la plus totale impunité. Car il faut le protéger et le renforcer sans cesse. Alors que la Russie est considérée comme un adversaire de l’Occident, comme le pays qui empêche la mainmise totale de l’impérialisme sur le monde. Aussi, toute violation du droit, ou jugée comme telle, par la Russie est immédiatement et fortement sanctionnée. Tout est fait pour contenir la puissance russe. Le droit international n’est finalement qu’un prétexte qu’on utilise quand ça arrange.


D’aucuns affirment que l’offensive israélienne sur Ghaza est venue en réaction à l’accord sur un gouvernement d’union nationale entre le Hamas et le Fatah. Pourquoi ce rapprochement entre ces deux mouvements fait-il peur à Israël ?
Ça peut être une des raisons. Mais je ne crois pas que ce soit la principale. Israël a besoin d’un ennemi permanent et le Hamas joue idéalement ce rôle. La propagande en a fait un mouvement «terroriste qui veut détruire Israël» et personne ne relève l’énormité de cette assertion. Comment un mouvement de quelques milliers de militants sommairement armés peut-il menacer la cinquième puissance militaire du monde ? Par ailleurs, faire la guerre au Hamas permet à Israël de souder le front intérieur et de réveiller les sentiments nationalistes et patriotiques. Enfin, Israël ne supporte pas qu’un mouvement palestinien lui résiste. L’Autorité palestinienne est déjà totalement soumise à la volonté sioniste en échange de quelques privilèges et de fausses négociations. Israël, par ses bombardements violents et aveugles, veut briser la volonté du Hamas et la capacité de résistance des Gazaouis.


Des milliers d’Israéliens ont manifesté contre les crimes contre l’humanité commis à Gaza. Selon vous, Netanyahu agit-il réellement au nom du peuple israélien ? Les Israéliens ne sont-ils pas lassés par la guerre provoquée et entretenue par leur gouvernement ?
Ceux qui ont manifesté en Israël contre la guerre ne représentent qu’une minorité infime de la population. Le consensus autour du gouvernement et de l’armée est impressionnant. Bien sûr, les Israéliens sont globalement lassés par la guerre en général, mais la propagande leur fait croire qu’ils ne peuvent pas faire autrement, qu’il n’y a pas de partenaire de l’autre côté pour faire la paix. Il n’y a aucun risque que le front intérieur se fissure.


Qu’est-ce qui pourra arrêter Israël dans son arrogante impunité ?
La lassitude des chancelleries occidentales et la conscience d’un prix élevé à payer pour un soutien sans faille ; le réveil, hélas improbable, des élites arabes ; l’extension du boycott contre Israël qui prend diverses formes et qui commence à poser des problèmes ; la délégitimation d’Israël et le ras-le-bol grandissant dans le monde.


Interview réalisée par Mohamed El-Ghazi
24 juillet 2014

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http://www.internationalnews.fr/article-jacob-cohen-a-algeriepatriotique-israel-a-besoin-d-un-ennemi-permanent-et-le-hamas-joue-ce-role-124237216.html

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 08:14

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Geogres_Galloway_JP_2007-6fc74.jpg

 

Georges Galloway, député britannique antisioniste et pro-palestinien, donne une leçon d’histoire à un auditeur de confession juive.

 

Par trois fois, cet auditeur refuse de répondre à la question: « De quel droit la Grande-Bretagne et d’autres pays européens peuvent-ils vous donner le pays des autres ? » (en référence à la spoliation de la Palestine au profit de la création de l’État d’Israël). Vidéo ajoutée le 2 aout 2014.

 

 

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Photo: Joelle Pénochet

 

http://www.internationalnews.fr/article-39-672-vues-374-likes-5-dislikes-un-depute-britannique-donne-un-cours-d-histoire-a-un-auditeur-juif-124310783.html

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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 22:25

Internationalnews

 

("Le Contrat de Transfert" / "The Transfer Agreement" / "Heskem Haavara", par Edwin Black; Channel 5 News/USA, 1984) : Adolf Hitler aurait été "le principal sponsor économique de l'Etat d'Israël" selon l'auteur de "Le Contrat de Transfert" (The Transfer Agreement) dès 1933. Edwin Black, Juif américain dont les parents sont des "Survivants de l'Holocauste" et qui auraient émigré aux USA après la fin de la guerre, raconte l'histoire d'un pacte secret conclu en Août 1933 entre l'Etat nazi et les Juifs sionistes allemands et internationaux pour rendre possible le transfert de capitaux, de Juifs et de produits industriels en Palestine britannique entre 1933 et 1939.


Edwin Black est auteur de IBM ET L'HOLOCAUSTE, L'alliance stratégique entre l'Allemagne nazie et la plus puissante multinationale américaine.


Nom officiel du pacte: Heskem Haavara/הסכם העברה (HE); Ha'avara-Abkommen (DE); Haavara Agreement (EN); l' Accord Haavara (FR).


Info. reportage Date : Sa. 22 Avril 1984.
Journalistes : Deborah Norville & Rich Samuels.
Source : JT 10 Heures / Channels 5 News (USA).

Info presse (coupure journal) Date : Lu. 28 (rédac.) + 29 Août 1933 (édit.).
Source : The New York Times.

 

http://www.internationalnews.fr/article-le-contrat-de-transfert-hitler-a-co-fonde-israel-en-1933-avec-les-juifs-sionistes-documentaire-v-124311824.html

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 22:29
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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 14:01

Internationalnews

Reporterre.net

 

Par Hélène Servel (Reporterre)

 

Alors que le carnage commis par l’armée israélienne se poursuit à Gaza, le reste de la Palestine reste sous le joug. Celui-ci pèse sur les moindres domaines d’activité, comme l’apiculture. Qui se révèle, elle aussi, un enjeu politique. Reportage de chaque côté du mur.



- Bir Zeit (Palestine), reportage.


« De nouvelles colonies poussent toutes les semaines un peu partout. Et chacune est entourée d’un périmètre de sécurité", déplore Nazeeh, un apiculteur de Kafer Malik, un sourire fataliste aux lèvres "ma famille ne veut plus que je risque ma vie pour faire du miel. »


C’est le quotidien de la centaine d’apiculteurs professionnels de Cisjordanie qui travaillent sous occupation. Seulement cinq ou six d’entre eux produisent la plus grande partie des sept tonnes produites annuellement mais aucun ne vit de sa production.


« La semaine, je suis inspecteur d’éducation et le week-end, je deviens apiculteur ! On ne peut pas faire autrement ! » s’exclame Nazeeh, père de quatre enfants.


En Cisjordanie, le prix d’un pot de miel (170 shekels, soit 37 euros) représente près de 10 % du salaire moyen (2000 shekels, soit 435 euros). Ces prix s’expliquent : Israël maîtrise tout le commerce extérieur de la Cisjordanie en imposant des taxes exorbitantes et en interne, l’Autorité Palestinienne (AP) ne consacre que 0,8 % de son budget national à l’agriculture. Et malgré les accords de libre-échange entre l’AP et l’Union Européenne, le miel palestinien ne s’exporte que très peu.


L’occupation ou les impossibles transhumances


Depuis 1995, les apiculteurs palestiniens doivent se plier aux restrictions de mouvement imposées par les accords d’« Oslo II » qui ont séparé la Cisjordanie en trois zones : les 3 % du territoire de la zone A sont sous contrôle total de l’AP ; la zone B, sous contrôle mixte, représente 25 % des terres. Les 70 % restants de la zone C sont régis par Israël et toutes les ressources naturelles y sont concentrées.



      Carte des accords d’Oslo II   

 

A côté de Naplouse, une base militaire a par exemple été construite sur un terrain tapissé d’un chardon très mellifère. Auparavant très prisée par les apiculteurs, la zone leur est aujourd’hui interdite d’accès, d’autant que les check-points volants compromettent souvent les transhumances.


A Bil’in, un village situé à deux pas de la ligne de séparation avec Israël, la production de miel relève du défi. Depuis la construction du mur en 2005, des manifestations sont organisées tous les vendredis et la zone est interdite d’accès.


« On a dû enlever nos ruches à cause des gaz lacrymogènes tirés par l’armée israélienne. Le miel n’est plus d’aussi bonne qualité qu’avant » soupire Ahmad, un apiculteur de quarante-quatre ans.


« Avec les abeilles, on pourrait envahir les colonies ! »


Face à cet abandon du secteur, un réseau de coopératives apicoles existe en Cisjordanie et à Gaza depuis une vingtaine d’années et propose des formations et du soutien technique. Mais le bilan est mauvais : « Malgré la situation, les gens ne comprennent pas l’importance de la mise en commun des savoir-faire », déplore Nassif Al Deek, ancien président de la coopérative de Ramallah.


Ce ’’chacun pour soi’’ est aussi constaté par Ahmad Al Holbani, apiculteur et professeur de géographie de l’université de Bir Zeit : « Certains importent du miel israélien clandestinement et le vendent ici sous un label palestinien. » Il considère l’apiculture comme un outil politique permettant l’indépendance économique : « C’est aussi une forme de résistance. Avec les abeilles, on pourrait envahir les colonies ! Elles, personne ne peut les arrêter. »



Paysage d’oliviers en Cisjordanie, pris de Nabi Saleh, un village connu pour ses manifestations hebdomadaires, au nord ouest de Ramallah


Mais ce n’est pas l’avis de tout le monde. Mahdi, qui tient un magasin de matériel apicole à Ramallah, regarde autour de lui avant de chuchoter : « Les Israéliens sont très forts en technique. Sens-moi cette cire... C’est bien mieux que la marchandise chinoise, même si c’est plus cher ! »


En Israël : Abeilles et « démocratie verte »


A quelques kilomètres de là, de l’autre côté du mur, le paysage change radicalement: l’autoroute ultra-moderne traverse des champs de blé et de tournesol verdoyants et les tuyaux d’arrosage font des arc-en-ciel dans l’air brûlant. Bienvenue dans le monde merveilleux de l’apiculture sioniste.


Avant même la création de l’Etat d’Israël, les premiers sionistes comprennent le rôle clé de l’abeille pour « reverdir le désert » de Palestine. Dès 1901, le Fonds national juif, (KKL en hébreu) destiné à acquérir des terres pour les Juifs, est très clair dans ses intentions : « Faire du rêve [sioniste] une réalité. »


Au départ consacré au développement du futur Etat, l’organisation surfe aujourd’hui sur la vague du développement durable et diffuse largement l’idée qu’Israël est une « démocratie verte. » L’apiculture joue un rôle décisif dans l’agriculture israélienne : assurée à 60 % par l’apis mellifera, la seule pollinisation mobilise pas moins de 60.000 ruches chaque année.



Paysage de Galilée, en Israël   

 

Miel policé pour territoire limité


Gérées par une centaine d’apiculteurs professionnels, les cent mille ruches israéliennes sont réparties méthodiquement sur un tout petit territoire (20.770 km2). L’Israel Honey Board est l’organisation publique qui regroupe tous les acteurs de la filière.


Hertzel Avidor, son président, reçoit dans son grand bureau climatisé en banlieue de Tel Aviv : « Sur un territoire si petit, on est obligé d’avoir une organisation très stricte pour éviter la surpopulation et la propagation des maladies. Tous les apiculteurs doivent adhérer à l’organisation et on leur attribue des licences, des emplacements et un soutien technique. »


Entre deux dégustations de miel local - eucalyptus, avocat ou agrumes - Avidor décrit la situation délicate du miel israélien : « Entre le manque d’eau, le désert qui occupe un tiers du pays et l’urbanisation galopante, la production de miel n’est pas évidente. Et pour répondre à la demande locale, on est obligé d’importer mille tonnes de miel par an d’Europe et des USA. »


Dans une conjoncture économique difficile, le gouvernement a fait le choix d’une protection totale des prix sur le marché. Résultat : en Israël le kilo de miel au détail est à 40 shekels, tous types confondus, soit 8,70 euros. Quatre fois moins cher qu’en Cisjordanie.


High-tech, snipers et apis mellifera


A la frontière avec Gaza, le kibboutz Yad Mordechai est l’un des premiers à avoir lancé l’apiculture en 1936. Aujourd’hui, avec ses quatre mille ruches, Aetan Zion produit cent cinquante tonnes de miel par an. Apiculteur depuis les années 1970, il fait visiter son exploitation industrielle:


« Chaque ruche est posée sur une balance reliée à Internet, comme ça, on peut savoir quand c’est le moment d’aller récolter. » Ces équipements ultra-perfectionnés sont réputés dans le monde entier et profitent largement aux apiculteurs : trois mille tonnes de miel sont produites chaque année (1).



Le rucher de Yad Mordechai, un des plus gros kibboutz d’Israël   

 

En 2011, le Honey Board lance même un projet avec le KKL et le Ministère de la Défense. En plantant une centaine d’arbres le long de la route qui borde la bande de Gaza, l’objectif est double : « Encourager les apiculteurs à planter des arbres pour augmenter le potentiel mellifère de la région mais surtout protéger les civils des tirs venant de Gaza en réduisant le champ de visibilité des snipers » explique Avidor.

Sous ses airs romantiques, l’apiculture est donc devenue un enjeu politique majeur en Israël et ce projet s’inscrit dans le plan d’action permanent du KKL : la version française de son site invite à « planter contre le terrorisme. »

Reporterre 31 juillet 2014  


Note

1 - Avec un territoire 26,5 fois plus grand que celui d’Israël, la France produit seulement six fois plus de miel qu’Israël.


Source et photos : Hélène Servel pour Reporterre

. Chapô : Bil’in, à deux pas du mur de séparation, à la fin du printemps, Ahmad, 44 ans, ouvre ses ruches.
. Carte : Les clefs du Moyen-Orient


Voir notre dossier abeilles à la fin de l'article suivant:

Monsanto a intérêt à la disparition des abeilles (+ vidéo et dossier abeilles))

Monsanto a intérêt à la disparition des abeilles (+ vidéo et dossier abeilles)

 

http://www.internationalnews.fr/article-etouffee-par-la-politique-israelienne-l-apiculture-palestinienne-meurt-a-petit-feu-124443462.html

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 04:55

Internationalnews

24 juillet 2014


 

 

 


 

 

 

 

 

 

Algérie Résistance

 

Mohsen Abdelmoumen : Que pensez-vous des événements actuels à Gaza ?


Jacob Cohen :

 

Les évènements actuels à Gaza sont la continuation de la politique constante d’Israël de maintenir le territoire dans un état d’instabilité, d’insécurité, en l’empêchant de construire la moindre infrastructure, économique, agricole, hospitalière, culturelle.

 

Tout est fait pour étrangler le territoire, mais pas au point de le laisser s’effondrer car ce serait un désastre humanitaire que la Communautaire internationale ne pourrait pas hypocritement supporter. Donc à chaque fois qu’il y a une accalmie, les Israéliens s’arrangent pour provoquer un ou deux tirs de roquette généralement inoffensifs pour relancer la répression.

 

Rappelons que les Gazaouis n’ont même pas le droit d’aller pêcher au-delà de 4 ou 5 kilomètres des côtes, les Israéliens poussant le cynisme jusqu’à les empêcher de profiter des ressources naturelles de la mer. De même pour l’électricité, disponible de façon épisodique. Et la destruction du stade. Etc.

 

Dans votre livre « Le printemps des Sayanim », vous dites que tout Juif est susceptible d’être un agent du Mossad. Pouvez-vous nous expliquer cela ?


Pour être plus précis, tout juif sioniste, ou tout juif qui adhère à l’une de ces grandes organisations judéo-sionistes, notamment le Bnai Brit, c’est-à-dire la franc-maçonnerie juive mondiale, qui compte quand même 500 000 membres à travers le monde et d’un niveau social, économique, politique, très élevé.

 

C’est quasiment la crème de la société. Pratiquement tous ces gens pourraient devenir des Sayanim si le Mossad le leur demandait. C’est ainsi que le Mossad peut disposer d’agents et d’informateurs dévoués dans tous les secteurs des sociétés dans lesquelles vivent et travaillent ces juifs.

 

Pour vous donner une idée de leur importance. Victor Ostrovsky, un ex-agent du Mossad, estimait que dans la seule ville de Londres, dans les années 80, il y avait 3000 Sayanim. Au Maroc, dans les années 50 et 60, des milliers de juifs ont travaillé pour le Mossad sans toujours en être pleinement conscients.

 

Comment analysez-vous la politique guerrière d’Israël ?


Pour des raisons historiques et idéologiques, Israël s’est installé dans une région hostile. Et pour créer une Etat à majorité juive, les sionistes ont procédé à un nettoyage ethnique sans précédent. Puis Israël s’est allié avec les anciennes puissances coloniales pour empêcher les nations arabes nouvellement indépendantes de se développer librement.

 

Voir la campagne militaire de Suez en 1956 menée contre l’Egypte de Gamal Abdel Nasser par la France, la Grande-Bretagne et Israël. Par ailleurs, Israël tente d’éradiquer le nationalisme palestinien et en même temps de récupérer ce qu’il considère comme ses frontières naturelles, c’est-à-dire les 2 rives du Jourdain.

 

Enfin, la politique guerrière tend à consolider le front intérieur, à empêcher les conflits ethniques et religieux à l’intérieur d’Israël qui sont très graves, et à renforcer le nationalisme. Les Israéliens doivent constamment vivre en état de guerre. Le patriotisme et l’héroïsme nourrissent les gamins israéliens dès la crèche.

 

Votre position antisioniste a-t-elle donné lieu à certaines pressions ou à des menaces à votre encontre ?


J’ai subi deux agressions en 2012 par les membres de la Ligue de défense juive. Agressions classées sans suite par la justice française. Des menaces, ou des insultes, j’en reçois régulièrement, mais je n’y fais pas attention.

 

Le plus grave, à mon avis, c’est la censure du silence développée par le système médiatique et culturel, et c’est là où on voit l’influence des Sayanim. Tout est fait pour que mon nom ni mes livres ni même le nom de Sayanim viennent à la connaissance du public. Même des organisations de gauche ou des associations pro palestiniennes m’évitent pour ne pas qu’on les accuse de dérive « antisémite ». Car l’organisation des Sayanim aurait des allures de « complot juif mondial».

 

A votre avis, quelle est la raison du silence occidental face aux agissements criminels d’Israël ?


Il y a d’abord l’histoire de la Shoah qui est exploitée sans relâche par Israël et les lobbies judéo-sionistes. On peut dire ensuite qu’Israël s’est révélé être un chien de garde extraordinaire pour mettre au pas les régimes arabes au bénéfice de l’Occident. Tous les rêves d’unité et de développement de la Nation arabe, lancés après les indépendances, ont été brisés par l’impérialisme sioniste.

 

Qu’on pense au destin tragique de l’Egypte, le phare de la Nation arabe, réduite aujourd’hui au rôle de supplétif au service du sionisme. Israël est devenu aussi une puissance militaire incontournable. La technologie des drones par exemple, l’arme de demain, est détenue par Israël et l’Amérique.

 

Il y a enfin une autre raison : Une espèce de proximité « civilisationnelle » entre Israël et l’Occident. Israël est vu comme un bout d’Europe en terre arabe. Certains politiciens occidentaux vont même jusqu’à considérer Israël comme le poste avancé, ou l’avant-garde, pour la défense du monde occidental.

 

Votre engagement antisioniste se poursuit avec la publication de votre dernier ouvrage. Pourriez-vous nous en parler ?


Mon tout nouveau roman, qui est sorti il y a à peine quelques jours, chez KontreKulture, et qui s’intitule : « Le Commando de Hébron », participe à sa manière à mon engagement antisioniste. Partant d’une histoire d’amour a priori banale entre une étudiante juive et un jeune journaliste beur à Paris. Sauf que le milieu ultra sioniste de la fille s’oppose farouchement à une telle liaison. Au besoin par la force.

 

Je fais le parallèle avec ce qui se passe aussi en Israël, où de telles unions « illégitimes » sont combattues souvent par la violence. Cela montre la dérive nationaliste et fasciste de la société israélienne.

 

Entretien réalisé par Mohsen Abdelmoumen pour Oximity


Jacob Cohen 

Jacob Cohen est un écrivain juif marocain né en 1944. Polyglotte et voyageur, militant antisioniste, il a été traducteur et enseignant à la faculté de droit de Casablanca. Il a obtenu une licence en droit à la faculté de Casablanca puis est entré à Science-Po à Paris où il a obtenu son diplôme de Science-Po ainsi qu’un DES en droit public. Il a vécu à Montréal, puis à Berlin. En 1978, il est retourné au Maroc et où il est devenu maître-assistant à la faculté de droit de Casablanca jusqu’à 1987. Il s’est installé ensuite à Paris où il se consacre désormais à l’écriture. Il a publié sept livres, dont « Le printemps des Sayanim ».

 

Publié dans Owimity

 

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http://www.internationalnews.fr/article-jacob-cohen-les-israeliens-doivent-constamment-vivre-en-etat-de-guerre-124225963.html

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 13:57

Internationalnews

24 juillet 2014

 

 

Interview d'un membre de Neturei Karta (association de juifs orthodoxe antisioniste, basée à New-York), lors de la manifestation pro-palestienne à Paris le mercredi 23 juillet 2014.

"Nous sommes ici aujourd'hui pour montrer notre solidarité envers les enfants de Gaza, qui ont été tués, qui ont été assassinés par les sionistes, qui sont une honte et un poison pour le peuple juif.


"Nous sommes venus pour manifester afin que les gouvernements européens prennent conscience que c'est une catastrophe, que le sionisme est une catastrophe, et que nous pouvons vivre ensemble en paix. La relegion n'est pas le problème, nous avons toujours vécu ensemble en paix, et nous voulons dire à tout le monde que le sionisme est à court d'idées s'il pense que le seul moyen de se défendre, c'est d'assassiner, massacrer des innocents, alors il est à court d'idée, et nous voulons dire à tout le monde qu'il est temps de mettre fin au sionisme."

Propos recueillis par Lalo et Adam Mansour, pour le Cercle des Volontaires

 

 

Source de la photo


Le site de l'association Naturei Karta

 

Sur le même sujet:

Des dizaines de milliers de juifs orthodoxes ont manifesté à New York contre l'etat d'israël

Dossier Gaza d'IN


http://www.internationalnews.fr/article-un-membre-de-neturei-karta-rabbins-orthodoxes-antisionistes-sur-l-agression-contre-gaza-interview-124221157.html

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 13:55

Internationalnews

12 juillet 2014


http://www.oulala.info/wp-content/uploads/2014/07/gaza1111.jpg

 

 LGS 11 juillet 2014

 

Par Nafeez AHMED

Le ministre israélien de la défense a confirmé que l’opération militaire visant à "éradiquer le Hamas" a comme objectif de prendre le contrôle des réserves de gaz de Gaza.

 

Hier, Moshe Ya’alon, actuel ministre israélien de la Défense et ancien chef d’état major des Forces de Défense Israéliennes a annoncé que l’Opération "Coussin de protection" était le début d’une large offensive contre le Hamas. L’opération "ne va pas durer seulement quelques jours" a-t-il dit, "nous nous préparons à étendre l’opération de toutes les manières possibles pour continuer à frapper le Hamas."

 

Ce matin, il a ajouté :

 

"Nos frappes continuelles causent de lourdes pertes au Hamas. Nous détruisons des armes, des infrastructures terroristes, des systèmes de commande et de contrôle, des institutions du Hamas, des bâtiments du régime, des maisons de terroristes et nous tuons des terroristes dans les différents niveaux de commande... La campagne contre le Hamas s’étendra dans les jours prochains et l’organisation paiera un lourd tribut."

 

Mais en 2007, un an avant l’opération "plomb fondu", ce qui préoccupait Ya’alon, c’était les 40 milliards de m3 de gaz naturel, évalués à environ 3 milliards d’euros, découverts en 2000 au large de Gaza. Ya’alon rejetait l’idée que "le gaz de Gaza puisse devenir le vecteur d’un état palestinien viable au plan économique" comme étant "erronée". Le problème selon lui était que :

 

"La vente du gaz palestinien à Israël n’engendrera pas assez de richesse pour profiter à une population palestinienne très appauvrie. Par contre, si l’on en juge par le passé, elle permettra de financer d’autres attaques terroristes contre Israël..."

 

Une transaction sur le gaz avec l’Autorité Palestinienne [AP] devra, par définition, inclure le Hamas. Soit le Hamas pourra bénéficier des revenus engendrés, soit il sabotera le projet en lançant des attaques contre le Fatah, les installations de gaz et Israël – ou contre les trois à la fois... Il est clair que sans une opération militaire d’envergure pour mettre fin au contrôle du Hamas sur Gaza, on ne pourra procéder à aucun forage sans l’accord du mouvement islamique radical.."

 

L’opération "plomb fondu" n’a pas réussi à anéantir le Hamas, par contre elle a pris la vie de 1387 Palestiniens (dont 773 civils) et de 9 Israéliens (dont 3 civils).

 

Depuis la découverte de pétrole et de gaz dans les Territoires Occupés, la compétition pour les ressources s’installe de plus en plus au coeur du conflit, à cause, surtout, des problèmes énergétiques croissants d’Israël.

 

Selon Mark Turner, le fondateur de Research Journalism Initiative, le siège de Gaza et la pression militaire qui s’en est suivie avaient pour but "d’éliminer" le Hamas en tant que "entité politique viable à Gaza" pour induire un "climat politique" favorable à un accord sur le gaz. Cela impliquait de réhabiliter le Fatah vaincu, d’en faire le principal acteur politique en Cisjordanie et de "rééquilibrer le rapport de force entre les deux camps en armant les forces loyales à Abbas et en recommençant à lui octroyer une aide financière ciblée."

 

Les propos de Ya’alon de 2007 montrent que le cabinet israélien n’est pas seulement préoccupé par le Hamas – mais par le fait que si les Palestiniens parviennent à exploiter leurs gisements de gaz, la transformation économique qui en résultera pourrait alors augmenter considérablement leur pouvoir.

 

Israël a fait plusieurs découvertes successives d’importance ces dernières années – comme par ex. le gisement Leviathan estimé à 453 milliards de m³ – qui pourrait faire passer le pays d’importateur d’énergie à exportateur potentiel d’énergie avec l’ambition de livrer l’Europe, la Jordanie et l’Egypte. Le problème est que la plus grande partie des 3 450 milliards de mètres cubes de gaz et des 1,68 milliard de barils de pétrole du Bassin du Levant se trouve dans des eaux territoriales disputées par Israël, la Syrie, le Liban, Gaza et Chypres.

 

En plus de ces luttes régionales pour le gaz, Israël doit faire face à ses propres défis énergétiques, souvent méconnus. Ce ne sera sans doute pas avant 2020, par exemple, que le pays parviendra à mobiliser correctement la plus grande partie de ses ressources nationales.

 

Mais c’est seulement la partie émergée de l’iceberg. En 2012, dans une lettre – que le gouvernement israélien a gardée secrète– deux responsables scientifiques du gouvernement israélien ont prévenu le gouvernement que Israël, malgré toutes ses extraordinaires découvertes, n’avait pas encore la capacité d’exporter du gaz.


 

Selon Ha’aretz, la lettre précisait que les ressources nationales israéliennes étaient de 50% inférieures à ce qui serait nécessaire pour procéder à des exportations dignes de ce nom et qu’en plus elles pourraient diminuer avec les années :

 

"Nous pensons qu’Israël aura augmenté sa consommation [nationale] de gaz naturel en 2020 et ne devrait donc pas exporter de gaz. Les estimations de l’Autorité de gaz Naturel sont inexactes. Il y a un fossé de 100 à 150 milliards de mètres cubes entre les projections de consommation qui ont été présentées au Comité et les projections plus récentes. Les réserves de gaz dureront sans doute moins de 40 ans !"

 

Comme Dr Gary Luft - un conseiller du Conseil de Sécurité de l’Energie Etasunienne - l’a écrit dans le Journal de la Sécurité Energétique:

 

"avec l’accélération de la diminution des ressources nationales de gaz et sans une augmentation rapide des importations égyptiennes de gaz, Israël pourrait être confronté à une crise énergétique dans les années qui viennent... Si Israël veut pouvoir poursuivre ses projets de gaz naturel, il doit diversifier ses sources d’approvisionnement."

 

Les nouvelles découvertes nationales d’Israël ne permettent pas de solutionner le problème dans l’immédiat parce que les prix de l’électricité ont atteint des records, ce qui accroît encore la nécessité de diversifier les approvisionnements. Ces problématiques sont la raison pour laquelle le premier ministre Netanyahou a déclaré le 11 février qu’il était temps de conclure un accord sur le gaz avec Gaza. Mais lorsqu’un nouveau cycle de négociations a été entamé avec l’Autorité Palestinienne, en septembre 2012, le Hamas a été exclu, et par conséquent il a rejeté l’accord comme illégitime.

 

Au début de l’année, le Hamas a condamné l’accord que l’AP avait conclu avec Israël pour lui acheter 845 millions d’euros de gaz provenant du gisement Leviathan sur les 20 années qui suivront la mise en service du gisement. Simultanément, l’AP a rencontré plusieurs fois le British Gas Group pour exploiter les gisements marins de Gaza, mais en excluant le Hamas – et donc les Gazaouis – du processus. Ce plan est le bébé du délégué du Quartette du Moyen Orient, Tony Blair.

 

Mais l’AP a aussi sollicité la compagnie russe Gazprom pour la même chose et des entretiens ont eu lieu entre la Russie, Israël et Chypres, sans qu’on sache au juste ce qu’il en est sorti. On ne sait pas non plus comment l’AP se propose de contrôler Gaza qui est gouverné par le Hamas.

 

Selon Anais Antreasyan, du Journal des Etudes Palestiniennes de l’Université de Californie, la revue de langue anglaise la plus respectée de toutes celles qui traitent du conflit arao-israélien, l’étranglement israélien de Gaza a pour but de rendre "impossible l’accès des Palestiniens aux puits Marine-1 et Marine-2." Le plan à long terme d’Israël "consiste non seulement à empêcher les Palestiniens d’exploiter leurs propres ressources, mais aussi à intégrer les gisements de gaz de Gaza dans les installations de forage en mer israéliennes adjacentes."

 

Tout cela fait partie d’une plus large stratégie consistant à :

 

".... séparer les Palestiniens de leur terre et de leurs ressources naturelles pour les exploiter et ainsi bloquer le développement de l’économie palestinienne. En dépit de tous les accords formels impliquant le contraire, Israël continue à gérer toutes les ressources naturelles qui sont nominalement sous la juridiction de l’AP, que ce soit l’eau, la terre, la mer ou les ressources en hydrocarbures.."

 

Pour le gouvernement israélien le Hamas continue d’être le principal obstacle à la finalisation de l’accord gazier. Comme le dit le ministre en exercice : "Notre expérience de la période d’Oslo nous a appris que les profits du gaz palestinien seraient sans doute utilisés pour financer le terrorisme contre Israël. Le Hamas n’est pas la seule menace... Il est impossible d’empêcher un groupe terroriste palestinien ou un autre de profiter peu ou prou de la manne gazière."

 

La seule option, par conséquent, est une nouvelle "opération militaire pour éradiquer le Hamas."

 

Malheureusement pour l’armée israélienne, anéantir le Hamas passe par la destruction de ce qui est perçu comme la base civile du groupe – et c’est pourquoi les victimes civiles palestiniennes sont infiniment plus nombreuses que les victimes israéliennes. Les deux camps ne valent pas mieux l’un que l’autre, mais la capacité de destruction d’Israël est simplement beaucoup plus grande.

 

Après l’opération "plomb fondu", le Comité Public contre la Torture en Israël (Pcati) de Jérusalem a découvert que l’armée israélienne avait adopté une doctrine de combat plus agressive basée sur deux principes – "zéro perte" pour les soldats israéliens même si cela nécessitait de tirer tous azimuts dans des zones fortement peuplées et la "doctrine dahiya" qui prône le bombardement des infrastructures civiles pour infliger de grandes souffrances à la population et les inciter à se révolter contre les opposants à Israël.

 

Cela a été confirmé dans les faits par la mission d’enquête diligentée par l’ONU à Gaza qui est arrivé à la conclusion que l’armée israélienne avait "délibérément fait un usage disproportionné de la force", contre les "infrastructures de soutien" de l’ennemi - "l’expression semble désigner la population civile", précise le rapport de l’ONU.


Les ressources ne sont pas la seule cause du conflit israélo-palestinien. Mais à une époque où l’énergie renchérit, la compétition pour le contrôle des énergies fossiles régionales influence de plus en plus des décisions qui ont le potentiel de déclencher une guerre.

 

Nafeez Ahmed

 

Traduction : Dominique Muselet

  http://www.theguardian.com/environment/earth-insight/2014/jul/09/israel...
Image: http://www.oulala.info

Lire aussi :

L’invasion israélienne et les gisements de Gaza en mer par Michel Chossudovsky

Et notre dossier:

Dossier Gaza d'IN


 

http://www.internationalnews.fr/article-israel-attaque-gaza-pour-s-approprier-le-gaz-palestinien-the-guardian-124132803.html

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